Un incendie au port de Beyrouth ravive le souvenir de l'explosion de 2020

Le ministre libanais de l'Économie Amin Salam visite le port de la capitale Beyrouth, alors qu'un coin des silos qui ont été détruits lors d'une explosion massive le 4 août 2020, brûle le 14 juillet 2022 (Photo, AFP)
Le ministre libanais de l'Économie Amin Salam visite le port de la capitale Beyrouth, alors qu'un coin des silos qui ont été détruits lors d'une explosion massive le 4 août 2020, brûle le 14 juillet 2022 (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 14 juillet 2022

Un incendie au port de Beyrouth ravive le souvenir de l'explosion de 2020

  • La déflagration, déclenchée le 4 août 2020 par un incendie dans un entrepôt abritant des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans précaution, a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanais
  • Touchés de plein fouet par le souffle de l'explosion, les silos à grains du port s'étaient partiellement écroulés

BEYROUTH: Un incendie en cours depuis plusieurs jours dans les silos à grains du port de Beyrouth, frappé par une explosion meurtrière en 2020, a ravivé le traumatisme de proches de victimes à moins d'un mois du deuxième anniversaire du drame.

La déflagration, déclenchée le 4 août 2020 par un incendie dans un entrepôt abritant des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans précaution, a fait plus de 200 morts et 6 500 blessés et dévasté des quartiers entiers de la capitale libanaise.

Touchés de plein fouet par le souffle de l'explosion, les silos à grains du port s'étaient partiellement écroulés.

L'incendie, qui s'est déclaré début juillet dans la partie la plus endommagée des silos, a été causé par la fermentation des stocks de grains restants, conjuguée à de fortes températures.

"Lorsqu'on le voit (le feu) on se rappelle la tragédie du 4 août (...) on éprouve de la douleur", a déclaré à l'AFP Kayan Tlais, qui a perdu son frère dans l'explosion.

Les flammes et la fumée qui se dégagent sont visibles à des kilomètres à la ronde, et des photos de l'incendie ont été largement partagées sur les réseaux sociaux.

"L'incendie et l'odeur de la fumée sont horribles et ravivent le traumatisme des membres de ma famille et de mes voisins", a dit à l'AFP Lara Khatchikian, une habitante d'un quartier proche du port.

Toute tentative pour venir à bout de l'incendie --par voie maritime, terrestre ou aérienne-- pose davantage de risques d'effondrement des silos que l'incendie lui-même, a affirmé le ministre de l'Economie Amin Salam qui s'est rendu sur place jeudi.

Selon lui, le gouvernement étudie les solutions possibles pour éviter notamment de démolir les silos.

Les fumées émises ne sont ni dangereuses, ni toxiques a déclaré à l'AFP Mohammed Abiad, conseiller du ministre libanais de l'Environnement.

"L'incendie s'éteindra de lui-même (...) donc le mieux est de le laisser brûler", a-t-il dit, expliquant qu'arroser le feu avec de l'eau pourrait accélérer le processus de fermentation des grains.

Le directeur général des silos du port, Assaad Haddad, a expliqué que la température émise par l'incendie n'était pas suffisamment élevée pour provoquer des dommages structurels ou dégager une fumée toxique.

"C'est la raison pour laquelle nous prenons notre temps" pour l'éteindre, a-t-il dit.

En avril, le Liban avait ordonné la démolition des silos mais, selon M. Salam, la décision a été suspendue en raison de l'opposition des proches des victimes du drame qui veulent en faire un lieu de mémoire.

Le Liban marque le 4 août le deuxième anniversaire de l'explosion, alors que l'enquête sur les causes du drame est suspendue depuis des mois. Pointées du doigt pour négligence criminelle, les autorités sont accusées par les familles des victimes et des ONG de la torpiller pour éviter des inculpations.


Emirats: deux morts et trois blessés à Abou Dhabi après l'interception d'un missile 

Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi
  • "L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X

ABOU DHABI: Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées par la chute de débris d'un missile intercepté dans la périphérie de la capitale émiratie Abou Dhabi, ont annoncé jeudi les autorités locales au 27e jour de la guerre au Moyen-Orient.

"L'incident a entraîné la mort de deux personnes non identifiées, fait trois blessés et endommagé plusieurs voitures", ont indiqué les autorités d'Abou Dhabi sur X.

 

 


Expulsion de l'ambassadeur d'Iran: le Hezbollah boycotte une réunion du gouvernement 

Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth. (AFP)
Short Url
  • Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer
  • Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!"

BEYROUTH: Les ministres du Hezbollah pro-iranien et d'un mouvement allié ont boycotté une réunion jeudi du gouvernement libanais pour protester contre la décision d'expulser l'ambassadeur d'Iran, auquel des dizaines de personnes ont manifesté leur soutien devant l'ambassade près de Beyrouth.

Le Hezbollah et son allié chiite, le mouvement Amal, ont fustigé la décision inédite des autorités sommant l'ambassadeur de partir d'ici dimanche, et lui ont demandé de demeurer dans le pays.

En signe de mécontentement, les deux ministres représentant le Hezbollah et les deux autres représentant Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri, ont décidé de ne pas se rendre à la réunion du gouvernement, a indiqué à l'AFP un responsable libanais sous couvert d'anonymat.

Un cinquième ministre chiite indépendant a pour sa part annoncé dans un communiqué avoir choisi d'y participer.

Devant l'ambassade d'Iran, des dizaines de partisans du Hezbollah ont manifesté jeudi après-midi, brandissant des drapeaux iraniens et de la formation chiite, scandant "Mort à l'Amérique, Mort à Israël!", selon une équipe de l'AFP.

"Nous sommes contre cette décision du gouvernement, qui ne passera pas", dit à l'AFP Elham al-Mokdad, une des protestataires, devant le bâtiment situé à la lisière de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah bombardé par Israël.

Le ministre des Affaires étrangères Youssef Raggi a pris la décision d'expulser l'ambassadeur pour "ingérence" dans les affaires intérieures libanaises.

"Nous réclamons que l'ambassadeur américain soit expulsé, ainsi que le ministre des Affaires étrangères", affirme une autre manifestante, Farida Noureddine, 43 ans.

La décision d'expulser l'émissaire iranien intervient dans le cadre des pressions des autorités libanaises sur le Hezbollah et son parrain iranien.

Elles ont interdit les activités militaires du Hezbollah, seul groupe non-étatique armé, ainsi que la présence et l'action des Gardiens de la Révolution iraniens qui, selon le Premier ministre Nawaf Salam, dirigent les opérations du groupe contre Israël.

Le Liban a été entraîné dans la guerre régionale le 2 mars, après une attaque du Hezbollah contre Israël en solidarité avec l'Iran. L'armée israélienne mène depuis une campagne de frappes aériennes qui a fait plus de 1.000 morts et un million de déplacés.


Le Conseil du Golfe veut participer à toutes les discussions sur la guerre avec l’Iran

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Le chef du CCG a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe
  • Le Conseil du Golfe a indiqué que ses membres souhaitent être impliqués dans toute discussion sur la guerre avec l’Iran

DUBAÏ : Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Al-Budaiwi, a accusé jeudi l’Iran d’alimenter l’escalade régionale et a appelé à un arrêt immédiat des attaques visant les infrastructures énergétiques dans le Golfe, tout en exhortant à inclure les États du Golfe dans tout effort diplomatique visant à résoudre la crise.

Dans une série de déclarations, Jasem Mohamed Al-Budaiwi a affirmé que l’Iran était responsable de la récente escalade et a averti que ses actions constituaient une menace directe pour la stabilité régionale.

Il a indiqué que des attaques iraniennes avaient visé des raffineries de pétrole en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït, qualifiant ces frappes de « systématiques » et dirigées contre des installations énergétiques critiques.

« Nous insistons sur la nécessité d’impliquer les pays du CCG dans toute discussion ou accord visant à résoudre cette crise, de manière à renforcer leur sécurité et leur stabilité », a déclaré Al-Budaiwi dans une allocution télévisée, ajoutant que si les États du Golfe ont le droit de se défendre, ils privilégient la voie diplomatique.

« La communauté internationale doit adresser un message unifié à l’Iran pour qu’il mette fin à ses attaques », a-t-il ajouté, appelant à une pression mondiale coordonnée pour éviter une nouvelle escalade.

Le secrétaire général a également rejeté toute tentative de redessiner la carte de la région après le conflit, mettant en garde contre toute modification des frontières géopolitiques une fois la crise terminée.

Al-Budaiwi a en outre accusé l’Iran d’exiger des paiements de la part des navires transitant par le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle par laquelle transite une part importante du pétrole mondial.

Le chef du CCG est le premier haut responsable régional à formuler publiquement une telle accusation.

Al-Budaiwi, qui dirige le bloc composé de Bahreïn, du Koweït, d’Oman, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, a fait ces déclarations lors d’une conférence de presse à Riyad. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com