Irak: les gazelles de la réserve Sawa meurent de faim

Des gazelles Rhim broutent dans la réserve faunique de Sawa, dans le désert de Samawa, dans la province d'al-Muthanna, dans le sud de l'Irak, le 8 juin 2022. (Photo par Asaad NIAZI / AFP)
Des gazelles Rhim broutent dans la réserve faunique de Sawa, dans le désert de Samawa, dans la province d'al-Muthanna, dans le sud de l'Irak, le 8 juin 2022. (Photo par Asaad NIAZI / AFP)
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Publié le Samedi 18 juin 2022

Irak: les gazelles de la réserve Sawa meurent de faim

  • Dans le sud de l'Irak, les gazelles de Rhim de la reserve de Sawa sont les malheureuses victimes de cette dérégulation climatique
  • 40% d'entre elles ont disparu entre fin avril et fin mai, explique Turki al-Jayashi, directeur de la réserve

SAMAWAH : Il y a un peu plus d'un mois, elles étaient 148 à gambader dans la réserve irakienne de Sawa. Mais le manque de fourrage dû aux faibles pluies et au peu d'investissements publics a décimé les gazelles. Elles ne sont plus que 87.

Lacs asséchés, précipitations peu abondantes en hiver, températures qui frôlent les 50 degrés en été: l'Irak accuse le coup du changement climatique. Le président irakien Barham Saleh voit dans la lutte contre les bouleversements climatiques, "une priorité nationale pour l'Irak, car c'est une menace existentielle pour les futures générations".

Dans le sud de l'Irak, les gazelles de Rhim de la reserve de Sawa sont les malheureuses victimes de cette dérégulation climatique. 40% d'entre elles ont disparu entre fin avril et fin mai, explique Turki al-Jayashi, directeur de la réserve.

Reconnaissables à leur robe pâle, couleur sable et leurs cornes, les gazelles de Rhim, sont surtout présentes dans les déserts de Libye, en Egypte et en Algérie. L'Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), les classe comme espèce "en danger".

Dans la réserve de Sawa, "il n'y a plus d'approvisionnement en nourriture, car on ne nous verse plus les fonds nécessaires" qui étaient jusque là fournis par le gouvernement, dit-il. "Et le climat a aussi fortement affecté les gazelles".

L'hiver dernier, il n'a pratiquement pas plu dans cette région quasi-désertique, et les plantes, dont se nourrissent les gazelles, n'ont pas pu croitre.

Le sol est irrémédiablement sec, les maigres arbustes qui offraient un peu de nourriture sont rabougris. Sous un toit de tôle, quelques gazelles se protègent du soleil en buvant l'eau des abreuvoirs et en se partageant un tas de foin.

«Raréfaction de l'eau»

L'été n'a pas encore commencé mais les températures ont déjà frôlé les 50 degrés dans une bonne partie de l'Irak.

Dans le domaine agricole, les récoltes de céréales s'annoncent catastrophiques. La sécheresse est en cause bien sûr, mais aussi des barrages construits en amont en Turquie et Iran, qui ont considérablement réduit le niveau de certains cours d'eau.

La désertification affecte "39% des terres irakiennes, la raréfaction de l'eau est un problème pour toutes nos régions. Elle va entraîner une baisse de la fertilité des terres agricoles à cause la salinisation", a prévenu le président Barham Saleh.

Pour espérer sauver les gazelles de Rhim de la réserve de Sawa, son directeur Turki al-Jayashi dit avoir reçu 100 millions de dinars (près de 66.000 euros) de la part de la présidence pour soigner les bêtes.

En Irak, d'autres réserves abritent des gazelles Rhim, notamment à Al-Madaïn (sud-est de Bagdad), à Diyala (centre-est de l'Irak) et à Kirkouk (nord).

Mais leur nombre dans ces trois réserves a baissé d'environ 25% au cours des trois dernières années pour passer à 224 individus, selon un responsable du ministère de l'Agriculture qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat. Il a notamment attribué cette baisse au "manque de financements publics constatés ces dernières années".


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.


L'Iran annonce des «accords» avec Oman sur un partage des revenus du détroit d'Ormuz

Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime. (AFP)
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  • Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz
  • Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires"

TEHERAN: Les Gardiens iraniens de la Révolution ont annoncé mercredi que "certains accords" avaient été conclus Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz, prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.

"Au cours des négociations avec Oman, certains accords ont été conclus concernant la part de chaque pays dans les eaux du détroit et la part de l'Iran et d'Oman dans ses revenus", a déclaré le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Hossein Mohebi.

Il a accusé les Etats-Unis d'"entraver les travaux" visant à finaliser un accord.

Mardi à Téhéran, selon un communiqué conjoint, les ministres des Affaires étrangères omanais et iranien avaient discuté d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et y prévoyant une opération de déminage.

Selon le communiqué, les négociations se poursuivaient   pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires".

Le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran.

Les Etats-Unis mènent en retour un blocus des ports iraniens.

L'Iran discute depuis des semaines avec Oman, tout en affirmant que le détroit restera verrouillé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, prévoyant notamment la levée du blocus américain et des sanctions économiques contre Téhéran.

 


Le Premier ministre qatari à Téhéran jeudi

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  • Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran
  • Il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions

DOHA: Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, se rend jeudi à Téhéran, où il rencontrera plusieurs responsables iraniens afin de discuter des moyens d'apaiser les tensions, a déclaré mercredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, sur X.