Ukraine: le père d'un Marocain condamné à mort exhorte Poutine à intervenir

Taher Saadoun, père du Marocain Brahim Saadoun qui a été condamné à mort par un tribunal pro-russe en Ukraine, prend la parole au club de presse de Rabat, la capitale du Maroc, le 27 juin 2022 (AFP)
Taher Saadoun, père du Marocain Brahim Saadoun qui a été condamné à mort par un tribunal pro-russe en Ukraine, prend la parole au club de presse de Rabat, la capitale du Maroc, le 27 juin 2022 (AFP)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

Ukraine: le père d'un Marocain condamné à mort exhorte Poutine à intervenir

  • Le jeune homme a indiqué disposer de la nationalité ukrainienne, selon des sources diplomatiques marocaines à Kiev
  • Tahar Saadoun a confirmé lundi que son fils s'était enrôlé dans la marine ukrainienne en 2021

RABAT: Le père de Brahim Saadoun, le jeune Marocain condamné à mort pour "mercenariat" par les autorités séparatistes prorusses en Ukraine, a exhorté lundi le président russe Vladimir Poutine à intervenir en faveur de son fils.

"Je demande au président russe Vladimir Poutine d'intervenir, en tant que père et par humanisme, à travers des canaux humanitaires ou non officiels", a imploré Tahar Saadoun lors d'une conférence de presse à Rabat.

Son fils Brahim, 21 ans, a été condamné à mort le 9 juin, en compagnie de deux Britanniques, par les autorités séparatistes de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, pour avoir participé aux combats comme "mercenaires" avec l'armée ukrainienne.

Le père de cet étudiant ingénieur en aéronautique établi en Ukraine depuis 2019 a également appelé le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, "à faire le nécessaire pour travailler sur ce dossier".

Le jeune homme a indiqué disposer de la nationalité ukrainienne, selon des sources diplomatiques marocaines à Kiev.

M. Saadoun, un enquêteur de la gendarmerie à la retraite, a précisé à l'AFP que les autorités marocaines "n'ont pas pris contact" avec lui. Il a ajouté "ignorer si elles ont établi des contacts avec les autorités russes ou bien celles du Donetsk".

Le gouvernement marocain a réagi le 13 juin par la voix de son ambassade en Ukraine en précisant seulement que Brahim Saadoun "a été capturé portant l’uniforme de l’armée de l’Etat d’Ukraine, en tant que membre d’une unité de la Marine ukrainienne". Le jeune homme "se trouve actuellement emprisonné par une entité qui n’est reconnue ni par les Nations unies ni par le Maroc", avait souligné la diplomatie marocaine, sans autre commentaire.

Tahar Saadoun a confirmé lundi que son fils s'était enrôlé dans la marine ukrainienne en 2021.

"Quand il a été capturé, il portait l’uniforme officiel de l’armée ukrainienne et il recevait ses ordres de ses supérieurs hiérarchiques", a détaillé le père.

Des ONG marocaines ont déjà demandé aux gouvernement marocain d'intervenir pour "sauver" Brahim Saadoun, dont l'état de santé -- "son visage était marqué par le manque de sommeil et il a  perdu du poids" -- a inquiété sa famille lors de sa comparution au tribunal.

Ses proches espèrent une prochaine libération: "J'aimerais bien que mon fils soit libéré immédiatement et que j’aille le chercher, mais de par mon métier (de gendarme) et ma connaissance du droit international, je dis qu’il faut respecter la justice", a plaidé Tahar Saadoun.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.