Entre Macron et l'opposition, le début de la guerre des nerfs

Emmanuel Macron s'exprimant lors d'un discours télévisé le 22 juin 2022 à Paris (Photo, AFP).
Emmanuel Macron s'exprimant lors d'un discours télévisé le 22 juin 2022 à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 24 juin 2022

Entre Macron et l'opposition, le début de la guerre des nerfs

  • Emmanuel Macron avait écarté mercredi soir devant 15,5 millions de téléspectateurs l'hypothèse d'un gouvernement d'union nationale
  • Dans les rangs macronistes, on ne désespère pas de pouvoir parvenir à un élargissement de la majorité

PARIS: L'opposition a renvoyé jeudi la balle dans le camp d'Emmanuel Macron, refusant l'idée d'un gouvernement de coalition, tout en souhaitant redonner au Parlement tout son rôle dans l'examen de textes "au cas par cas".

"C'est lui qui est au pied du mur, pas nous (...) S'il reste sur son projet, il n'a pas de majorité absolue, et c'est lui qui est coincé, c'est lui qui va bloquer la France", a résumé la députée Nupes-PS Valérie Rabault.

Avant de s'envoler jeudi pour un sommet européen à Bruxelles, le chef de l'Etat, qui n'a obtenu qu'une majorité relative, avait écarté mercredi soir devant 15,5 millions de téléspectateurs l'hypothèse d'un gouvernement d'union nationale, testée auprès de certains dirigeants de partis.

Il a aussi demandé à la coalition de gauche Nupes, au Rassemblement national et aux Républicains de "dire en toute transparence jusqu'où ils sont prêts à aller" pour "bâtir des compromis": "entrer dans une coalition de gouvernement et d'action (ou) s'engager à voter simplement certains textes, notre budget".

Alors qu'il avait réclamé une réponse à courte échéance, à son retour de Bruxelles vendredi après-midi, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a assuré qu'il n'avait "pas fixé un ultimatum de 48 heures".

La Première ministre Elisabeth Borne s'est dite, sur LCI, "très confiante qu'on puisse trouver des députés pour voter des textes parce qu'on a intégré leurs propositions".

"Personne n'a le monopole des bonnes idées. Le dialogue, l'écoute permettent d'améliorer les bons projets. Il faut que ce soit une chance pour la France", a-t-elle ajouté.

Chèque en blanc

La Nupes veut, elle, "des choses très concrètes", par exemple voir dans le projet de M. Macron le Smic à 1.500 euros, tandis que le député Nupes-EELV Julien Bayou promet des propositions sur l'écologie de la part de la gauche unie.

A droite, LR "refuse" tout contrat de coalition qui effacerait les "convictions" politiques de chacun. "Donc ce sera pour nous le cas par cas" sur le vote de textes au Parlement, a répété le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau.

Les Républicains comptent eux-mêmes proposer des mesures la semaine prochaine, a rappelé le nouveau chef de file de leur groupe Olivier Marleix, qui refuse de faire un "chèque en blanc", au chef de l'Etat.

Marine Le Pen, élue par acclamation car seule candidate jeudi à la tête d'un groupe RN fort de 89 députés, a promis que ceux-ci "examiner(aient) les textes à la lumière de l'intérêt des Français et de la France".

Mais dans les rangs macronistes, on ne désespère pas de pouvoir parvenir à un élargissement de la majorité.

Elisabeth Borne a commencé jeudi à s'entretenir avec les présidents des groupes parlementaires fraîchement élus au Palais Bourbon. Les discussions se poursuivent vendredi. En attendant, elle a assuré ne pas se poser de questions sur son avenir à Matignon, alors que plusieurs figures de l'opposition ont réclamé sa démission.

Interrogé sur LCI si elle allait engager sa responsabilité le 5 juillet lors de la Déclaration de politique générale, elle a dit qu'elle n'avait "pas tranché ce point" encore.

«Nouveaux accidents» électoraux

Proche d'Edouard Philippe et membre fondateur d'Horizons, Gilles Boyer a confirmé que le parti allié à la majorité continuait d'essayer de constituer une "coalition" avec certains LR, PS ou EELV, c'est-à-dire "identifier les grandes réformes sur lesquelles nous pourrions trouver des points d'accord et ensuite bâtir un accord de gouvernement", prédisant "plusieurs jours, semaines voire quelques mois de discussions" pour y parvenir.

Mais "l'idée qu'il suffit de recréer une majorité qui n'a pas été donnée par les électeurs" pour "continuer le business as usual" (NDLR: les affaires comme d'habitude) n'est pas possible, a mis en garde François Bayrou (MoDem), autre allié macroniste, en pointant le risque "de nouveaux accidents" électoraux.

Le "dialogue" avec l'opposition est "enclenché" pour "plusieurs jours, peut-être même plusieurs semaines", a assuré la porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, en précisant que le chef de l'Etat "reverra possiblement les présidents des forces politiques et échangera avec eux en étant à l'écoute".

Dans l'immédiat, une autre bataille se joue dans l'Hémicycle pour la présidence de la commission des Finances, qui doit revenir à un membre de l'opposition. Gauche et RN affûtent leurs armes: le LFI Eric Coquerel et le RN Jean-Philippe Tanguy sont "candidats", alors que la PS Valérie Rabault se dit "intéressée" par le poste.

Le vote aura lieu le 30 juin.

Les groupes  de la coalition Nupes (LFI, PS, EELV, LFI), qui ont tenu jeudi leur première réunion en intergroupe et promis des propositions communes, notamment sur le pouvoir d'achat, ont assuré qu'ils présenteraient des "candidatures communes" à tous les postes clés de l'Assemblée.


Macron dans un lycée en Lozère mardi pour la rentrée scolaire

Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron signe une banderole réalisée par des élèves d’une école locale à son départ, après avoir présidé le Conseil des ministres hebdomadaire, dans la ville de Montluçon, dans le centre de la France, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra mardi au lycée Chaptal de Mende pour échanger sur la généralisation de l’interdiction des téléphones portables dans les lycées dès la rentrée
  • Il visitera ensuite la faculté d’éducation de l’université de Montpellier à Mende pour présenter la réforme de la formation des enseignants, destinée notamment à renforcer le recrutement

PARIS : Emmanuel Macron se rendra au lycée Chaptal de Mende (Lozère) mardi, où il échangera avec élèves et enseignants sur l'interdiction du téléphone portable dans les lycées, pour la dernière rentrée scolaire de son double quinquennat, a annoncé vendredi l'Elysée.

"Dans la suite de son engagement pour renforcer la protection des mineurs face aux expositions permanentes aux écrans, le chef de l'Etat échangera avec les élèves et les enseignants sur la généralisation de l'interdiction des téléphones portables au lycée, dans la continuité de ce qui est mis en place au collège depuis 2018", a précisé la présidence.

Déjà en vigueur de la maternelle au collège, l'interdiction du téléphone portable sera étendue aux lycées dès la rentrée par la loi visant à protéger les mineurs des réseaux sociaux.

Emmanuel Macron a promulgué ce texte mardi alors que le Conseil constitutionnel a censuré sa mesure phare interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

Il se rendra ensuite à la faculté d'éducation de l'université de Montpellier sur le site de Mende à l'occasion de la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale des enseignants, "grand engagement du second quinquennat" selon l'Elysée.

Pour répondre à la crise du recrutement, le ministère de l'Education nationale a réformé le système de concours afin notamment d'élargir le vivier de candidats.

Le concours a été avancé cette année à la fin de la licence (bac+3). Jusqu'à l'an dernier, les aspirants professeurs, dans le premier degré (écoles maternelles et primaires) comme dans le second degré (collèges et lycées) ne pouvaient passer le concours qu'après un master (bac+5).

Le manque d'enseignants, avec un nombre conséquent de postes non pourvus depuis plusieurs années, est une problématique de longue date dans l'Education nationale. En 2025, plus de 2.600 postes étaient restés vacants, selon des données compilées par l'AFP.

Cette réforme "permet de préparer plus tôt et plus progressivement les futurs enseignants à leur métier, grâce à des programmes rénovés, une formation renforcée et mieux répartie sur le territoire", estime la présidence.

"Elle doit renforcer durablement l'attractivité du métier et élargir le vivier de candidats qui seront rémunérés pendants leurs années de master", ajoute-t-elle.

Le chef de l’Etat échangera avec des étudiants se préparant au professorat des écoles, dont notamment les premiers lauréats du nouveau concours.


Mélenchon aux patrons: "si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
Jean-Luc Mélenchon participe à un débat réunissant sept candidats à la présidentielle de 2027, lors de La REF 2026 du Medef, sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros, à Paris, le 27 août 2026. (AFP)
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  • Jean-Luc Mélenchon appelle les chefs d’entreprise à augmenter les salaires pour éviter une récession en France
  • Lors du débat du Medef, les principaux candidats ont exposé leurs visions économiques, de la réduction de la bureaucratie à la relance sociale et écologique

PARIS: Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession", en ouverture du premier débat entre les principaux candidats à la présidentielle, organisé par le Medef.

"Je vous mets en alerte: le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat à Roland-Garros, diffusé par LCI.

Les sept candidats les mieux placés dans les sondages se sont exprimés à tour de rôle sur le court central.

Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.

"Moi j'appelle à l'union de l'ensemble des acteurs, à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer le redressement, j'oserai même, même en présence de Monsieur Attal, la renaissance de la France", a dit la candidate du Rassemblement national.

Gabriel Attal, candidat du parti présidentiel Renaissance, conteste en justice l'utilisation de ce terme par la quadruple candidate à l'Elysée dans son slogan de campagne.

Ce dernier, qui se dispute avec Edouard Philippe la place de candidat du bloc central, a lui épinglé dans son introduction les insoumis, invitant Jean-Luc Mélenchon à "présenter des excuses pour les propos de (l'eurodéputée) Manon Aubry qui a qualifié les entrepreneurs français de nuisibles et de parasites".

Son concurrent Edouard Philippe, candidat du parti Horizons, souvent accusé de promettre du "sang et des larmes", s'est dit "convaincu qu'on ne gagne pas une élection, mais surtout qu'on ne sort pas un pays de l'ornière en se contentant de dire ce qui ne va pas et en disant que ça va être dur".

Il s'en est pris, lui aussi, à la proposition des insoumis d'annuler une partie de la dette publique française, car selon lui, "brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire".

"Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a martelé pour sa part le social-démocrate Raphaël Glucksmann, proposant son "nouveau contrat patriotique".

A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a promis de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", "paperasse", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui.

L'écologiste Marine Tondelier a assuré les patrons que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".


Un soldat de la Légion étrangère française enlevé en Colombie

Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
Le président colombien Abelardo de la Espriella prononce un discours lors de la cérémonie de passation de commandement à l'École militaire José María Córdova, à Bogota, le 26 août 2026. (AFP)
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  • Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source
  • José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio

BOGOTA: Un soldat franco-colombien de la Légion étrangère française a été enlevé début août dans une région de Colombie contrôlée par la guérilla, a annoncé l'armée jeudi.

José Olger Melo Charry a été pris en otage le 6 août alors qu'il circulait sur une route du département de Nariño, dans le sud-ouest du pays, selon un rapport de l'armée consulté par l'AFP.

Les responsables présumés de cet enlèvement sont des dissidents de la guérilla des Farc, aujourd'hui dissoute, qui avaient refusé de signer l'accord de paix de 2016 avec le gouvernement, indique le document.

Les rebelles l'ont enlevé après avoir réalisé qu'il appartenait à la Légion étrangère française, d'après la même source.

José Olger Melo Charry, caporal engagé dans l'armée française depuis quatre ans, était en permission dans son pays d'origine, a déclaré jeudi le colonel Mauricio Osorio à la radio colombienne Blu Radio.

Le groupe accusé de cet enlèvement est dirigé par un homme connu sous le nom d'Ivan Mordisco, le guérillero le plus recherché de Colombie.

Les groupes armés du pays, principalement impliqués dans le trafic de drogue et l'exploitation minière illégale, ont recours aux enlèvements pour extorquer de l'argent ou faire pression sur les autorités.

Le président Abelardo de la Espriella, tenant de la droite dure, affiche depuis son arrivée au pouvoir début août une politique de lutte sans merci contre les guérillas et les narcotrafiquants, avec le soutien des Etats-Unis.

Son prédécesseur de gauche, Gustavo Petro, lui-même ancien membre d'une autre guérilla dissoute, avait échoué dans la plupart de ses tentatives de conclure la paix, et de nombreux experts soulignent que les groupes armés se sont renforcés durant sa présidence.