L’Iran exécute un espion US et reporte la mise à mort de trois manifestants

Me Babak Paknia, l’un des avocats de la défense des militants arrêtés et condamnés à mort par Téhéran. (Photo Atta KENARE/AFP).
Me Babak Paknia, l’un des avocats de la défense des militants arrêtés et condamnés à mort par Téhéran. (Photo Atta KENARE/AFP).
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Publié le Lundi 20 juillet 2020

L’Iran exécute un espion US et reporte la mise à mort de trois manifestants

  • La condamnation de Mahmoud Moussavi Majd a été exécutée lundi matin pour espionnage. Il était accusé par l’Iran d’avoir fourni aux Etats-Unis des informations ayant conduit à l’exécution du général iranien Qassem Soleimani
  • Par ailleurs, Téhéran a suspendu l'exécution de trois jeunes impliqués dans les manifestations de novembre 2019 et condamnés à mort, un verdict qui avait provoqué une indignation généralisée, a déclaré à l'AFP l'un des avocats de la défense

TEHERAN : L'Iran a exécuté lundi un homme reconnu coupable d'espionnage de ses forces armées pour les Etats-Unis et Israël, et notamment sur les déplacements d'un général iranien tué plus tard par une frappe de drone, a annoncé la justice. 

"La condamnation de Mahmoud Moussavi Majd a été exécutée lundi matin pour espionnage afin que le cas de sa trahison envers son pays soit clos pour toujours", a indiqué le site officiel de la justice iranienne, Mizan Online.

Moussavi Majd a été accusé d'avoir fourni des informations aux Etats-Unis et à Israël sur les déplacements du général Qassem Soleimani, tué début janvier dans une frappe de drone américain à Bagdad.

Architecte de la stratégie iranienne au Moyen-Orient, le puissant général Soleimani, commandant de la branche des Gardiens de la Révolution iraniens chargée des opérations extérieures de la République islamique, a été tué le 3 janvier par une frappe aérienne américaine devant l'aéroport international de Bagdad, avec son lieutenant, l'Irakien Abou Mehdi al-Mouhandis, leader des paramilitaires pro-Iran dans ce pays. 

Pour justifier l'ordre de le tuer, le président américain Donald Trump avait assuré après son décès que Soleimani, qu'il a qualifié de "terroriste numéro un" dans le monde, préparait des attaques "imminentes" contre des diplomates et militaires américains.

En riposte à l'attentat contre Soleimani, la République islamique avait lancé des missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des Américains, faisant d'importants dégâts matériels, selon Washington.

Nouvelles arrestations

Par ailleurs, la police iranienne a déclaré lundi avoir arrêté des organisateurs d'une manifestation jeudi soir dans le sud-ouest de l'Iran, sans en préciser le nombre, a indiqué l'agence officielle Irna. "Tous les organisateurs d'un rassemblement illégal et contraire aux normes à la ville de Behbahan ont été identifiés et arrêtés", a déclaré à Irna le chef de la police de la province du Khuzestan, Heydar Abbas Zadeh.

Il faut noter que les américains d’origine iranienne avaient organisé vendredi une manifestation près du Capitol en signe de soutien à l’opposition iranienne, dans le respect des normes de distanciation sociale. 

Les américains d’origine iranienne ont organisé vendredi une manifestation près du Capitol en signe de soutien à l’opposition iranienne, dans le respect des normes de distanciation sociale. (Photo Chip SOMODEVILLA/AFP).

Report de trois exécutions

Sur un autre plan, Téhéran a suspendu l'exécution de trois jeunes impliqués dans les manifestations de novembre 2019 et condamnés à mort, un verdict qui avait provoqué une indignation généralisée, a déclaré à l'AFP l'un des avocats de la défense.

L'Autorité judiciaire avait annoncé mardi la confirmation de la peine de mort pour ces trois personnes, affirmant que des preuves avaient été trouvées sur leurs téléphones, selon lesquelles le trio avait incendié des banques, des bus et des bâtiments publics lors de ces manifestations.

"Nous avons transmis une demande de réexamen du verdict à la Cour suprême et elle l'a acceptée. Nous espérons que le verdict sera annulé", a déclaré au téléphone Me Babak Paknia.

Selon Me Paknia, les trois accusés sont des amis: Amirhossein Moradi, 26 ans, vendeur de téléphones portables, Saïd Tamdjidi, 28 ans, chauffeur de Snapp (équivalent iranien d'Uber) et Mohammad Radjabi, 26 ans, au chômage.

Les trois ont été condamnés à mort pour "collusion en vue d'attenter à la sécurité intérieure" et "incendier et détruire des biens publics dans l'intention d'affronter le système politique de la République islamique", a déclaré Me Paknia, qui représente M. Moradi.

Il a ajouté que les trois jeunes avaient également été condamnés à des peines de prison pour d'autres chefs d'accusation, notamment pour vol et pour avoir quitté illégalement le pays.

Un mouvement de contestation avait éclaté le 15 novembre 2019, dès l'annonce d'une forte hausse du prix de l'essence, en pleine crise économique, et avait touché une centaine de villes.

Des postes de police avaient été attaqués, des magasins pillés et des banques et des stations-services incendiées, et les autorités avaient imposé une coupure d'internet d'une semaine. 

Le hashtag

Après avoir refusé pendant des mois de fournir un bilan des victimes, les autorités iraniennes ont finalement parlé de 230 personnes tuées dans ces émeutes, évoquant des "mensonges" pour les divers décomptes établis par les médias étrangers et les groupes de défense des droits de l'Homme.

L’organisation de défense des droits humains Amnesty International, basée à Londres, a estimé à 304 le nombre de morts, tandis qu'un groupe d'experts indépendants travaillant pour l'ONU a avancé un bilan qui pourrait être supérieur à 400 morts (dont 12 enfants).

Selon les Etats-Unis, la répression des manifestations de novembre a fait plus de 1.000 morts.

"Nous espérons vraiment que la peine (de mort) sera annulée, étant donné que l'un des juges de la Cour suprême s'est déjà opposé au verdict", a écrit la défense dans un communiqué publié dimanche par l'agence officielle Irna.

Me Paknia s'est montré optimiste, affirmant que le processus d'un éventuel recours en cassation "pourrait prendre quelques mois". La défense prévoit toutefois d'adresser une demande au chef de l'Autorité judiciaire du pays au cas où leur campagne actuelle échouerait.

Un groupe d'experts des droits de l'ONU avait critiqué jeudi la décision de la justice iranienne et appelé la République islamique à annuler les condamnations.

"Aujourd'hui, nous nous joignons aux centaines de milliers d'Iraniens qui ont condamné sur les réseaux sociaux ces peines capitales. Nous exhortons la justice iranienne à annuler immédiatement cette décision et à lancer une enquête indépendante", avaient déclaré 13 experts indépendants de l'ONU dans un communiqué.

La France s'est dit "profondément choquée" par les condamnations à la peine capitale et a réaffirmé "son opposition constante à la peine de mort".

Pour sa part, le président américain, Donald Trump, avait indiqué mercredi dans un tweet que "l'exécution de ces trois personnes enverrait un message terrible au monde et ne devrait pas avoir lieu!".              

 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée libanaise annonce la mort de plusieurs militaires dans une frappe israélienne

Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
Des habitants inspectent les dégâts sur le site d’une frappe israélienne survenue la veille dans la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 5 juin 2026. Des frappes israéliennes menées durant la nuit sur la ville de Tyr ont fait sept morts, a indiqué à l’AFP une source de la défense civile libanaise, malgré le cessez-le-feu en vigueur dans la guerre entre Israël et Hezbollah. (Photo : Kawnat HAJU / AFP)
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  • L’armée libanaise annonce la mort de plusieurs soldats, dont un officier, dans une frappe israélienne visant un véhicule militaire dans le sud du Liban malgré le cessez-le-feu annoncé cette semaine
  • Les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah, tandis que l’armée israélienne a appelé à l’évacuation de plusieurs villages du sud et de l’est du Liban avant de nouvelles frappes

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé samedi la mort de plusieurs de ses membres dans une frappe israélienne dans le sud du pays, malgré le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.

"Plusieurs militaires, dont un officier", ont été tués "dans une attaque israélienne brutale" ayant ciblé un véhicule militaire sur la route entre Khardali et Nabatiyé, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a indiqué vérifier ces informations.

Mercredi, à l'issue d'une quatrième session de négociations entre le Liban et Israël à Washington, un nouvel accord de cessez-le-feu avait été annoncé, la trêve en vigueur à partir du 17 avril n'ayant jamais été respectée.

L'accord prévoit un cessez-le-feu conditionné à un "arrêt complet" des tirs du Hezbollah et un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne dans le sud du Liban.

Mais le Hezbollah a rejeté cet accord, comme le précédent.

Sur le terrain, les affrontements se poursuivent.

L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi à l'évacuation de cinq villages dans le sud et l'est du Liban en prévision de frappes contre le Hezbollah.

"Vous devez évacuer immédiatement vos domiciles et vous déplacer au nord du fleuve Zahrani", a affirmé Avichay Adraee, un porte-parole militaire arabophone, sur son compte Telegram.

Le Hezbollah a relancé les hostilités avec Israël début mars, en visant le sol israélien pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'offensive israélo-américaine sur Téhéran.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 3.560 morts depuis le début de la guerre, selon le dernier bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d'après l'armée.