«On a besoin de vivre»: Près du front en Ukraine, la vie reprend malgré la menace

Un restaurant à Kramatorsk le 2 juillet 2022 (Photo, AFP).
Un restaurant à Kramatorsk le 2 juillet 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 02 juillet 2022

«On a besoin de vivre»: Près du front en Ukraine, la vie reprend malgré la menace

  • Kramatorsk, grande ville située au centre de ce qui reste du Donbass revit peu à peu
  • Le commerce avait fermé ses portes peu après le début de l'offensive russe le 24 février, comme la plupart des autres magasins de Kramatorsk

KRAMATORSK: Viktoria Mirochnitchenko a repris le travail dans son magasin de jouets qui, comme d'autres commerces, vient de rouvrir à Kramatorsk, près du front dans l'est de l'Ukraine, malgré les bruits des bombardements quotidiens au loin.

"Ça effraie un peu mais on s'habitue", confie, au comptoir du magasin de peluches, vélos et trottinettes pour enfants, la vendeuse qui s'était retrouvée sans emploi pendant près de trois mois durant lesquels elle dit n'avoir reçu quasiment aucune aide publique.

Le commerce avait fermé ses portes peu après le début de l'offensive russe le 24 février, comme la plupart des autres magasins de Kramatorsk, ville du bassin industriel du Donbass.

Mais depuis quelques semaines, ils rouvrent peu à peu et beaucoup de gens reviennent. "Dans ma rue où il y a environ 300 logements, les habitants étaient presque tous partis, maintenant ils sont presque tous revenus", raconte Mme Mirochnitchenko.

La situation est paradoxale. Kramatorsk, grande ville située au centre de ce qui reste du Donbass sous contrôle ukrainien, revit peu à peu alors que Sloviansk au nord, Siversk au nord-est et Bakhmout au sud-est sont sous le feu de l'artillerie russe.

Mais les gens n'ont pas d'autre choix que de rentrer chez eux, estime Oleg Malimonienko, qui vient de rouvrir son restaurant. "Dans 99% des cas, c'est parce qu'il faut bien manger, payer son loyer et les factures", dit cet homme bien en chair de 54 ans .

Il espère maintenant que la clientèle de son établissement va revenir, et peut-être accueillir aussi des militaires ukrainiens que l'on aperçoit un peu partout en ville.

"Les militaires, ce sont ceux qui nous achètent le plus d'articles, surtout des couteaux et des poignards", raconte Natalia Kiritchenko, vendeuse dans un petit magasin qui a rouvert après trois mois de fermeture.

"Comme nous, beaucoup de gens sont revenus à Kramatorsk mais ils n'ont pas d'argent", ajoute cette femme de 56 ans qui n'a pas eu d'autre choix que de reprendre le travail. Elle dit avoir bénéficié pendant la fermeture du magasin d'une aide de l'Etat, loin d'être suffisante pour joindre les deux bouts.

On sent la menace

"Quand on entend des bombardements plus ou moins fort d'un côté ou de l'autre, on sent la menace et on se demande ce qui nous attend", ajoute Mme Kiritchenko d'un air résigné.

Le plus difficile pour aller au travail quand on n'a pas de voiture, observe pour sa part Mme Mirochnitchenko, "c'est les transports publics, car le tramway s'arrête chaque fois que les sirènes d'alerte aux bombardements retentissent", et elles hurlent de nombreuses fois du matin au soir.

"Depuis la réouverture du magasin il y a dix jours, je suis déjà venue une fois à pied", soit 50 minutes de marche, ajoute-t-elle.

Les difficultés pour se déplacer en ville ou à l'extérieur, c'est justement ce qui a poussé le "Centre pour vélos" à reprendre du service, explique l'un des employés de ce magasin au sous-sol d'un immeuble, Vladimir Pozolotine.

"Beaucoup m'ont demandé sur ma chaîne YouTube quand on rouvrait, car certains ont peur de prendre la voiture, d'autres n'ont pas d'essence ou ne veulent pas se mettre dans les longues files des stations-service, donc ils achètent un vélo ou viennent faire réparer le leur", explique l'homme de 33 ans qui pédale quatre kilomètres par jour pour venir et rentrer du travail.

Pour le moment, "la clientèle représente seulement 10% de ce qu'elle était avant" la guerre "mais c'est mieux que rien", sourit le jeune homme en veste de survêtement noir, casquette vissée sur la tête.

Il dit s'habituer lui aussi aux bruits des bombardements qui pour le moment épargnent Kramatorsk, où il est toujours resté depuis le début du conflit.

"Si ça tombe près d'ici", dit-il en référence aux tirs de roquettes qui touchent des villes proches, "on verra bien". Et en cas de menace sérieuse sur la ville? "Partir? Mais où?"


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.