Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins musulmans se rassemblent au sommet du mont Arafat, également connu sous le nom de «Jabal al-Rahma» («mont de la Miséricorde»), au sud-est de la Ville sainte de La Mecque, lors de l'apogée du pèlerinage du Hajj. (AFP).
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya, le 4 juin, 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz, à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
Un pèlerin qui accomplit le Hajj se promène à Mina, à proximité de la ville de La Mecque, le 7 juillet 2022. (Delil Souleiman/AFP)
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Publié le Lundi 11 juillet 2022

Avec l'initiative de la Route de la Mecque, L'Arabie Saoudite facilite le voyage des pèlerins d'Asie

  • Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam
  • Parmi les pèlerins venus de l'étranger, près de deux cent soixante mille sont originaires d'Indonésie, du Bangladesh, de Malaisie et du Pakistan

DACCA/ISLAMABAD/JAKARTA/KUALA LUMPUR: Des centaines de milliers de pèlerins sont venus d'Asie pour accomplir le Hajj dans les villes les plus saintes de l'islam. Un grand nombre d’entre eux bénéficient de l'initiative de la Route de La Mecque, destinée à faciliter leurs déplacements et à leur garantir une expérience unique après ces deux années éprouvantes marquées par la pandémie.

L'un des cinq grands piliers de l'islam, le Hajj, a seulement été réservé à mille Saoudiens en 2020 compte tenu des inquiétudes suscitées par le coronavirus. En 2021, le Royaume a restreint le nombre de pèlerins à soixante mille participants saoudiens; ils étaient 2, 5 millions avant le début de la pandémie.

Voilà que l'Arabie saoudite accueille cette année près de neuf cent mille pèlerins locaux et étrangers, après avoir levé la plupart des restrictions liées à la Covid-19. Parmi les étrangers, près d'un tiers viennent du Bangladesh, d'Indonésie, de Malaisie et du Pakistan.

Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)
Des pèlerins en provenance d'Indonésie quittent l'aéroport international de Juanda, à Surabaya. (AFP)

Ces pays asiatiques à majorité musulmane, auxquels s'ajoute le Maroc, sont les cinq pays concernés par l'initiative de la Route de La Mecque initiée par l'Arabie saoudite en 2019. Elle permet à leurs ressortissants de remplir les exigences du Hajj de leur point de départ et leur évite de patienter de longues heures avant d'arriver dans le Royaume.

L'Arabie saoudite a affecté des agents d'immigration dans les principaux aéroports de ces pays. Leur mission est de faciliter le voyage des pèlerins. Des milliers d’entre eux arrivent en robe blanche pour entamer ce périple qui durera des heures. Ils viennent des quatre coins du monde.

Dans la capitale du Bangladesh, des dizaines d'agents saoudiens travaillent jour et nuit à l'aéroport international Shah-Jalal. Ils s'emploient à faciliter le départ des voyageurs bangladais ainsi que les formalités administratives qui les attendent.

Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )
Dans le cadre de l'Initiative de la route de La Mecque, des pèlerins bangladais effectuent à Dacca les formalités préalables à l'immigration. (Avec l'aimable autorisation de l'ambassade d'Arabie saoudite à Dacca )

«Cette nouvelle initiative a ouvert de nouveaux horizons», explique à Arab News Saiful Islam, directeur du bureau du Hajj à Dacca. «Nous sommes très reconnaissants à l’égard des autorités saoudiennes.»

Cette initiative concerne les visas, les formalités de douane et de passeport ainsi que les exigences relatives à la santé. Elle couvre également le transport jusqu'à La Mecque et Médine et prend en charge le transport des bagages et l'hébergement.

Mohammed Mozammel Houk part de Dacca; les formalités qui précèdent l'immigration se sont déroulées «sans encombre», confie-t-il.

«La gestion des démarches associées au Hajj nous réjouit», affirme-t-il.

Depuis qu'il a vu son père partir pour le Hajj, voilà quelques dizaines d'années, M. Houk rêve d'accomplir ce pèlerinage. La pandémie avait contrarié son projet en 2020 et il savait qu’il lui était possible, cette fois, de réaliser son rêve.

«Je me réjouis d’avoir la chance d’accomplir le Hajj en Arabie saoudite cette année», explique-t-il à Arab News alors qu'il vient d'achever avec sa femme les formalités requises par l'initiative de la Route de La Mecque. «C'est un rêve qui se réalise.»

Le processus s'est déroulé de manière très rapide pour la famille de Rokhaya Khatoun Lata, une femme au foyer qui voyage en compagnie de quatre membres de sa famille.

Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)
Rokhaya Khatoun Lata, une pèlerine bangladaise, se confie à Arab News à l'aéroport international Shah-Jalal de Dacca, le 26 juin 2022. (Photo AN)

«Cela m'a pris moins de trente minutes pour compléter les formalités d'immigration», raconte-t-elle à Arab News. «Je n'ai pas encore entamé le voyage et je me sens déjà très heureuse.»

Mohammed Mozammel Houk, Rokhaya Khatoun Lata et leurs deux familles font partie des soixante mille Bangladais venus effectuer le pèlerinage cette année.

Un plus grand nombre de pèlerins venus du Pakistan, autre pays d'Asie du Sud à majorité musulmane, s'apprêtent à accomplir les rituels du Hajj. Ils seront quatre-vingt-trois mille trois cents à tourner autour de la Kaaba, le site le plus sacré de l'islam, situé au centre de la Grande Mosquée.

EN CHIFFRES

Nombre de pèlerins étrangers qui ont obtenu un visa électronique pour le Hajj :

- 102 178 en Indonésie

-  83 433 au Pakistan

-  80 772 en Inde

-  60 354 au Bangladesh

-  45 201 au Nigeria

-  45 086 en Turquie

-  39 635 en Iran

-  22 189 en Égypte

-  18 970 en Algérie

Source: ministère saoudien des Affaires étrangères (Mofa)

Les pèlerins en provenance de la capitale du Pakistan ont été accueillis dans un salon spécialement conçu pour la Route de La Mecque à l'aéroport international d'Islamabad.

«Les dispositions prévues à l'aéroport sont très efficaces; nous n'avons rencontré aucune difficulté tout au long du processus», explique à Arab News Mohammed Akhtar, un pèlerin qui a rejoint Islamabad en provenance de Faisalabad.

Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)
Le premier groupe de pèlerins pakistanais est attendu à Médine, en Arabie saoudite, le 8 juin 2022; il sera accueilli dans un salon spécialement conçu pour la Route de la Mecque à l'aéroport d'Islamabad. (Photo fournie)

«J'ai déposé une demande pour accomplir le Hajj pendant les quatre dernières années et j'ai obtenu l'autorisation cette année. Je remercie Allah Tout-Puissant de m'avoir accordé cette opportunité.»

Loubna Asad est elle aussi une pèlerine pakistanaise. Elle dit sa reconnaissance à l’égard du personnel de la Route de La Mecque pour sa coopération.

«Je suis vraiment heureuse et je remercie l'Arabie saoudite», nous confie-t-elle.

À Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, l'accueil chaleureux manifesté par les fonctionnaires saoudiens en a étonné plus d'un. Un grand nombre d’entre eux sont allés jusqu'à accueillir les pèlerins dans leur langue maternelle. On compte au total quatorze mille trois cents pèlerins malaisiens qui effectueront le voyage du Hajj cette année.

Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens effectuent les formalités préalables à l'immigration dans le cadre de l'initiative de la Route de La Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«J’ai ressenti toute la chaleur de l'accueil, même avant d'arriver en Arabie saoudite. Quel accueil!», s'exclame Ariff Abdallah, qui a embarqué sur un vol à destination de Djeddah de l'aéroport international de Kuala Lumpur.

«Je plaisantais avec le préposé du comptoir de l'immigration. Il connaissait quelques mots en malais!»

Le processus préalable à l'immigration donne la possibilité aux pèlerins de se concentrer sur l’aspect spirituel de leur voyage. En effet, toutes les formalités administratives sont prises en charge.

«L'initiative de la Route de La Mecque est très convenable», affirme Johar Yousouf, un autre pèlerin en partance de Kuala Lumpur. «C’est fabuleux!», déclare-t-il.

Zainab Benti Awang se déplace en fauteuil roulant, accompagnée de sa sœur. Quel grand soulagement pour elle de se voir épargner, grâce à la Route de La Mecque, le fardeau des procédures de départ et d'arrivée!

Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Des pèlerins malaisiens du Hajj effectuent les formalités préalables à l'immigration prévues par l'initiative de la Route de la Mecque à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

«Une fois arrivés à Djeddah, nous serons tous autorisés à entrer dans le Royaume sans faire la queue pour compléter les formalités d'immigration», se réjouit-elle. «Sur place, nous prendrons le bus sans attendre pour rejoindre notre hôtel.»

Abdallah, Youssouf, Awang et bien d'autres agents ont assisté les pèlerins à l'aéroport de Kuala Lumpur. Ils affirment à Arab News qu'ils ont l'honneur de prendre part à l'initiative de la Route de La Mecque.

«Cette initiative a pour objectif de simplifier les formalités d'immigration pour les pèlerins à partir de leur pays d'origine. Elle comprend notamment le relevé d'empreintes digitales, la validation des formalités d'entrée [en Arabie saoudite] et la livraison des bagages au lieu d'hébergement dans les plus brefs délais», explique à Arab News le sergent major Anas Mohammed, arrivé de Djeddah. «J'ai l'honneur de participer à l'initiative de la Route de La Mecque.»

La collègue de Mohammed, le sergente Kholoud al-Ahmadi, se réjouit à l’idée d'aider les pèlerins malaisiens.

«C'est un honneur pour moi de participer à l'initiative de la Route de la Mecque en Malaisie. Je suis vraiment heureuse de faire partie de cette initiative; c'est mon premier séjour en Malaisie», souligne-t-elle.

En Indonésie, la plus grande nation à majorité musulmane du monde, ce sont cent mille pèlerins qui accompliront leur devoir spirituel cette année.

Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)
Des pèlerins indonésiens se recueillent à leur arrivée à l'Aéroport international du roi Abdelaziz à Djeddah, en Arabie saoudite, en juin 2022. (Avec l'aimable autorisation du ministère indonésien des Affaires religieuses)

La plupart de ces pèlerins qui rêvaient d'accomplir le Hajj ont dû attendre pendant plusieurs années sur des listes d'attente. Avec une population qui dépasse les 270 millions d'habitants, le quota de pèlerins de leur pays reste le plus élevé. Il faut cependant du temps pour les accueillir tous.

Kamaria est une pèlerine originaire d'Aceh qui attend depuis douze ans d'accomplir le Hajj. Les mots lui manquent pour décrire l'émotion qu'elle ressent à l'idée d'avoir la chance de prier dans la Grande Mosquée de La Mecque.

«Je ne parviens pas à trouver les mots pour exprimer mon bonheur de voir la Kaaba», confie-t-elle à Arab News. «Je sens que j’aimerais y rester toute ma vie.»

À l'instar des autres pèlerins, Kamaria s'est préparée à ce périple, en particulier sur le plan spirituel.

«Avant de rejoindre la Terre sainte, nous devons d'abord purifier nos cœurs», explique-t-elle. «Nous espérons être de bons pèlerins du Hajj.»

Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)
Des pèlerins indonésiens s'apprêtent à quitter l'aéroport international Juanda, à Surabaya, le 4 juin 2022. (Juni Kriswanto/AFP)

Le programme de l'initiative de la Route de la Mecque est proposé aux Indonésiens à l'aéroport international Soekarno-Hatta de Jakarta.

Iis Nouraisa a rejoint la capitale en provenance de la province occidentale de Java. Des fonctionnaires saoudiens ont supervisé son départ à l'aéroport et le processus s'est déroulé de manière «tout à fait satisfaisante».

«La procédure est très convenable. Elle facilite et accélère le processus et nous épargne les vérifications à notre arrivée en Terre sainte», explique Mme Nouraisa à Arab News.

«Cela simplifie les choses, c'est certain. C'est très appréciable pour les pèlerins qui viennent accomplir le Hajj.»

Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)
Le pèlerin malaisien Ariff Abdallah se confie à Arab News à l'aéroport international de Kuala Lumpur, le 28 juin 2022. (Photo AN)

À la joie éprouvée par les pèlerins avant leur départ s'ajoute l'hospitalité avec laquelle ils sont accueillis dans le Royaume.

«Le service à l'hôtel, la nourriture, la blanchisserie, le service dans les magasins, les gens…  Tout le monde est très aimable», indique à Arab News Amalia Sabrina, médecin originaire d'Aceh, qui est arrivée en Arabie saoudite le mois dernier.

«Avec ma famille, je remercie sans cesse Allah de nous avoir accordé la chance d'accomplir le Hajj cette année.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attentats à Damas: les autorités arrêtent des membres d'une cellule «affiliée à l'EI»

Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
  • Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers
  • Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad

DAMAS: Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron.

"La cellule responsable des attaques terroristes qui ont ciblé Damas il y a deux jours est désormais entre nos mains", a déclaré sur X le ministre de l'Intérieur Anas Khattab.

"Une fois l'enquête terminée, nous révélerons au public l'identité des membres de la cellule, leur rôle ainsi que leurs affiliations", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Ahmad al-Dalati, chef de la sécurité intérieure pour la région de Damas, a plus tard déclaré à la télévision d'Etat syrienne que les premières investigations avaient montré que "la cellule était affiliée au groupe EI (Etat islamique)".

Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers. Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad.

Une personne est morte et 36 autres ont été blessées dans l'explosion quasi simultanée de deux bombes artisanales mardi matin, déposées à proximité de l'hôtel Four Seasons où M. Macron venait de passer la nuit.

L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule près de l'hôtel, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.

Des journalistes de l'AFP ont vu des traces de sang sur le trottoir près du luxueux hôtel et les fenêtres du ministère du Tourisme, qui lui fait face, brisées.

A ce moment-là, le chef d'Etat était déjà parti pour s'entretenir avec son homologue Ahmad al-Chareh.

"A vos côtés" 

Lors d'une conférence de presse conjointe organisée après l'explosion, Emmanuel Macron a affirmé que ces attentats ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, qui sort d'une guerre civile de près de 14 ans (2011-2024).

Ahmad al-Chareh a pour sa part salué "le courage" du président français qui a maintenu sa visite.

Les deux pays se sont entendus pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs "le plus tôt possible" selon M. Chareh.

Il s'agissait de la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste après plus de 13 années de guerre civile.

Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste.

Soutenue par Washington, la Syrie a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'Etat islamique.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadiste. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir.

Damas a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 2 juillet, un attentat à la bombe perpétré dans un café du centre de la capitale a fait 10 morts et un vingtaine de blessés.


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.