La chute de Ferrand, un message «anti-Macron» venu du centre Bretagne

Cette photographie prise le 19 juin 2022 montre des panneaux électoraux avec des affiches du président de l'Assemblée nationale française et candidat LREM Richard Ferrand (D) et de la candidate Nupes Mélanie Thomin (G) à Carhaix-Plouguer, dans l'ouest de la France, lors du second tour des élections législatives françaises . (FRED TANNEAU /AFP)
Cette photographie prise le 19 juin 2022 montre des panneaux électoraux avec des affiches du président de l'Assemblée nationale française et candidat LREM Richard Ferrand (D) et de la candidate Nupes Mélanie Thomin (G) à Carhaix-Plouguer, dans l'ouest de la France, lors du second tour des élections législatives françaises . (FRED TANNEAU /AFP)
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Publié le Mercredi 22 juin 2022

La chute de Ferrand, un message «anti-Macron» venu du centre Bretagne

  • Dans la sixième circonscription du Finistère, le deuxième tour des législatives a eu des allures de «référendum anti-Ferrand»
  • Sur les huit circonscriptions du Finistère, toutes acquises en 2017 par des candidats de la République en marche (LREM), seule celle de Richard Ferrand a basculé

BREST: Pilier de la macronie, le président sortant de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, battu à la surprise générale dimanche dans son fief du centre Finistère, a notamment pâti d'un vote "anti-Macron" venu autant de la gauche que de la droite.

Dans la sixième circonscription du Finistère, le deuxième tour des législatives a eu des allures de "référendum anti-Ferrand", note auprès de l'AFP Romain Pasquier, directeur de recherche au CNRS. Mais surtout, la consultation a servi "de courroie de transmission pour un message anti-Macron", poursuit le politologue.

Sur les huit circonscriptions du Finistère, toutes acquises en 2017 par des candidats de la République en marche (LREM), seule celle de Richard Ferrand a basculé.

"On a axé notre campagne du deuxième tour sur l'idée que pour envoyer un message clair au président de la République, il y a avait un réel enjeu à battre Richard Ferrand", confirme la socialiste Mélanie Thomin, élue dimanche sous les couleurs de la Nupes avec 50,85% des suffrages.

Pourtant, rien ne laissait présager un tel revers pour celui qui a été l'un des soutiens de la première heure d'Emmanuel Macron, dès 2016. Le titulaire du perchoir depuis 2018 était notamment sorti, à l'issue du premier tour, en ballotage favorable avec 33,56% des voix, contre 31,16% à sa rivale.

Et à droite, le report de voix lui était en principe plutôt favorable. Dans un contexte de forte abstention, le Rassemblement national (RN) a engrangé 14,51% des suffrages, Les Républicains (LR) 10,60%. "Les électeurs de droite lui ont fait payer ce que la macronie a fait à la droite, c'est-à-dire les débauchages successifs, l'affaiblissement du camp", analyse Romain Pasquier.

A cela, s'est ajouté une situation depuis longtemps compliquée pour Richard Ferrand sur ces terres rurales traditionnellement à gauche où il s'est pendant longtemps opposé à Christian Troadec, le maire DVG de Carhaix et ancien porte-parole des Bonnets rouges. "Son ascension a créé des inimitiés qui se sont cristallisées", note le politologue.

«Des inimitiés»

"Ferrand paye le prix de sa trahison", confirme Christian Troadec. "Dans l'opposition, il nous reprochait toujours de ne jamais être assez à gauche", raconte-t-il. "Il donnait des leçons à tout va pour se retrouver finalement à soutenir la politique ultra-libérale de Macron", s'étrangle ce soutien de la candidate de l'alliance de gauche Nupes dans la circonscription.

"Je préfère une victoire par procuration qu'une défaite", assure Christian Troadec, très remonté contre le bilan de celui qui était député depuis 2012. "Il a pratiqué un clientélisme qu'encore aucun député sur la circonscription n'avait osé réaliser. C'était effroyable", estime- t-il.

"Je me suis toujours battu pour mes idées et mon territoire et ai veillé à accompagner les projets d'où qu'ils viennent", a réagi auprès de l'AFP Richard Ferrand, qui s'était notamment mobilisé en mai pour défendre l'hôpital de Carhaix, dont des services étaient menacés de fermeture.

"Mélanie Thomin ressemble sans doute plus à l'électeur lambda de la 6e circonscription du Finistère que Richard Ferrand", juge cependant Romain Pasquier, à propos de cette professeur de français de 38 ans, quasiment inconnue en politique jusque-là.

Pour Erwan Chartier, rédacteur en chef de l'hebdomadaire local indépendant Le Poher, Richard Ferrand a également fait les frais de l'affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne, qui lui avait coûté en 2017 son éphémère portefeuille de ministre de la Cohésion des territoires.

La Cour de cassation examine d'ailleurs mercredi la question de la prescription dans cette affaire dans laquelle l'ancien député avait été mis en examen pour prise illégale d'intérêt.

"Il a traîné cette affaire pendant tout son mandat. Ca n'avait pas accroché en 2017, mais depuis ça revenait régulièrement dans les conversations", note-t-il.

Et la venue début avril d'Emmanuel Macron à Spézet, dans cette circonscription qui s'étire depuis Carhaix jusqu'à la presqu'île de Crozon, lors d'un de ses rares déplacements de campagne, n'a pas suffi à convaincre les électeurs de voter pour celui qui avait depuis quelques années l'oreille du chef de l'Etat.


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.


Iran: la France va rehausser sa «posture» militaire dans le Golfe

La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. (AFP)
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  • Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi
  • La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts"

PARIS: La France va rehausser sa "posture" de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l'Iran en riposte à l'offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron.

"Tout cela nous conduit à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif pour être au côté de ceux avec lesquels nous avons des traités de défense", a dit le chef de l'Etat au début du deuxième conseil de défense consacré au conflit en Iran en deux jours.

Il faut "adapter la posture à l'évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer", a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région.

Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d'une base française a aussi été "touché dans une attaque de drone" sur le port d'Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

La France est également en train de s'organiser pour "pouvoir rapatrier (ses ressortissants) dès que les espaces aériens seront ouverts", a-t-il ajouté.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", avait déjà indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

Au deuxième jour des frappes menées par Israël et les États-Unis sur l'Iran et de la riposte de Téhéran notamment sur les pays du Golfe, Maud Bregeon a aussi assuré que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême, Ali Khamenei.


Une attaque iranienne provoque un incendie sur une base accueillant des forces françaises

Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées. (AFP)
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  • "Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi"
  • "L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes"

DUBAI: Une attaque de drones iraniens contre une base navale d'Abou Dhabi accueillant des forces françaises a provoqué un incendie sans faire de victime, ont indiqué dimanche le ministère émirati de la Défense et la ministre française des Armées.

Pour la deuxième journée consécutive, des salves de drones et de missiles iraniens sont lancées en représailles aux frappes américaines et israéliennes contre la République islamique, qui ont tué son guide suprême Ali Khamenei samedi.

"Des équipes spécialisées sont intervenues aujourd'hui à la suite d'un incident résultant d'une attaque de deux drones iraniens contre un entrepôt de la base navale d'Al Salam, à Abou Dhabi", a déclaré le ministère.

"L'attaque a provoqué un incendie dans deux conteneurs de matériel divers, mais il n'y a pas eu de victimes", a-t-il précisé.

La base émiratie, également connue sous le nom de Camp de la Paix, accueille des forces françaises à l'invitation des Emirats arabes unis.

"Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Emiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé le port d'Abou Dhabi. Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n'est à déplorer" a affirmé sur X la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

"La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure", a-t-elle ajouté.