Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

  • Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam
  • Parmi les pèlerins venus de l'étranger, près de deux cent soixante mille sont originaires d'Indonésie, du Bangladesh, de Malaisie et du Pakistan

DACCA/ISLAMABAD/JAKARTA/KUALA LUMPUR: Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam. Un grand nombre d’entre eux bénéficient de l'initiative de la Route de La Mecque, destinée à faciliter leurs déplacements et à leur garantir une expérience unique après ces deux années éprouvantes marquées par la pandémie.

L'un des cinq grands piliers de l'islam, le Hajj, a seulement été réservé à mille Saoudiens en 2020 compte tenu des inquiétudes suscitées par le coronavirus. En 2021, le Royaume a restreint le nombre de pèlerins à soixante mille participants saoudiens; ils étaient 2, 5 millions avant le début de la pandémie.

Voilà que l'Arabie saoudite accueille cette année près de neuf cent mille pèlerins locaux et étrangers, après avoir levé la plupart des restrictions liées à la Covid-19. Parmi les étrangers, près d'un tiers viennent du Bangladesh, d'Indonésie, de Malaisie et du Pakistan.

Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)
Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)

Ces pays asiatiques à majorité musulmane, auxquels s'ajoute le Maroc, sont les cinq pays concernés par l'initiative de la Route de La Mecque initiée par l'Arabie saoudite en 2019. Elle permet à leurs ressortissants de remplir les exigences du Hajj de leur point de départ et leur évite de patienter de longues heures avant d'arriver dans le Royaume.

L'Arabie saoudite a affecté des agents d'immigration dans les principaux aéroports de ces pays. Leur mission est de faciliter le voyage des pèlerins. Des milliers d’entre eux arrivent en robe blanche pour entamer ce périple qui durera des heures. Ils viennent des quatre coins du monde.

Dans la capitale du Bangladesh, des dizaines d'agents saoudiens travaillent jour et nuit à l'aéroport international Shah-Jalal. Ils s'emploient à faciliter le départ des voyageurs bangladais ainsi que les formalités administratives qui les attendent.

Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )
Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )

«Cette nouvelle initiative a ouvert de nouveaux horizons», explique à Arab News Saiful Islam, directeur du bureau du Hajj à Dacca. «Nous sommes très reconnaissants à l’égard des autorités saoudiennes.»

Cette initiative concerne les visas, les formalités de douane et de passeport ainsi que les exigences relatives à la santé. Elle couvre également le transport jusqu'à La Mecque et Médine et prend en charge le transport des bagages et l'hébergement.

Mohammed Mozammel Houk part de Dacca; les formalités qui précèdent l'immigration se sont déroulées «sans encombre», confie-t-il.

«La gestion des démarches associées au Hajj nous réjouit», affirme-t-il.

Depuis qu'il a vu son père partir pour le Hajj, voilà quelques dizaines d'années, M. Houk rêve d'accomplir ce pèlerinage. La pandémie avait contrarié son projet en 2020 et il savait qu’il lui était possible, cette fois, de réaliser son rêve.

«Je me réjouis d’avoir la chance d’accomplir le Hajj en Arabie saoudite cette année», explique-t-il à Arab News alors qu'il vient d'achever avec sa femme les formalités requises par l'initiative de la Route de La Mecque. «C'est un rêve qui se réalise.»

Le processus s'est déroulé de manière très rapide pour la famille de Rokhaya Khatoun Lata, une femme au foyer qui voyage en compagnie de quatre membres de sa famille.

Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)
Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)

«Cela m'a pris moins de trente minutes pour compléter les formalités d'immigration», raconte-t-elle à Arab News. «Je n'ai pas encore entamé le voyage et je me sens déjà très heureuse.»

Mohammed Mozammel Houk, Rokhaya Khatoun Lata et leurs deux familles font partie des soixante mille Bangladais venus effectuer le pèlerinage cette année.

Un plus grand nombre de pèlerins venus du Pakistan, autre pays d'Asie du Sud à majorité musulmane, s'apprêtent à accomplir les rituels du Hajj. Ils seront quatre-vingt-trois mille trois cents à tourner autour de la Kaaba, le site le plus sacré de l'islam, situé au centre de la Grande Mosquée.

EN CHIFFRES

Nombre de pèlerins étrangers qui ont obtenu un visa électronique pour le Hajj :

- 102 178 en Indonésie

-  83 433 au Pakistan

-  80 772 en Inde

-  60 354 au Bangladesh

-  45 201 au Nigeria

-  45 086 en Turquie

-  39 635 en Iran

-  22 189 en Égypte

-  18 970 en Algérie

Source: ministère saoudien des Affaires étrangères (Mofa)

Les pèlerins en provenance de la capitale du Pakistan ont été accueillis dans un salon spécialement conçu pour la Route de La Mecque à l'aéroport international d'Islamabad.

«Les dispositions prévues à l'aéroport sont très efficaces; nous n'avons rencontré aucune difficulté tout au long du processus», explique à Arab News Mohammed Akhtar, un pèlerin qui a rejoint Islamabad en provenance de Faisalabad.

Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)
Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)

«J'ai déposé une demande pour accomplir le Hajj pendant les quatre dernières années et j'ai obtenu l'autorisation cette année. Je remercie Allah Tout-Puissant de m'avoir accordé cette opportunité.»

Loubna Asad est elle aussi une pèlerine pakistanaise. Elle dit sa reconnaissance à l’égard du personnel de la Route de La Mecque pour sa coopération.

«Je suis vraiment heureuse et je remercie l'Arabie saoudite», nous confie-t-elle.

À Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, l'accueil chaleureux manifesté par les fonctionnaires saoudiens en a étonné plus d'un. Un grand nombre d’entre eux sont allés jusqu'à accueillir les pèlerins dans leur langue maternelle. On compte au total quatorze mille trois cents pèlerins malaisiens qui effectueront le voyage du Hajj cette année.

Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«J’ai ressenti toute la chaleur de l'accueil, même avant d'arriver en Arabie saoudite. Quel accueil!», s'exclame Ariff Abdallah, qui a embarqué sur un vol à destination de Djeddah de l'aéroport international de Kuala Lumpur.

«Je plaisantais avec le préposé du comptoir de l'immigration. Il connaissait quelques mots en malais!»

Le processus préalable à l'immigration donne la possibilité aux pèlerins de se concentrer sur l’aspect spirituel de leur voyage. En effet, toutes les formalités administratives sont prises en charge.

«L'initiative de la Route de La Mecque est très convenable», affirme Johar Yousouf, un autre pèlerin en partance de Kuala Lumpur. «C’est fabuleux!», déclare-t-il.

Zainab Benti Awang se déplace en fauteuil roulant, accompagnée de sa sœur. Quel grand soulagement pour elle de se voir épargner, grâce à la Route de La Mecque, le fardeau des procédures de départ et d'arrivée!

Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«Une fois arrivés à Djeddah, nous serons tous autorisés à entrer dans le Royaume sans faire la queue pour compléter les formalités d'immigration», se réjouit-elle. «Sur place, nous prendrons le bus sans attendre pour rejoindre notre hôtel.»

Abdallah, Youssouf, Awang et bien d'autres agents ont assisté les pèlerins à l'aéroport de Kuala Lumpur. Ils affirment à Arab News qu'ils ont l'honneur de prendre part à l'initiative de la Route de La Mecque.

«Cette initiative a pour objectif de simplifier les formalités d'immigration pour les pèlerins à partir de leur pays d'origine. Elle comprend notamment le relevé d'empreintes digitales, la validation des formalités d'entrée [en Arabie saoudite] et la livraison des bagages au lieu d'hébergement dans les plus brefs délais», explique à Arab News le sergent major Anas Mohammed, arrivé de Djeddah. «J'ai l'honneur de participer à l'initiative de la Route de La Mecque.»

La collègue de Mohammed, le sergente Kholoud al-Ahmadi, se réjouit à l’idée d'aider les pèlerins malaisiens.

«C'est un honneur pour moi de participer à l'initiative de la Route de la Mecque en Malaisie. Je suis vraiment heureuse de faire partie de cette initiative; c'est mon premier séjour en Malaisie», souligne-t-elle.

En Indonésie, la plus grande nation à majorité musulmane du monde, ce sont cent mille pèlerins qui accompliront leur devoir spirituel cette année.

Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)

La plupart de ces pèlerins qui rêvaient d'accomplir le Hajj ont dû attendre pendant plusieurs années sur des listes d'attente. Avec une population qui dépasse les 270 millions d'habitants, le quota de pèlerins de leur pays reste le plus élevé. Il faut cependant du temps pour les accueillir tous.

Kamaria est une pèlerine originaire d'Aceh qui attend depuis douze ans d'accomplir le Hajj. Les mots lui manquent pour décrire l'émotion qu'elle ressent à l'idée d'avoir la chance de prier dans la Grande Mosquée de La Mecque.

«Je ne parviens pas à trouver les mots pour exprimer mon bonheur de voir la Kaaba», confie-t-elle à Arab News. «Je sens que j’aimerais y rester toute ma vie.»

À l'instar des autres pèlerins, Kamaria s'est préparée à ce périple, en particulier sur le plan spirituel.

«Avant de rejoindre la Terre sainte, nous devons d'abord purifier nos cœurs», explique-t-elle. «Nous espérons être de bons pèlerins du Hajj.»

Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)

Le programme de l'initiative de la Route de la Mecque est proposé aux Indonésiens à l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta.

Iis Nouraisa a rejoint la capitale en provenance de la province occidentale de Java. Des fonctionnaires saoudiens ont supervisé son départ à l'aéroport et le processus s'est déroulé de manière «tout à fait satisfaisante».

«La procédure est très convenable. Elle facilite et accélère le processus et nous épargne les vérifications à notre arrivée en Terre sainte», explique Mme Nouraisa à Arab News.

«Cela simplifie les choses, c'est certain. C'est très appréciable pour les pèlerins qui viennent accomplir le Hajj.»

Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

À la joie éprouvée par les pèlerins avant leur départ s'ajoute l'hospitalité avec laquelle ils sont accueillis dans le Royaume.

«Le service à l'hôtel, la nourriture, la blanchisserie, le service dans les magasins, les gens…  Tout le monde est très aimable», indique à Arab News Amalia Sabrina, médecin originaire d'Aceh, qui est arrivée en Arabie saoudite le mois dernier.

«Avec ma famille, je remercie sans cesse Allah de nous avoir accordé la chance d'accomplir le Hajj cette année.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Irak: une nouvelle raffinerie pour réduire les importations de carburant

Le pays, qui dispose de trois raffineries en service, produit déjà localement la moitié de ses besoins quotidiens, soit environ 30 millions de litres, et importe le reste. (Photo, AFP)
Le pays, qui dispose de trois raffineries en service, produit déjà localement la moitié de ses besoins quotidiens, soit environ 30 millions de litres, et importe le reste. (Photo, AFP)
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  • Le ministre du Pétrole, Ihsan Ismaïl, a annoncé dans un communiqué le coup d'envoi des «opérations d'essai des unités de production à la raffinerie de pétrole de Kerbala», dans le centre de l'Irak
  • Deuxième pays de l'Opep, l'Irak exporte en moyenne 3,3 millions de barils de brut par jour

BAGDAD: L'Irak a lancé dimanche les essais dans une nouvelle raffinerie de pétrole, un projet qui doit aider le pays pourtant riche en or noir à réduire largement ses importations de carburants, ont annoncé des responsables. 

Le ministre du Pétrole, Ihsan Ismaïl, a annoncé dans un communiqué le coup d'envoi des "opérations d'essai des unités de production à la raffinerie de pétrole de Kerbala", dans le centre de l'Irak. 

Le projet permettra à terme de raffiner 140 000 barils par jour (bpj), "contribuant en un court laps de temps à réduire les importations et à couvrir la consommation locale" de carburants, notamment l'essence et le diesel, selon le communiqué. 

La production de dérivés pétroliers débutera véritablement début 2023, avait auparavant annoncé le ministère. 

Deuxième pays de l'Opep, l'Irak exporte en moyenne 3,3 millions de barils de brut par jour. Avec ses immenses réserves d'hydrocarbures, l'or noir représente plus de 90% de ses revenus. 

Dans un pays ravagé par des décennies de guerres et de conflits, où mauvaise gestion publique et corruption endémique ralentissent les efforts de reconstruction et l'exécution de réformes, l'Irak, malgré son immense manne pétrolière, attend encore la concrétisation de grands projets d'infrastructures. 

"La raffinerie de Kerbala fournira une vingtaine de dérivés pétroliers, en particulier de l'essence à indice d'octane élevé", a indiqué un porte-parole du ministère du pétrole, s'exprimant sous couvert d'anonymat. 

Il s'agit de "la première raffinerie dotée d'une telle capacité de production à être construite depuis les années 1980", a-t-il précisé. 

La raffinerie produira neuf millions de litres d'essence par jour, soit "plus de la moitié" des 15 millions de litres importés par l'Irak, a indiqué Ihsane Moussa Ghanem, adjoint au directeur de l'agence irakienne de distribution des produits pétroliers. 

Le pays, qui dispose de trois raffineries en service, produit déjà localement la moitié de ses besoins quotidiens, soit environ 30 millions de litres, et importe le reste, a-t-il précisé. 


Le président iranien appelle à agir «fermement» contre les manifestants

La mort de Mahsa Amini, 22 ans, décédée en détention après avoir été détenue par la police des mœurs iranienne, a déclenché des troubles dans les provinces iraniennes. (Fichier/AP)
La mort de Mahsa Amini, 22 ans, décédée en détention après avoir été détenue par la police des mœurs iranienne, a déclenché des troubles dans les provinces iraniennes. (Fichier/AP)
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  • Qualifiant les protestations «d'émeutes», M. Raïssi, un ultraconservateur, a appelé samedi «les autorités concernées à agir fermement contre ceux qui portent atteinte à la sécurité et la paix du pays et du peuple»
  • Depuis plusieurs jours, des vidéos en ligne montrent des scènes de violence à Téhéran et dans d'autres grandes villes comme Tabriz (nord-ouest)

PARIS: Le président Ebrahim Raïssi a appelé les forces de l'ordre à agir "fermement" contre les manifestants en Iran, après neuf jours de protestations contre la mort d'une jeune femme détenue par la police des mœurs, dans lesquelles plus de 40 personnes ont péri. 

A l'étranger, des manifestations soutenant le mouvement en Iran ont eu lieu dans plusieurs pays samedi --au Canada, aux Etats-Unis, au Chili, en France, en Belgique, aux Pays-Bas et en Irak, pays voisin de l'Iran. 

Les protestations ont été déclenchées le 16 septembre, le jour du décès de Mahsa Amini arrêtée le 13 septembre à Téhéran pour "port inapproprié des vêtements", dans un pays où le code vestimentaire pour les femmes est strict. 

Elles sont les plus importantes depuis les protestations de novembre 2019, provoquées par la hausse des prix de l'essence, en pleine crise économique, qui avaient touché une centaine de villes en Iran et été sévèrement réprimées (230 morts selon un bilan officiel, plus de 300 selon Amnesty International). 

Les autorités nient toute implication dans la mort de Mahsa Amini, 22 ans et originaire de la région du Kurdistan (nord-ouest). Mais depuis son décès, des Iraniens en colère descendent tous les jours à la tombée de la nuit dans la rue pour manifester. 

Qualifiant les protestations "d'émeutes", M. Raïssi, un ultraconservateur, a appelé samedi "les autorités concernées à agir fermement contre ceux qui portent atteinte à la sécurité et la paix du pays et du peuple". 

Le ministère des Affaires étrangères à Téhéran a lui mis en cause les Etats-Unis, ennemi juré de l'Iran, dans les troubles. 

Dimanche, il a convoqué séparément les ambassadeurs du Royaume-Uni et de Norvège: le premier, pour protester contre l'hébergement de chaînes de télévision qui "incitent aux émeutes" en Iran et le second pour dénoncer "les ingérences" du chef du Parlement norvégien dans les affaires iraniennes. 

Manifestation progouvernementale 

Après l'arrestation de plus de 700 personnes depuis le début des protestations, le ministre iranien de l'Intérieur Ahmad Vahidi a appelé à poursuivre en justice "les principaux auteurs et meneurs des émeutes". 

Selon le bilan officiel iranien non détaillé incluant manifestants et forces de l'ordre, 41 personnes ont été tuées en neuf jours de protestations. 

Mais le bilan pourrait être plus lourd, l'ONG Iran Human Rights basée à Oslo faisant état d'au moins 54 manifestants tués. 

Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) basé aux Etats-Unis, 17 journalistes ont été arrêtés en Iran depuis le début des protestations. 

Comme il y a deux jours, une manifestation en faveur du gouvernement est en outre prévue dimanche après-midi à Téhéran, à l'appel des autorités. 

Samedi soir, les manifestations ont encore touché plusieurs villes d'Iran, y compris la capitale Téhéran où une vidéo virale a montré une femme marchant la tête découverte et agitant son voile en pleine rue. 

En République islamique d'Iran, les femmes doivent se couvrir les cheveux et le corps jusqu'en dessous des genoux et ne doivent pas porter des pantalons serrés ou des jeans troués, entre autres. 

Des images virales des manifestations ces derniers jours ont montré des Iraniennes brûlant leur foulard. 

Le parti réformateur de l'"Union du peuple de l'Iran islamique" a appelé l'Etat à annuler l'obligation du port du voile et à libérer les personnes arrêtées. 

« Femmes courageuses » 

Les manifestations sont marquées par des affrontements avec les forces de sécurité et par des slogans hostiles au pouvoir, selon médias et militants. 

Depuis plusieurs jours, des vidéos en ligne montrent des scènes de violence à Téhéran et dans d'autres grandes villes comme Tabriz (nord-ouest). Sur certaines, on voit les forces de sécurité tirer en direction des manifestants. 

Amnesty International accuse les forces de sécurité de tirer "délibérément (...) à balles réelles sur des manifestants", appelant à une "action internationale urgente pour mettre fin à la répression". 

Les connexions internet sont toujours perturbées dimanche, avec le blocage de WhatsApp et Instagram. NetBlocks, un site basé à Londres qui observe les blocages d'internet à travers le monde, a également fait état de celui de Skype. 

Dans un nouveau message sur Instagram, le réalisateur iranien Asghar Farhadi, deux fois oscarisé, a exhorté les peuples du monde à "être solidaires" des protestataires en Iran et salué les "femmes courageuses qui mènent les manifestations pour réclamer leurs droits". 


Les États du Golfe participent aux célébrations de la 92e fête nationale saoudienne

Un groupe folklorique a interprété des chansons nationales saoudiennes pour célébrer la 92e fête nationale à l’aéroport international de Bahreïn. (Agence de presse de Bahreïn)
Un groupe folklorique a interprété des chansons nationales saoudiennes pour célébrer la 92e fête nationale à l’aéroport international de Bahreïn. (Agence de presse de Bahreïn)
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  • À Dubaï, un tampon spécial, portant l’inscription «EAU et Arabie unis à jamais» et le logo de la fête nationale saoudienne, a été créé pour la journée
  • Des célébrations ont eu lieu à l’aéroport international de Bahreïn où les membres du personnel ont brandi le drapeau saoudien et offert des souvenirs aux passagers en provenance d’Arabie saoudite

DUBAÏ : Les visiteurs saoudiens arrivant dans les États du Golfe ont été accueillis dans les aéroports à l’occasion de la 92e fête nationale saoudienne.

L’aéroport international de Dubaï a organisé vendredi une série de festivités au cours desquelles les portes du contrôle des passeports portaient la couleur verte du drapeau saoudien.

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Le personnel de l’aéroport international de Bahreïn offre des souvenirs aux voyageurs saoudiens. (Agence de presse de Bahreïn)

Le personnel de l’aéroport a offert aux voyageurs saoudiens des fleurs, des drapeaux, des bonbons et des souvenirs dans le cadre des célébrations nationales qui «réaffirment les liens profondément enracinés et les relations stratégiques entre les deux pays», déclare la Direction générale de la résidence et des affaires étrangères à Dubaï.

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L’aéroport international de Bahreïn accueille les passagers saoudiens en provenance du royaume d’Arabie saoudite. (Agence de presse de Bahreïn)

Un tampon spécial, portant l’inscription «EAU et Arabie unis à jamais» et le logo de la fête nationale saoudienne, a été créé pour la journée.

Des célébrations similaires ont eu lieu à l’aéroport international de Bahreïn où les membres du personnel ont brandi le drapeau saoudien et offert des souvenirs aux passagers en provenance d’Arabie saoudite.

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Les passagers saoudiens ont reçu un tampon de passeport spécial portant l’inscription «EAU et Arabie unis à jamais» et le logo de la fête nationale saoudienne. (Twitter: @GDRFADUBAI)

Un groupe folklorique a interprété des chansons nationales saoudiennes pour fêter l’occasion.

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À l’aéroport international de Dubaï, les portes du contrôle des passeports portaient la couleur verte du drapeau saoudien. (Twitter: @GDRFADUBAI)

Oman a également organisé des célébrations au poste frontière du Quartier Vide en présence de l’ambassadeur saoudien à Oman, Abdallah ben Saoud al-Enezi. La cérémonie comprenait des performances musicales par des groupes folkloriques et des spectacles de parapente, entre autres activités.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com