Prix alimentaires: Bercy va lancer une enquête de l'Inspection générale des finances

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire arrive pour un déjeuner de travail avec le président français et le Premier ministre australien à l'Elysée à Paris le 1er juillet 2022. (Emmanuel DUNAND / AFP)
Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire arrive pour un déjeuner de travail avec le président français et le Premier ministre australien à l'Elysée à Paris le 1er juillet 2022. (Emmanuel DUNAND / AFP)
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Publié le Lundi 04 juillet 2022

Prix alimentaires: Bercy va lancer une enquête de l'Inspection générale des finances

  • De son côté, le Sénat a promis de faire un «premier bilan» des causes de l'inflation le 20 juillet dans le cadre du groupe de suivi en cours sur la loi Egalim
  • A Bercy, on souligne que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a réalisé plus de 1.200 contrôles depuis le début de l'année sur le secteur alimentaire

PARIS: Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé lundi qu'il allait lancer une mission de l'Inspection générale des finances (IGF) pour s'assurer du respect de la loi Egalim obligeant les distributeurs à vendre les produits alimentaires avec une marge minimale de 10% en faveur des producteurs.

"Je veux m'assurer que ces 10% reviennent bien aux producteurs" et "je lancerai une mission de l'Inspection générale des finances dans les tous prochains jours", a affirmé M. Le Maire.

"Je propose d'y associer des parlementaires et des représentants du monde agricole pour nous assurer que ces 10% au-dessus du seuil de revente à perte vont bien aux producteurs et ne se perdent pas ailleurs", a-t-il encore indiqué.

La loi Alimentation ou "Egalim" votée en 2018, dans un contexte très peu inflationniste, avait notamment encadré les promotions et relevé le seuil de revente à perte, avec pour objectif d'enrayer la course aux prix bas en magasin, ce qui était censé profiter au revenu des agriculteurs.

S'il s'avère que les dispositifs de cette loi ne profitent pas aux producteurs, "il faudra réfléchir à la possibilité de les modifier", indique-t-on au ministère de l'Economie, en permettant par exemple des promotions à 50%, au lieu des 34% aujourd'hui autorisés, a suggéré Bruno Le Maire.

Dans le contexte actuel de hausse des prix, le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait demandé début avril la suspension partielle de cette règle des 10% afin de réduire ses prix de vente.

La semaine dernière, il avait jugé "suspectes" certaines hausses de prix demandées par les industriels de l'agroalimentaire dans le cadre des renégociations annuelles sur les prix des produits alimentaires.

Il avait aussi appelé à la création d'une commission d'enquête parlementaire, une demande reprise vendredi par les députés de La France insoumise.

De son côté, le Sénat a promis de faire un "premier bilan" des causes de l'inflation le 20 juillet dans le cadre du groupe de suivi en cours sur la loi Egalim.

A Bercy, on souligne que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a réalisé plus de 1.200 contrôles depuis le début de l'année sur le secteur alimentaire. Ces contrôles seront renforcés, via des enquêtes "par filière entière", a indiqué Bruno Le Maire. "Nous ne laisserons pas passer les profiteurs de la crise", a-t-il insisté.

Un "guichet unique" sera opérationnel dès mardi pour que les entreprises signalent les "irrégularités" qu'elles constateraient dans la formation des prix.


Un ministre saoudien souligne la nécessité d'établir des liens commerciaux directs avec l'Ouzbékistan

Lors de son discours, Al-Faleh a ajouté que les relations entre l'Arabie saoudite et l'Ouzbékistan avaient atteint de nouveaux sommets avec la contribution d'Acwa Power. (Photo, AN)
Lors de son discours, Al-Faleh a ajouté que les relations entre l'Arabie saoudite et l'Ouzbékistan avaient atteint de nouveaux sommets avec la contribution d'Acwa Power. (Photo, AN)
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  • Khaled al-Faleh a déclaré que l'Ouzbékistan était un acteur majeur dans l'agriculture, l'immobilier, l'hôtellerie et les ressources humaines
  • L’entreprise saoudienne Acwa Power va signer un accord de 2,4 milliards de dollars avec le gouvernement ouzbek pour un projet éolien de 1 500 MW

DJEDDAH: Des relations directes d'importation et d'exportation entre l'Arabie saoudite et l'Ouzbékistan sont nécessaires, car la plupart des échanges entre les deux pays passent par la Turquie et les Émirats arabes unis (EAU), selon le ministre saoudien de l'Investissement, Khaled al-Faleh.

S’adressant au Conseil des affaires saoudo-ouzbek à Djeddah le 17 août, Al-Faleh a déclaré que l'Ouzbékistan était un acteur majeur dans l'agriculture, l'immobilier, l'hôtellerie et les ressources humaines.

«Nous voulons faire de cette relation l'une des plus importantes pour l'Arabie saoudite. Nous sommes là pour en faciliter la concrétisation», a affirmé Al-Faleh.

Au cours de son discours, le ministre saoudien de l’Investissement a ajouté que les relations entre l'Arabie saoudite et l'Ouzbékistan avaient atteint de nouveaux sommets avec la contribution d'Acwa Power. Cette entreprise signera un accord de 2,4 milliards de dollars (soit 2,35 milliards d’euros) avec le gouvernement ouzbek pour un projet éolien de 1 500 MW.

Il a ajouté que l'Ouzbékistan était un pays plein d'opportunités, et Acwa Power une entreprise à la recherche de nouveaux horizons.

Jamshid Khodjaev, vice-Premier ministre ouzbek et ministre des Investissements et du Commerce extérieur, a déclaré que l'Arabie saoudite était sur la voie de la transformation et que le Royaume était actuellement un pays très dynamique et très développé.

Il a fait l'éloge d'Acwa Power et a affirmé que l'entreprise était l'une des meilleures au monde.

Il a en outre indiqué que l'Ouzbékistan et l'Arabie saoudite étaient des partenaires solides et a précisé que le pays était attaché à bâtir une relation sur le long terme avec le Royaume.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


ACWA Power s'apprête à signer un contrat de 2,4 milliards de dollars pour un projet éolien de 1 500 MW en Ouzbékistan

Ce projet constituera les plus grandes installations éoliennes au niveau de la région. (Photo fournie)
Ce projet constituera les plus grandes installations éoliennes au niveau de la région. (Photo fournie)
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  • La centrale, qui sera implantée au Karakalpakstan (Ouzbékistan), alimentera 1,65 million de foyers et supprimera 2,4 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an
  • La mise en service est prévue pour le premier trimestre de 2026

RIYAD: La société ACWA Power Co. signera aujourd'hui avec le gouvernement ouzbek un accord portant sur la construction d'un projet éolien de 1 500 mégawatts d’une valeur de 2,4 milliards de dollars (1 dollar = 0,98 euro), selon une déclaration à la bourse.

«Ce projet constituera les plus grandes installations éoliennes terrestres au niveau de la région et du monde. Il permettra à l'Ouzbékistan de réaliser 19% de ses objectifs en matière d'énergie renouvelable », a annoncé le géant de l'énergie appartenant au fonds souverain de l'Arabie saoudite (PIF) dans une déclaration à la bourse.

La centrale, qui sera implantée au Karakalpakstan (Ouzbékistan), alimentera 1,65 million de foyers et supprimera 2,4 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an.

C'est vers la fin de l'année 2023 que le volet financier du projet devrait être bouclé. Quant à la mise en service, elle est prévue pour le premier trimestre de 2026.

La durée de l'accord est de vingt-cinq ans. Il sera signé par le ministère ouzbek de l'Énergie, et le ministère de l'Investissement et du Commerce extérieur.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


Crise du gaz: à Berlin, la ruée sur le charbon en prévision de l'hiver

Un ouvrier charge des briquettes de charbon dans le stockage de l'entreprise de produits de chauffage «Hans Engelke Energie» à Berlin, le 10 août 2022. (Photo, AFP)
Un ouvrier charge des briquettes de charbon dans le stockage de l'entreprise de produits de chauffage «Hans Engelke Energie» à Berlin, le 10 août 2022. (Photo, AFP)
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  • La pénurie redoutée de gaz russe dans le sillage de la guerre en Ukraine a provoqué un engouement inattendu des particuliers pour ce mode de chauffage malgré sa nocivité
  • A Berlin, 5 à 6 000 foyers se chauffent encore au charbon, une toute petite fraction des quelque 1,9 million de logements, indique la ville

BERLIN: « Un tel rush en été, tout ce monde qui veut du charbon, on n'avait jamais vu ça », confie Frithjof Engelke, un fournisseur berlinois des pierres noires devenues denrées rares dans la capitale. 

La pénurie redoutée de gaz russe dans le sillage de la guerre en Ukraine a provoqué un engouement inattendu des particuliers pour ce mode de chauffage malgré sa nocivité. 

Conséquence pour cet homme de 46 ans, patron de l'entreprise familiale centenaire Hans Engelke Energie: « les vacances attendront ». 

Il faut prendre les commandes, organiser les livraisons en camion - programmées jusqu'au mois d'octobre - et préparer les produits pour ceux qui viennent directement acheter leurs combustibles dans son entrepôt. 

Par une chaude journée d'août, il pèse et ensache du charbon en vrac dans la poussière et le vacarme de sa machine de remplissage, puis dispose les sacs sur des palettes, en attendant les clients. 

A Berlin, 5 à 6 000 foyers se chauffent encore au charbon, une toute petite fraction des quelque 1,9 million de logements, indique la ville. 

Il s'agit souvent des personnes âgées, parfois entièrement dépendantes de ce combustible et vivant dans des habitations anciennes jamais rénovées, ou des amoureux de la chaleur lourde émanant des vieux poêles. 

Mais cette année, de nouveaux clients sont arrivés »en masse », souligne Frithjof Engelke, dont la petite entreprise s'est aussi diversifiée dans les pellets de bois ou le fuel. 

« Ceux qui se chauffent au gaz, mais qui ont encore un poêle à la maison veulent maintenant tous avoir du charbon », un phénomène, selon lui, généralisé en Allemagne. 

« Mieux que d'avoir froid »  

Jean Blum en fait parti. Ce jour là, cet homme de 55 ans, cheveux et barbe blanche en pagaille, charge des sacs de 25 kg remplis des précieuses pierres noires dans sa remorque. 

« J'achète du charbon pour la première fois depuis de nombreuses années », dit-il. Depuis que son logement est équipé au gaz, il allumait parfois son poêle mais seulement avec du bois. 

Avec l'augmentation du prix du gaz, qui va s'exacerber à partir d'octobre quand les opérateurs pourront répercuter la hausse des prix de l'énergie sur le consommateur, il veut s'assurer un filet de sécurité. 

« Même si c'est mauvais pour la santé, c'est toujours mieux que d'avoir froid », estime-t-il. 

S'il faut débourser 30% de plus qu'auparavant, le charbon reste par ailleurs meilleur marché que le bois, dont les prix ont plus que doublé. 

« Je m'inquiète, je me demande s'il y aura assez de gaz pour tout le monde », ajoute-t-il aussi, alors que Vladimir Poutine a déjà fermé en partie ce robinet dont l'Allemagne est très dépendante. 

« Renaissance »  

Le combustible noir connaît bon gré mal gré un retour en grâce dans le pays. Le gouvernement allemand s'est déjà résolu à un recours accru des centrales pour garantir les besoins énormes en électricité de son industrie. 

Même s'il assure ne pas renoncer à son objectif d'abandonner cette énergie polluante en 2030, et exclut « une renaissance des énergies fossiles, en particulier du charbon », comme l'a récemment déclaré le chancelier Olaf Scholz. 

Avec l'apparition de tous ces nouveaux clients privés, la production a du mal à suivre, et de nombreux petits marchands de charbon de la capitale n'ont plus rien à vendre. 

« Nous produisons à pleine capacité pendant l'été, avec trois équipes, sept jours par semaine », indique pourtant Thoralf Schirmer, porte-parole de l'entreprise LEAG. 

Situé dans le bassin minier de Lusace, à l'est, le site fournit en pierres de charbon des magasins de bricolage ou vendeurs de combustibles. 

La production a bondi de 40% depuis janvier, précise-t-il, mais la demande est forte partout et la situation devrait rester tendue au moins jusque cet hiver. 

D'autant que l'autre usine alimentant le marché en Allemagne, basée dans le bassin rhénan, va cesser sa production à la fin de l'année, réduisant l'offre. 

« Je redoute un peu l'hiver », admet M. Engelke. Actuellement, les gens sont relativement détendus quand ils apprennent qu'ils devront attendre au moins deux mois avant d'être livrés, dit-il. 

« Les choses seront radicalement différentes quand il va commencer à faire froid dehors. »