Ukraine: Au moins 15 morts dans une frappe sur un immeuble dans l'Est

Des décombres laissées par une frappe qui a touché un immeuble d'habitation à Tchassiv Iar, provoquant la mort d'au moins 15 personnes, selon les autorités ukrainiennes. (Photo, AFP)
Des décombres laissées par une frappe qui a touché un immeuble d'habitation à Tchassiv Iar, provoquant la mort d'au moins 15 personnes, selon les autorités ukrainiennes. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Ukraine: Au moins 15 morts dans une frappe sur un immeuble dans l'Est

Des décombres laissées par une frappe qui a touché un immeuble d'habitation à Tchassiv Iar, provoquant la mort d'au moins 15 personnes, selon les autorités ukrainiennes. (Photo, AFP)
  • Selon les secours, 24 personnes se trouvent encore sous les décombres, dont un enfant, tandis que cinq autres ont été sauvées de sous les gravas
  • L'armée russe, qui a annoncé début juillet avoir pris le contrôle de la région de Lougansk, vise maintenant celle de Donetsk pour occuper l'ensemble du bassin minier du Donbass

TCHASSIV IAR: Les secouristes ukrainiens poursuivaient lundi la recherche des survivants dans les décombres d'un immeuble d'habitation éventré par une frappe russe qui a fait au moins 15 morts dans l'est de l'Ukraine, où les forces russes tentent de consolider leur emprise.

La frappe s'est produite dans la nuit à Tchassiv Iar, une ville de quelque 12.000 habitants dans la région du Donetsk, que les troupes russes cherchent à conquérir.

Des journalistes de l'AFP ont vu des dizaines de sauveteurs s'affairer dans les décombres du bâtiment partiellement détruit, aidés par une pelleteuse mécanique.

"Pendant les opérations de secours, 15 corps ont été découverts sur place et cinq personnes ont pu être extraites des décombres", ont indiqué sur Facebook les services de secours locaux, précisant avoir établi un contact avec trois personnes coincées sous les ruines.

"Au moins 30 personnes sont sous les gravats", a pour sa part dit sur Telegram le gouverneur du Donetsk, Pavlo Kyrylenko. L'immeuble de quatre étages a été touché par un missile russe Ouragan, a-t-il précisé.

"J'étais dans la chambre à coucher, je suis sortie et tout a commencé à trembler, à s'effondrer. Ce qui m'a sauvée, c'est l'onde de l'explosion qui m'a propulsée, en sang, dans les toilettes", a témoigné une habitante interrogée par l'AFP, refusant de donner son nom.

Selon M. Kyrylenko, au moins 591 civils ont été tués et 1.548 autres blessés à ce jour dans la région de Donetsk depuis le début de l'invasion russe le 24 février. Vendredi, il avait déclaré que Moscou préparait "de nouvelles actions" dans l'Est.

Dans son discours de dimanche soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a condamné "tous ceux qui ordonnent de telles frappes, tous ceux qui les exécutent en visant nos villes ordinaires, nos zones résidentielles, tuent de manière absolument délibérée", et a promis de les traduire en justice.

L'armée russe, qui a annoncé début juillet avoir pris le contrôle de la région de Lougansk, vise maintenant celle de Donetsk pour occuper l'ensemble du bassin minier du Donbass.

Préparatifs d'offensive

Celui-ci est partiellement contrôlé depuis 2014 par des séparatistes soutenus par Moscou après l'annexion russe de la péninsule ukrainienne de Crimée.

Dans le Donetsk, "il existe des signes que les unités ennemies se préparent à intensifier les opérations de combat en direction de Kramatorsk et de Bakhmut", a indiqué l'état-major ukrainien dans son point de situation de lundi matin.

L'armée ukrainienne a fait état de nombreux bombardements dans tout l'est de l'Ukraine, mais d'une pause dans les attaques terrestres russes.

"L'ennemi dans notre zone opérationnelle reste derrière les lignes de défense, n'avance pas par voie terrestre, n'a pas les possibilités et les capacités de créer de nouveaux groupes de frappe", a déclaré le Commandement opérationnel Sud, tôt lundi.

A Kharkiv (nord-est), deuxième ville du pays, le gouverneur Oleg Synegoubov a fait état sur Telegram de nouveaux tirs de missiles qui ont touché un "établissement d'enseignement" et une maison, faisant un blessé.

"L'armée ukrainienne tient bon, repoussant les attaques dans diverses directions", a déclaré le président Zelensky. "Mais, bien sûr, il reste encore beaucoup à faire pour que les pertes russes provoquent réellement une telle pause".

Les forces ukrainiennes ont frappé une base russe dans la région méridionale occupée de Kherson, a par ailleurs indiqué l'état-major ukrainien, sans donner plus de détails.

De son côté, le ministère russe de la Défense a accusé samedi dans un communiqué les Ukrainiens d'installer des hommes et des armements dans des écoles et bâtiments civils dans plusieurs localités du territoire de Donetsk et de Kharkiv.

Incendies dans les champs

Plusieurs responsables ukrainiens ont également accusé les forces russes de provoquer avec leurs tirs des incendies dans les champs pour détruire les récoltes.

Dans le même temps, les autorités installées par la Russie à Kharkiv ont indiqué que "la campagne de récolte (de blé, ndlr) avait commencé dans les territoires libérés de la région", selon l'agence russe Ria Novosti.

L'Ukraine accuse depuis des semaines la Russie de voler ses récoltes de blé dans les régions occupées pour le revendre illégalement sur le marché international.

Dimanche, le secrétaire d'État américain Antony Blinken avait affirmé que les restrictions imposées par la Russie aux exportations de céréales ukrainiennes pourraient avoir contribué aux troubles au Sri Lanka, déclenchés par de graves pénuries de nourriture et de carburant.

"Nous voyons l'impact de cette agression russe se manifester partout", a déclaré M. Blinken aux journalistes à Bangkok. Il a de nouveau appelé la Russie à laisser sortir de l'Ukraine quelque 20 millions de tonnes de céréales.

Lundi, le géant russe Gazprom entame dans la matinée des travaux de maintenance des deux gazoducs Nord Stream 1, qui acheminent une grande quantité de son gaz livré encore à l'Allemagne ainsi qu'à plusieurs autres pays de l'Ouest de l'Europe.

Cet arrêt pour dix jours des deux tuyaux, annoncé de longue date, ne devait en théorie n'être qu'une formalité technique. Mais dans le contexte de la guerre en Ukraine et du bras de fer entre Moscou et les Occidentaux sur l'énergie, nul ne peut parier sur la suite.

"Poutine va nous fermer le robinet de gaz... mais le rouvrira-t-il un jour?", s'inquiétait dimanche le quotidien le plus lu d'Allemagne, Bild.

Moscou continue parallèlement à s'attaquer à l'information indépendante. A la demande du parquet, le site du journal allemand Die Welt a été bloqué en Russie, s'ajoutant à la liste croissante de sites bannis par le gendarme des médias Roskomnadzor, ont indiqué dimanche les agences russes. Depuis le début de l'offensive russe en Ukraine , le journal allemand s'était mis à publier des contenus en russe.


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.