Equateur: Affrontements à Quito, l'armée s'inquiète de la démocratie «en grave danger»

La police anti-émeute équatorienne disperse des manifestants près de la Maison de la culture équatorienne à Quito, le 21 juin 2022 (Photo, AFP).
La police anti-émeute équatorienne disperse des manifestants près de la Maison de la culture équatorienne à Quito, le 21 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 22 juin 2022

Equateur: Affrontements à Quito, l'armée s'inquiète de la démocratie «en grave danger»

  • C'est dans le nord de la capitale, tout près d'une université qui abrite des manifestants, qu'ont eu lieu les heurts les plus violents avec les forces de l'ordre
  • Quelques petites manifestations isolées ont également eu lieu dans le sud de Quito et près de l'Université Central, selon la police

QUITO: Au neuvième jour de mobilisation en Equateur contre la hausse des prix du carburant, des milliers d'indigènes ont manifesté et affronté la police à Quito, tandis que le dialogue est toujours au point mort et que l'armée s'est inquiétée d'un "grave danger" pour la démocratie.

C'est dans le nord de la capitale, tout près d'une université qui abrite des manifestants, qu'ont eu lieu les heurts les plus violents avec les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes, de canon à eau, de véhicules motorisés et de policiers à cheval.

La présence policière était forte dans le secteur, où se trouve également la Maison de la culture équatorienne (CCE), un centre culturel servant traditionnellement de point de rencontre aux indigènes, mais investie par la police depuis ce week-end.

Quelques petites manifestations isolées ont également eu lieu dans le sud de Quito et près de l'Université Central, selon la police.

La puissante Confédération des nationalités indigènes d'Equateur (Conaie), qui a participé aux révoltes ayant renversé trois présidents entre 1997 et 2005 et mené les violentes manifestations de 2019 (11 morts), organise depuis le 13 juin des marches et barricades pour exiger une baisse des prix du carburant.

Des milliers d'indigènes ont entamé lundi une marche pacifique vers le centre de Quito depuis le sud. Plusieurs centaines sont également arrivés par le nord dans la capitale de trois millions d'habitants.

"L'objectif aujourd'hui est de prendre la Maison de la Culture, de s'y abriter", a expliqué dans la matinée à l'AFP Wilson Mazabanda, un indigène Kichwa-Panzaleo arrivé de Cotopaxi (sud), alors que ce vaste centre culturel avait servi de QG aux protestataires lors des manifestations de 2019.

Outre le prix du carburant, les manifestants dénoncent le manque d'emplois, l'octroi de concessions minières dans les territoires autochtones, l'absence d'un contrôle des prix des produits agricoles et une renégociation des dettes des paysans auprès des banques.

"Nous sommes le peuple et nous resterons ici jusqu'au bout", assurait lundi, sur une avenue occupée par des manifestants, Victor Taday, 50 ans, originaire de la province de Chimborazo (sud) et qui vit à Quito.

Mort d'un indigène

Un indigène amazonien est mort mardi lors d'une "confrontation" avec les forces, a déclaré à l'AFP une dirigeante d'un groupe d'organisations de défense des droits humains.

"Il y a eu une confrontation et cette personne a été touchée au visage, apparemment par une bombe de gaz lacrymogène", a déclaré l'avocate Lina María Espinosa, de l'Alliance des organisations des droits humains.

Cet homme de 40 ans, du peuple quechua, faisait partie d'un groupe de manifestants qui bloquaient la localité amazonienne de Puyo, au sud de Quito.

Dans la nuit de lundi à mardi, un jeune homme était mort après être tombé dans un ravin pendant les manifestations et le bureau du procureur a décidé d'ouvrir une enquête pour homicide présumé.

L'armée met en garde

"La démocratie en Equateur est en grave danger face à l'action concertée de personnes exaltées qui empêchent la libre circulation de la majorité des Equatoriens", a mis en garde mardi le ministre de la Défense Luis Lara.

"Les forces armées ne permettront pas les tentatives de briser l'ordre constitutionnel ou toute action contre la démocratie et les lois de la République", a prévenu M. Lara, depuis son bureau de Quito, entouré par les chefs de l'Armée de terre, de la Marine et de l'Armée de l'air.

Au Parlement, les députés ont approuvé lundi soir par 81 voix sur 137 votes une résolution exigeant une proposition gouvernementale de dialogue "sérieuse, claire et honnête" et réclamant une table ronde incluant l'ONU, la Croix-Rouge, les universités et l'Eglise catholique pour chercher des solutions à la crise.

Les peuples indigènes rassemblent au moins un million des 17,7 millions d'Equatoriens.

"Nous avons tendu la main, nous avons appelé au dialogue, mais ils ne veulent pas la paix, ils cherchent le chaos, ils veulent chasser le président", a accusé lundi M. Lasso avec une vidéo montrant des images de manifestants se livrant à des violences dans la rue.

Plus tard, il a étendu l'état d'urgence de trois à six des 24 provinces du pays.

Soixante-trois policiers ont été blessés depuis le début des manifestations, selon un bilan officiel, tandis qu'une organisation locale de défense des droits humains a fait état de 79 arrestations et 55 civils blessés.

Depuis près d'un an, le prix d'un gallon de diesel a augmenté de 90% (à 1,90 dollar) et celui de l'essence de 46% (à 2,55 dollars). Les prix sont gelés depuis octobre, après les précédentes manifestations, mais la Conaie demande une baisse à respectivement 1,50 et 2,10 dollars.

L'économie perd environ 50 millions de dollars par jour en raison des manifestations, selon des chiffres officiels. La production pétrolière, principale exportation, a diminué d'environ 100 000 barils par jour, soit une baisse de 21%, selon le directeur de la société publique Petroecuador, Italo Cedeno.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.