Les multinationales américaines aux prises avec l'envolée du dollar

L'ascension rapide du dollar depuis le début de l'année est à double tranchant (AF
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Publié le Dimanche 03 juillet 2022

Les multinationales américaines aux prises avec l'envolée du dollar

  • La forte remontée des taux décidée par la banque centrale américaine pour combattre l'inflation, combinée à l'afflux de placements aux Etats-Unis d'investisseurs à la recherche de valeurs sûres en ces temps incertains, a dopé le dollar
  • Pour une société américaine qui exporte, les produits écoulés en dollars deviennent plus onéreux, au risque de perdre des clients

NEW YORK : L'ascension rapide du dollar depuis le début de l'année est à double tranchant pour les multinationales américaines qui, pour limiter les retombées, peuvent se couvrir ou repositionner leurs activités à l'étranger.

Pour une entreprise qui importe, la flambée du billet vert face à l'euro, le yen ou la livre britannique est une aubaine puisque les produits lui reviennent moins cher.

Mais pour une société américaine qui exporte, les produits écoulés en dollars deviennent plus onéreux, au risque de perdre des clients. Sans compter la perte de valeur des revenus dégagés à l'étranger quand ils sont convertis en dollars.

Plusieurs multinationales ont déjà révisé leurs prévisions pour l'année, à l'instar du géant de l'informatique Microsoft qui a prévenu que son chiffre d'affaires trimestriel allait être amputé de 460 millions de dollars et son bénéfice net de 250 millions à cause des effets de change.

Adobe, Salesforce, Biogen, Pfizer ont tous averti que la rapide montée du dollar en début d'année allait avoir un impact plus important que prévu sur leurs comptes.

- 40 milliards -

Les sociétés qui dégagent la majeure partie de leurs revenus en dehors des Etats-Unis sont logiquement les plus exposées, à commencer par les géants de la tech, les fabricants d'équipements médicaux et les sociétés de services, selon Kyriba, une plateforme de gestion de liquidités des entreprises.

Les effets de change pourraient affecter les résultats des entreprises du S&P 500 à hauteur de 40 milliards de dollars au total au premier semestre, prédit Kyriba.

La forte remontée des taux décidée par la banque centrale américaine pour combattre l'inflation, combinée à l'afflux de placements aux Etats-Unis d'investisseurs à la recherche de valeurs sûres en ces temps incertains, a dopé le dollar.

Le billet vert a pris 13% face à l'euro sur les douze derniers mois, s'approchant ainsi de la parité avec la monnaie unique, ou encore 22% face au yen.

«A court terme, c'est une bonne nouvelle pour les Etats-Unis car cela rend les importations moins chères, et peut donc ralentir l'inflation», remarque Desmond Lachman, du centre de réflexion American Enterprise Institute.

A moyen terme, l'effet sur l'économie américaine est plus nuancé car si les exportations s'affaissent, «cela augmente le déficit commercial des Etats-Unis, et donc sa dette extérieure».

Mais les multinationales «n'ont pas vraiment de contrôle» sur ces éléments, remarque-t-il.

Elles peuvent en revanche atténuer l'impact des fluctuations des devises étrangères dans lesquelles elles établissent leurs prix et leurs factures, en adoptant des instruments de couverture (hedging).

La plupart des multinationales disposent de tels programmes, qu'elles font évoluer chaque trimestre, voire chaque mois, parfois en tentant de prédire l'évolution des devises, explique Bob Stark, de Kyriba.

Ce n'est pas une science exacte, reconnaît-il. Surtout dans une période de grande incertitude sur la direction de l'inflation, des taux d'intérêt, la possibilité d'une récession etc.

- Changer de pays -

Mais «depuis le début de la pandémie, les directeurs financiers sont devenus bien meilleurs pour envisager de multiples scénarios et agir en fonction», estime Bob Stark. «Si vous pouvez évaluer l'impact des différents scénarios sur vos prévisions de flux de trésorerie, alors vous pouvez prendre de meilleures décisions».

Nike, par exemple, a prévenu lundi que les effets de change allaient plomber son chiffre d'affaires annuel de plusieurs points de pourcentage. Ils devraient aussi affecter sa marge brute mais dans une bien moindre mesure, en raison de «taux de couverture favorables».

L'actuelle forte volatilité des devises signifie aussi qu'il revient plus cher de se couvrir. Certaines entreprises choisissent de ne pas se protéger pour ne pas avoir à payer les primes.

Parmi les autres instruments à leur disposition, les multinationales peuvent aussi réduire leur exposition en ajustant leurs pratiques: en payant leurs fournisseurs japonais en dollars par exemple, en renégociant les prix, voire en changeant de pays pour s'approvisionner.

Elles peuvent aussi attendre un repli du billet vert avant de rapatrier leurs profits aux Etats-Unis.

«Après coup», une fois que le dollar est déjà monté, les marges de manoeuvre des entreprises sont limitées, estime toutefois Nikolai Roussanov, professeur de finances à l'université de Pennsylvanie. Surtout quand les prix grimpent aussi à cause des problèmes de chaîne d'approvisionnement et des coûts de l'énergie.

«Si vous tentez de réagir à quelque chose qui s'est déjà passé, cela peut vous revenir à la figure dans la mesure où certains de ces mouvements sont temporaires», avance-t-il.


Le prince héritier d’Arabie saoudite lance un plan d’urbanisme ainsi qu’un label pour la ville de Qiddiya

Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya (Photo, Fournie).
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  • La ville de Qiddiya devrait créer plus de 325 000 emplois
  • Une fois les travaux achevés, Qiddiya deviendra la première destination mondiale de divertissement, de sport et de culture

RIYAD: Le prince héritier saoudien et Premier ministre Mohammed ben Salmane a lancé jeudi le projet d’aménagement urbain de la ville de Qiddiya, ainsi que le label internationale de Qiddiya, a rapporté la Saudi press agency.    

La ville de Qiddiya devrait créer plus de 325 000 emplois, générant un PIB nominal de 135 milliards de SR (36 milliards de dollars) par an, ajoute le rapport.

Le prince héritier a déclaré qu'une fois les travaux achevés, Qiddiya deviendrait la première destination mondiale de divertissement, de sport et de culture.

«Cela aura un impact positif sur l'économie du Royaume et sa notoriété sur le plan international, ainsi que sur l’optimisation du positionnement stratégique de Riyad, et contribuera à sa croissance économique. Ce projet vise à améliorer la qualité de vie, faisant de Riyad l’une des dix premières économies mondiales», a-t-il affirmé.

Le prince Mohammed a ajouté que l'investissement dans Qiddiya était la pierre angulaire de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à diversifier l'économie du Royaume, en créant des milliers d'opportunités d'emploi pour une jeunesse saoudienne pleine d’ambition.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L’Arabie saoudite investit dans la recherche agroalimentaire pour assurer son autosuffisance alimentaire

Du 3 au 11 décembre dans les locaux de l’accélérateur d’entreprises The Garage un symposium réunissant des start-up françaises et des institutions gouvernementales et privées saoudiennes. (Photo fournie)
Du 3 au 11 décembre dans les locaux de l’accélérateur d’entreprises The Garage un symposium réunissant des start-up françaises et des institutions gouvernementales et privées saoudiennes. (Photo fournie)
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  • Une conférence actuellement organisée à Riyad a pour objectif que des start-up françaises montrent ce que la France propose en matière de technologie pour soutenir l’industrie agroalimentaire saoudienne
  • Malgré son environnement désertique, l’Arabie saoudite a déjà réussi à atteindre l'autosuffisance dans la production de dattes, de produits laitiers frais et d'œufs de table

RIYAD: Sous le patronage de l’ambassade de France en Arabie saoudite et avec l’étroite collaboration du ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture saoudien, Business France organise du 3 au 11 décembre dans les locaux de l’accélérateur d’entreprises The Garage un symposium réunissant des start-up françaises et des institutions gouvernementales et privées saoudiennes.

Rachid Boulaouine, directeur de Business France en Arabie saoudite a déclaré lors de son allocution d’ouverture de la conférence que les entreprises françaises présentes en Arabie saoudite avaient été sélectionnées par un jury composé d’importantes personnalités saoudiennes et françaises.  

Ces entreprises françaises sont à Riyad pour montrer ce que la France propose en matière de technologie pour soutenir l’industrie agroalimentaire saoudienne. Il a tenu à annoncer que ces entreprises ont déjà pris contact depuis septembre avec leurs homologues saoudiens et que l’objectif au cours de la semaine était de finaliser et concrétiser leurs partenariats pour être opérationnelles dans le Royaume et contribuer concrètement à la Vision 2030. 

Huddle Corp, entreprise française qui conçoit des aliments et ingrédients encapsulés pour les animaux permettant de lutter contre les déchets d’ingrédients et les rejets de gaz dans l’environnement, était présente à Riyad. «Le marché saoudien possède un véritable savoir-faire. Les exploitations sont déjà installées, il y a le noyau de constitution, c’est-à-dire que le démarrage est bien assuré et que le pays se donne les moyens de son ambition, c’est ce qui est extraordinaire», explique Abdeslam el-Harrak, cofondateur et directeur général de Huddle Corp, à Arab News en français.  

«Le potentiel dans le secteur de l’aquaculture est très important et peut être retranscrit dans chaque région du monde avec bien sûr une capacité d’autonomie alimentaire. L'Arabie saoudite investit massivement dans les petites exploitations agricoles et la désalinisation pour développer son secteur agroalimentaire et réduire sa dépendance aux importations alimentaires. Nos solutions sont une source de protéine qualitative et permettent de simplifier les processus d’élevage dans les fermes», ajoute-t-il.

De son côté, la société ADNId offre des analyses ADN innovantes à hautes performances pour aider les fabricants à améliorer le contrôle de la qualité des aliments et à accroître la confiance dans les transactions commerciales. Fabienne Moreau, directrice générale chez ADNId s’est dite intéressée par le potentiel saoudien. «Nous sommes tout à fait ouverts à un transfert de technologie et à l’aide à l’installation de laboratoires de biologie moléculaire dans le Royaume. Cela nous permettra de pénétrer le marché saoudien et de se donner la chance d’être plus en accord avec les attentes de nos partenaires saoudiens», indique-t-elle à Arab News en français. 

Le ministère de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture s'efforce de créer depuis quelques années un système intégré de services agricoles, logistiques, de marketing et de connaissances et d'adopter des technologies modernes pour optimiser la production et augmenter le taux de consommation des dattes saoudiennes au niveau local et mondial. «Sur le palmier dattier, en termes d’identification du sexe et en terme variétal, il y a une demande concrète. Elle doit être quantifiée afin d’avoir une bonne vision et nous sommes présents ici à Riyad dans cet objectif», assure Fabienne Moreau. 

Concernant les fraudes alimentaires, Fabienne Moreau estime que les technologies utilisées en France pour le contrôle des fraudes alimentaires s’appliquent parfaitement au marché saoudien.

Pour sa part, AgroTech Independent Living Base, une société scientifique de Recherche et Développement, propose une solution innovante d’agriculture urbaine indoor capable de produire en continu un millier d’espèces de fruits, légumes, fleurs, épices de qualité, et ce, dans une structure isotherme totalement autonome concernant l’apport en électricité et en eau. 

Les végétaux sont donc plantés dans des bacs de terre hors sol disposés sur des étagères. Ils sont cultivés sans aucun produit chimique. La production est donc naturelle. De plus, cette méthode, permet de consommer des aliments qui bénéficient de l’ensemble des minéraux et oligoéléments naturellement présents dans la terre et nécessaires à leur croissance.

Pascal Benveniste, président directeur de Independent living Base, raconte à Arab News en français l’origine du projet. «J’ai créé un food conteneur qui produit de l’eau, de l’électricité, de la nourriture et recycle les eaux usées. Un de mes collaborateurs a habité sur place pendant deux ans. Il mangeait, il buvait, il s’éclairait à partir de là. Il est toujours vivant, il est directeur général aujourd’hui», explique-t-il.  

«Après cette expérience, nous avons construit une Bubble tech dans un immeuble d’une superficie de 3500 m2 sans toucher aux éléments d’infrastructure de la bâtisse. Cela signifie que l’on peut s’insérer dans des immeubles existants ou neufs, en surface ou en sous-sol, dans le désert, sur les parkings, sur les bateaux pour produire tout type de végétal. Ces Bubble tech peuvent reproduire automatiquement toutes les conditions climatiques idéales», affirme Pascal Benveniste.

Malgré son environnement désertique, l’Arabie saoudite a déjà réussi à atteindre l'autosuffisance dans la production de dattes, de produits laitiers frais et d'œufs de table. Elle a aussi progressé dans la culture de pommes de terre, de volaille, de tomates et d'autres produits alimentaires. Le Royaume a investi et continue d’investir dans la désalinisation pour une utilisation plus efficace de l'eau et a imposé des réglementations strictes contre l'extraction des eaux souterraines pour préserver cette ressource vitale. 

L'Arabie saoudite a exporté plus de 300 types de dattes, produisant environ 1,54 million de tonnes pour une valeur de 1,2 milliard de riyals saoudiens (un riyal = 0,25 euro) en 2021, plaçant le Royaume au premier rang parmi 113 pays, selon le Centre du commerce international.

 


En Arabie saoudite, un boom de l’emploi inégalé dans le monde

Une conférence de presse spéciale s’est tenue pour marquer l’annonce du budget 2024 de l’Arabie saoudite. (Photo fournie).
Une conférence de presse spéciale s’est tenue pour marquer l’annonce du budget 2024 de l’Arabie saoudite. (Photo fournie).
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  • Les initiatives du gouvernement pour soutenir le secteur privé ont conduit à l’arrivée de 361 000 nouveaux travailleurs sur le marché de l’emploi
  • Dans son communiqué, le ministère des Finances prévoit une croissance du produit intérieur brut du Royaume de 4,4% en 2024

RIYAD: Près d’1,1 million de nouveaux emplois ont été créés en Arabie saoudite au cours de l’année écoulée, alors que les politiques de diversification économique du Royaume continuent de porter leurs fruits, selon un ministre du gouvernement.

Lors d’une conférence de presse spéciale marquant l’annonce du budget 2024 de l’Arabie saoudite, le ministre des Ressources humaines, Ahmad al-Rajhi, a déclaré qu’aucun autre pays au monde n’avait connu une telle augmentation au cours de cette période.

Le ministre a également précisé que les initiatives du gouvernement pour soutenir le secteur privé ont conduit à l’arrivée de 361 000 nouveaux travailleurs sur le marché de l’emploi.

La conférence de presse a eu lieu un jour après que l’Arabie saoudite a approuvé le budget de l’État pour 2024, avec des recettes estimées à 1 170 milliards de riyals saoudiens (1 SAR = 0,25 euro) et des dépenses à 1 250 milliards de SAR, entraînant un déficit de 80 milliards de SAR.

Dans son communiqué, le ministère des Finances prévoit une croissance du produit intérieur brut (PIB) du Royaume de 4,4% en 2024, en augmentation par rapport au taux de 2023.

Il prévoit que la dette publique du Royaume pour le prochain exercice budgétaire s’élèvera à 1 100 milliards de SAR, soit 25,9% du PIB. Cela représente une augmentation de 7,71% par rapport aux chiffres réévalués pour 2023, qui étaient de 1 020 milliards de riyals saoudiens, soit 24,8% du PIB.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com