Des citoyens thaïlandais partagent leur joie d'accomplir le Hajj

Le deuxième groupe de pèlerins thaïlandais est arrivé à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine le 11 juin. (Photo fournie)
Le deuxième groupe de pèlerins thaïlandais est arrivé à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine le 11 juin. (Photo fournie)
Short Url
Publié le Dimanche 03 juillet 2022

Des citoyens thaïlandais partagent leur joie d'accomplir le Hajj

Le deuxième groupe de pèlerins thaïlandais est arrivé à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine le 11 juin. (Photo fournie)
  • Mamu Kayah, professeur d'arabe, et Arong Samae, homme d'affaires, félicitent les autorités saoudiennes et thaïlandaises pour leur voyage sans encombre
  • Samae, originaire de la province de Narathiwat, située dans le sud de la Thaïlande, est un homme d'affaires qui entreprend le pèlerinage avec sa femme cette année

RIYAD : Deux pèlerins thaïlandais effectuant le Hajj pour la première fois ont exprimé leur joie d'arriver en Arabie saoudite après avoir été empêchés de le faire par la pandémie de Covid-19.

« Le Hajj est pour moi l’occasion d’une vie. Je n'ai pas pu retenir mes larmes lorsque j'ai vu la Kaaba pour la première fois. Si je suis en mesure d'accomplir le Hajj après cette période, j'ai l'intention d'accomplir la Umrah chaque année, si Dieu le veut. Le Hajj représente tout pour moi », a déclaré Arong Samae à Arab News.

Samae, originaire de la province de Narathiwat, située dans le sud de la Thaïlande, est un homme d'affaires qui entreprend le pèlerinage avec sa femme cette année.

« Je saisis cette occasion pour exprimer mes remerciements les plus sincères au gouvernement du Gardien des deux Saintes Mosquées pour ses efforts gigantesques qui permettent aux musulmans de se rendre une fois de plus dans la ville du Prophète (Médine) et à La Mecque, et je prie Dieu tout-puissant de lui accorder davantage de prospérité et de progrès », a déclaré Samae.

Le natif de la province de Narathiwat a pris un avion depuis le sud de la Thaïlande pour se rendre directement à l'aéroport de Médine. Il est arrivé en Arabie saoudite le 11 juin et est parti pour La Mecque le 17 juin.

« Je n'ai jamais rencontré de difficultés ; tout est organisé et facile. La Thai Hajj Company fournit tout du début à la fin, et le gouvernement thaïlandais fournit également un soutien et des installations à toutes les étapes », a déclaré Samae.

« Le voyage a duré environ huit heures en vol affrété, et je ne m'attendais pas à ces facilités, car j'ai entendu dire que le voyage du pèlerinage est fatigant et long, en commençant par les transferts en voiture jusqu'à la capitale, puis en attendant le vol pendant deux ou trois jours », a-t-il ajouté.

Samae a été surpris de voir à quel point le processus a été rapide et sans heurts : « Dieu merci, tout (était) facile... Moins de 12 heures... et j'étais en Arabie saoudite, je remercie Dieu pour cela », a-t-il déclaré.

« J'ai prié Dieu pour qu'un jour j'arrive en Arabie saoudite. Je remercie également tous ceux qui servent les pèlerins, qu'ils soient de Thaïlande ou d'Arabie saoudite », a-t-il ajouté.

Il a dit qu'il voulait accomplir le Hajj il y a deux ans, mais qu'il n'avait pas pu le faire en raison des restrictions imposées par la Covid-19. La pandémie a « changé tout ce qu'ils voulaient faire », a-t-il ajouté.

Mamu Kayah, 58 ans, originaire de Thaïlande, effectue le Hajj avec sa femme cette année. Il est professeur d'arabe dans un lycée de Yala, une ville située dans le sud du pays.

« Je suis très heureux d'avoir cette opportunité, et je remercie Dieu jour et nuit pour cela. Et je suis absolument certain que tous les musulmans qui sont venus sur cette terre pure partagent ce sentiment avec moi », a déclaré Kayah.

Il a déclaré à Arab News que c'était la troisième fois qu'il effectuait le Hajj.

« Nous avons la chance d'avoir un vol direct depuis l'extrême sud de la Thaïlande, l'État de Narathiwat, qui n'est qu'à une centaine de kilomètres de chez moi », a-t-il déclaré.

« La Thai Hajj Company et la mission Thai Hajji ont bien fait leur travail ; tout est organisé et bien rangé, notamment avec la présence de plateformes électroniques qui contribuent grandement à faciliter les procédures depuis le premier jour jusqu'à ce que nous embarquions dans l'avion pour Médine », a-t-il ajouté.

Kayah a pris un vol direct de huit heures entre Narathiwat et l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine. Il a remercié le Royaume et la Thaïlande d'avoir mis ces routes à la disposition des pèlerins.

« J'ai entendu dire que l'organisation de l'avion affrété n'était pas facile, et que cela ne peut se faire que grâce aux efforts considérables des deux pays, la Thaïlande et l'Arabie saoudite », a-t-il déclaré.

Kayah et son épouse sont arrivés à Médine le 12 juin, se sont rendus à La Mecque le 18 juin et rentreront dans leur pays le 20 juillet.

« On peut dire que le Hajj de cette année est très spécial et complètement différent de mon expérience précédente », a-t-il déclaré.

« Par exemple, entre le moment où je suis descendu de l'avion à l'aéroport de Médine et mon arrivée à l'hôtel, le processus n'a duré qu'une heure. Chaque étape est rapide et soignée, à commencer par les procédures relatives aux passeports, à la prise des bagages, à la montée dans le bus », a ajouté Kayah.

Il a ajouté que des employés saoudiens et thaïlandais étaient disponibles partout pour aider. « Par-dessus tout, l'accueil de l'autorité saoudienne compétente a été très merveilleux ; nous nous sommes sentis comme des VIP », a-t-il dit.

Ce fut une expérience riche en émotions pour lui. « Un plaisir indescriptible, surtout pour une personne de mon âge. Je pleure toujours lorsque je me trouve devant la mosquée du prophète et la sainte Kaaba,  de joie, bien sûr, et tout cela grâce à Dieu tout-puissant », a-t-il déclaré.

« La seule question qui m'inquiète et qui inquiète tout le monde, c'est le prix élevé de tout ; de toute façon, nous comprenons très bien que cette chose n'est pas entre nos mains ; dans le monde entier, les coûts ont augmenté, pas seulement ceux du Hajj. En dehors de cela, il n'y a pas de difficultés », a-t-il déclaré.

Selon l'ambassade de Thaïlande à Djeddah, la Thaïlande a un quota post-pandémie de 5 885 pèlerins, dont 3 738 se sont inscrits. Avant les restrictions liées à la Covid-19, la Thaïlande disposait d'un quota de 13 000 personnes. En 2018 et 2019, un total de 7 851 et 8 462 pèlerins ont respectivement effectué le Hajj.

Le 20 juin, 1 120 pèlerins étaient arrivés à Médine à bord de vols charters de Thai Airways. Quatre vols sont arrivés dans le Royaume du 10 au 13 juin. Les 2 618 autres pèlerins voyageront sur huit vols du 29 juin à Djeddah, dont cinq par Thai Airways et trois par Saudi Airlines.

Alors que les premiers groupes de pèlerins sont arrivés à La Mecque et à Médine dimanche, Basri Tatif, le responsable adjoint des affaires des pèlerins thaïlandais, a félicité le Royaume pour son organisation et a déclaré que ses concitoyens pourront accomplir leurs rituels en toute sécurité grâce à toutes les mesures mises en place.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Pakistan fait état de négociations entre Washington et Téhéran

Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Cette photo de presse, prise le 29 juillet 2026 et diffusée par le ministère pakistanais des Affaires étrangères, montre le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar (à droite), s'entretenant avec son homologue koweïtien, le cheikh Jarrah Jaber al-Ahmad al-Sabah, lors d'une réunion au ministère des Affaires étrangères à Islamabad. (AFP)
Short Url
  • La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions
  • Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix

TEHERAN: Le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, a affirmé jeudi que les belligérants négociaient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements américains sur l'Iran dans la nuit, et des tirs de représailles iraniens.

En attendant une éventuelle percée dans ces discussions, le conflit au Moyen-Orient s'étend à de nouveaux pays: après l'Irak, où des groupes pro-iraniens ont été ciblés par des frappes conjointes américaines et saoudiennes, l'Egypte a fait état d'une attaque de drone dans le port de Damiette (nord).

La diplomatie pakistanaise a assuré jeudi que des négociations étaient "en cours" afin de "parvenir à une désescalade", en particulier concernant le détroit d'Ormuz, passage stratégique verrouillé par Téhéran,au coeur des tensions.

Elle a indiqué faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient.

Plus tôt jeudi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a annoncé avoir "frappé des dizaines de cibles" des Gardiens de la Révolution en Iran.

Mettre fin à "l'escalade" 

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par cette puissante force armée de la République islamique, de "multiples missiles balistiques" contre "les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que ces missiles avaient été interceptés.

Les Gardiens ont, eux, annoncé jeudi que trois de leurs membres avaient été tués dans une attaque américaine  dans le nord-ouest du pays, tandis que les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans des provinces méridionales.

Trois membres d'une même famille ont été tués dans une frappe contre une maison sur l'île de Qeshm, selon l'agence Fars.

Alors que l'Egypte a fait état d'une frappe de drone qui a touché deux navires, dont un américain, dans le port de Damiette mercredi, le président Abdel Fattah al-Sissi a appelé la communauté internationale à mettre fin à "l'escalade" dans la région.

Il s'agit de la première attaque en Egypte depuis le début de la guerre. M. Sissi a précisé qu'une enquête se poursuivait sur les circonstances de l'attaque qui n'a pas été revendiquée.

Les rebelles Houthis au Yémen, alliés de Téhéran et qui contrôlent une partie des rives de la mer Rouge, ont dit ne pas être derrière cette frappe.

Des pays de la région accueillant des forces américaines ont été visés de nouveau jeudi.

Le Koweït a rapporté qu'une personne avait été tuée par un bombardement iranien sur une entreprise chinoise.

La Jordanie a de son côté annoncé avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran. Les Gardiens ont revendiqué avoir ciblé, en représailles à la frappe à Qeshm, des avions américains stationnés sur la base aérienne d'Al-Azraq.

"Notre tour" 

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait menacé mercredi le président américain Donald Trump.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes, ce qu'ils ont démenti.

Ces attaques à travers l'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué cette alliance de groupes armés irakiens qui inclut des factions pro-iraniennes.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les Houthis à l'Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite.

"La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a commenté pour l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision.


Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Short Url
  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
Short Url
  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.