Climat: l'Egypte, en charge de la COP27, appelle à se confronter à la réalité

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Publié le Lundi 07 novembre 2022

Climat: l'Egypte, en charge de la COP27, appelle à se confronter à la réalité

  • L'Egypte assurera la présidence de la conférence de l'ONU sur le climat COP27 qui aura lieu en novembre à Charm el-Cheikh
  • La science est limpide, les humains sont responsables du réchauffement de la planète et de ses impacts de plus en plus dévastateurs

BONN : Dans un contexte géopolitique où la question du changement climatique n'est pas la priorité et où les progrès pour le combattre patinent, l'Egypte, qui présidera la COP27 en novembre, appelle le monde à "se confronter à la réalité" pour parvenir à des résultats.

"En raison de la situation géopolitique, la question du changement climatique recule" sur la scène internationale, commente l'ambassadeur égyptien Mohamed Nasr lors d'un récent entretien avec l'AFP en marge de négociations intermédiaires sur le climat à Bonn.

L'Egypte assurera la présidence de la conférence de l'ONU sur le climat COP27 qui aura lieu en novembre à Charm el-Cheikh. Mais depuis la COP26 à Glasgow où les Etats s'étaient engagés à renforcer leur ambition climatique, la Russie a envahi l'Ukraine, entraînant une crise économique, énergétique et alimentaire mondiale. Et l'espoir de maintenir un élan pour l'action climatique s'amenuise.

"Nous faisons face à un défi immense", reconnaît Mohamed Nasr.

"Il est temps de se confronter à la réalité. Nous avons planifié et encore planifié", mais désormais la question doit être: "est-ce que ça donne des résultats sur le terrain ou non"?

La science est limpide, les humains sont responsables du réchauffement de la planète et de ses impacts de plus en plus dévastateurs.

Mais malgré les engagements des signataires de l'accord de Paris à limiter ce réchauffement nettement en dessous de +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible +1,5°C, les actes sont loin d'être à la hauteur des promesses. Que ce soit en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre ou d'aide aux pays les plus vulnérables.

La promesse non tenue des pays riches de porter à 100 milliards de dollars par an en 2020 l'aide aux pays pauvres pour réduire leurs émissions et s'adapter aux impacts, sera d'ailleurs sans aucun doute encore une fois un des sujets de contentieux de cette COP au "parfum africain".

Pertes et dommages

Autre question explosive, celle des "pertes et dommages" déjà subis par les pays les plus pauvres, qui réclament là aussi des financements mais n'ont obtenu qu'un "dialogue" jusqu'à 2024.

"Ce n'est pas ce que nous espérions", note Nasr.

"Nous devons donner des assurances aux pays en développement sur le fait que leurs priorités sont prises en compte au même niveau" que l'objectif de réduction des émissions, insiste-t-il, réclamant également une association des banques de développement et des capitaux privés pour lever les barrières aux investissements.

"Nous ne pouvons pas poursuivre un scénario business-as-usual en terme de finance".

L'Egypte présentera dans les prochaines semaines un nouveau plan climat avec des "objectifs ambitieux", assure Mohamed Nasr. Mais dans un contexte de crise économique, "comme dans la majorité des pays en développement, la mise en oeuvre" de la stratégie dépend des financements.

Ces dernières années, les COP auxquelles participent des milliers de délégués, représentants des près de 200 pays, d'ONG et autres observateurs, ont été le théâtre de manifestations de rue importantes, emmenées notamment par des jeunes du monde entier.

De tels rassemblements seront autorisés autour de la conférence en Egypte, où les manifestations sont interdites, mais les organisateurs devront informer et "se coordonner avec les autorités", indique l'ambassadeur.

Quant aux décideurs attendus sur les bords de la mer rouge à l'automne, ils savent ce qu'ils ont à faire après trois décennies de négociations climat: "Ils doivent faciliter la tâche de la présidence et de chacun d'entre eux, et commencer à produire des résultats".


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.


L’Arabie saoudite et le Pakistan discutent de mesures pour mettre fin aux attaques iraniennes

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  • Les responsables de la défense de l’Arabie saoudite et du Pakistan ont discuté des attaques iraniennes et des mesures pour les stopper dans le cadre de leur accord de défense mutuelle
  • Riyad affirme avoir abattu des drones visant le champ pétrolier de Shayba, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec l’escalade du conflit impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël

RIYAD : Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, et le chef des forces de défense du Pakistan, le général Asim Munir, ont discuté des attaques de l’Iran contre le Royaume, alors que le conflit militaire s’intensifie au Moyen-Orient.

« Nous avons discuté des attaques iraniennes contre le Royaume et des mesures nécessaires pour y mettre fin dans le cadre de notre accord stratégique conjoint de défense », a écrit le prince Khalid sur les réseaux sociaux tôt samedi.

« Nous avons souligné que de telles actions sapent la sécurité et la stabilité régionales et exprimé l’espoir que la partie iranienne fera preuve de sagesse et évitera toute erreur de calcul. »

Les États-Unis et Israël ont lancé une vaste campagne militaire contre l’Iran le 28 février. Depuis, l’Iran a attaqué plusieurs sites à travers le Golfe.

Téhéran a également ciblé des actifs militaires américains et israéliens à mesure que la guerre s’intensifiait, affectant la vie dans la paisible péninsule du Golfe arabe et risquant d’ébranler l’économie mondiale, alors que l’Iran continue de restreindre le transport énergétique à travers le détroit d’Ormuz.

Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que plusieurs drones visant le champ pétrolier de Shayba dans le Rub al‑Khali (le Quart Vide) ont été abattus samedi.

Un drone a également attaqué l’ambassade des États-Unis à Riyad mardi, provoquant un incendie mineur, sans faire de blessés.

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé en septembre un « Accord stratégique de défense mutuelle », stipulant que toute agression contre l’un des deux pays serait considérée comme une attaque contre les deux.

Par ailleurs, le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Abdulaziz ben Saud ben Naif, a reçu un appel de son homologue pakistanais Raza Naqvi, qui a condamné les attaques flagrantes visant le Royaume et a réaffirmé la solidarité de son pays face à toute menace contre la sécurité et la stabilité saoudiennes, selon l’agence de presse saoudienne. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.