D'abord essentiels en Ukraine, les drones aujourd'hui moins efficaces

Cette photo montre une salle d'école endommagée après que des frappes de missiles ont frappé la cour de l'école dans un quartier résidentiel de Kharkiv le 27 juin 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Cette photo montre une salle d'école endommagée après que des frappes de missiles ont frappé la cour de l'école dans un quartier résidentiel de Kharkiv le 27 juin 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Mardi 28 juin 2022

D'abord essentiels en Ukraine, les drones aujourd'hui moins efficaces

  • Aux premiers jours de l'invasion russe, le ciel ukrainien s'est chargé d'aéronefs téléguidés investis de missions de renseignement ou de combat
  • De fabrication chinoise, turque, américaine ou issus des boutiques ukrainiennes, ils ont pesé lourd au sein de l'armée du président ukrainien Volodymyr Zelensky

PARIS: Commerciaux ou militaires, puissants ou petits, les drones ukrainiens se sont imposés dans la guerre contre la Russie, contribuant d'abord à la résistance de Kiev mais montrant ensuite leurs limites, à la fois stratégiques et opérationnelles, dans le Donbass (Est).

Aux premiers jours de l'invasion russe, le ciel ukrainien s'est chargé d'aéronefs téléguidés investis de missions de renseignement ou de combat. De fabrication chinoise, turque, américaine ou issus des boutiques ukrainiennes, ils ont pesé lourd au sein de l'armée du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le drone turc Bayraktar, ou TB-2, véritable star du marché mondial, a ainsi brillé pendant la bataille de Kiev.

"Il aurait été extrêmement difficile pour l'Ukraine de bloquer l'armée de Poutine sans drones" lorsque celle-ci visait la capitale, estime Paul Lushenko, lieutenant-colonel américain et chercheur à l'Université de Cornell. Les Ukrainiens "ont pu exacerber les défis logistiques et stratégiques" ennemis.

Les drones ont à la fois renforcé le renseignement des Ukrainiens et compensé la faiblesse de leur armée de l'air, démontrant "qu'ils pouvaient constituer une aviation légère de substitution face à un adversaire conventionnel", écrit Aude Thomas, chercheure à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS).

L'outil n'est pas nouveau: les Américains s'en sont servi en Afghanistan et en Irak, avant qu'il n'apparaisse en Syrie, en Libye ou encore au Nagorny Karabakh, dans la guerre entre Arménie et Azerbaïdjan.

Les Russes eux-mêmes en utilisent en Ukraine mais avec une efficacité moindre "sur le plan tactique et opérationnel", estime Paul Lushenko. "Ils semblent incapables d'intégrer les drones" dans leurs opérations militaires.

Mais Kiev innove, avec des drones commerciaux "à des fins de renseignement, d'évaluation des dommages, d'appui/guidage des feux d'artillerie et de frappes contre les positions adverses", constate Aude Thomas.

«Stratégiquement inefficaces»

Kiev travaille sur le sujet depuis 2014, date de l'annexion de la Crimée et de l'insurrection prorusse dans le Donbass, aujourd'hui l'objectif prioritaire du Kremlin.

L'unité "Aerorozvidka", fondée cette année-là, a rassemblé des informaticiens privés pour développer des drones militaires à base de modèles disponibles sur étagère. Elle a ensuite été intégrée aux forces armées, explique Aude Thomas.

Aujourd'hui, l'unité "fabriquerait ses propres drones armés, dotés de munitions antichars/RPG" et compte désormais "50 équipes de pilotes de drones expérimentés", écrit-elle. Elle aurait conduit quelque 300 missions de reconnaissance par jour, contre une douzaine de sorties pour les avions ukrainiens.

Mais cette efficacité est aujourd'hui questionnée. La guerre de tranchées dans le Donbass, dominée par le déchaînement de l'artillerie, complique le rôle des drones.

Paul Lushenko considère qu'ils sont "stratégiquement inefficaces" dans un conflit inter étatique, par opposition à une guerre asymétrique entre une armée et une insurrection ou un groupe terroriste. Aujourd'hui, "la prolifération des drones (sur le front) est exagérée", tranche à cet égard l'officier américain.

Réticences ukrainiennes 

Le site Foreign Policy soulignait récemment que certains responsables américains et ukrainiens devenaient réticents à l'emploi du drone de combat Gray Eagle, comme du TB-2, face aux batteries anti-aériennes russes S-300 et S-400.

L'auteur de l'article, Jack Detsch, évoquait un "désaccord" sur le sujet entre l'état-major ukrainien et les équipes du front, qui se limitent actuellement à 20 à 30 sorties quotidiennes de drones.

Avec, en toile de fond, un problème de coût: si un Gray Eagle, d'une portée de 8 kilomètres environ, est efficace près du front, il risque d'être détruit après une ou deux missions. Pas assez pour un outil à 10 millions de dollars la pièce.

Surtout si on le compare avec les bien plus abordables --quelques milliers d'euros-- "Switchblade" et "Phoenix Ghost", des drones kamikazes (ou munitions rôdeuses), eux aussi de conception américaine.

Le débat reste ouvert. Et les ingénieurs en armement doivent encore mettre au point le drone de demain.

Paul Lushenko note l'usage en Ukraine de drones couplés: "Un petit drone commercial identifie la cible pour qu'un autre la frappe".

On est loin de l'essaim de drones interactifs, mais "nous sommes à la genèse de drones utilisés ensemble, toujours contrôlés par les humains, pour faire la différence sur le champ de bataille".

Michael O'Hanlon, analyste à la Brookings Institution, juge de son côté les drones "importants mais manquant d'intelligence tactique". Ils sont "comme des avions extensibles, bon marché, aussi sujets à l'artillerie de précision qu'un appareil classique", explique-t-il à l'AFP.

Demain? "Le principal type de drones dont on a besoin, mais que l'on n'a pas encore, serait un suffisamment gros pour porter des charges lourdes mais suffisamment petit et polyvalent pour ne pas nécessiter une piste de décollage".


Trump et Rubio optimistes sur l’Iran, mais Téhéran suit-il ?

Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
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  • Marco Rubio a maintenu mercredi son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient
  • L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais avec "progrès tangible"

WASHINGTON/DUBAI : Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les négociations avec l'Iran se déroulaient "très bien" et qu'elles pourraient aboutir à des résultats au cours du week-end prochain.

"J'ai entendu dire que les négociations elles-mêmes se déroulaient très bien", a déclaré M. Trump à la presse, ajoutant à propos d'un accord potentiel : "Cela pourrait se produire (...) au cours du week-end".

Mercredi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a maintenu son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient.

"Nous ne menons plus de frappes soutenues à l'intérieur de l'Iran pour dégrader leur armée, car la furie épique est terminée", a déclaré M. Rubio devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, affirmant que les États-Unis avaient remporté la victoire.

L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais qu'aucun "progrès tangible" n'avait été réalisé dans les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

M. Trump a également déclaré qu'il souhaitait séparer les négociations entre les États-Unis et l'Iran de celles portant sur le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban.

"J'aimerais les séparer, j'aimerais qu'il y ait une chose séparée, parce que c'est, c'est séparé", a déclaré M. Trump.

"Nous avons en fait parlé avec le Hezbollah pour la toute première fois", a déclaré le président américain à propos des efforts déployés pour mettre fin aux combats au Liban.

"Ils se sont mis d'accord hier pour ne pas tirer, Israël ne tirera pas, nous verrons bien", a déclaré M. Trump.

Sémantique du cessez-le-feu

Au cours de la nuit, les États-Unis ont déclaré avoir abattu des drones iraniens et frappé une station de contrôle au sol iranienne, tandis que les forces de Téhéran ont lancé des drones et des missiles en direction de plusieurs pays voisins du Golfe.

M. Trump a minimisé les échanges de tirs en déclarant : "C'est une autre partie de l'histoire : "C'est une autre partie du monde, vous savez. Je dirais que dans cette partie du monde, le cessez-le-feu, c'est quand vous tirez de manière plus modérée."

Il y a une raison à tout, et nous les avons frappés assez durement la nuit précédente, et même la nuit dernière", a déclaré M. Trump à propos des Iraniens, avant d'ajouter : "Quand on m'a expliqué que c'était une erreur, j'ai pensé que c'était une erreur : "Quand on me l'a expliqué, j'ai dit 'd'accord'".

Un cessez-le-feu est en vigueur entre les États-Unis et l'Iran depuis le début du mois d'avril, tandis qu'un autre est entré en vigueur au Liban au milieu du même mois.

Malgré cela, les affrontements entre les différentes parties au conflit se poursuivent.

La question de savoir ce qui est considéré comme un cessez-le-feu ou comme la fin de la guerre reste très discutée.

Définition de la victoire

"Nous définissons la victoire comme la destruction de leur base industrielle de défense, la réduction significative du nombre de lanceurs de missiles qu'ils possèdent, la réduction significative de leur stock de drones", a déclaré M. Rubio.

"Et nous avons atteint tous ces objectifs, en plus de détruire ce qu'il restait de leur force aérienne et d'anéantir la totalité de leur marine conventionnelle.

M. Rubio s'est heurté à une forte résistance de la part des démocrates, qui ont fait valoir que le conflit faisait toujours rage, l'Iran ayant frappé l'aéroport du Koweït mercredi, faisant un mort et 63 blessés dans le cadre d'une escalade majeure du conflit.

Bahreïn, qui, comme le Koweït, accueille une importante présence militaire américaine, a également été la cible de frappes de drones de la part de l'Iran pendant la nuit.

"On peut changer le nom de l'opération. Cela ne change rien au fait que le détroit est toujours fermé et que mes militaires, et tous nos militaires, sont toujours en danger", a déclaré Sara Jacobs, représentante de la Californie, à M. Rubio.

L'Iran pourrait être d'un autre avis

M. Rubio a fait le point sur les négociations avec l'Iran, indiquant que les stocks d'uranium hautement enrichi de la république islamique étaient au centre des discussions et que Téhéran n'avait pas encore accepté d'accord de paix.

Washington insiste sur le fait que l'Iran doit remettre son uranium enrichi de qualité quasi militaire, accepter de limiter ses activités nucléaires et rouvrir le détroit d'Ormuz pour qu'un accord de paix puisse être mis en œuvre.

"Je pense que maintenant, dans certains des documents qui ont été échangés, la question est clairement abordée, mais nous n'avons toujours pas reçu l'approbation finale de leur système ce matin", a déclaré M. Rubio à la commission de la Chambre des représentants.

L'Iran a déclaré qu'il avait besoin du déblocage de 12 milliards de dollars d'avoirs gelés avant d'entamer des discussions de fond sur son programme nucléaire, et a rejeté les commentaires antérieurs du président américain Donald Trump qui a suggéré que son stock d'uranium enrichi serait finalement détruit.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a toutefois déclaré dans un message jeudi que les ennemis de l'Iran, après avoir été vaincus sur le champ de bataille, cherchaient maintenant à saper la résilience du public et à semer des divisions internes.

M. Khamenei a appelé à l'unité nationale face à ces menaces et a déclaré que toute action visant à susciter le pessimisme ou la frustration au sein de la population revenait à aider l'ennemi.

Le message a été lu en son nom lors des cérémonies marquant l'anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeini.

(Avec agences)


Niger: 49 personnes meurent de soif dans le désert après une panne de camion

Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
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  • Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka"
  • "Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile"

ABIDJAN: Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales.

Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka", a indiqué sur Facebook le gouvernorat d'Agadez, qui administre cette zone, précisant que les voyageurs rentraient du Mali pour célébrer la fête de l'Aïd.

"Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile où les températures extrêmes et l'absence de points d'approvisionnement rendent toute survie extrêmement difficile", a détaillé le gouvernorat, ajoutant que les victimes ont été inhumées dans des fosses communes.

"Deux personnes ont toutefois survécu à cette épreuve" et "ont parcouru plus de cinquante kilomètres à pied avant d'atteindre une mare puis de rejoindre Assamaka où ils ont pu donner l'alerte", selon la même source.

De retour du site du drame, les autorités locales ont découvert un autre camion immobilisé à plus de 60 kilomètres d'Assamaka, avec "à son bord plus de 60 personnes... bloquées depuis trois jours au cœur du désert à la suite d'une panne de batterie."

Ces voyageurs avaient quitté un site d'orpaillage malien situé à plus de 300 kilomètres de la frontière nigérienne, précise le gouvernorat dans un second communiqué.

La délégation a apporté l'assistance nécessaire pour dépanner le véhicule, permettant aux passagers de reprendre leur route, ajoute la même source.

Cette zone désertique, point de passage connu de migrants africains qui cherchent à gagner l'Europe, est régulièrement le théâtre de drames de ce type.

En 2025, au moins 35 migrants sont morts dans le désert nigérien, avait rapporté l'ONG Alarme Phone Sahara (APS).

En octobre 2013, 92 migrants nigériens (33 femmes, 52 enfants et 7 hommes) avaient péri de soif en plein désert dans le nord du Niger, près de la frontière algérienne, après avoir été abandonnés par leurs passeurs à la suite de pannes de véhicules. Ils tentaient d'aller en Algérie.

Plus de 34.000 migrants ont été expulsés d'Algérie vers le Niger voisin en 2025, selon APS.


Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie

Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie
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  • Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024
  • En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël

JERUSALEM: Israël a annoncé jeudi l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie, se félicitant d'un réchauffement des relations avec ce pays d'Europe après le changement de gouvernement.

"Je suis fier d'annoncer qu'Israël ouvrira sa toute première ambassade à Ljubljana", a affirmé le ministre des Affaires étrangères Gidéon Saar dans un communiqué, sans préciser à quelle date.

"L'élection du Premier ministre Janez Jansa marque un nouveau chapitre dans les relations entre Israël et la Slovénie", a affirmé le ministre, évoquant les "années d'hostilité de la part du précédent gouvernement" slovène.

Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024.

En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.

En septembre 2025, le gouvernement slovène avait annoncé avoir décidé d'interdire l'entrée sur son territoire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rappelant que des procédures étaient en cours contre lui pour crimes de guerre et contre l'humanité à la Cour pénale internationale (CPI).

En juillet 2025, l'interdiction du commerce d'armes avec Israël avait été annoncée, en raison de la guerre dans la bande de Gaza.

Le chef de la droite nationaliste Janez Jansa, admirateur du président américain Donald Trump, a été élu Premier ministre fin mai à Ljubljana par le Parlement.

"Aujourd'hui, nous tournons une nouvelle page. Lorsque les amis d'Israël reviennent au pouvoir, Israël revient également", s'est félicité M. Saar.