Canicule: la France plus «rodée» à la prévention sanitaire, moins au vieillissement

Un enfant se rafraîchit dans une fontaine du centre-ville de Montpellier, dans le sud de la France, le 14 juin 2022 alors qu'une vague de chaleur frappe la France. (Photo, AFP)
Un enfant se rafraîchit dans une fontaine du centre-ville de Montpellier, dans le sud de la France, le 14 juin 2022 alors qu'une vague de chaleur frappe la France. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 15 juillet 2022

Canicule: la France plus «rodée» à la prévention sanitaire, moins au vieillissement

  • A chaque fois, le souvenir d'août 2003 est convoqué: 15.000 morts, des hôpitaux débordés, des corps stockés jusqu'au marché de Rungis
  • Les pouvoirs publics ont organisé la réponse, avec un «plan canicule» échafaudé en 2004 et désormais activé durant toute la période estivale, du 1er juin au 15 septembre

PARIS : Près de vingt ans après la canicule meurtrière de 2003, le système de soins est «rodé» et mieux préparé aux vagues de chaleur régulières, mais peine toujours à atteindre les personnes isolées, malgré le travail des associations.

La routine s'est installée. Pas un été sans une, voire plusieurs canicules ou vagues de fortes chaleurs depuis 2015. Déjà deux cette année, après celle de mi-juin.

A chaque fois, le souvenir d'août 2003 est convoqué: 15.000 morts, des hôpitaux débordés, des corps stockés jusqu'au marché de Rungis.

Manière de souligner les leçons tirées et les progrès accomplis. «Depuis, on a beaucoup appris», a encore répété mercredi le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, lors d'un déplacement en maison de retraite devenu un passage obligé pour les ministres lorsque le mercure grimpe.

Les professionnels ne lui donnent pas tort. «On sait beaucoup mieux gérer les vagues de chaleur», confirme Pascal Champvert, président de l'AD-PA, association de directeurs d'Ehpad et de services à domicile.

D'abord parce que Météo-France envoie «des informations et des alertes bien plus à l'avance» qu'il y a deux décennies. Mais aussi parce que les pouvoirs publics ont organisé la réponse, avec un «plan canicule» échafaudé en 2004 et désormais activé durant toute la période estivale, du 1er juin au 15 septembre.

Les règles édictées par le ministère et son agence Santé publique France donnent aux directeurs «des éléments de marche à suivre», explique M. Champvert. Ainsi, «les personnes doivent aller dans les pièces climatisées, boire régulièrement, on leur rappelle qu'il ne faut pas sortir aux heures les plus chaudes».

Chez les soignants, «nous avons aussi des recommandations de bonnes pratiques et la formation des équipes s'est déployée», indique le Pr Claude Jeandel, président du Conseil national professionnel de gériatrie.

«On est mieux préparé, mais c'est la seule chose qui a changé», ajoute-t-il, soulignant que «la prise en charge reste strictement la même» et qu'il n'y a «pas de nouveau traitement».

- «Trous dans la raquette» -

Rien d'autre à faire que de surveiller l'hydratation des patients et d'arrêter certains médicaments comme les diurétiques pour préserver les reins et éviter le surdosage.

Simple en théorie, sauf qu'il reste «deux maillons faibles», selon le Pr Jeandel. D'une part «les tensions sur les ressources humaines, notamment dans les Ehpad», exacerbées par la crise sanitaire «avec un nombre important de postes vacants» actuellement, ce qui fait que «la surveillance est forcément moins bien assurée».

D'autre part l'angle mort du domicile, pour lequel «les mairies sont censées avoir établi des registres pour pouvoir aller vers les personnes isolées», mais «on peut considérer qu'ils ne sont pas exhaustifs», estime-t-il.

«Il y a des trous dans la raquette et c'est largement perfectible», reconnaît Isabelle Sénécal, responsable du pôle plaidoyer des Petits Frères des Pauvres, même si «le plan canicule est rodé, il marche».

Spécialisée dans l'aide aux seniors isolés, son association prête main forte aux centres municipaux d'action sociale «quand il y a besoin de passer des coups de fil en plus» et c'est «cette coordination d'acteurs qui fait que la prévention fonctionne».

«Il n'y aura pas zéro décès, mais on ne retrouvera pas des personnes mortes chez elles trois, quatre voire dix jours après» comme en 2003. «On a réglé cette problématique», dit-elle, «par contre on n'a pas soigné l'isolement».

Et de rappeler les constats de son dernier rapport deux millions de personnes de plus de 60 ans qui ne voient plus ni famille, ni amis, 530.000 autres en situation de «mort sociale», sans aucune interaction, hors des radars associatifs.

Des chiffres appelés à croître avec le vieillissement de la population, qui appelle selon Mme Sénécal «une réflexion sur la société qu'on veut, avec plein de vieux et un monde qui va connaitre de plus en plus de phénomènes météorologiques intenses».


Lecornu ferait un "bon candidat" en 2027 pour 30% des Français (sondage)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lors de la cérémonie marquant le retour des athlètes français des JO d’hiver Milano Cortina 2026, à Albertville, le 23 février 2026, à l’arrivée du drapeau olympique pour les JO 2030. (AFP)
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  • Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro, Sébastien Lecornu serait un « bon candidat » du bloc central en 2027 pour 30% des Français, derrière Édouard Philippe (39%) mais proche de Gabriel Attal (33%) et Gérald Darmanin (28%)
  • Jugé plus humble et compétent qu’Emmanuel Macron, Lecornu souffre toutefois d’une image « d’exécutant » (72% des sondés), tandis qu’Édouard Philippe reste favori, sous réserve des municipales au Havre

PARIS: Le Premier ministre Sébastien Lecornu ferait un "bon candidat" du bloc central à la présidentielle de 2027 pour 30% des Français, à l'image de Gabriel Attal(33%) et Gérald Darmanin (28%) mais loin derrière Edouard Philippe (39%), selon un sondage Odoxa pour Le Figaro paru jeudi.

Le chef du gouvernement, dont la popularité (34%) est supérieure de 13 points à celle d'Emmanuel Macron, est jugé plus humble (+33 points), plus proche des préoccupations des Français (+18) et plus compétent (+17) que le chef de l'Etat, mais aussi moins dynamique (-9).

"Pour renforcer sa stature, il devra peut-être se détacher de son image de simple collaborateur du Président", 72% des Français le qualifiant "d’exécutant", relève encore l'institut.

Sur les réseaux sociaux, les messages sur Emmanuel Macron restent très négatifs alors que la fidélité du "moine soldat" Lecornu est présentée comme une qualité rare, poursuit l'étude.

Edouard Philippe, maire du Havre et premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron, reste le meilleur candidat pour le bloc central, à condition de ne pas perdre les municipales de mars, "une défaite qui pourrait ternir son leadership", poursuit Odoxa.

Un sondage Opinionway publié mercredi le donne pour la première fois perdant dans sa ville contre Jean-Paul Lecoq (PCF) en cas de maintien du candidat RN-UDR au second tour du scrutin.

L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 février auprès d’un échantillon de 1.005 Français représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.


Gouvernement: quatre nouveaux entrants dont Catherine Pégard à la Culture

Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
Le gouvernement compte désormais 36 membres. (AFP)
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  • Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin
  • Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats

PARIS: Quatre nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, dont Catherine Pégard, conseillère d'Emmanuel Macron, à la Culture en remplacement de Rachida Dati partie pour faire campagne pour la mairie de Paris, a annoncé jeudi l'Elysée dans un communiqué.

Conseillère culture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, puis à la tête du château de Versailles avant de revenir au palais présidentiel auprès d'Emmanuel Macron, cette ancienne journaliste de 71 ans arrive rue de Valois avec une excellente connaissance du monde de la culture et un solide carnet d'adresses.

Outre cette nomination attendue, l'ex-ministre macroniste Sabrina Roubache fait son retour en tant que ministre délégué chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage. Elle avait été chargée de la Ville et de la Citoyenneté entre 2023 et 2024, avant d'être défaite aux législatives post-dissolution de l'Assemblée nationale.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, proche de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin, devient aussi ministre déléguée chargée de l'Energie, domaine dont elle a une expertise en tant qu'ingénieure spécialiste du nucléaire.

Le chef de l'Etat a aussi nommé la députée du groupe macroniste Camille Galliard-Minier ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, en remplacement de Charlotte Parmentier-Lecocq qui souhaitait retrouver son siège à l'Assemblée nationale, et le député Les Républicains Jean-Didier Berger auprès du ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.

Ces annonces complètent le mini-remaniement du gouvernement de Sébastien Lecornu provoqué par le départ attendu de Rachida Dati et Charlotte Parmentier-Lecocq, et celui d'Amélie de Montchalin, nommée à la tête de la Cour des comptes et remplacée dès dimanche aux Comptes publics par son ex-ministre délégué David Amiel.

Ce dernier n'a pour l'instant pas de ministre délégué à la Fonction publique, le poste qu'il occupait auparavant. Selon une source au sein de l'exécutif, une ministre déléguée sera nommée d’ici à la reprise des travaux parlementaires après les élections municipales.

Une députée qui était pressentie pour la Fonction publique s'est désistée à la dernière minute car son suppléant à l'Assemblée a refusé de siéger pour la remplacer, pour des raisons de cumul des mandats, ce qui aurait provoqué une législative partielle, selon une source au courant des tractations, qui n'a pas précisé son nom.

Parmi les nouveaux entrants, Jean-Didier Berger, maire de Clamart pendant dix ans, avait rejoint l’Assemblée à l’été 2024 après la dissolution, se faisant élire dans les Hauts-de-Seine. A l’Assemblée, il faisait partie des députés du groupe LR en pointe sur le projet de budget de l’Etat.

Il avait également déposé des propositions de loi aux accents régaliens : pour autoriser le traitement algorithmique des images de vidéoprotection dans les transports en commun, ou pour interdire les signes religieux ostentatoires aux mineurs qui participent à des activités d’une association subventionnée.

Camille Galliard-Minier, élue de l'Isère, est avocate de formation et l'ancienne suppléante d'Olivier Véran qu'elle a remplacé au Parlement entre 2020 et 2022 lorsque celui-ci était ministre de la Santé.

Le gouvernement compte désormais 36 membres.


Narcotrafic: pour Amine Kessaci, il faut «protéger» les personnes menacées mais aussi leur «permettre de vivre»

Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai. (AFP)
Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai. (AFP)
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  • Engagé contre le narcotrafic après la mort de son frère Brahim dans un narchomicide il y a cinq ans, Amine Kessaci vit sous protection policière depuis septembre, après qu'un contrat a été placé sur sa tête
  • Son petit frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son engagement. Sa famille vit depuis aussi sous protection

PARIS: Pour le militant Amine Kessaci, sous protection policière avec sa famille, il faut "protéger" les personnes menacées par le narcotrafic, mais "aussi leur permettre de vivre", a-t-il appelé jeudi avec des sénateurs écologistes, qui porteront un texte sur ce sujet le 7 mai.

Sans critiquer le dispositif de protection existant, il appelle le gouvernement à "aller plus loin" pour "accompagner" les personnes protégées dans leur quotidien, qu'il s'agisse d'études, d'emploi ou de logement.

Engagé contre le narcotrafic après la mort de son frère Brahim dans un narchomicide il y a cinq ans, Amine Kessaci vit sous protection policière depuis septembre, après qu'un contrat a été placé sur sa tête.

Son petit frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre, dans un probable "crime d'intimidation" en représailles à son engagement. Sa famille vit depuis aussi sous protection.

Les écologistes ont fait adopter mi-février à l'Assemblée un texte visant à mieux protéger les personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée. Les sénateurs écologistes comptent le reprendre le 7 mai lors d'une journée réservée.

Ce texte "est né uniquement par l'histoire de mon petit frère (...) Mehdi, assassiné pour rien, parce qu'il était mon petit frère", explique Amine Kessaci.

Membre du parti Les Ecologistes, candidat à Marseille sur la liste du maire sortant Benoît Payan, Amine Kessaci a rappelé avoir été exfiltré début février d'un meeting à Aix-en-Provence, face à une menace imminente.

Il a salué jeudi les "policières et policiers" qui ont réagi "avec un calme absolu". "C'est important, quand beaucoup leur jettent tous les maux de la société" qu'on "leur reconnaisse ça".

S'il estime qu'une personne menacée en France "est protégée", le militant de 22 ans considère que la protection ne peut se limiter à la sécurité physique, et doit permettre de poursuivre des études, d'avoir un emploi et un logement. "On a besoin de tout ce qu'il y a à côté".

Ex-veilleur de nuit dans un foyer, il souligne que le service chargé de sa protection, habitué à protéger des personnalités comme des ministres, a fait face à la nécessité nouvelle de protéger des personnes ayant une vie étudiante ou professionnelle classique.

Il explique avoir dû déménager trois fois depuis sa mise sous protection. "J'ai dû me débrouiller", dit-il.

Il a lancé un appel au gouvernement afin qu'il s'empare du texte écologiste et l'amende, précisant avoir déjà eu des échanges avec le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez.