Le dollar en fort repli malgré la hausse des taux de la Fed

Jerome Powell, président du Conseil des gouverneurs de la Fed le 15 juin 2022 à Washington (Photo, AFP).
Jerome Powell, président du Conseil des gouverneurs de la Fed le 15 juin 2022 à Washington (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 juin 2022

Le dollar en fort repli malgré la hausse des taux de la Fed

  • La Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté mercredi ses taux de 0,75 point, une mesure inédite depuis 1994
  • Mais le marché des changes s'attendait à une attitude de la Fed encore plus belliciste à court terme

NEW YORK: Le dollar chutait fortement jeudi face aux principales devises malgré une vive hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) annoncée la veille alors que les banques centrales européennes resserrent aussi la vis pour lutter l'inflation.

Vers 18H45 GMT, le Dollar index, qui compare le billet vert à un panier d'autres devises et avait atteint juste après l'annonce de la Fed un record depuis décembre 2002 à 105,79 points, dégringolait de 1,42% à 103,66 points, sa plus forte chute en une séance depuis mars 2020.

"Il se passe beaucoup de choses en même temps et très vite", résumait Mazen Issa de TD Securities.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a augmenté mercredi ses taux de 0,75 point, une mesure inédite depuis 1994 mais amplement anticipée par les investisseurs depuis la publication de données sur l'inflation américaine, qui a atteint un record en mai.

Mais le marché des changes s'attendait à une attitude de la Fed encore plus belliciste à court terme misant sur des taux au jour le jour à 3,68% en fin d'année, alors que les projections révélées par le Comité monétaire les placent à 3,40%.

"Cet écart ainsi que d'autres hausses de taux attendues en Europe coïncident avec un dollar plus faible", a souligné Christopher Vecchio de DailyFx.

Si Jerome Powell, le président de la Fed, n'a pas exclu une autre hausse de 0,75 point en juillet, il a aussi insisté pour dire que ce type de resserrement ne serait "pas commun".

"Cela a créé de la confusion. Or, s'ils veulent faire baisser l'inflation, ils ne pourront pas y parvenir sans faire approcher l'économie américaine de la récession, si elle n'y est pas déjà", ajoutait l'analyste.

"Une autre hausse de 75 points est assurément sur la table pour juillet", a prédit l'analyste. Même point de vue pour Mazen Issa qui souligne que l'inflation mensuelle aux Etats-Unis "paraît encore très problématique".

Le yen et la livre montaient fortement (+1,35% à 132,06 yens et +1,49% à 1,2361 dollar pour une livre), des "corrections bienvenues" après leurs récents plongeons.

La livre avait atteint mardi 1,1934 dollar, un plus bas depuis mars 2020.

La Banque d'Angleterre (BoE) n'a pas décidé d'augmenter ses taux de plus de 0,25 point, mais "sera particulièrement attentive aux indications de pressions inflationnistes persistantes, et répondra si nécessaire avec force", a-t-elle promis dans les minutes de sa réunion.

La BoE table ainsi sur un pic d'inflation à "plus de 11%" en octobre, alors qu'elle avait déjà grimpé à 9% en avril, un record depuis 40 ans.

"Le marché s'attend à ce que la Banque d'Angleterre soit plus agressive quant à la banque centrale suisse, elle a surpris tout le monde, autant de vents contraires pour le billet vert", a encore noté Christopher Vecchio.

La banque centrale suisse a resserré jeudi sa politique monétaire pour la première fois depuis 2015, en relevant son taux directeur d'un demi point tout en le maintenant en terrain négatif à -0,25%.

Le franc suisse gagnait 3,20% à 0,9634 franc pour un dollar.

La semaine des banquiers centraux va se poursuivre avec la décision de la Banque du Japon (BoJ) vendredi.

Alors que le yen a atteint mercredi un nouveau plus bas depuis 1998 à 135,59 yens pour un dollar, ce qui fragilise le pouvoir d'achat des ménages, la politique monétaire ultra-souple de la BoJ est de moins en moins consensuelle.

Cours de jeudi   Cours de mercredi

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18h45 GMT 21h00 GMT

EUR/USD 1 0573 1 0444

EUR / JPY 139,62 139,78

EUR/CHF    1,0185      1,0383

EUR/GBP 0,8552 0,8575

USD/JPY 132,06 133,84

USD/CHF 0,9634 0,9942

GBP/USD 1,2361 1,2180


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com