Décès de Leonardo Del Vecchio, l'empereur italien de la lunette

À l'occasion de son 80e anniversaire, il avait offert 140 000 actions Luxottica à ses salariés italiens d'une valeur de 9 millions d'euros. (Photo, Facebook)
À l'occasion de son 80e anniversaire, il avait offert 140 000 actions Luxottica à ses salariés italiens d'une valeur de 9 millions d'euros. (Photo, Facebook)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

Décès de Leonardo Del Vecchio, l'empereur italien de la lunette

À l'occasion de son 80e anniversaire, il avait offert 140 000 actions Luxottica à ses salariés italiens d'une valeur de 9 millions d'euros. (Photo, Facebook)
  • À partir d'une petite fabrique créée en 1961 dans la région de Venise, Leonardo Del Vecchio avait fondé un empire de la lunette
  • Propriétaire de Ray Ban, Oakley ou encore Sun Glass Hut, le mastodonte fabrique également des lunettes pour des marques prestigieuses telles que Chanel, Prada ou Versace

MILAN: Leonardo Del Vecchio, président du géant mondial de l'optique EssilorLuxottica et deuxième fortune d'Italie, est décédé lundi à l'âge de 87 ans à Milan, une nouvelle qui a bouleversé les milieux d'affaires et politiques. 

À partir d'une petite fabrique créée en 1961 dans la région de Venise, Leonardo Del Vecchio avait fondé un empire de la lunette. Jusqu'au bout, celui qui a commencé à travailler dès l'adolescence défendait sa vision du capitalisme italien. 

« Nous devons commencer à abattre les murs et à créer des champions nationaux, puis européens, pour rivaliser sur un pied d'égalité avec les géants internationaux », disait-il dans l'une de ses dernières interviews, donnée fin 2021 au quotidien Corriere della Sera. 

L'entrepreneur souffrait d'une pneumonie et se trouvait depuis plusieurs semaines en soins intensifs à l'hôpital San Raffaele à Milan, selon les agences italiennes. 

« Del Vecchio était un grand Italien », a réagi le chef du gouvernement Mario Draghi. « Figure de proue de l'entrepreneuriat italien depuis plus de soixante ans, Del Vecchio a créé l'une des plus grandes entreprises du pays à partir de débuts modestes ». 

En 2018, le milliardaire réalise son « rêve » : donner naissance au géant mondial de l'optique, en fusionnant son groupe Luxottica avec le français Essilor. 

Success story à l'italienne 

Luxottica est l'histoire d'une « success story » à l'italienne et d'un entrepreneur parti de rien. 

Benjamin d'une famille de quatre garçons, Leonardo Del Vecchio naît à Milan en 1935. Sa mère le confie très jeune à l'orphelinat des Martinitt, étant incapable de survenir aux besoins de toute la famille après la mort du père, vendeur de fruits et de légumes. 

À 15 ans, Leonardo commence à travailler dans une fabrique de coupes et de médailles, dont le propriétaire l'incite à s'inscrire aux cours du soir de l'académie du musée Brera, pour étudier notamment le design. 

En 1958, il ouvre un atelier de montures de lunettes à Agordo, en Vénétie. Trois ans plus tard, ce sera la naissance de Luxottica, spécialisée dans la production de petites pièces de lunetterie. 

L'envol a lieu à partir de 1971, quand l'entreprise cesse de fabriquer pour des tiers afin de se consacrer uniquement à la réalisation et à la commercialisation de lunettes. Puis, dix ans plus tard, Luxottica part à l'attaque du marché américain. 

Le groupe est aujourd'hui un géant de l'optique, coté à la Bourse de Paris. Comptant 180 000 salariés dans le monde, il a réalisé en 2021 un bénéfice net d'1,4 milliard d'euros et un chiffre d'affaires de 17,8 milliards d'euros. 

Propriétaire de Ray Ban, Oakley ou encore Sun Glass Hut, le mastodonte fabrique également des lunettes pour des  marques prestigieuses telles que Chanel, Prada ou Versace. 

Actionnaire influent 

Grâce au succès de son groupe, M. Del Vecchio, chevelure blanche et toujours vêtu avec élégance, était la deuxième fortune d'Italie, avec notamment sa holding Delfin basée au Luxembourg. 

La richesse de ce père de six enfants nés de trois mères différentes a été estimée en avril par le magazine Forbes à 27,3 milliards de dollars. 

Del Vecchio était aussi actionnaire influent de la banque d'affaires Mediobanca et de l'assureur Generali. 

Associé à un autre milliardaire, le magnat de la construction Francesco Gaetano Caltagirone, il figurait parmi les frondeurs qui avaient tenté, en vain, d'empêcher la reconduction du PDG de Generali, Philippe Donnet. Ce dernier a fini par être réélu par les actionnaires en avril. 

Leonardo Del Vecchio était un « grand homme et entrepreneur, fierté italienne dans le monde. J'espère que son histoire personnelle pourra servir d'exemple aux jeunes », a commenté le ministre du Développement économique Giancarlo Giorgetti. 

« Del Vecchio était un grand Italien », un « exemple pour aujourd'hui et pour demain », a tweeté le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni. 

Selon les experts du secteur, M. Del Vecchio avait toujours eu une relation très forte avec les ouvriers de l'usine. 

À l'occasion de son 80e anniversaire, il avait offert 140 000 actions Luxottica à ses salariés italiens d'une valeur de 9 millions d'euros. « Ce sont eux les véritables artisans du succès de notre entreprise », expliquait-il. 


L'Album d'Auschwitz sous la loupe des historiens

Une vue générale montre l'ancien camp de la mort nazi de Birkenau à Oswiecim (Auschwitz), Pologne, le 17 mars 2009. (AFP)
Une vue générale montre l'ancien camp de la mort nazi de Birkenau à Oswiecim (Auschwitz), Pologne, le 17 mars 2009. (AFP)
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  • Cet «album» a été réalisé en 1944 par deux photographes SS. Et les historiens partent de la même ambition: déconstruire ce qui visait au départ à exalter le projet national-socialiste pour l'Europe
  • «Alors que Mein Kampf a été abondamment commenté, personne avant nous ne s'était penché sur ces photographies. De manière générale, l'analyse des photos est rarement intégrée au travail des historiens», explique Tal Bruttman

PARIS: L'Album d'Auschwitz, recueil de photographies réalisées par les nazis dans le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau, est réédité en français vendredi avec les explications attentives d'historiens qui l'ont passé à la loupe.

"Un album d'Auschwitz: comment les Nazis ont photographié leurs crimes" (éditions du Seuil) est l'œuvre du Français Tal Bruttmann et des Allemands Stefan Hördler et Christoph Kreutzmüller.

L'édition allemande de leur ouvrage était paru en 2019. La française est traduite par Olivier Mannoni, également traducteur de "Mein Kampf".

L'édition critique du livre programmatique d'Adolf Hitler paru en 1924-1925, par Fayard en 2021 en français, après la version allemande en 2016, avait déjà montré comment l'on pouvait transformer la production nazie en support à une histoire accessible à qui veut comprendre la mécanique génocidaire du nazisme.

Cet "album" a été réalisé en 1944 par deux photographes SS. Et les historiens partent de la même ambition: déconstruire ce qui visait au départ à exalter le projet national-socialiste pour l'Europe.

"Ce sont des images, un objet totalement différent du texte. Et alors que Mein Kampf a été abondamment commenté, personne avant nous ne s'était penché sur ces photographies. De manière générale, l'analyse des photos est rarement intégrée au travail des historiens", explique Tal Bruttmann à l'AFP.

Photos «mondialement connues»

Dans le cas d'Auschwitz-Birkenau, camp d'extermination implanté dans le sud de la Pologne où ont été assassinées 1,1 million de personnes, les SS documentent le travail de réception de déportés juifs de Hongrie.

Officiellement, il s'agit de "déplacer" des populations désignées comme indésirables, et d'en sélectionner les individus aptes au travail. De fait, les photographes savent qu'ils capturent les derniers instants de condamnés aux chambres à gaz.

Selon l'historien, "ces photos sont mondialement connues. Si vous cherchez des images d'Auschwitz, vous tombez dessus. Elles sont dans les documentaires, dans les livres, dans tous les musées qui parlent de la Shoah. Donc elles sont ancrées dans les représentations, et elles ont irrigué la culture populaire".

Mais "si vous les avez vues isolément, vous ne savez probablement pas qu'elles proviennent de cet album de 197 photos confectionné par des SS. Ça, c'est nous qui l'avons trouvé", ajoute Tal Bruttmann.

D'Auschwitz à Miami 

L'avocat et historien de la déportation Serge Klarsfeld avait éclairci l'histoire de cet album après sa découverte. Emporté par son premier propriétaire, un Allemand, vers le camp de Dora, il y est trouvé par hasard par une déportée de 19 ans, Lili Jacob, dans la table de chevet d'une ancienne chambre de SS.

Celle-ci voit sur les photos quantité de gens qu'elle a connus, y compris ses parents. Elle s'accrochera à cet objet, précieusement conservé et emmené dans son émigration vers Miami après la guerre.

Serge Klarsfeld la retrouvera sous son nom d'épouse et la convaincra de léguer l'album au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem.

Pour cela, écrit-il en préface, "il avait fallu trente-cinq ans (...) Quarante ans furent encore nécessaires pour que ce livre [celui publié vendredi] apporte une réponse à la plupart des questions restées en suspens".

Ce qu'éclairent les trois historiens, qui combinent "des champs de compétences très différents", c'est à la fois les conditions de ces prises de vue, et ce qu'elles nous apprennent sur Auschwitz.

"Il y a énormément à en tirer pour notre compréhension", souligne Tal Bruttmann.

"Tout en masquant le processus d'assassinat proprement dit, les photos reflètent la tentative de fixer le processus de l'arrivée (...) comme une chaîne de valorisation bien rodée", résument les auteurs en conclusion.

Imprimé sur papier de luxe, l'ouvrage est au prix de 49 euros, avec le soutien de l'Office franco-allemand pour la jeunesse et de la Fondation pour la mémoire de la Shoah.


Un astéroïde de la taille d'un camion a frôlé la Terre

Le système d'évaluation des risques d'impact de la Nasa, Scout, a rapidement exclu une collision avec la Terre. (AFP)
Le système d'évaluation des risques d'impact de la Nasa, Scout, a rapidement exclu une collision avec la Terre. (AFP)
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  • L'objet, repéré pour la première fois samedi depuis un observatoire en Crimée, s'est approché le plus près de la pointe sud de l'Amérique du Sud vers 00h29 GMT vendredi
  • A son point le plus proche, l'astéroïde se trouvait à 3 600 kilomètres de la surface de la Terre, soit beaucoup plus près que de nombreux satellites géostationnaires orbitant autour de la planète

LOS ANGELES: Un petit astéroïde de la taille d'un camion, qui a soudainement surgi de l'obscurité il y a quelques jours avec la Terre en ligne de mire, nous a frôlé sans faire de dégâts jeudi, a indiqué la Nasa.

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Contrairement à ce qui a été vu maintes fois dans les films hollywoodiens, aucune mission mondiale visant à le faire exploser ou dévier de sa trajectoire avec des missiles n'a été nécessaire. Au lieu de cela, l'astéroïde 2023 BU est passé sans incident avant de repartir dans l'obscurité de l'espace. Ouf!

L'objet, repéré pour la première fois samedi depuis un observatoire en Crimée, s'est approché le plus près de la pointe sud de l'Amérique du Sud vers 00h29 GMT vendredi, selon les scientifiques qui le suivaient.

A son point le plus proche, l'astéroïde se trouvait à 3 600 kilomètres de la surface de la Terre, soit beaucoup plus près que de nombreux satellites géostationnaires orbitant autour de la planète.

C'est l'astronome amateur Guennadi Borissov, le découvreur de la comète interstellaire Borissov en 2019, qui a tiré la sonnette d'alarme samedi. Des dizaines d'observations ont ensuite été réalisées par des observatoires à travers le monde, confirmant l'arrivée de 2023 BU.

Le système d'évaluation des risques d'impact de la Nasa, Scout, a rapidement exclu une collision avec la Terre.

"Malgré les très rares observations, il a néanmoins été en mesure de prédire que l'astéroïde ferait une approche extraordinairement proche de la Terre", a déclaré Davide Farnocchia, ingénieur de navigation au Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui a développé Scout.

Il s'agit "d'une des approches les plus proches par un objet géocroiseur (un astéroïde ou une comète dont l'orbite croise celle de la Terre, ndlr) jamais enregistrées", complète-t-il.

Si les calculs avaient été erronés, cependant, l'humanité s'en serait probablement bien sortie, selon les scientifiques.

L'astéroïde, qui mesure entre 3,5 et 8,5 mètres de diamètre, se serait désintégré en grande partie dans notre atmosphère, ne faisant retomber potentiellement que quelques débris sous forme de petites météorites.

Selon les responsables de la NASA, la gravité terrestre modifiera l'orbite de l'astéroïde autour du Soleil. Avant sa venue, il lui fallait 359 jours pour faire le tour de notre étoile. Il lui en faudra maintenant 425, selon la Nasa.


Arabie saoudite: Un événement folklorique au port d’Uqair attire plus de 60 000 visiteurs

Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
Cet événement est organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa. (SPA)
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  • L’événement proposait des spectacles patrimoniaux et folkloriques ainsi que des produits artisanaux traditionnels typiques d’Al-Hassa
  • L’événement comprenait également une exposition qui présentait des photographies du roi fondateur à Uqair en 1915

RIYAD: Plus de 60 000 visiteurs ont participé à l’événement intitulé «Inscriptions d’Uqair», qui se tenait le long des rives de l’ancienne ville portuaire d’Al-Hassa, dans la province orientale, et a pris fin mercredi dernier, rapporte jeudi l’agence de presse saoudienne.

Organisé par la Commission du patrimoine du Royaume en coopération avec l’Association de la culture et des arts d’Al-Hassa, il proposait des spectacles patrimoniaux et folkloriques ainsi que des produits artisanaux traditionnels typiques d’Al-Hassa à travers une série de tableaux théâtraux qui faisaient revivre le passé du port historique.

Ces saynètes reflétaient également le rôle important qu’a joué ce site en tant que passage commercial sur la côte du golfe Arabique – de l’arrivée des voiliers au port au chargement des convois de chameaux avec des marchandises en direction d’Al-Hassa et de Najd.

L’événement comprenait également une exposition qui présentait des photographies du roi fondateur à Uqair en 1915. Cette ville est le premier port maritime de l’est du Royaume sur la côte du golfe Arabique, une passerelle économique depuis le début de la création de l’État et le principal port pour atteindre l’est et le centre du Royaume.

Entre-temps, l’État a œuvré au développement du port en établissant des douanes, des passeports, un bâtiment pour la principauté ainsi qu’une forteresse. Par ailleurs, c’est à travers ce port que des marchandises et des denrées alimentaires ont été acheminées vers le cœur de la péninsule Arabique et de la capitale de l’Arabie saoudite, Riyad.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com