Gustavo Petro: l'ex-guérillero devenu président en Colombie

Le candidat colombien à la présidentielle de gauche Gustavo Petro de la coalition du Pacte historique prend la parole après avoir voté dans un bureau de vote, à côté de sa femme et de sa fille à Bogota, Colombie, le 19 juin 2022 (Photo, Reuters).
Le candidat colombien à la présidentielle de gauche Gustavo Petro de la coalition du Pacte historique prend la parole après avoir voté dans un bureau de vote, à côté de sa femme et de sa fille à Bogota, Colombie, le 19 juin 2022 (Photo, Reuters).
Les partisans du candidat colombien de gauche à la présidentielle Gustavo Petro célèbrent sa victoire après le second tour de l'élection présidentielle à Bucaramanga, en Colombie, le 19 juin 2022 (Photo, AFP).
Les partisans du candidat colombien de gauche à la présidentielle Gustavo Petro célèbrent sa victoire après le second tour de l'élection présidentielle à Bucaramanga, en Colombie, le 19 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 20 juin 2022

Gustavo Petro: l'ex-guérillero devenu président en Colombie

  • Ex-guérillero, maire de Bogota puis sénateur, Gustavo Petro se considère à 62 ans comme un «révolutionnaire»
  • Passionné de géographie, Gustavo Petro est marié et père de six enfants

BOGOTA: La troisième fois a été la bonne pour Gustavo Petro, et elle est historique ! Pour la première fois un président de gauche a été élu à la tête de la Colombie.

Vieux routier de la politique colombienne, ex-guérillero, maire de Bogota puis sénateur, Gustavo Petro qui se considère toujours à 62 ans comme un "révolutionnaire", a battu au second tour dimanche son rival inclassable mais soutenu par la droite traditionnelle, Rodolfo Hernandez, qui a reconnu sa défaite.

"Aujourd'hui est un jour de fête pour le peuple. Laissez-le célébrer la première victoire populaire", ont été ses premiers mots sur Twitter, peu après l'officialisation de sa victoire.

"J'ai consacré ma carrière à ce combat pour la justice sociale, contre les inégalités et la corruption" disait-il durant la campagne, se disant "prêt à conduire le destin" du pays et à "gouverner par l'amour et non par la haine".

Alors qu'il anticipait un classique duel face à la droite, la qualification surprise de l'indépendant Rodolfo Hernandez pour le second tour dimanche a changé la donne, tous deux se présentant en rupture avec l'élite qui dirige le pays depuis toujours.

"Après tant d'années d'un système dirigé par les mêmes personnes et qui ne fonctionne pas pour la majorité, le changement est l'aspiration et la lutte de toute la Colombie", souligne-t-il.

Rassurer 

Le leader de la coalition de gauche du "Pacte historique" voulait changer le cours de "200 ans d'histoire". Il l'a fait dimanche en devançant son adversaire de plus de 700.000 voix.

Petro va devoir rassurer les conservateurs, hommes d'affaires, grands propriétaires et militaires, qui craignent un "saut dans le vide" avec cette victoire de la gauche et qui ont agité en vain l'épouvantail du "communisme" ou l'exemple du Venezuela voisin "socialiste bolivarien" plongé dans la crise.

Ses adversaires l'ont attaqué sur son passé au sein du M-19, une guérilla urbaine d'extrême gauche qui a signé un accord de paix en 1990. Mais les Colombiens ont acté sa volonté de "changement".

Lui se décrit comme un "progressiste" plutôt que comme un "gauchiste", conscient du rejet que le terme peut susciter dans un pays martyrisé par six décennies de conflit avec différentes guérillas.

Il incarne néanmoins toujours une gauche latino-américaine classique, héritière des années 60/80, en léger décalage avec une nouvelle génération plus soucieuse d'écologie, de féminisme et d'antiracisme que représente sa colistière, la charismatique afro-colombienne Francia Marquez.

Guérillero

La révolte de Gustavo Petro, issu de la classe moyenne et éduqué par des prêtres, prend racine dans son rejet du coup d'Etat militaire au Chili en 1973 contre le président Salvador Allende, ainsi que dans une présumée "fraude électorale" à la même période contre un parti populaire colombien.

Admirateur du Nobel de littérature Gabriel Garcia Marquez, il avait adopté pendant sa clandestinité le nom d'Aureliano, personnage de "Cent ans de solitude".

Mais il a toujours été un combattant "médiocre", ont raconté ses compagnons d'armes. Arrêté et torturé par l'armée, il a été emprisonné pendant un an et demi.

Dans ses mémoires intitulées "Une vie, plusieurs vies", il reconnait n'avoir jamais eu la "vocation militaire" (...) "ce que je voulais faire c'était la révolution". Une étiquette de "révolutionnaire" qu'il n'a cessé de revendiquer, avec son souci d'aider "les plus pauvres".

L'un des mots phares de sa campagne -"la vie"- est inspiré de son catholicisme, influencé par la Théologie de la libération. Il est d'ailleurs l'unique candidat de cette élection à avoir rencontré le pape François.

La confiance sera difficile à gagner avec les militaires qui devront lui jurer fidélité et accepter les négociations de paix qu'il souhaite relancer avec les rébellions toujours actives, ainsi que l'offre qu'il compte proposer aux narcotrafiquants de se soumettre à la justice.

Député, sénateur, puis maire de Bogota de 2012 à 2015, Gustavo Petro a été contraint à un exil de trois ans en Europe après des menaces de mort et était un des hommes politiques les plus protégés du pays. Il le sera encore plus depuis dimanche.

Comme parlementaire, il a dénoncé les liens entre politiques et groupe paramilitaires d'extrême droite. Mais son passage à la mairie de la capitale a laissé un souvenir mitigé, l'image d'un homme autoritaire, médiocre gestionnaire.

Un de ses conseillers à cette époque, Daniel Garcia-Peña, critique son "despotisme" et sa "difficulté à travailler en équipe", tout en reconnaissant sa connaissance du pays. D'autres lui reprochent une forme de messianisme, de se croire un destin avec un peu trop d'ego.

Passionné de géographie, Gustavo Petro est marié et père de six enfants de plusieurs femmes. Dans une récente interview, sa fille adolescente Sofia s'est félicitée de "considérer son père comme un homme en déconstruction, une grande victoire pour le féminisme".


Israël se dit prêt à répondre «avec force» à toute attaque iranienne

Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
Israël s'est engagé dans la guerre au Moyen-Orient aux côtés des États-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire depuis que le président Donald Trump a conclu un accord de cessez-le-feu en avril. (AFP)
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  • Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment"
  • "Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi

JERUSALEM: Israël s'est dit mercredi prêt à riposter "avec force" à une éventuelle attaque iranienne, en pleine reprise des hostilités entre Téhéran et Washington.

Israël a lancé la guerre au Moyen-Orient aux côtés des Etats-Unis fin février, mais est resté en retrait sur le plan militaire après la signature d'un accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran en avril, même lorsque que celui-ci a volé en éclats avec de nouveaux affrontements.

Mercredi, l'Iran a mené des frappes sur plusieurs pays de la région en réponse à des bombardements américains.

"Pour le moment, (les Iraniens) mènent des frappes dans toute la région, sauf sur nous. Mais il est possible qu'ils nous attaquent et nous y sommes préparés", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz, lors d'une conférence organisée par le média israélien Ynet.

Le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar a lui assuré qu'Israël n'avait "pas l'intention de rejoindre la guerre pour le moment".

"Si nous sommes attaqués par l'Iran, nous répondrons certainement avec force, mais je ne suis pas sûr que l'Iran commette cette erreur", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne de télévision France 24 diffusé mercredi.

M. Katz a de son côté également avancé que les avions militaires israéliens étaient "prêts à décoller", et affirmé que les Iraniens "aimaient bien attaquer lors des fêtes juives".

Israël a plusieurs fois fait face dans son histoire à des attaques lors de fêtes juives - mais pas de la part de l'Iran - un souvenir qui affleure à chaque fois qu'approchent des périodes fériées.

C'est le cas par exemple de la guerre du Kippour en 1973, déclenchée par une attaque surprise de l'Egypte et de la Syrie le jour de Yom Kippour. Ou de l'attaque sans précédent menée par le Hamas palestinien le 7 octobre 2023, jour de Shabbat et de la fête juive de Simchat Torah.

Les fêtes juives d'automne commenceront à la tombée de la nuit le 11 septembre avec Rosh Hashana, le Nouvel An juif, suivi de Yom Kippour du 20 au 21 septembre et de Souccot à partir du 25 septembre.

L'activité ralentit considérablement en Israël pendant cette période, mais l'armée et les forces de sécurité restent traditionnellement très mobilisées.


Allemagne: ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat près d'une centrale thermique

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche". (AFP)
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  • "Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte"
  • Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage"

BERLIN: La police allemande a annoncé mercredi l'ouverture d'une enquête antiterroriste après un attentat mardi contre un poste électrique près d'une centrale thermique à Jänschwalde (est), qui a endommagé plusieurs lignes électriques et provoqué une brève interruption de l'alimentation.

"Outre les soupçons de perturbation de services publics, de déclenchement d'une explosion à l'aide d'explosifs et de destruction d'équipements de travail essentiels, une enquête pour formation d'une organisation terroriste a également été ouverte", a indiqué la préfecture de police du Land de Brandebourg à Potsdam.

Par ailleurs, après une panne mardi soir d'un poste électrique de l'opérateur Amprion à Bergheim, dans l'ouest du pays, les autorités allemandes ont indiqué soupçonner "un acte de sabotage".

Lors d'une conférence de presse donnée mercredi à Düsseldorf (ouest), le ministre de l'Intérieur de l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, Herbert Reul, a déclaré qu'il existait "un soupçon initial de sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel".

Les enquêteurs étudient deux pistes possibles: "un sabotage téléguidé par un Etat étranger" et un acte "d'extrémiste de gauche", a ajouté M. Reul.


Trump promet de bombarder l'Iran «bien plus durement» si le pays réplique aux dernières frappes américaines

Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes". (AFP)
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  • "Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social
  • Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X

WASHINGTON: Donald Trump a menacé de bombarder l'Iran "bien plus durement" si le pays répliquait aux frappes menées mardi par l'armée américaine, qu'il a qualifiées de "puissantes".

"Si la nation en faillite qu'est l'Iran riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Pour sa part, le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé mardi avoir déclenché de nouvelles frappes contre l'Iran, dans une courte déclaration publiée sur le réseau X.

"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la révolution en Iran", a indiqué le Centcom, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."

La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic maritime a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février.

Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des lanceurs situés sur une île iranienne.

L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Le président américain Donald Trump avait promis de répondre à ces représailles, mais semble avoir écarté pour l'instant la reprise d'une opération militaire massive contre l'Iran.

Washington a par ailleurs promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, dont les contours et les cibles restent à préciser.