A La Mecque, les commerçants misent sur le hajj pour se refaire une santé

Short Url
Publié le Mardi 05 juillet 2022

A La Mecque, les commerçants misent sur le hajj pour se refaire une santé

  • «Nous avons eu peu de clients» pendant les deux dernières saisons, mais aujourd'hui, «c'est comme avant, et même mieux», dit M. Mekhlafi
  • Un million de fidèles, dont 850 000 venus de l'étranger, sont attendus cette année pour le grand pèlerinage musulman, alors que les autorités saoudiennes n'en avaient admis que 60 000 en 2021

LA MECQUE : "Les affaires reprennent, grâce à Dieu", se félicite Abdallah Mekhlafi dans son magasin de tapis de prière à La Mecque, ville sainte de l'ouest de l'Arabie saoudite qui accueille son plus grand nombre de pèlerins depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Deux ans de restrictions drastiques ont vidé les magasins et les hôtels de la région, mais en voyant les pèlerins affluer cette semaine pour le hajj, les commerçants espèrent bien se rattraper.

"Nous avons eu peu de clients" pendant les deux dernières saisons, mais aujourd'hui, "c'est comme avant, et même mieux", dit M. Mekhlafi.

Un million de fidèles, dont 850 000 venus de l'étranger, sont attendus cette année pour le grand pèlerinage musulman, alors que les autorités saoudiennes n'en avaient admis que 60 000 en 2021, tous résidant en Arabie saoudite, et à peine un millier l'année précédente.

On reste toutefois loin des 2,5 millions de pèlerins venus en 2019 pour accomplir le hajj qui se déroule pendant cinq jours à La Mecque et dans la région avoisinante.

''
Des fidèles musulmans se rassemblent devant la Kaaba de la Grande Mosquée de La Mecque, la ville sainte d'Arabie saoudite, le 2 juillet 2022. (AFP).

Le pèlerinage annuel à La Mecque est l'un des cinq piliers de l'islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie, s'il en a les moyens.

Une «différence énorme»

Le hajj, qui coûte au moins 4 800 euros, et la "omra" (petit pèlerinage, qui peut être effectué tout au long de l'année), sont une manne pour les compagnies aériennes et les agences de voyage.

Avec des revenus annuels estimés à 10,3 milliards d'euros en temps normal, ils soutiennent les objectifs de diversification du royaume, qui cherche à réduire sa dépendance au pétrole, et font tourner l'économie de La Mecque.

Après un boom de la construction, avec une multiplication des centres commerciaux, appartements et hôtels de luxe, la Mecque a connu un ralentissement depuis le début de la pandémie.

Mais aujourd'hui, le quartier proche de la Grande Mosquée où se situe le principal centre commercial de la ville et de nombreux hôtels, grouille à nouveau de pèlerins passant d'un magasin de souvenirs à l'autre ou partageant leurs repas sous des palmiers.

"Il y a une énorme différence entre cette année et les précédentes. Cette année, nous voyons beaucoup de pèlerins qui redonnent sa gloire à la Grande Mosquée", souligne Amine, un parfumeur de 32 ans.

"Les pertes étaient importantes, mais les choses vont mieux".

40% des niveaux de 2019

Durant la pandémie, la baisse des prix du pétrole a poussé l'Arabie saoudite à adopter des mesures d'austérité, augmentant la taxe sur la valeur ajoutée et réduisant les allocations aux fonctionnaires.

Mais avec la reprise des cours, notamment depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février dernier, la situation a totalement changé.

L'économie saoudienne a connu au premier trimestre son taux de croissance le plus important en dix ans, frôlant les 10%, tirée par l'essor du secteur pétrolier.

"Les pertes au cours des deux dernières années ont été importantes, mais nous commençons à voir une reprise, et le (hajj) cette année est une bonne nouvelle", affirme Salem Ali Shahran, directeur des opérations de la plus grande chaîne d'hôtels de La Mecque.

"Nous sommes à 40% des niveaux de 2019. Nous espérons des chiffres plus importants dans les années à venir.", indique-t-il.

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 7,6% dans le royaume en 2022.

Le prince héritier Mohamed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, cherche depuis 2017 à accélérer la diversification de l'économie saoudienne, en misant notamment sur le tourisme.

L'Arabie saoudite veut accueillir cette année trois fois plus de visiteurs étrangers qu'en 2021, soit 12 millions, a indiqué le ministre du Tourisme Ahmed al-Khatib à l'AFP en juin.

Le royaume vise 100 millions de touristes, étrangers et locaux, à l'horizon 2030, dont 30 millions à La Mecque et à Médine, les deux sites les plus sacrés de l'islam.


Gaza fait le bilan de l'attaque israélienne: 44 morts en trois jours

Une femme palestinienne marche parmi les décombres devant sa maison, dans la ville de Gaza, tôt le 8 août 2022, à la suite du cessez-le-feu entre Israël et les militants palestiniens (Photo, AFP).
Une femme palestinienne marche parmi les décombres devant sa maison, dans la ville de Gaza, tôt le 8 août 2022, à la suite du cessez-le-feu entre Israël et les militants palestiniens (Photo, AFP).
Short Url
  • Au moins 44 Palestiniens, dont quatre femmes et 15 enfants, ont été tués au cours des bombardements qui ont duré trois jours
  • Les violences se sont finalement arrêtées tard dans la journée de dimanche grâce à un cessez-le-feu négocié par l'Égypte

GAZA: Lundi, les habitants de Gaza ont enterré leurs morts, ratissé les décombres de leurs maisons et fait le bilan de la dernière attaque israélienne.

Au moins 44 Palestiniens, dont quatre femmes et 15 enfants, ont été tués au cours des bombardements qui ont duré trois jours, et plus de 350 personnes ont été blessées. Dix-huit maisons ont été complètement détruites, 1 675 ont été endommagées et 71 sont devenues inhabitables.

L'attaque a commencé vendredi lorsqu'Israël a lancé un bombardement aérien et d'artillerie sur les positions du Djihad islamique, le plus grand assaut depuis la guerre de 11 jours menée par Israël contre Gaza l'année dernière.

Les violences se sont finalement arrêtées tard dans la journée de dimanche grâce à un cessez-le-feu négocié par l'Égypte. «Nous avons accueilli la nouvelle du cessez-le-feu avec joie et nous sommes retournés à notre travail», témoigne Hazem Douima, un commerçant de Gaza. «Nous ne voulions pas d'une nouvelle effusion de sang».

Les familles endeuillées ont enterré leurs morts. Une même famille a pleuré le décès de quatre enfants, rejoints par des centaines de personnes à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza.

«Nous remercions Dieu d'être encore en vie. Ces quelques jours ont été difficiles. Il y avait des bombardements partout, c'était effrayant pour les adultes et les enfants. Ce n'est pas la première fois que cela se produit, et je ne pense pas que ce soit la dernière», dit Sobhi el-Wawy, 44 ans, à Arab News.

«Nous voulons vivre comme le reste du monde... Nous ne voulons pas de guerres ni d'escalade, nous voulons la paix.»

«Nous sommes presque de retour à la vie normale, mais la vie de ceux qui ont perdu leurs enfants ou des êtres chers sera beaucoup plus difficile», affirme Rahma al-Borai.

«Nous menons une vie difficile à Gaza. Il y a beaucoup de pauvreté et de souffrance. Malheureusement, on refuse de nous regarder de cet œil... Le monde est injuste.»

«Regardez comment le monde a réagi face à la situation en Ukraine et comment il réagit face à celle en Palestine. Nous sommes sous les bombardements, nous mourons sans raison. Tout ce que nous voulons, c'est la liberté.»

Lundi, après que la trêve fragile a été instaurée, Israël a rouvert le point de passage de Kerem Shalom afin de fournir du carburant à la seule centrale électrique de Gaza qui produit huit heures d'électricité par jour. Le passage d'Erez a également été rouvert aux patients des hôpitaux, à certains diplomates et aux étrangers.

Cependant, les Palestiniens ne peuvent toujours pas traverser la frontière pour aller au travail. Selon Israël, cette décision est conditionnée par une période de calme et une évaluation de la sécurité.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Manifestations en Irak à la suite de coupures de courant

Les manifestants à Bassora ont déclaré qu'ils soutenaient la protestation de Sadr et qu'ils en avaient assez de la corruption gouvernementale (Photo, AFP).
Les manifestants à Bassora ont déclaré qu'ils soutenaient la protestation de Sadr et qu'ils en avaient assez de la corruption gouvernementale (Photo, AFP).
Short Url
  • Les manifestants ont bloqué les routes pour protester contre les coupures de courant qui ont privé de nombreuses personnes d'électricité sous une chaleur de 50°C
  • Selon le gouverneur de Bassora, Asaad al-Eidani, les dernières coupures sont dues à un incendie dans une centrale électrique

DJEDDAH: Lundi, les manifestants de la province de Bassora, dans le sud de l'Irak, ont bloqué les routes pour protester contre les coupures de courant qui ont privé de nombreuses personnes d'électricité sous une chaleur de 50°C.

Ils ont rempli les rues et brûlé des pneus, bloquant ainsi la route principale menant à la capitale provinciale. Entre-temps, les partisans du puissant clerc chiite Moqtada al-Sadr ont poursuivi leur sit-in devant le bâtiment du Parlement irakien pour réclamer des élections anticipées. Les manifestants à Bassora ont déclaré qu'ils soutenaient la protestation de Sadr et qu'ils en avaient assez de la corruption gouvernementale.

«Ce n'est ni la première ni la dernière fois que nous protestons», dit Ali Hussein, 35 ans. «Nous le soutenons et nous voulons qu'il punisse les corrompus.»

Les manifestations ont été déclenchées à la suite de l'effondrement du réseau électrique dans six provinces du sud en raison d'une demande excessive dans un contexte de températures élevées. Selon le gouverneur de Bassora, Asaad al-Eidani, les dernières coupures sont dues à un incendie dans une centrale électrique.

Dans la ville sainte de Najaf, un dépôt d'armes appartenant au réseau de groupes paramilitaires Al-Hachd al-Chaabi, soutenu par l'Iran, a explosé sous l'effet de la chaleur.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Irak: Un rival de Sadr réclame le retour des séances du Parlement

L'ex-Premier ministre irakien Nouri al-Malik (Photo, AFP).
L'ex-Premier ministre irakien Nouri al-Malik (Photo, AFP).
Short Url
  • Le 30 juillet, les partisans de Sadr ont envahi le Parlement qu'ils ont occupé près d'une semaine
  • Les législatives avaient été remportées par le Courant sadriste

BAGDAD: L'ex-Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, grand rival du leader chiite Moqtada Sadr, a affirmé lundi que seul le Parlement pouvait discuter d'élections anticipées et réclamé la reprise des sessions parlementaires.

Le 30 juillet, les partisans de Sadr ont envahi le Parlement qu'ils ont occupé près d'une semaine, avant de transférer leur sit-in dans les jardins de l'institution et tout autour pour protester contre une candidature au poste de Premier ministre présentée par leurs rivaux, l'alliance du Cadre de coordination.

M. Sadr a ensuite réclamé une dissolution du Parlement et des législatives anticipées. Une requête acceptée sous conditions par le Cadre de coordination, qui a réclamé à demi-mot la fin du sit-in dans et autour du Parlement, situé dans la Zone verte, secteur ultrasécurisé de Bagdad.

Cette alliance regroupe des factions chiites pro-Iran influentes, de même que le parti chiite de M. Maliki, ennemi historique de M. Sadr.

Une dissolution du Parlement ne peut être actée que par un vote à la majorité absolue, selon la Constitution. Elle peut être demandée par un tiers des députés, ou par le Premier ministre avec accord du Président de la république.

"Il n'y aura ni dissolution du Parlement possible, ni changement de régime, ni élections anticipées, sans une reprise des sessions parlementaires", a lancé M. Maliki dans une allocution télévisée.

Le Parlement "seul discute de ces demandes, et nous ferons ce qu'il décide, car nous sommes tous garants du régime, et l'Irak n'est servi que par le respect du droit et de la Constitution", a-t-il martelé.

Il s'exprimait à l'occasion de l'Achoura, commémoration religieuse marquant la mort de l'imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet et troisième imam du chiisme, tué en 680 par les troupes du calife omeyyade Yazid en Irak.

Dix mois après les législatives d'octobre 2021, l'Irak attend toujours la désignation d'un nouveau Premier ministre et d'un président de la République, sur fond de querelles politiciennes.

Les législatives avaient été remportées par le Courant sadriste, qui représentait le premier bloc de l'assemblée avec 73 députés dans un Parlement fragmenté où aucun camp n'a réussi à construire une majorité claire parmi les 329 élus.

N'étant pas parvenu à rassembler la majorité pour nommer un Premier ministre, M. Sadr a fait démissionner ses députés en juin, abandonnant à ses adversaires la tâche de former un gouvernement. Mais il a réussi à mobiliser dans la rue pour protester contre le candidat au poste de Premier ministre proposé par ses adversaires.