L'euro au plus bas depuis 2002, l'économie de l'UE inquiète

La Banque centrale européenne (AFP)
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Publié le Mardi 05 juillet 2022

L'euro au plus bas depuis 2002, l'économie de l'UE inquiète

  • L'inflation ne devrait pas se calmer dans l'immédiat, puisque les prix de l'énergie grimpent en raison notamment d'une grève en Norvège qui limite la production d'hydrocarbures
  • A moins de 1,03 dollar pour un euro, la monnaie unique européenne évolue à un niveau plus bas vu depuis fin 2002

LONDRES : L'euro a plongé mardi à son plus bas depuis près de 20 ans face au dollar, s'approchant de la parité, emporté par les tensions sur l'énergie en Europe provoquées par la guerre en Ukraine.

A moins de 1,03 dollar pour un euro, la monnaie unique européenne évolue à un niveau plus bas vu depuis fin 2002, dans ses premiers jours, quand les inconnues étaient encore multiples sur la nouvelle devise.

Désormais, ce sont les risques causés par l'invasion russe de l'Ukraine et l'envolée des prix du gaz qu'elle provoque, qui pèsent sur l'euro.

«Les craintes croissantes d'une récession font baisser l'euro, tandis que le dollar s'envole», a commenté Fiona Cincotta, analyste de City Index. Les cambistes font le pari que la banque centrale américaine (Fed) va continuer à relever ses taux d'intérêt de manière agressive pour maîtriser l'inflation, dit-elle.

Et «les données PMI publiées (ce mardi) en Europe ont mis en évidence le risque de ralentissement de la croissance à la fin du deuxième trimestre», poursuit-elle.

La croissance de l'activité économique en zone euro a fortement ralenti en juin dans le secteur privé, au plus bas depuis 16 mois, selon l'indice PMI composite de S&P Global.

«C'est le signe que les économies commencent à vraiment sentir l'effet de l'inflation élevée», soulignent les analystes de OFX.

Résultat, l'indicateur a fait plonger l'euro plus bas qu'en 2016, quand la crise de la dette européenne puis le vote du Brexit avait fait craindre l'explosion de l'UE.

- Hiver douloureux -

Et l'inflation ne devrait pas se calmer dans l'immédiat, puisque les prix de l'énergie grimpent en raison notamment d'une grève en Norvège qui limite la production d'hydrocarbures.

«Les fortes hausses des prix du gaz et de l'électricité font courir un risque important que l'économie de l'UE entre en récession plus tôt que prévu», affirme Trevor Sikorski, analyste chez Energy Aspects, dans un rapport.

Depuis le début de l'année, le prix du TTF néerlandais, référence du gaz naturel en Europe, a grimpé de près de 150%, atteignant 176,01 euros le mégawattheure mardi.

Avant l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février, il évoluait bien en dessous des 100 euros le mégawattheure.

«Avec des températures plus basses que prévu, il est peu probable que l'Allemagne atteigne son objectif de 90% des réserves qui étaient visées pour assurer un approvisionnement normal cet hiver», note Derek Halpenny, analyste chez MUFG.

La Banque centrale européenne (BCE) a peu de marge de manœuvre pour resserrer sa politique monétaire, puisqu'une hausse des taux risquerait de rendre la dette de certains pays trop lourde à supporter.

Dans ce contexte, toute reprise de l'euro doit être vue «comme un rebond de court terme», prévient Fawad Razaqzada, analyste chez StoneX, qui craint que sans changement majeur sur le front ukrainien ou de la BCE, l'euro ne poursuive sa baisse.

A 10H45 GMT (12H45 à Paris), l'euro se repliait de 1,16% à 1,0299 dollar, après avoir sombré jusqu'à 1,0281 dollar. Depuis le début de l'année, il a perdu 9,4% face au billet vert.


Le prix du lait va continuer d'augmenter à cause de la sécheresse

Lorsque dans les prairies, l'herbe n'est plus verte, trois options se présentent aux éleveurs: puiser dans leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver, acheter de l'alimentation animale, ou vendre une partie du cheptel pour réduire leurs charges. (AFP).
Lorsque dans les prairies, l'herbe n'est plus verte, trois options se présentent aux éleveurs: puiser dans leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver, acheter de l'alimentation animale, ou vendre une partie du cheptel pour réduire leurs charges. (AFP).
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  • En un an, une succession de chocs a nourri l'inflation sur les produits alimentaires, entre la rapide reprise post-Covid et la guerre en Ukraine
  • Pour les produits laitiers, le prix des yaourts a augmenté de 4,5% entre juin 2021 et juin 2022, le lait demi-écrémé en brique ou en bouteille de 4,5%, le beurre de 9,8% et le fromage de 5,2%

PARIS : Déjà à un niveau très élevé, le prix du lait va encore augmenter à cause de la sécheresse historique en cours en France, car les éleveurs n'ont plus assez d'herbe pour nourrir leurs vaches, avec des conséquences en cascade sur l'ensemble des produits laitiers.

"Les augmentations de prix, qui existent depuis plusieurs mois, vont perdurer sur les produits laitiers", dit Benoît Rouyer, directeur économique du Centre National Interprofessionnel de l’Économie Laitière (Cniel).

En un an, une succession de chocs a nourri l'inflation sur les produits alimentaires, entre la rapide reprise post-Covid et la guerre en Ukraine. Pour les produits laitiers, le prix des yaourts a augmenté de 4,5% entre juin 2021 et juin 2022, le lait demi-écrémé en brique ou en bouteille de 4,5%, le beurre de 9,8% et le fromage de 5,2%.

"Mauvaise nouvelle pour le consommateur, on ne voit pas l'inflation baisser sur les produits laitiers dans les semaines à venir", poursuit l'économiste.

Le réchauffement climatique a lui aussi eu un impact très concret.

Il y a d'abord eu un mois de mai anormalement chaud et sec, puis trois épisodes de canicule en juin, en juillet et début août. La sécheresse est "la plus marquée des 70 dernières années", relève Christian Huyghe, directeur scientifique Agriculture de l'Inrae.

Résultat, la production d'herbe a baissé de 21% au 20 juillet par rapport à la normale, à une période où les vaches laitière se nourrissent en grande partie au pâturage, selon les données d'Agreste, le service statistique du ministère de l'Agriculture.

Lorsque dans les prairies, l'herbe n'est plus verte, trois options se présentent aux éleveurs: puiser dans leurs stocks de fourrage prévus pour l'hiver, acheter de l'alimentation animale, ou vendre une partie du cheptel pour réduire leurs charges.

Les prix des aliments pour les vaches laitières ayant augmenté de 25,9% en mai par rapport à mai 2021 selon Agreste, de nombreux éleveurs s'accordent à dire que le plus rentable reste de se séparer d'une partie de ses animaux.

Un euro la brique?

Il y aura encore du lait dans les rayons, mais un "manque de lait" pourra se faire sentir, estime Benoît Rouyer.

"Globalement, un manque de lait va induire une diminution des possibilités de produire du beurre, de la crème, des briques de lait, des fromages... Et quand vous avez un manque de produit, qu'importe la filière, il y a un impact sur le prix", explique-t-il.

Avec une subtilité: dans le système agroalimentaire actuel, des négociations commerciales sur les prix alimentaires ont lieu une fois par an et les prix auxquels les distributeurs (hyper et supermarchés...) achètent le lait aux producteurs ne montent pas automatiquement au rythme des hausses des coûts de production subies par les éleveurs.

Les négociations ont été rouvertes au printemps, et la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) demande que le litre de lait vendu dans les rayons de supermarchés approche l'euro d'ici la rentrée "contre 78 centimes en hard-discount", selon les observations que leur réseau a menées cet été.

En 2021, les prix du lait de vache payés aux producteurs s’élevaient à environ 390 euros les 1.000 litres en moyenne, en hausse de 4,3% par rapport à 2020. Si le prix est monté à 427 euros en mai 2022, les syndicats clament que ce nouveau prix ne couvre toujours par leurs coûts de production et demandent de nouvelles hausse.

En comparaison, "en Allemagne, la tonne de lait coûte 480 euros, en Belgique c'est environ 500 euros et aux Pays-Bas on monte à 540 euros les mille litres", explique Thierry Roquefeuil, président de la FNPL.

Si la France n'atteint pas les niveaux de ses voisins européens sur le prix du lait, la fédération menace de passer à "un syndicalisme de destruction" à la rentrée, prévient-il.


Algérie: Relever le défi de la production céréalière et de la sécurité alimentaire

Considéré comme l’une des priorités du gouvernement, le secteur agricole fait l’objet de nombreuses mesures incitatives qui permettraient de dynamiser les productions essentielles, dont les céréales, les grandes cultures, la production animale et les fourrages. (AFP).
Considéré comme l’une des priorités du gouvernement, le secteur agricole fait l’objet de nombreuses mesures incitatives qui permettraient de dynamiser les productions essentielles, dont les céréales, les grandes cultures, la production animale et les fourrages. (AFP).
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  • Considéré comme l’une des priorités du gouvernement algérien, le secteur agricole fait l’objet de nombreuses mesures incitatives
  • Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire de façon progressive, l’Algérie doit augmenter ses investissements dans le secteur agricole

PARIS: L’Algérie s’apprête-t-elle à produire plus de céréales? En raison des fluctuations des prix du blé à l’échelle mondiale, le pays, grand importateur de blé, souhaite assurer sa sécurité alimentaire. Lors du Conseil des ministres du 17 juillet 2022, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a demandé au gouvernement d’intensifier les efforts pour garantir la sécurité alimentaire en produisant plus de céréales. Le chef de l’État a ordonné un nouveau plan pour la réorganisation du secteur, l’expansion des terres agricoles et la levée des obstacles pour la production de fourrage à travers l’utilisation de moyens techniques modernes.

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Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire de façon progressive, l’Algérie doit intensifier les investissements dans le secteur agricole. (Photo fournie)

Considéré comme l’une des priorités du gouvernement, le secteur agricole fait l’objet de nombreuses mesures incitatives qui permettraient de dynamiser les productions essentielles, dont les céréales, les grandes cultures, la production animale et les fourrages. «Il s’agit là d’un défi devant être relevé, quels que soient les difficultés et les obstacles, car le potentiel et les capacités matérielles et naturelles de l’Algérie la qualifient pour atteindre cet objectif stratégique», indique le communiqué de la présidence de la république.

Pour Akli Moussouni, expert agronome, ce plan nécessite une refonte globale de cette filière et il permettra aux acteurs du secteur d’exploiter de façon rationnelle les potentialités en matière de ressources en eau et en terrain agricoles. «Il est impératif de mettre en place des mécanismes exigés par la sécurité alimentaire, dont la planification, la disponibilité des produits et un marché normalisé qui puisse assurer une traçabilité du produit présenté au consommateur», souligne-t-il.

Réorganisation des subventions des agriculteurs

Khaled ben Mohamed, directeur général du Bureau national d’études pour le développement rural (Bneder), un organisme sous tutelle du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, indique que de nouvelles mesures sont en cours de préparation parmi lesquelles la reconsidération des paramètres définissant les subventions agricoles. Concernant la filière céréalière, le directeur du Bneder souligne qu’il existe des inégalités en matière de production selon les régions. Pour y remédier, le gouvernement compte prendre des mesures pour réorienter les subventions vers les zones plus productives. L’objectif de cette mesure est d’encourager les céréaliculteurs d’accroître leur production et d’accompagner les producteurs des zones les moins productives afin de se convertir vers d’autres cultures comme les fourrages.

Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire de façon progressive, l’Algérie doit intensifier les investissements dans le secteur agricole, l’accompagnement des agriculteurs et l’introduction des nouvelles techniques en matière de production agricole. Pour Mounib Oubiri, président de l’Union nationale des ingénieurs agronomes, cet objectif nécessite une meilleure disponibilité en ressources en eau et l’implication du capital humain, techniciens et ingénieurs agronomes, bureaux d’études et instituts spécialisés, dans le développement de cette filière stratégique.

«Les besoins céréaliers de l’Algérie dépassent 7 millions de tonnes, et ils pourraient atteindre 10 millions de tonnes, tandis que la production nationale est égale à 4 millions de tonnes», explique M. Oubiri, précisant que pour répondre aux besoins nationaux, il faudra étendre la zone d’exploitation des terres destinées à la culture céréalière, en passant de 2 millions d’hectares actuellement, à 5 millions d’hectares.

Pour parvenir à l’autosuffisance en matière de production céréalière, Mounib Oubiri plaide pour la facilitation de l’accès au foncier, aux crédits et aux énergies renouvelables comme le solaire ainsi qu’aux semences et aux machines modernes de récolte et l’augmentation des zones de stockage. Selon les experts, avec ses vastes superficies agricoles, l’Algérie devrait atteindre son objectif d’autosuffisance alimentaire, mais cela ne sera pas possible sans recours aux nouvelles techniques de production agricole et la mise en place d’une stratégie basée sur la qualité et la quantité des produits agricoles.

Pour l’année 2022, un plan de collecte des céréales a été établi avec des prix du blé et de l’orge revus à la hausse pour inciter les agriculteurs à produire plus pour vendre leurs récoltes à l’État.

La loi de finances complémentaire (LFC 2022), dans son article 30, impose aux céréaliers de vendre leurs récoltes à l’Office algérien des céréales (OAIC), l’organisme public chargé de l’importation des céréales dans le pays.

«Tout agriculteur pratiquant la céréaliculture bénéficiant du soutien de l’État, tant en amont qu’en aval, et quelle qu’en soit sa forme ou sa nature, est tenu par l’obligation de céder sa production des blés et orges à l’Office algérien interprofessionnel des céréales», stipule l’article de la loi de finances 2022.


Pfizer annonce le rachat de Global Blood Therapeutics pour 5,4 md USD

Pfizer Inc. cherche à capitaliser sur une augmentation des revenus de son vaccin et de son traitement COVID-19 (Photo, ADP).
Pfizer Inc. cherche à capitaliser sur une augmentation des revenus de son vaccin et de son traitement COVID-19 (Photo, ADP).
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  • Les conseils d'administration des deux entreprises ont approuvé la transaction à l'unanimité
  • Pfizer précise que l'acquisition sera financée avec ses liquidités existantes

NEW YORK: Le groupe pharmaceutique américain Pfizer a annoncé lundi le rachat pour environ 5,4 milliards de dollars de Global Blood Therapeutics (GBT), fabricant d'un médicament récemment approuvé contre une maladie génétique, la drépanocytose.

Pfizer précise que l'acquisition sera financée avec ses liquidités existantes, en rachetant l'ensemble des actions GBT, au prix de 68,50 dollars par action, précise le groupe dans un communiqué.

Les conseils d'administration des deux entreprises ont approuvé la transaction à l'unanimité, qui doit désormais obtenir les autorisations des autorités de régulation et des actionnaires de GBT.

Le traitement contre la drépanocytose de Global Blood Therapeutics est appelé Oxbryta. Il est, aux États-Unis, autorisé pour les plus de 12 ans depuis 2019 et depuis décembre dernier pour les enfants de 4 à 11 ans. Il est également autorisé au sein de l'Union européenne, aux Émirats arabes unis, à Oman et en Grande-Bretagne.

Le médicament a permis au laboratoire de générer un chiffre d'affaires de 55 millions de dollars au premier trimestre (+41%), mais une perte nette de 81,4 millions de dollars.

"En s'appuyant sur sa plateforme mondiale, Pfizer prévoit d'accélérer la distribution du traitement innovant de GBT dans les régions du monde les plus touchées par la drépanocytose", précise Pfizer.

Global Blood Therapeutics doit publier lundi ses résultats financiers du deuxième trimestre, mais, en raison de l'acquisition, ne tiendra pas la conférence téléphonique qui était prévue.

L'action Pfizer grappillait 0,04% lundi dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la Bourse de New York, à 49,29 dollars. Celle de GBT, qui avait bondi de 33,03% vendredi à la clôture, prenait de nouveau 4,51% lundi matin, à 66,72 dollars.