Drame de Melilla: la pression migratoire aux portes de l'UE débouche sur la violence

Un migrant soudanais blessé à l'œil est photographié dans le centre temporaire pour immigrants et demandeurs d'asile de l'enclave espagnole de Melilla, près de la ville marocaine de Nador, le 25 juin 2022. (Photo, AFP)
Un migrant soudanais blessé à l'œil est photographié dans le centre temporaire pour immigrants et demandeurs d'asile de l'enclave espagnole de Melilla, près de la ville marocaine de Nador, le 25 juin 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 26 juin 2022

Drame de Melilla: la pression migratoire aux portes de l'UE débouche sur la violence

Un migrant soudanais blessé à l'œil est photographié dans le centre temporaire pour immigrants et demandeurs d'asile de l'enclave espagnole de Melilla, près de la ville marocaine de Nador, le 25 juin 2022. (Photo, AFP)
  • «C'était la guerre. Nous avions des pierres pour nous battre avec les militaires marocains qui nous ont frappé à coup de bâtons», témoigne un Soudanais de 20 ans
  • Dans le quartier frontalier de Barrio Chino, les habitants marocains sont sous le choc

NADOR: La tentative d'entrée massive de migrants africains vendredi dans l'enclave espagnole de Melilla a conduit à des affrontements « sans précédent » entre clandestins et policiers marocains qui font craindre un engrenage de la violence. 

« C'était la guerre. Nous avions des pierres pour nous battre avec les militaires marocains qui nous ont frappé à coup de bâtons », témoigne un Soudanais de 20 ans à qui l'AFP a pu parler samedi dans un centre de rétention à Melilla. 

Un autre migrant, détenu dans le même centre, raconte qu'il a grimpé sur la clôture grillagée qui sépare la ville marocaine de Nador de l'enclave espagnole avant qu'un agent sécuritaire ne lui frappe les mains: « Je suis tombé inconscient côté espagnol où j'ai été roué de coups par les forces de l'ordre ». 

Ces deux jeunes faisaient partie de près de 2 000 migrants originaires d'Afrique subsaharienne qui ont tenté de pénétrer par la force vendredi matin dans la cité autonome espagnole de Melilla, située en territoire marocain. 

Au moins 23 migrants ont péri et 140 policiers ont été blessés, selon les autorités locales marocaines. C'est le bilan le plus meurtrier jamais enregistré lors des nombreuses tentatives de migrants subsahariens de pénétrer à Melilla et dans l'enclave espagnole voisine de Ceuta, qui constituent les seules frontières terrestres de l'UE avec le continent africain. 

Ce n'est pas la première fois que des migrants clandestins, qui campent dans des conditions précaires dans le massif forestier voisin du Gourougou, tentent de rejoindre « l'eldorado européen ». 

Violence inédite 

Mais cette fois, la violence inédite de l'assaut marque un tournant, selon des experts de la migration. 

« C'est la première fois qu'on note une telle violence de la part des migrants vis-à-vis des forces de l'ordre », souligne Omar Naji, qui suit depuis des années les questions migratoires au sein de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à Nador. 

Dans le quartier frontalier de Barrio Chino, les habitants marocains sont sous le choc. 

« Nous sommes terrorisés par ce qui s'est passé! C'est la première fois qu'on voit des migrants armés de bâtons et de barres de fer viser les forces de l'ordre », explique Issam Ouaâid, 24 ans. 

Pour Omar Naji, de l'AMDH,l'escalade de la violence est due à la réconciliation diplomatique entre Rabat et Madrid, après une année de crise, et à la reprise de la coopération en matière de migration illégale. 

Situé à la pointe nord-ouest de l'Afrique, le Maroc est un pays de transit pour de nombreux migrants qui cherchent à rejoindre l'Europe, depuis ses côtes atlantique ou méditerranéenne. 

La récent rapprochement avec l'Espagne s'est traduit par « une intensification des pressions » sur les clandestins installés dans la forêt du Gourougou, opine M. Naji. 

En outre, l'apaisement des relations avec Rabat a entraîné une baisse récente des arrivées de migrants en Espagne. 

« Gendarme de l'Europe »  

« Les autorités marocaines ont traité les migrants de manière très dure. Elles ont assiégé leurs campements. Il ne fait aucun doute que cette pression a généré la violence sans précédent à laquelle on a assisté », assure le militant des droits humains. 

Avant le drame de vendredi, des médias espagnols avaient fait état d'affrontements sporadiques entre migrants et forces de l'ordre marocaines. 

Pour Oussmane Ba, président du collectif des communautés subsahariennes au Maroc, « les conditions difficiles dans lesquelles vivent ces migrants les conditionnent psychologiquement à la violence ». 

La majorité des nouveaux migrants qui affluent au Maroc viennent du Soudan, en particulier du Darfour, où une nouvelle flambée de violence a récemment fait des centaines de morts et 50 000 déplacés. 

Beaucoup passent par la Libye et l'Algérie --malgré une frontière officiellement fermée avec le Maroc-- pour arriver dans le royaume chérifien. 

Malgré les tentatives de les éloigner de la région de Nador, ils demeurent déterminés à retenter le passage vers l'UE au péril de leur vie. 

« On parle de personnes qui attendent ici deux à trois ans. Le Maroc ne peut pas fermer complètement ses frontières pour jouer le rôle de gendarme de l'Europe, cette politique conduira à plus de violence », avertit Omar Naji. 

La police marocaine a annoncé avoir mis en échec dimanche matin un plan visant à prendre d'assaut la clôture métallique entre la province de Tétouan (nord du Maroc) et l'enclave de Ceuta. 59 candidats à l'immigration clandestine ont été interpellés, selon la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). 

 


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.


L'armée israélienne annonce avoir tué plusieurs membres du Hezbollah dans le sud du Liban

L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
L'armée israélienne a annoncé qu'un de ses soldats avait été modérément blessé lors d'un affrontement rapproché avec des combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, dans la nuit de samedi, malgré le cessez-le-feu. (Photo d'archive/AFP)
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  • L'armée israélienne affirme avoir tué plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban, où un soldat israélien a également été blessé
  • Malgré le cessez-le-feu, les tensions persistent, le Hezbollah rejetant l'accord-cadre tandis que Beyrouth dénonce la poursuite des opérations israéliennes

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé samedi avoir tué plusieurs combattants du mouvement pro-iranien Hezbollah dans le sud du Liban et indiqué qu'un soldat israélien avait été blessé malgré le cessez-le-feu.

L'armée a affirmé avoir identifié dans la nuit plusieurs combattants du Hezbollah dans le sud du Liban.

"Après leur identification, les soldats ont frappé les terroristes et les ont éliminés afin d'écarter la menace", a indiqué l'armée dans un communiqué.

Elle avait précédemment annoncé qu'un soldat avait été blessé dans un "affrontement rapproché" avec le Hezbollah, et a confirmé dans son second communiqué que le soldat avait été "modérement" blessé.

Il a été évacué vers un hôpital, selon les communiqués militaires.

Le Hezbollah pro-iranien n'a revendiqué aucune attaque depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu avec Israël le 20 juin.

Contacté par l'AFP à Beyrouth, le mouvement chiite libanais n'a pas fait de commentaire.

Un accord-cadre parrainé par les Etats-Unis, signé fin juin par le Liban et Israël, vise à mettre un terme aux hostilités. Il prévoit le désarmement du Hezbollah par l'armée libanaise ainsi que le retrait de l'armée israélienne de "zones pilotes", où les forces libanaises seront ensuite déployées.

Le Hezbollah a rejeté à plusieurs reprises cet accord et refuse de déposer les armes, tandis qu'aucun calendrier n'a été fixé pour le retrait complet d'Israël.

L'accord est intervenu plus de trois mois après que le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en tirant des roquettes sur Israël, le 2 mars, en soutien à Téhéran, déclenchant d'importantes frappes aériennes israéliennes et une offensive terrestre.

Si les violences ont diminué depuis la signature, en juin, d'un accord préliminaire entre les Etats-Unis et l'Iran ainsi que de l'accord entre le Liban et Israël, Beyrouth continue de signaler des frappes israéliennes sporadiques et des tirs d'artillerie dans le sud du pays.

L'armée libanaise a récemment condamné la poursuite des activités militaires israéliennes qui, selon elle, empêchent son déploiement complet conformément à l'accord-cadre.