RIYAD: La volonté de l'Europe de renoncer aux investissements dans les énergies renouvelables pour pallier la crise énergétique serait le «pire des scénarios» selon Pierre Samaties, consultant dans le secteur de l'énergie et associé du cabinet de conseil Roland Berger.
Lors d'une conférence virtuelle organisée dans le cadre de la MEA Energy Week, M. Samaties a affirmé que les pays occidentaux risquaient de revenir aux méthodes traditionnelles de production d'énergie pour faire face à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
«Le pire des scénarios consisterait à utiliser du charbon et du gaz en Europe au détriment des sources d'énergies renouvelables. Cette tendance serait motivée par la pénurie ou la hausse des prix des carburants; mais je demeure optimiste», a-t-il ajouté.
Il a précisé par ailleurs que l'énergie traditionnelle présentait encore un intérêt pour les investisseurs, dans la mesure où elle restait indispensable tant que les sources renouvelables disponibles n’étaient pas suffisantes.
«Les technologies traditionnelles sont nécessaires tant que les ressources renouvelables sont insuffisantes. L'énergie traditionnelle constitue à ce jour un secteur propice aux investissements. Nous avons encore besoin de l'énergie traditionnelle», a souligné M. Samaties. L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) sont, d'après lui, les pionniers de la transition vers les sources d'énergies propres dans la région.
«Par exemple, l'Arabie saoudite a lancé le plus grand projet de production d’hydrogène vert dans le cadre de la ville futuriste de Neom; cette initiative est très prometteuse. Les EAU envisagent de leur côté les possibilités d'exporter l'hydrogène vert», a-t-il indiqué.
M. Samaties a précisé dans son discours que les budgets alloués à la transition énergétique représentaient un défi de taille.
Pour lui, il incombe aux dirigeants politiques de réfléchir aux solutions disponibles en matière d'énergie et d'aller de l'avant en accélérant les investissements dans les sources renouvelables.
S'exprimant sur le caractère vital de l'investissement dans les technologies de ce secteur, il affirme que «les technologies à privilégier concernent notamment le perfectionnement des technologies de stockage, la relance de l'énergie nucléaire et la décarbonisation».
Selon lui, le secteur de l'énergie est capable d’évoluer à un rythme beaucoup plus rapide que ce qui était initialement prévu. M. Samaties a également fait savoir que la production d'énergie solaire à partir des verres solaires contribuerait grandement à la transition énergétique.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
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