En Allemagne, des activistes du climat se tournent vers la désobéissance civile

Des manifestants participent à une manifestation appelée par Greenpeace, Attac et d'autres organisations avant le sommet du G7 à la Theresienwiese à Munich, dans le sud de l'Allemagne, le 25 juin 2022. (AFP)
Des manifestants participent à une manifestation appelée par Greenpeace, Attac et d'autres organisations avant le sommet du G7 à la Theresienwiese à Munich, dans le sud de l'Allemagne, le 25 juin 2022. (AFP)
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Publié le Samedi 25 juin 2022

En Allemagne, des activistes du climat se tournent vers la désobéissance civile

  • Gilet orange et casque de chantier, une douzaine de jeunes gens, immobiles devant le bâtiment qu'ils viennent d'asperger, scandent à intervalles réguliers : «Economisons le pétrole au lieu de forer»
  • Une nouvelle journée d'action débute pour le groupe Letzte Generation – «La dernière génération» –, visage neuf d'un militantisme qui se veut plus pressant et plus radical face à l'urgence climatique

BERLIN: Une tâche noire semble jaillir de la façade de la chancellerie allemande. Gilet orange et casque de chantier, une douzaine de jeunes gens, immobiles devant le bâtiment qu'ils viennent d'asperger, scandent à intervalles réguliers : “Economisons le pétrole au lieu de forer”.

Une nouvelle journée d'action débute pour le groupe Letzte Generation – "La dernière génération" –, visage neuf d'un militantisme qui se veut plus pressant et plus radical face à l'urgence climatique.

Depuis le début de l'année, les images de leurs protestations coup de poing font régulièrement le tour des médias allemands, qu'ils se collent la main sur les routes pour bloquer le trafic à Berlin ou sabotent des oléoducs à la campagne.

Leur crédo : revendications ciblées, discours alarmiste et désobéissance civile.

"Le gouvernement a ignoré tout le reste : des pétitions ont été écrites, un million de personnes sont descendues dans la rue", se désespère Lina Joansen, étudiante de 24 ans qui participait au sit-in, mercredi, devant la chancellerie.

"Nous devons nous asseoir ici et entrer en résistance", dit-elle calmement, indifférente aux policiers qui relèvent les identités du petit groupe.

Interpellations 

Au mois de juin, ces activistes ont fait campagne contre la menace de nouveaux forages pétroliers en mer du Nord, alors que l'Europe tente de se passer des combustibles fossiles russes, dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Cette semaine, Berlin a dû se résoudre à annoncer un retour accru au charbon, le temps de réduire sa dépendance au gaz importé de Russie.

Au début de l'année, ils ont mené un cycle d'actions contre le gaspillage alimentaire. Soucieux de concentrer leur message sur des thèmes concrets, ils demandaient au gouvernement allemand une loi pour interdire aux supermarchés de détruire leurs invendus.

Résultat de cette campagne selon le groupe: plus de 250 interpellations pour des blocages de ports, autoroutes, ronds-points.

Ces activiste assument le risque car ils se voient comme la dernière génération à pouvoir empêcher l'effondrement climatique de la planète.

"C'est un petit mouvement en nombre, mais qui arrive à susciter une attention disproportionnée", observe le sociologue Dieter Rucht, professeur honoraire à la Freie Universität de Berlin.

"En janvier, nous avons commencé avec une trentaine de personnes. Maintenant, nous sommes plusieurs centaines, plus de 200 actuellement à Berlin prêts à se faire arrêter ", affirme à l'AFP la porte-parole du mouvement, Carla Hinrichs.

Le mouvement est né dans le sillage d'une grève de la faim de plusieurs semaines menée par une poignée d'entre eux, près du siège du gouvernement et du parlement, en pleine campagne des élections législatives à la fin de l'été dernier.

Depuis, une nouvelle coalition est arrivée au pouvoir, dirigée par le social-démocrate Olaf Scholz, donnant aux écologistes des postes-clés et affichant d'ambitieux objectifs climatiques.

Leur action ne convainc pas Myriam Herrmann, 25 ans, venue soutenir ses camarades de Letzte Generation devant la chancellerie.

Cette étudiante en droit se dit "incroyablement déçue" par le gouvernement. "On a un ministre Vert de l'Economie et du Climat, mais il veut importer du gaz du Qatar, forer dans la mer du Nord et construire des terminaux de gaz liquéfié comme solution provisoire”, s’insurge-t-elle. "Nous n'avons plus le temps pour des solutions provisoires".

Phase difficile 

Ces dernières années, les manifestations du mouvement Friday for Future avaient mobilisé des centaines de milliers de citoyens en Allemagne.

Leur succès avait fait passer second plan les mouvements de désobéissance civile, "un mode de protestation bien établi dans le mouvement écologiste allemand”, rappelle le sociologue Michael Neuber, évoquant le mouvement anti-nucléaire des années 1970.

Mais l'activisme écologiste traverse une phase difficile : "Entre le Covid-19 et la guerre en Ukraine, l'attention médiatique s'est détournée du climat", estime M. Neuber.

D'où un changement de stratégie. "Spectaculaire et moins prévisible, la désobéissance civile attire plus l'attention que les manifestations", abonde le sociologue Dieter Rucht.

En février, de nombreuses voix au sein des Verts avaient critiqué les blocages. Le ministre de l'Agriculture Cem Özdemir les avait ainsi accusés de “jouer le jeu des forces réactionnaires qui ne veulent pas protéger le climat".


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.