Biodiversité: dernière ligne droite avant la COP15

Short Url
Publié le Mardi 21 juin 2022

Biodiversité: dernière ligne droite avant la COP15

  • Les négociations du COP15 entamées en 2020 ont été bouleversées par le Covid-19
  • Le nouveau cadre doit reconnaître le «rôle majeur des jeunes chefs de file, des peuples autochtones et des communautés locales et des femmes dans la protection de la biodiversité»

NAIROBI : Des délégués du monde entier se retrouvent à partir de mardi à Nairobi pour négocier un accord, attendu depuis 2020, pour protéger la nature mise à mal par les activités humaines. En ligne de mire: la COP15 biodiversité qui doit se tenir en décembre au Canada avec plus de deux ans de retard.

Les 196 membres de la Convention pour la diversité biologique (CDB) de l'ONU - 195 Etats et l'Union européenne, sans les Etats-Unis – travaillent à un cadre mondial pour "vivre en harmonie avec la nature" d'ici 2050, avec une étape en 2030.

Le temps presse, alors que les Etats ont échoué à tenir leurs engagements sur la dernière décennie et que la dégradation de la nature, qui fournit eau potable, air et nourriture, se poursuit à un rythme effréné.

Dans ce texte, que certains espèrent aussi ambitieux que l’Accord de Paris pour le climat, il est question de protéger au moins 30% des terres et océans d’ici 2030, de réduire les pollutions plastique et agricoles ou encore de s’assurer de la bonne mise en œuvre des objectifs adoptés.

"Il est important d’augmenter la protection de la nature, la restauration de zones dégradées et d’éviter de nouvelles dégradations d’habitats naturels par le développement d’infrastructures et les pollutions", résume Linda Krueger de l’ONG The Nature Conservancy.

Les négociations entamées en 2020 ont été bouleversées par le Covid-19. Les délégués des différents pays se sont retrouvés pour la première fois en personne en mars dernier à Genève. Une quinzaine de jours de travail acharnés n’ont pas suffi et rendez-vous a été fixé à Nairobi du 21 au 26 juin, pour une dernière session de discussions avant la COP elle-même.

Prévue initialement en octobre 2020 en Chine, elle a été repoussée maintes fois. Une première partie, protocolaire, s'est tenue à Kunming en octobre 2021. La seconde, où doivent aboutir les négociations, aura finalement lieu à Montréal, siège du secrétariat de la CDB, en décembre, selon Greenpeace et plusieurs sources proches du dossier, la politique zéro Covid de Pékin ayant rendu impossible sa tenue en Chine.

Financement

La session de Genève a débouché sur un texte touffu. Des crochets apparaissent presque à chaque ligne, ce qui signifie que les formulations retenues pour l’instant ne font pas consensus. Des paragraphes entiers sont grisés faute d’avoir pu être discutés en détail. Des objectifs chiffrés contenus dans une version précédente du texte ont sauté.

"La réunion de Nairobi doit répondre à une question simple: allons-nous ouvrir la COP15 sur des bases solides ou chancelantes?" commente auprès de l’AFP Li Shuo de Greenpeace.

La question des financements sera au cœur des débats.

A l’image de ce qui se passe dans les négociations internationales pour le climat, elle divise profondément pays en développement et pays développés. A la clôture de la réunion de Genève, une coalition de pays d’Afrique, d’Amérique du Sud et centrale a créé la surprise en demandant "au moins 100 milliards de dollars par an dans un premier temps, puis 700 milliards de dollars par an d’ici 2030 et au-delà" aux pays riches, des sommes inatteignables selon ces derniers.

"Un défi clé sera de rebâtir la confiance concernant les finances entre pays développés et en développement", qui abritent une grande part de la biodiversité mondiale, commente Oscar Soria, de l’ONG Avaaz, faute de quoi il sera difficile de s’entendre sur ces objectifs ambitieux, craint-il.

De nombreuses ONG plaident pour une plus grande reconnaissance du rôle des peuples autochtones, dont les territoires abritent une riche biodiversité.

Au moment où s’ouvrent les négociations à Nairobi, des Massaï quittent la réserve naturelle de Ngorongoro en Tanzanie dans le cadre d’un programme de relocalisation volontaire du gouvernement, critiqué par des militants des droits humains. "C’est exactement ce qu’il faudra éviter" dans le cadre du nouvel accord, estime Jennifer Corpuz, une représentante autochtone des Philippines.

Le nouveau cadre doit reconnaître le "rôle majeur des jeunes chefs de file, des peuples autochtones et des communautés locales et des femmes dans la protection de la biodiversité", insiste Kaluki Paul Mutuku, directeur Afrique de Youth4Nature.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Short Url
  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Short Url
  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Short Url
  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.