Espagne: passe d'armes au sein du gouvernement autour des dépenses militaires

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s'adresse aux représentants des médias lors d'une conférence de presse au sommet de l'OTAN au centre des congrès Ifema à Madrid, le 30 juin 2022 (Photo, AFP).
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s'adresse aux représentants des médias lors d'une conférence de presse au sommet de l'OTAN au centre des congrès Ifema à Madrid, le 30 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 05 juillet 2022

Espagne: passe d'armes au sein du gouvernement autour des dépenses militaires

  • Hôte la semaine dernière du sommet de l'Alliance atlantique, l'Espagne s'est engagée, comme les autres membres de l'organisation, à porter son budget de la défense à 2% du PIB
  • Le gouvernement minoritaire de Pedro Sanchez a débloqué mardi une enveloppe de 999,7 millions d'euros pour faire face «à toutes les dépenses extraordinaires» liées à la guerre en Ukraine

MADRID: Le déblocage mardi de près d'un milliard d'euros pour l'armée provoquait des tensions au sein du gouvernement espagnol entre les socialistes et leurs partenaires de gauche radicale, opposés à la hausse du budget de la défense promise par le Premier ministre à l'Otan.

Hôte la semaine dernière du sommet de l'Alliance atlantique, l'Espagne s'est engagée, comme les autres membres de l'organisation, à porter son budget de la défense à 2% du PIB.

Sans attendre la négociation tendue autour du prochain budget avec ses multiples alliés au Parlement, le gouvernement minoritaire de Pedro Sanchez a débloqué mardi une enveloppe de 999,7 millions d'euros pour faire face "à toutes les dépenses extraordinaires" liées à la guerre en Ukraine, a déclaré la porte-parole du gouvernement, Isabel Rodriguez.

Cette enveloppe entre dans le cadre de l'"engagement" de M. Sanchez pris devant l'Otan, a-t-elle également souligné.

Selon le dernier rapport annuel de l'Otan, l'Espagne, qui investit 1,03% de son PIB dans la défense, est l'avant-dernier pays de l'Alliance atlantique en matière de dépenses militaires, devant le Luxembourg.

Partenaire des socialistes au sein du gouvernement, la formation de gauche radicale Podemos - qui est, depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, très critique à l'égard de l'envoi d'armes à Kiev - a affiché son opposition frontale à l'attribution de ces fonds à l'armée et plus largement, à une augmentation du budget de la défense.

Sa cheffe de file au sein du gouvernement, la ministre du Travail Yolanda Diaz, a annoncé mardi avoir demandé la "convocation urgente" de la commission de suivi de la coalition au pouvoir, chargée de vérifier si les engagements pris lors de sa constitution en janvier 2020 sont bien respectés.

Podemos assure avoir appris le déblocage de ces fonds pour l'armée dans la presse, ce que les socialistes démentent.

"Dépenser l'argent en armes pour répondre à l'exigence d'une puissance étrangère (les Etats-Unis, ndlr) au lieu de l'investir dans une meilleure santé publique, une meilleure éducation et dans la protection sociale ne correspondent pas au budget dont notre pays a besoin", avait lancé lundi la secrétaire générale de Podemos, Ione Belarra.

Dans un entretien au quotidien local El Diario Montañés, le ministre socialiste des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a répondu mardi à Podemos en expliquant "ne pas concevoir qu'une force politique soit opposée au fait de garantir la sécurité et la protection des Espagnols alors que les menaces pour notre sécurité ont augmenté comme jamais depuis des décennies".


Malgré les menaces de Téhéran, les discussions continuent "à un rythme rapide" selon Trump

Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
Des personnes scandent lors d’un rassemblement à Téhéran lundi soir, alors que les progrès vers un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran s’essoufflaient. (West Asia News Agency via Reuters)
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  • Les pourparlers États-Unis–Iran sont fragiles, entre annonces d’accords et suspension du dialogue.
  • Malgré les discussions, les frappes et menaces d’escalade régionale se poursuivent, alimentant l’instabilité

TEHERAN: Donald Trump a assuré lundi que les négociations avec Téhéran pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient se poursuivaient "à un rythme rapide" et qu'une détente se profilait au Liban, comme exigé par la partie iranienne.

Un peu plus tôt, l'agence de presse iranienne Tasnim avait affirmé que les négociateurs du pays avaient "suspendu" le dialogue indirect avec Washington à cause des "crimes" qu'Israël "continue à commettre", sans que cette information ne soit confirmée de source officielle iranienne.

"Les Etats-Unis sont directement responsables d'une violation du cessez-le-feu contre l'Iran, et d'une violation du cessez-le-feu par le régime israélien contre le Liban", a estimé le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont estimé que "les lignes rouges franchies" à Gaza et au Liban équivalaient "à une guerre directe", en référence aux frappes quasi quotidiennes d'Israël dans le territoire palestinien et à son offensive dans le pays voisin.

"En réponse", l'Iran "est déterminé à mener des opérations défensives" et à "ouvrir de nouveaux fronts", ont averti les Gardiens.

Mais Donald Trump a annoncé avoir obtenu auprès du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, l'engagement de ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et auprès du Hezbollah pro-iranien celui de "cesser totalement le feu".

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a-t-il écrit.

Peu après, l'ambassade du Liban aux Etats-Unis a confirmé que le Hezbollah avait accepté une proposition américaine de "cessation mutuelle des attaques" avec Israël.

- Le pétrole fébrile -

Les négociations indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran, pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque conjointe israélo-américaine, patinent depuis des semaines.

D'autant que Téhéran a redit lundi que le nucléaire iranien ne faisait pas partie "à ce stade" des discussions, contrairement aux attentes de Donald Trump, qui a affirmé dimanche soir qu'un protocole d'accord devrait stipuler "très clairement que l'Iran n'aura(it) pas d'arme nucléaire".

Autre dossier clé des discussions, la navigation maritime. Selon Tasnim, l'Iran compte continuer à verrouiller le détroit d'Ormuz, et envisage de perturber le trafic dans celui de Bab el-Mandeb, de l'autre côté de la péninsule arabique - ce qui bloquerait l'accès au canal de Suez via la mer Rouge et contraindrait les navires à d'énormes détours.

Un navire a été touché par un projectile dans le Golfe qui a déclenché une forte explosion, a indiqué sans plus de détails l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Dans ce contexte, le cours du Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole brut, est brutalement reparti à la hausse (jusqu'à environ +7%) avant de ralentir quelque peu et de terminer la séance en hausse de 4,24% à 94,98 dollars.

- Washington défend des frappes "défensives" -

L'Iran avait plus tôt dans la journée accusé les Etats-Unis de violer à nouveau le fragile cessez-le-feu conclu le 8 avril, après des frappes américaines ce week-end suivies de représailles militaires iraniennes.

L'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Les Gardiens iraniens avaient dit avoir riposté en attaquant une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire, sans nommer le pays visé - mais le Koweït a intercepté des missiles et drones "hostiles" et les a attribués à l'Iran.

La guerre a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranle l'économie mondiale.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".