Syrie: un ancien bastion de l'EI accueille le tournage de Jackie Chan

Des acteurs sont photographiés dans le quartier Hajar al-Aswad de la capitale syrienne Damas, le 14 juillet 2022, pendant le tournage d'une scène d'un film intitulé "Home Operation", une coentreprise sino-émiratie produite par l'acteur Jackie Chan et inspirée de faits réels. (Photo : Louai Beshara / AFP)
Des acteurs sont photographiés dans le quartier Hajar al-Aswad de la capitale syrienne Damas, le 14 juillet 2022, pendant le tournage d'une scène d'un film intitulé "Home Operation", une coentreprise sino-émiratie produite par l'acteur Jackie Chan et inspirée de faits réels. (Photo : Louai Beshara / AFP)
Short Url
Publié le Lundi 18 juillet 2022

Syrie: un ancien bastion de l'EI accueille le tournage de Jackie Chan

  • Une équipe hétéroclite d'acteurs en tenue traditionnelle yéménite, des figurants syriens et des membres de l'équipe de tournage chinoise étaient sur place dès jeudi
  • Jackie Chan ne se rendra pas en Syrie pour participer au tournage, mais il est le principal producteur de ce que le synopsis du film présente comme un blockbuster

HAJAR AL-ASWAD, Syrie : Des figurants syriens, une équipe de tournage chinoise: le quartier fantôme de la banlieue damascène Hajar al-Aswad, d'où a été délogé l'Etat islamique en 2018, s'est mué en décor de film d'action pour une production de la star du kung-fu hongkongaise Jackie Chan.

«Home Operation», dont le scénario ne mentionne qu'un pays fictif appelé «Poman», s'inspire de l'évacuation par la Chine en 2015 de centaines de citoyens chinois et étrangers du Yémen en guerre à bord de navires de la marine chinoise. Pékin s'était alors targué de la réussite de l'opération, soulignant son rôle humanitaire et son influence mondiale croissante.

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique et toujours déchiré par la guerre, est considéré comme trop dangereux et certaines scènes du film, coproduit par les Emirats arabes unis, sont ainsi tournées en Syrie.

Une équipe hétéroclite d'acteurs en tenue traditionnelle yéménite, des figurants syriens et des membres de l'équipe de tournage chinoise étaient sur place dès jeudi pour un tournage qui devrait durer plusieurs jours.

Jackie Chan ne se rendra pas en Syrie pour participer au tournage, mais il est le principal producteur de ce que le synopsis du film présente comme un blockbuster censé saluer le rôle des autorités chinoises dans une évacuation héroïque.

Le réalisateur Yinxi Song confirme l'intention laudative du film.

«On se met dans la peau de diplomates membres du Parti communiste, qui ont bravé un déluge de balles dans un pays déchiré par la guerre et ont ramené tous les compatriotes chinois sur un navire de guerre du pays, sains et saufs», a-t-il expliqué à la presse, alors que son équipe s'installait à Hajar al-Aswad, et que des chars prenaient position pour le tournage.

L'ambassadeur de Chine, l'un des rares pays à avoir maintenu de bonnes relations diplomatiques avec le régime du président syrien Bachar al-Assad après le début de la guerre civile en Syrie en 2011, était présent pour le lancement jeudi du tournage lors d'une petite cérémonie.

«Peace & Love» («Paix et Amour», NDLR), pouvait-on lire pour l'occasion sur une banderole accrochée à l'avant d'un char.

- «Studio à bas prix» -

Hajar al-Aswad était autrefois une banlieue densément peuplée au sud de Damas, près du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk. Les deux zones ont été le théâtre de combats acharnés durant la guerre et ont été au moins partiellement contrôlées par le groupe jihadiste Etat islamique.

La reconquête des deux quartiers par les forces progouvernementales syriennes en mai 2018 a consacré la reprise de l'ensemble de Damas par le régime. Mais des pans entiers de Hajar

al-Aswad ont été complètement rasés, transformant le quartier en une jungle de bâtiments gris, sans âme.

Quelques habitants sont retournés dans les parties les moins endommagées de la ville, laissant le reste complètement inhabité.

«Les zones ravagées par la guerre se sont transformées en studios. Ces zones attirent les producteurs de films», explique le co-réalisateur Rawad Chahine, qui fait partie de l'équipe de tournage syrienne.

«Construire des studios similaires à ces zones coûte très cher, elles sont donc considérées comme des studios à bas prix», ajoute-t-il.

Depuis 2011, la Syrie a déjà attiré plusieurs productions étrangères, notamment de Russie et d'Iran, deux pays alliés du régime syrien.

L'équipe de tournage de «Home Operation» prévoit de filmer à plusieurs endroits dans le pays.

La Syrie reste toutefois visée par une série de sanctions internationales et les mines antipersonnel, réparties à travers le pays, y font des ravages, en faisant le plus touché au monde par ces engins explosifs selon l'ONU.

Le conflit en Syrie a coûté la vie à un demi-million de personnes et a déplacé des millions d'habitants.


Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Short Url
  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Short Url
  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

--
« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Short Url
  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.