Normalisation Soudan/Israël : le général Burhane récuse tout «chantage» américain

Le Soudan réclamait de longue date sa sortie de cette liste, synonyme de sanctions et d'entraves aux investissements pour son économie à bout de souffle. Sa demande s'est accentuée depuis la chute de l'ex-président Omar el-Béchir en avril 2019, sous la pression de la rue. (AFP)
Le Soudan réclamait de longue date sa sortie de cette liste, synonyme de sanctions et d'entraves aux investissements pour son économie à bout de souffle. Sa demande s'est accentuée depuis la chute de l'ex-président Omar el-Béchir en avril 2019, sous la pression de la rue. (AFP)
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Publié le Mardi 27 octobre 2020

Normalisation Soudan/Israël : le général Burhane récuse tout «chantage» américain

  • L'annonce vendredi par le président américain Donald Trump de la normalisation des relations entre le Soudan et Israël survient après celle du retrait prochain du Soudan de la liste « noire » américaine
  • «Nous n'avons pas subi de chantage pour la normalisation», a affirmé M. Burhane, lors d'une interview à la télévision nationale soudanaise

KHARTOUM : Le Soudan n'a pas cédé a un « chantage » de Washington en acceptant de normaliser ses relations avec Israël, a déclaré lundi le président du Conseil souverain de transition soudanais, le général Abdel Fattah al-Burhane.

L'annonce vendredi par le président américain Donald Trump de la normalisation des relations entre le Soudan et Israël survient après celle du retrait prochain du Soudan de la liste « noire » américaine des Etats soutenant le « terrorisme », sur laquelle Khartoum figure depuis 1993.

Le Soudan réclamait de longue date sa sortie de cette liste, synonyme de sanctions et d'entraves aux investissements pour son économie à bout de souffle. Sa demande s'est accentuée depuis la chute de l'ex-président Omar el-Béchir en avril 2019, sous la pression de la rue.

« Nous n'avons pas subi de chantage pour la normalisation », a affirmé M. Burhane, lors d'une interview à la télévision nationale soudanaise.

Néanmoins, il a concédé que le rapprochement avait fait partie des « catalyseurs de la décision » américaine.

Dimanche, le gouvernement soudanais a indiqué que le secrétaire d'Etat des Etats-Unis, Mike Pompeo, avait exigé la normalisation avec Israël en vue de son retrait de la liste « noire », lors d'une visite officielle à Khartoum en août.

La normalisation, que M. Burhane a préféré qualifier de « réconciliation », est « dans l'intérêt du Soudan », a-t-il martelé.

« Nous sommes isolés et avons pâti des sanctions. Le retrait de notre (pays) de la liste (...) nous permettra de revenir dans la communauté internationale. Nous en bénéficierons économiquement », a ajouté le dirigeant, évoquant notamment une coopération avec les Etats-Unis et Israël dans le domaine technologique.

En outre, cette avancée diplomatique permettra de « dégager des aides » pour mettre en oeuvre l'accord de paix intersoudanais signé le 3 octobre entre le gouvernement et des groupes rebelles, a-t-il ajouté.

Toutefois, une majorité de Soudanais reproche aux autorités d'avoir trahi « la cause panarabe » et les Palestiniens.

« Nous souhaitons tous un Etat palestinien dans les frontières de 1967 (...) mais nous ne voulons pas (en) faire porter la responsabilité au seul peuple soudanais », a affirmé le général Burhane.

Par ailleurs, il a démenti les rumeurs de pression de la part des Emirats arabes unis, l'un des deux autres Etats arabes -avec Bahreïn- à avoir signé un accord similaire, en septembre.

Dimanche, Khartoum a annoncé prévoir « dans les semaines à venir (...) la signature d'accords de coopération dans les domaines agricole, commercial, économique, de l'aviation et des migrations » avec Israël.

Et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ensuite annoncé l'envoi de blé d'une valeur de cinq millions de dollars au Soudan, en signe de sa volonté d' « assister le pays dans sa transition ». 

 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.