Séisme en Afghanistan: les survivants, sans abri, nourriture ou eau, attendent l'aide avec anxiété

Plusieurs secousses sismiques ont été ressenties depuis mercredi. Cinq personnes ont été tuées vendredi matin par l'une d'elles à Gayan, selon Maqbool Luqmanzai, le directeur de la Santé de ce district, très touché. (AFP)
Plusieurs secousses sismiques ont été ressenties depuis mercredi. Cinq personnes ont été tuées vendredi matin par l'une d'elles à Gayan, selon Maqbool Luqmanzai, le directeur de la Santé de ce district, très touché. (AFP)
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Publié le Vendredi 24 juin 2022

Séisme en Afghanistan: les survivants, sans abri, nourriture ou eau, attendent l'aide avec anxiété

  • Le tremblement de terre, d'une magnitude de 5,9, qui a frappé mercredi cette région pauvre et isolée à la frontière avec le Pakistan, a fait plus de 1 000 morts, 3 000 blessés et des milliers de sans-abri
  • Les fragiles maisons aux murs en briques de terre n'ont pas résisté et les survivants se retrouvent complètement démunis

DISTRICT DE GAYAN: L'aide arrivait lentement vendredi dans les villages dévastés du sud-est de l'Afghanistan, mais des milliers de rescapés restaient dépourvus d'abri, de vivres et d'eau, trois jours après le séisme le plus meurtrier qu'ait connu le pays en plus de deux décennies.

Le tremblement de terre, d'une magnitude de 5,9, qui a frappé mercredi cette région pauvre et isolée à la frontière avec le Pakistan, a fait plus de 1.000 morts, 3.000 blessés et des milliers de sans-abri.

Les fragiles maisons aux murs en briques de terre n'ont pas résisté et les survivants se retrouvent complètement démunis. Ils ont besoin d'abris, pour se protéger de la pluie et du froid, inhabituel en cette saison, mais aussi de nourriture, eau et produits de premier secours.

"Les tentes, la nourriture et la farine que nous avons reçues pour quelques jours, ce n'est pas suffisant", a déclaré à l'AFP Raqim Jan, un habitant du district de Gayan, dans la province de Paktika, la plus affectée.

"Actuellement c'est l'été, il fait trop chaud. Dans deux mois, ce sera l'hiver et on sera confronté à un froid rigoureux. S'ils pouvaient réparer les toits et les maisons, cela nous aiderait énormément", a-t-il ajouté.

Plusieurs secousses sismiques ont été ressenties depuis mercredi. Cinq personnes ont été tuées vendredi matin par l'une d'elles à Gayan, selon Maqbool Luqmanzai, le directeur de la Santé de ce district, très touché.

Les opérations de secours sont compliquées par l'isolement de la région et la météo. Les pluies ont provoqué des glissements de terrain qui ralentissent l'acheminement de l'aide, et ont endommagé les lignes téléphoniques et électriques.

Mais des journalistes de l'AFP ont vu sept camions du Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, chargés de tentes et de biscuits, arriver vendredi matin dans le village de Wuchkai, à Gayan, après plus d'une journée de route depuis Kaboul.

D'autres, transportant des denrées alimentaires de base, comme de l’huile ou du riz, suivaient, selon un membre de l'organisation. L’ONG Médecins sans frontière (MSF) était aussi présente, avec deux camions chargés de tentes et de médicaments.

Un défi pour les talibans 

Ce séisme représente un défi majeur pour les talibans, qui ont pris le pouvoir à la mi-août 2021 après 20 années d'insurrection et se sont aliénés la communauté internationale avec leur conception ultra-rigoriste de l'islam.

L'aide internationale, qui portait le pays à bout de bras depuis deux décennies, a été coupée après leur accession au pouvoir et ne revient qu'au compte-gouttes. Et le pays est, depuis, enlisé dans une profonde crise financière et humanitaire.

Le gouvernement a dit faire au mieux de ses capacités pour venir en aide aux victimes et appelé à l'aide la communauté internationale.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a assuré que l'ONU était "pleinement mobilisée" pour aider l'Afghanistan.

Selon ses services, le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) a distribué des tentes, couvertures et bâches plastiques ; le PAM a délivré de la nourriture pour environ 14.000 personnes à Paktika et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fourni 10 tonnes de matériel médical suffisant à permettre 5.400 opérations chirurgicales.

L'ONU s'inquiète aussi du risque d'apparition de maladies transmises par l'eau, comme la diarrhée ou le choléra.

L'Union européenne a estimé que 270.000 personnes vivant dans les zones touchées par le séisme auraient besoin d'assistance et a dégagé une aide d'urgence initiale d'un million d'euros.

Le Pakistan, l'Iran, le Qatar, l'Inde, les Emirats arabes unis, notamment, ont aussi fait parvenir de l'aide aux sinistrés. Et les États-Unis, qui se sont retirés d'Afghanistan fin août après 20 années de guerre, ont indiqué travailler avec leurs partenaires humanitaires à l'envoi d'équipes médicales.

Distribution «transparente» de l'aide

Certains pays sont réticents à doter directement en aide les talibans, de peur qu'elle ne soit détournée.

"La distribution de l'aide sera transparente", a toutefois assuré à l'AFP le porte-parole adjoint du gouvernement, Bilal Karimi. "Plusieurs pays nous ont soutenus et ont été à nos côtés".

Des villages entiers ont été détruits. Les autorités estiment qu'au total près de 10.000 maisons, dans lesquelles s'entassent parfois une vingtaine de personnes, ont été endommagées.

A Wuchkai, dans un cimetière qui surplombe le village, 11 tombes sommaires ont récemment été creusées. Toutes renferment les corps d’une même famille tuée dans le séisme, dont des enfants.

L'urgence est grande pour les plus fragiles: les personnes âgées et les enfants.

L'ONG Save the Children a estimé jeudi que plus de 118.000 enfants étaient touchés par la catastrophe. "Beaucoup d'enfants n'ont très probablement maintenant plus accès à de l'eau potable, de la nourriture et un endroit sûr où dormir", a-t-elle déclaré.

L'Afghanistan est fréquemment frappé par des séismes, en particulier dans la chaîne montagneuse de l'Hindu Kush, qui se trouve à la jonction des plaques tectoniques eurasienne et indienne.

Le séisme le plus meurtrier de son histoire récente (5.000 morts) avait eu lieu en mai 1998 dans les provinces de Takhar et Badakhshan (nord-est).


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.