Qu'arrivera-t-il à Julian Assange s'il est extradé aux Etats-Unis?

L'Australien est incarcéré dans une prison de haute sécurité près de Londres depuis son arrestation par la police britannique en avril 2019  (Photo, AFP).
L'Australien est incarcéré dans une prison de haute sécurité près de Londres depuis son arrestation par la police britannique en avril 2019 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 18 juin 2022

Qu'arrivera-t-il à Julian Assange s'il est extradé aux Etats-Unis?

  • Le procès devrait faire l'objet d'une âpre bataille autour du Premier amendement de la Constitution
  • Il pourrait également saisir la Cour européenne des droits de l'Homme

WASHINGTON: Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange se bat pour éviter d'être extradé aux Etats-Unis, où il fait l'objet de rares poursuites pour "espionnage".

Quelles sont les charges pesant contre lui ?

Les Etats-Unis reprochent à l'Australien la publication en 2010 par son site WikiLeaks de 250.000 câbles diplomatiques et d'environ 500.000 documents confidentiels portant sur les activités de l'armée américaine en Irak et en Afghanistan.

En 2013, une cour martiale a condamné à 35 ans de prison l'ex-analyste militaire Chelsea Manning, à l'origine de cette fuite colossale. Après avoir vu sa peine commuée par le président Barack Obama, cette icône de la cause transgenre avait été libérée en mai 2017.

La justice a avancé avec davantage de prudence dans le cas de Julian Assange. Des poursuites pour "piratage informatique" ont été lancées secrètement fin 2017. Mais il n'a été inculpé pour "espionnage" qu'en mai 2019, en vertu d'une loi votée en 1917 pour empêcher la divulgation d'informations confidentielles en temps de guerre.

S'il est transféré aux Etats-Unis, Julian Assange sera jugé devant un tribunal fédéral en Virginie et devra répondre de 17 chefs d'inculpation, dont obtention et divulgation d'informations relatives à la défense nationale. Il encourt jusqu'à 175 ans de prison.

Le procès devrait faire l'objet d'une âpre bataille autour du Premier amendement de la Constitution, qui protège la liberté de la presse.

Pour tenter d'y échapper, les autorités américaines martèlent que Julian Assange n'est ni "un journaliste" ni "un éditeur de presse", et qu'il a mis en danger des agents et des sources militaires.

Mais le dossier pose des questions juridiques difficiles à l'heure où les journalistes-citoyens essaiment sur internet. Il est probable qu'il fasse l'objet de recours jusqu'à la Cour suprême.

Quelles assurances ont été données par les Etats-Unis?

En janvier 2021, un tribunal britannique avait refusé la demande d'extradition américaine, en estimant que les conditions d'incarcération aux Etats-Unis risquaient d'alimenter ses tendances suicidaires.

Le gouvernement américain a finalement convaincu une cour d'appel de lui donner raison en fournissant plusieurs garanties.

Washington a notamment assuré qu'Assange recevrait des soins adaptés et ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence (Colorado), surnommée l'"Alcatraz des Rocheuses".

Il a également promis que le fondateur de Wikileaks ne serait pas soumis à "des mesures administratives spéciales" avant, pendant et après le procès. Le terme couvre notamment un régime de mise à l'isolement quasi total, fréquemment dénoncé par les associations de défense des droits humains.

Julian Assange pourra enfin demander à purger sa peine en Australie, une fois tous les recours épuisés.

Mais ses défenseurs ne font pas confiance aux Etats-Unis, qu'ils accusent d'avoir "souvent brisé leurs promesses en matière de détention".

Pourrait-il bénéficier d'un soutien de l'opinion publique?

Les associations de défense de la liberté de la presse ont critiqué son inculpation pour "espionnage", jugée dangereuse pour les journalistes, et devraient se mobiliser en sa faveur.

Mais dans un pays très attaché à son armée, les révélations de WikiLeaks ont été diversement appréciées: si certains Américains ont loué la dénonciation de bavures militaires, d'autres ont vivement critiqué la mise en danger d'agents de terrain.

Pendant la campagne électorale de 2016, Julian Assange s'est aussi aliéné une partie de la gauche en publiant des emails volés par des pirates russes à l'équipe de la candidate démocrate Hillary Clinton, qui ont donné un avantage à Donald Trump.

Selon un sondage réalisé en avril 2019, 53% des Américains soutenaient son extradition vers les Etats-Unis et seulement 17% s'y opposaient.

Quels moyens lui restent-ils pour bloquer cette extradition?

L'Australien a 14 jours pour faire appel devant la Haute Cour britannique du décret d'extradition signé par la ministre de l'Intérieur Priti Patel. Si la haute juridiction s'en saisit, l'audience n'aura sans doute pas lieu avant 2023.

Il pourrait également saisir la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), un processus généralement long.

En dehors des recours légaux, son extradition pourrait être retardée pour des raisons médicales si sa santé se détériore. Sa femme a assuré qu'il avait fait un micro AVC en octobre dernier.


Washington abat un drone iranien mais les discussions restent programmées

L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
L’armée américaine a abattu le 3 février 2026 un drone iranien qui s’était approché de manière « agressive » du porte-avions Abraham Lincoln, ci-dessus, dans la mer d’Arabie. (Photo d’archives US Navy/AFP)
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  • Un avion américain a abattu un drone iranien près d’un porte-avions dans la mer d’Arabie, tandis que des incidents impliquant des navires ont ravivé les tensions entre Washington et Téhéran
  • Malgré ces incidents, les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent prévues, avec des efforts diplomatiques intensifs menés par des pays médiateurs de la région

WASHINGTON: Un avion furtif américain a abattu mardi un drone iranien qui s'était approché d'un porte-avions américain dans la mer d'Arabie, mais les discussions prévues en fin de semaine entre les deux pays sont maintenues selon la Maison Blanche.

Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé dans le sang par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s'efforcent de réduire les tensions.

Dans ce contexte fébrile, deux incidents se sont produits mardi dans les eaux du Moyen-Orient.

Un avion de combat du porte-avions Abraham Lincoln a abattu le drone "en état de légitime défense et pour protéger le porte-avions et le personnel à bord", a expliqué le porte-parole du commandement américain pour la région (Centcom), le capitaine Tim Hawkins.

Ce navire a récemment été déployé dans le Golfe par le président Donald Trump, décidé à accentuer la pression sur l'ennemi iranien au moment où celui-ci étouffait les manifestations et à qui il veut arracher un accord sur le nucléaire.

Le Centcom a également confirmé que deux bateaux armés iraniens et un drone s'étaient approchés "à grande vitesse" d'un pétrolier sous pavillon américain, le Stena Imperative, et "menaçaient de l'aborder et le saisir".

Un destroyer américain a porté assistance au pétrolier, avec le soutien de l'armée de l'air, et l'a escorté hors de danger, selon la même source.

L'agence de presse iranienne Fars avait auparavant indiqué qu'un navire, entré "illégalement" dans le détroit d'Ormuz et "dans les eaux territoriales iraniennes", avait été "averti" et avait "immédiatement quitté la zone.

Téhéran a récemment menacé de bloquer le détroit, passage clé pour le transport mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié, en cas d'attaque américaine.

- Efforts "très intenses" -

Malgré ces incidents, les pourparlers "restent programmés pour l'instant", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt, alors que ces derniers jours, les deux pays ont semblé vouloir donner une chance à la diplomatie.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a annoncé mardi avoir mandaté son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi pour des négociations directes avec les Etats-Unis, rejetant néanmoins toutes "demandes déraisonnables".

Une source arabe proche du dossier a indiqué à l'AFP que ces discussions auraient "probablement" lieu vendredi, en Turquie.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a toutefois souligné que si des pourparlers étaient bien prévus "dans les prochains jours", la date et le lieu précis faisaient toujours l'objet de "consultations".

"Tant la Turquie que Oman et d'autres pays de la région se sont montrés disposés à accueillir les pourparlers", a relevé le ministère, relayé par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Si le dialogue aboutit, "super". Mais dans le cas contraire, "de mauvaises choses se produiraient probablement", a prévenu le président Trump.

Abbas Araghchi a multiplié mardi les consultations avec ses homologues de la région. Il s'est entretenu successivement avec ses homologues du Qatar, de la Turquie, d'Oman et du Koweït.

Les efforts diplomatiques se "poursuivent de manière très intense", a affirmé le Qatar.

Quant à l'émissaire américain Steve Witkoff, il a rencontré à Jérusalem le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui l'a mis en garde, l'Iran ayant selon lui "prouvé de manière répétée que l'on ne pouvait pas faire confiance à ses promesses".

- Nucléaire -

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont accentuées après le mouvement de contestation iranien, déclenché par des manifestations contre le coût de la vie.

L'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, a recensé plus de 50.000 personnes arrêtées et a pu confirmer 6.872 morts, en grande majorité des manifestants.

Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17.000 décès en cours d'examen.

Mardi, Paris a estimé que les discussions irano-américaines devraient viser à mettre fin à la "répression" de Téhéran, "avant de "traiter des questions du nucléaire, des missiles, du soutien aux organisations terroristes".

Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément.

Des négociations avec les Etats-Unis s'étaient tenues au printemps 2025, avant la guerre de 12 jours déclenchée en juin par Israël, mais avaient notamment achoppé sur la question de l'enrichissement d'uranium.

Abbas Araghchi a indiqué dimanche sur CNN qu'un accord était "possible" mais dit attendre une levée des sanctions contre son pays, qui a exclu de discuter de ses capacités de défense et balistiques.


Iran : l'UE désigne les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste

Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
Des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) défilent à Téhéran en 2019. (Via AFP/Fichier)
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  • Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont classé les Gardiens de la Révolution iraniens comme organisation terroriste suite à la répression sanglante des manifestations en Iran
  • L’UE a également sanctionné 21 responsables iraniens, avec interdiction d’entrée sur le territoire et gel de leurs avoirs

BRUXELLES: Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne sont tombés d'accord jeudi pour désigner les Gardiens de la révolution comme une "organisation terroriste", après la répression sanglante des manifestations en Iran, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

"+Terroriste+, c'est bien ainsi que l'on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang", a aussitôt réagi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens travaille à sa propre perte", a assuré de son côté Mme Kallas, en marge d'une réunion ministérielle à Bruxelles.

Ces derniers ont donné leur feu vert à l'inscription des Gardiens iraniens dans la liste de l'UE recensant les organisations terroristes. Les Européens rejoignent ainsi d'autres pays comme les Etats-Unis, le Canada ou l'Australie.

La France avait annoncé dès mercredi être prête à soutenir cette décision, en réponse à la répression "la plus violente" de l'histoire récente iranienne.

Les Européens ont aussi décidé jeudi de sanctionner plusieurs responsables iraniens, dont le ministre de l'Intérieur, le chef de la police et plusieurs dirigeants des Gardiens de la révolution. La liste de ces responsables iraniens a été publiée jeudi au Journal officiel de l'UE.

Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d'entrer dans l'UE et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept.


Trump dit qu'il "semble" que le Hamas va se désarmer

Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
Les membres de l'administration du président américain Donald Trump applaudissent lors d'une réunion du cabinet à la Maison Blanche à Washington, D.C., États-Unis, le 29 janvier 2026. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme que le Hamas « semble » prêt à se désarmer, une étape clé de son plan pour mettre fin à la guerre à Gaza
  • La deuxième phase de la trêve prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif israélien et le déploiement d’une force internationale

WASHINGTON : Donald Trump a dit jeudi qu'il "semblait" que le mouvement palestinien Hamas allait "se désarmer", ce qui est l'une des étapes cruciales prévues dans son plan de règlement du conflit à Gaza.

"Beaucoup de gens disent qu'ils ne se désarmeront jamais. Il semble qu'ils vont se désarmer", a déclaré le président américain pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Il a également relevé que le Hamas "nous a aidé avec les corps, leur rapatriement et sa famille est très reconnaissante", faisant référence au rapatriement des restes du dernier otage israélien du 7-Octobre, Ran Gvili, à qui Israël a rendu hommage mercredi lors de funérailles nationales.

Pour sa part, l'émissaire spécial Steve Witkoff s'est félicité que "nous ayons chassé les terroristes de là-bas et ils vont se démilitariser".

"Ils le feront parce qu'ils n'ont pas le choix. Ils vont abandonner. Ils vont abandonner les AK-47", a-t-il ajouté.

La veille, le Hamas s'était dit prêt à un "transfert complet de la gouvernance" de la bande de Gaza aussi vite que possible.

Aux termes du plan du président américain pour mettre fin à la guerre de Gaza, un Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous la houlette du "Conseil de paix" présidé par M. Trump lui-même.

La deuxième phase de la trêve entrée en vigueur le 10 octobre dernier prévoit entre autres le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l'armée israélienne, qui contrôle encore plus de la moitié du territoire, et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.