Le policier qui a tué George Floyd condamné à 21 ans de prison par la justice fédérale

Un manifestant de Black Lives Matter à l'occasion de l'anniversaire de la mort de George Floyd (Photo, AFP).
Un manifestant de Black Lives Matter à l'occasion de l'anniversaire de la mort de George Floyd (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 08 juillet 2022

Le policier qui a tué George Floyd condamné à 21 ans de prison par la justice fédérale

  • Derek Chauvin a été condamné jeudi à 21 ans de prison par la justice fédérale des Etats-Unis pour avoir asphyxié George Floyd
  • Le 25 mai 2020, cet agent chevronné de la police de Minneapolis était resté agenouillé sur le cou de l'Afro-Américain pendant près de dix minutes

SAINT PAUL: Le policier blanc   a été condamné jeudi à 21 ans de prison par la justice fédérale des Etats-Unis pour avoir asphyxié l'Afro-Américain George Floyd avec son genou.

L'ancien agent de 46 ans avait déjà été condamné pour meurtre à 22 ans et demi de réclusion par la justice de l'Etat du Minnesota, mais il a fait appel de la sentence.

La peine fédérale pour "violation des droits civiques" du quadragénaire noir, est, quant à elle, définitive puisqu'elle découle d'un accord de plaider-coupable.

Elle peut être purgée en même temps que l'autre sentence, a précisé le juge Paul Magnuson du tribunal de Saint-Paul, en lui donnant crédit des sept mois déjà passés en détention.

"Je ne sais pas pourquoi vous avez fait ça, mais placer son genou sur le cou de quelqu'un jusqu'à ce qu'il meure est mal. Et pour ça, vous devez être sévèrement puni", lui a expliqué le magistrat.

Lors d'une courte intervention, Derek Chauvin a souhaité aux enfants de George Floyd de "réussir dans la vie", sans s'excuser ni exprimer le moindre remord.

Sa mère Carolyn Pawlenty a assuré qu'il n'était pas un raciste sans cœur, avant d'ajouter "toutes les vies comptent, quelle que soit leur couleur de peau", détournant le slogan Black Lives Matter (les vies noires comptent).

Appelé à la barre, le frère du défunt, Philonise Floyd, a lui réclamé "la peine maximale" contre Derek Chauvin, disant ne plus dormir depuis le drame.

Manifestations monstres

Le 25 mai 2020, cet agent chevronné de la police de Minneapolis était resté agenouillé sur le cou de l'Afro-Américain pendant près de dix minutes, indifférent aux interventions de passants affolés et aux râles de George Floyd.

La scène, filmée et mise en ligne, avait déclenché d'immenses manifestations contre le racisme et les violences policières dans tous les Etats-Unis et au-delà.

Lors d'un procès très suivi devant la justice de l'Etat du Minnesota, au printemps 2021, son avocat avait plaidé que George Floyd était mort d'une overdose, combinée à des problèmes de santé, et avait assuré que Derek Chauvin avait fait un usage justifié de la force.

Il n'avait pas convaincu les jurés et l'ancien policier avait été déclaré coupable de meurtre et condamné à 22 ans et demi de prison. Il a fait appel de ce verdict.

En parallèle, la justice fédérale avait ouvert ses propres poursuites en l'inculpant, ainsi que ses trois anciens collègues, pour "violation des droits constitutionnels" de George Floyd, plus particulièrement "du droit à ne pas être victime d'un usage déraisonnable de la force par un policier".

Ces "doubles" poursuites sont autorisées aux Etats-Unis mais relativement rares, et reflètent l'importance de ce dossier qui a rouvert un débat enflammé sur le passé raciste des Etats-Unis.

Adolescente

Dans le dossier fédéral, il avait d'abord plaidé non coupable, avant de changer de stratégie en décembre 2021, admettant pour la première fois une part de responsabilité.

Dans sa reconnaissance de culpabilité, il avait admis avoir abusé de la force, "en sachant que c'était mal", et "sans justification légale".

Il avait également reconnu des torts dans des violences infligées à un adolescent noir de 14 ans en 2017, qu'il avait maintenu au sol sous son genou pendant un quart d'heure.

"J'espère qu'il va utiliser le temps devant lui pour penser à ce qu'il aurait pu faire autrement", a commenté le jeune homme, John Pope, lors de l'audience jeudi.

En échange de sa reconnaissance de tort, il avait été convenu que Derek Chauvin purge sa sentence dans une prison fédérale plutôt que dans la prison de haute sécurité de l'Etat, où il est actuellement détenu à l'isolement pour le protéger des autres prisonniers.

Les trois autres agents, restés passifs pendant le calvaire de George Floyd, ont été reconnus coupable en février devant la justice fédérale, mais leur peine n'a pas encore été prononcée.

La justice de l'Etat les a également inculpés pour complicité de meurtre. L'un d'eux, Thomas Lane a plaidé coupable et sera fixé sur sa peine le 21 septembre. Le procès des deux autres, Tou Thao et Alexander Kueng, doit s'ouvrir le 24 octobre.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.