Covid-19: la France fautive de ne pas stocker assez de masques avant l'épidémie

La ministre française de la Santé et de la Prévention, Brigitte Bourguignon, attend dans une pharmacie de recevoir une deuxième dose de rappel de vaccination contre le COVID-19, à Paris, le 23 juin 2022. (AFP)
La ministre française de la Santé et de la Prévention, Brigitte Bourguignon, attend dans une pharmacie de recevoir une deuxième dose de rappel de vaccination contre le COVID-19, à Paris, le 23 juin 2022. (AFP)
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Publié le Mardi 28 juin 2022

Covid-19: la France fautive de ne pas stocker assez de masques avant l'épidémie

  • «L'Etat a commis une faute en s'abstenant de constituer un stock suffisant de masques permettant de lutter contre une pandémie liée à un agent respiratoire hautement pathogène»
  • Le tribunal a également estimé que l'Etat avait commis une faute en tenant des «déclarations qui ont pu avoir notamment pour effet de dissuader la population d'avoir recours à des masques»

PARIS : La France a commis une faute en ne veillant pas à maintenir des stocks suffisants de masques avant l'épidémie de Covid-19, a jugé mardi la justice administrative sans toutefois la rendre responsable des contaminations.

"L'Etat a commis une faute en s'abstenant de constituer un stock suffisant de masques permettant de lutter contre une pandémie liée à un agent respiratoire hautement pathogène", a déclaré le tribunal administratif de Paris dans une décision rendue mardi.

Le tribunal a également estimé que l'Etat avait commis une faute en tenant des "déclarations qui ont pu avoir notamment pour effet de dissuader la population d'avoir recours à des masques".

Dans les premiers mois de la pandémie, début 2020, le flou avait régné sur l'intérêt de porter des masques chirurgicaux pour se protéger de la Covid-19 ou éviter de le propager.

Le gouvernement avait, à l'époque, privilégié l'idée de réserver les masques aux soignants directement exposés aux malades, dans un contexte de stocks insuffisants.

Avec un stock d'Etat d'à peu près 100 millions d'unités, la France s'est en effet trouvée rapidement démunie, laissant parfois désemparés les professionnels de santé et d'autres métiers exposés, comme les caissières de supermarchés.

Les critiques ont aussi visé la communication fluctuante du gouvernement sur le sujet. D'inutile pour le grand public, le masque est finalement devenu obligatoire dans les lieux clos en juillet 2020 et s'est généralisé partout à la fin de l'été.

Une trentaine de plaignants avaient donc attaqué l'Etat en justice, jugeant que cette attitude avait directement contribué au fait qu'ils attrapent la Covid.

Mais la justice ne leur a qu'en partie donné raison. S'il reconnaît que l'Etat a fauté sur sa gestion des masques, le tribunal juge qu'on ne peut pas établir un lien direct avec les contaminations des plaignants.

La justice souligne trois points: la nature "aléatoire" de la transmission du virus, l'observation qu'un masque ne protège pas à coup sûr contre la Covid et, enfin, le fait que l'Etat ait pris à l'époque d'autres mesures de nature à limiter la contamination comme l'encouragement à maintenir les distances physiques.

Il rejette donc les demandes d'indemnisations des plaignants. Par ailleurs, il estime injustifiées d'autres accusations sur la gestion de crise, comme celle de ne pas avoir lancé assez tôt de dépistage généralisé.


Covid: la vague de rentrée se poursuit, les hospitalisations augmentent

Cette photo d'archive prise le 10 juillet 2022 montre des touristes se faisant tester avec un test antigénique pour le Covid-19 près de l'Arc de Triomphe à Paris. ALAIN JOCARD / AFP
Cette photo d'archive prise le 10 juillet 2022 montre des touristes se faisant tester avec un test antigénique pour le Covid-19 près de l'Arc de Triomphe à Paris. ALAIN JOCARD / AFP
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  • Les autorités sanitaires n'excluent pas, par ailleurs, un retour à l'obligation de porter le masque dans les lieux clos, une possibilité ouvertement évoquée cette semaine par le Covars, l'organisme qui a succédé au Conseil scientifique
  • La semaine dernière, la circulation du virus a progressé «fortement sur l'ensemble du territoire métropolitain, en particulier chez les plus âgés», a résumé l'agence Santé publique France dans un bilan donné jeudi soir

PARIS: La vague de rentrée de Covid-19, commencée début septembre en France, poursuit sa hausse en matière de contaminations comme d'hospitalisations, selon le bilan hebdomadaire des autorités sanitaires.

La semaine dernière, la circulation du virus a progressé "fortement sur l'ensemble du territoire métropolitain, en particulier chez les plus âgés", a résumé l'agence Santé publique France dans un bilan donné jeudi soir.

Sur cette période-là (la semaine démarrant le 26 septembre), "l'augmentation se poursuivait également au niveau des indicateurs hospitaliers", avec une nette hausse des admissions à l'hôpital avec un diagnostic Covid, y compris en soins intensifs.

Les données les plus récentes datent de jeudi où 65.537 nouveaux cas ont été comptabilisés, contre 51.366 une semaine auparavant. Le nombre total de patients hospitalisés, à plus de 16.000, a retrouvé son niveau de la mi-août.

Après avoir connu plusieurs vagues depuis le début d'année, l'épidémie de Covid-19 était tombée à un niveau particulièrement bas fin août. Mais les contaminations ont ensuite rebondi, dans un contexte notamment marqué par la rentrée scolaire.

Ce contexte a conduit le gouvernement à avancer à début octobre le début de la campagne de vaccination anti-Covid, destinée aux plus fragiles et initialement prévue pour accompagner celle contre la grippe à partir du milieu du mois.

Les autorités sanitaires n'excluent pas, par ailleurs, un retour à l'obligation de porter le masque dans les lieux clos, une possibilité ouvertement évoquée cette semaine par le Covars, l'organisme qui a succédé au Conseil scientifique.

Le ministère de la Santé "ne s'interdit pas" une telle mesure, avait déclaré mardi le ministre François Braun sur RTL, assurant néanmoins pour l'heure "faire confiance aux Français" pour prendre par eux-mêmes des mesures de protection.


Véran dénonce un «appel à la violence sociale» de Mélenchon

Pour Mélenchon le 16 octobre sera «une mise en cause globale de la politique macroniste». (AFP)
Pour Mélenchon le 16 octobre sera «une mise en cause globale de la politique macroniste». (AFP)
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  • «Les appels masqués ou directs ou indirects à une forme de violence sociale, c'est irresponsable, encore plus de la part d'un responsable politique», a insisté le ministre
  • «Le 5 et le 6 octobre 1789 les femmes marchent sur Versailles contre la vie chère. Elles ramènent le roi la reine et le dauphin de force à Paris sous contrôle populaire. Faites mieux le 16 octobre», avait écrit Mélenchon

PARIS: Le porte-parole du gouvernement Olivier Véran a accusé vendredi Jean-Luc Mélenchon de "dépasser les bornes" avec son "appel à la violence sociale" dans un tweet évoquant la Révolution française et consacré à la "marche" du 16 octobre.

"C'est un appel à la violence sociale", a répété plusieurs fois sur BFMTV et RMC le ministre, avant d'ajouter l'adjectif "déguisé" car, selon lui, l'ancien candidat à la présidentielle "pourra toujours dire: c'est pas ce que je voulais dire".

"Ce n'est pas la première fois qu'il dépasse les bornes, il est tout le temps dans l'outrance", a-t-il estimé en saluant une "désolidarisation" de la part "de partis plus traditionnels au sein de la Nupes", notamment celle du patron du PS Olivier Faure.

"Le droit de manifester est constitutionnel, on le respecte, on l'accompagne, mais les appels masqués ou directs ou indirects à une forme de violence sociale, c'est irresponsable, encore plus de la part d'un responsable politique", a insisté le ministre.


Colère à Paris après les accusations d’«espionnage» de l’Iran

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  • La responsable du syndicat des enseignants français Cécile Kohler et son compagnon, Jacques Paris, ont été arrêtés en mai pour avoir entretenu «l'insécurité» en Iran
  • La France a condamné les arrestations et les aveux forcés, dans lesquels Mme Kohler a déclaré sur vidéo qu'elle était envoyée par la France pour déclencher une révolution

DJEDDAH: La France a accusé jeudi le régime iranien d'avoir pris en otage deux de ses citoyens après que Téhéran a diffusé une vidéo montrant le couple en train d’avouer sous la contrainte être des espions.

Cécile Kohler, responsable du syndicat des enseignants français, et son compagnon, Jacques Paris, ont été arrêtés en mai, accusés d’entretenir l’«insécurité » en Iran. La France a condamné ces arrestations et a exigé leur libération immédiate.

Dans la séquence télévisée de jeudi, Cécile Kohler a «avoué» être un agent du service de renseignement extérieur français, en Iran, pour «préparer le terrain pour la révolution et le renversement du régime de l'Iran islamique». Paris a déclaré: «Notre objectif au service de sécurité français est de faire pression sur le gouvernement de l'Iran.»

La vidéo a suscité la colère en France. «La mise en scène de leurs prétendus aveux est scandaleuse, consternante, inacceptable et contraire au droit international», a indiqué Anne-Claire Legendre, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

«Cette mascarade révèle le mépris de la dignité humaine qui caractérise les autorités iraniennes. Ces prétendus aveux extorqués sous la contrainte n'ont aucun fondement, pas plus que les raisons invoquées pour leur arrestation arbitraire.»

L'apparition du couple français à la télévision coïncide avec des semaines de manifestations antigouvernementales en Iran à la suite de la mort, le mois dernier, de Mahsa Amini, 22 ans, détenue par la police des mœurs. Elle intervient également au lendemain d'un débat au Sénat français au cours duquel tous les partis politiques ont condamné la répression des manifestations par l'Iran.

Les groupes de défense des droits affirment que les médias d'État iraniens ont diffusé plus de trois cent cinquante confessions forcées entre 2010 et 2020. Quatre citoyens français sont emprisonnés en Iran et la France évalue la possibilité qu’un autre citoyen français ait pu être arrêté pendant les manifestations actuelles.

Dans un Tweet du 5 octobre, le groupe Human Rights Activists in Iran et dix-neuf autres organisations de défense des droits de l'homme ont demandé au président américain, Joe Biden, dans une lettre ouverte, «de traiter le sujet de la violente répression du régime iranien contre ceux qui manifestent pour Mahsa Amini et la crise actuelle des droits de l'homme en Iran».

«Le peuple iranien a besoin du soutien des États-Unis et de l'ensemble de la communauté internationale pour obtenir ses droits et libertés», indique la lettre.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com