Maroc: Nouvelle plainte pour harcèlement sexuel contre l'ex-PDG d'Assu 2000

Une plaignante réagit lors d'une conférence de presse organisée par l'Association marocaine pour les droits des victimes à Tanger, dans le nord du Maroc, le 17 juin 2022. (Photo, AFP)
Une plaignante réagit lors d'une conférence de presse organisée par l'Association marocaine pour les droits des victimes à Tanger, dans le nord du Maroc, le 17 juin 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 17 juillet 2022

Maroc: Nouvelle plainte pour harcèlement sexuel contre l'ex-PDG d'Assu 2000

  • Les faits présumés se sont produits entre 2018 et avril 2022 dans des filiales marocaines du géant du courtage en France
  • Plusieurs plaignantes ont fait état de harcèlement sexuel systématique, de menaces et d'intimidations au sein de l'entreprise française à Tanger

TANGER: L'affaire Jacques Bouthier, ex-patron français accusé avec plusieurs de ses collaborateurs de harcèlement sexuel par de jeunes employées à Tanger, ne cesse de prendre de l'ampleur au Maroc, avec une nouvelle plainte, une garde à vue et des témoignages incriminants.

"Au total, sept plaintes sont déposées contre (Jacques) Bouthier et ses complices. Les victimes ont décidé de briser la loi du silence et d'autres suivront aussi", a déclaré à l'AFP Me Abdelfattah Zahrach, un avocat des plaignantes, lors d'une conférence de presse à Tanger.

Jusqu'à aujourd'hui, six Marocaines avaient porté plainte.

Par ailleurs, "un septième suspect de nationalité française a été placé en garde à vue. Il sera présenté dans la journée (samedi) devant le procureur général du roi", a précisé de son côté l'avocate Aïcha El Guella, la présidente de l'Association marocaine des droits des victimes (AMDV) qui organisait la conférence de presse.

Le 6 juillet, cinq collaborateurs de M. Bouthier avaient été traduits devant un juge d'instruction et mis en détention provisoire à la suite de plaintes d'anciennes employées de succursales du groupe Assu 2000 (rebaptisé Vilavi en janvier) dans la cité portuaire du nord du Maroc.

Un sixième inculpé a été laissé en liberté.

Ils sont accusés de "traite d'êtres humains", "harcèlement sexuel", "attentat à la pudeur" et "violences verbales et morales".

Ces six salariés du groupe -- cinq Marocains, dont deux femmes, et un Français -- auraient "recruté et préparé psychologiquement les filles pour la venue du patron" et "justifiaient les agissements déplacés (de M. Bouthier)", selon une autre avocate membre de l'AMDV, Karima Salama.

Les faits présumés se sont produits entre 2018 et avril 2022 dans la filiale marocaine du géant français du courtage.

"Jacques Bouthier et ses collaborateurs sont en réalité une bande criminelle organisée", a accusé samedi la présidente de l'AMDV avant d'ajouter: "Il a cru qu'il pouvait exploiter sexuellement de jeunes femmes en toute impunité".

L'enquête en cours "va révéler d'autres victimes et d'autres complices", a-t-elle assuré.

«Campagne d'intimidation»

Plusieurs plaignantes ont déjà fait état de harcèlement sexuel systématique, de menaces et d'intimidations au sein d'Assu 2000 à Tanger, et ce dans un climat de précarité sociale.

Elles ont dit avoir été licenciées après avoir refusé de "céder au harcèlement et au chantage" de M. Bouthier "et de ses complices" parmi les cadres français et marocains de la société d'assurances implantée à Tanger.

Des confessions rares au Maroc où les victimes d'abus sexuels restent souvent stigmatisées par la société.

Samedi, lors de la conférence de presse, les jeunes femmes -- témoignant sous couvert de l'anonymat, leur identité protégée par des lunettes noires et le masque sanitaire -- ont dénoncé une "campagne d'intimidation dans les médias et sur les réseaux sociaux" menée par "le clan Bouthier".

"Le cauchemar continue, ils (ndlr: des responsables de l'entreprise) nous ont menacées, insultées et même tenté de nous soudoyer mais sans succès!", a raconté l'une d'elles.

Tandis qu'une autre a renchéri: "J'avais vraiment peur des représailles. J'ai vu qu'ils sont capables de tout".

"Malgré les difficultés, nous n'allons pas reculer. On ne s'arrêtera qu'une fois que la +mafia Bouthier+ sera derrière les barreaux", a-t-elle juré.

En France, la justice a mis en examen fin juin deux hommes, dont un policier, dans l'enquête pour traite des êtres humains et viols sur mineure dans laquelle M. Bouthier est incarcéré.

Ce puissant homme d'affaires de 75 ans a été mis en examen en mai à Paris à l'issue d'une enquête préliminaire ouverte mi-mars, avec cinq autres personnes, notamment pour traite d'êtres humains et viols sur mineure.

L'ex-chef d'entreprise est aussi poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de commettre le crime d'enlèvement et séquestration en bande organisée et détention d'images pédopornographiques.

En 2020, le magazine Challenges classait Jacques Bouthier 487e dans son classement des principales fortunes de France, avec un patrimoine estimé à 160 millions d'euros. Il est sorti du classement en 2021.


Le président libanais en route pour Washington où il doit rencontrer Donald Trump

Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun prononce une allocution télévisée à la nation depuis le palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 17 avril 2026. (AFP)
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  • Le président libanais Joseph Aoun est à Washington pour rencontrer le président américain Donald Trump et discuter du cessez-le-feu et du retrait israélien du sud du Liban
  • Les négociations entre le Liban et Israël se poursuivent sous médiation américaine, tandis que les tensions persistent avec de nouvelles frappes israéliennes dans le sud

BEYROUTH: Le président libanais a quitté Beyrouth samedi matin pour Washington, où il doit rencontrer Donald Trump, alors que son pays négocie avec Israël le retrait des zones du sud du Liban qu'il occupe depuis sa dernière guerre avec le Hezbollah pro-iranien.

Il s'agira de la première visite d'un chef d'Etat libanais aux Etats-Unis depuis 2009, lorsque Michel Sleiman avait été reçu par Barack Obama.

Outre le "sommet libano-américain" prévu à la Maison Blanche, Joseph Aoun doit s'entretenir "avec plusieurs responsables américains de la situation au Liban et des moyens de consolider le cessez-le-feu", notamment dans le sud, ainsi que du "retrait d'Israël des régions libanaises qu'il occupe", a précisé la présidence dans un communiqué.

Le Liban et Israël ont entamé en avril des négociations inédites depuis des décennies, sous l'égide des Etats-Unis, afin de mettre un terme à l'état de guerre entre eux.

Ils ont conclu un accord-cadre le 26 juin à Washington, qui prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

A l'issue d'une sixième session de négociations tenue à Rome, les deux pays sont parvenus "à un accord sur la structure et les lignes directrices" de ce processus, selon un responsable américain.

En parallèle, l'armée libanaise a commencé à renforcer ses patrouilles dans plusieurs villages jouxtant les zones occupées par les forces israéliennes dans le sud, avait indiqué une source militaire libanaise à l'AFP.

L'accord-cadre a été conclu après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu fragile dans la nouvelle guerre qui a éclaté entre le Hezbollah et l'armée israélienne.

Le mouvement chiite avait entraîné le Liban dans la guerre le 2 mars en bombardant Israël en soutien à l'Iran, son allié.

L'armée israélienne poursuit toutefois des frappes limitées dans le sud et procède à des destructions dans les villages qu'elle occupe, selon les médias officiels libanais.

Samedi, l'Agence nationale d'information (Ani) a fait état de nouvelles frappes contre deux localités situées en bordure de la zone occupée, dans les régions de Tyr et de Nabatiyé.

Dans un contexte de tensions régionales, l'ambassade des Etats-Unis au Liban a conseillé vendredi à ses ressortissants de "ne pas voyager au Liban".


Bahreïn et le Koweït affirment avoir contré des attaques iraniennes

Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran. (AFP)
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  • "L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes"
  • Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues

MANAMA: Bahreïn et le Koweït ont affirmé jeudi avoir contré des attaques iraniennes, après de nouvelles frappes américaines contre l'Iran.

"L'Iran poursuit sa politique hostile systématique à travers ses attaques criminelles visant les civils", a déclaré l'armée bahreïnie dans un communiqué, en affirmant avoir " intercepté et détruit plusieurs attaques aériennes".

Des sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans la nuit de mercredi à jeudi à Manama, la capitale du royaume, où des explosions ont été entendues, a rapporté une journaliste de l'AFP.

L'état-major koweïtien a également indiqué dans la nuit avoir répondu à "des attaques hostiles de drones" iraniens. Il a précisé que les explosions entendues étaient le résultat d'interceptions aériennes.

Les forces iraniennes ont annoncé avoir visé "des systèmes de radar, un système de défense antiaérienne Patriot et des sites de stockage de carburant" sur la base aérienne Ali al-Salem  au Koweït, ainsi que des installations militaires américaines sur la base aérienne de Cheikh Isa à Bahreïn.

Téhéran mène des attaques quasi quotidiennes dans ces deux pays du Golfe depuis la reprise des hostilités le 7 juillet avec les Etats-Unis, en disant cibler des intérêts militaires américains.

Les autorités bahreïnie et koweïtienne accusent toutefois leur voisin de viser aussi des sites civils.

Dimanche, le Koweït a affirmé que trois postes-frontières et une plateforme pétrolière offshore avaient été ciblés, sans préciser leur origine.

La confrontation a repris après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent au Moyen-Orient depuis le cessez-le-feu du 8 avril.


La Syrie dit avoir saisi des armes en provenance d'Irak destinées au Hezbollah

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana. (AFP)
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  • Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad
  • Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak

DAMAS: La Syrie a annoncé jeudi avoir déjoué une tentative de faire passer des armes destinées au Hezbollah pro-iranien au Liban, dont des missiles, via sa frontière avec l'Irak.

"Les unités spécialisées ont déjoué une tentative d'introduction d'une cargaison d'armes sophistiquées et de missiles via la frontière syro-irakienne", a indiqué une source du ministère de l'Intérieur, citée par l'agence officielle Sana.

"Les premières investigations ont établi que la cargaison était destinée à transiter par la Syrie au profit de la milice terroriste du Hezbollah", a ajouté cette source.

Le pouvoir syrien est hostile au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad.

Il a annoncé à plusieurs reprises avoir saisi des armes destinées au mouvement pro-iranien près de la frontière libanaise, mais c'est la première fois qu'il mentionne la frontière avec l'Irak.

Cette annonce intervient alors que le président américain Donald Trump met la pression sur la Syrie pour qu'elle intervienne au Liban contre le Hezbollah.

Depuis qu'une coalition islamiste a pris le pouvoir en Syrie en 2024, les autorités ont affirmé avoir démantelé des cellules liées à la formation pro-iranienne qui préparaient des attentats en Syrie, mais le Hezbollah a toujours démenti.

Le groupe est affaibli par la nouvelle guerre qu'il a menée contre Israël depuis mars pour soutenir l'Iran.

Le président syrien Ahmad al-Chareh dit refuser d'intervenir militairement au Liban contre le Hezbollah, comme l'a suggéré à plusieurs reprises Donald Trump.