Le KSrelief ne fait "aucune discrimination religieuse, ethnique ou politique"

#KSrelief poursuit son soutien aux victimes des inondations au #Soudan. Le Centre distribue 400 tentes et des logements et approvisionne de nombreuses zones en nourriture et en produits alimentaires. (Fourni)
#KSrelief poursuit son soutien aux victimes des inondations au #Soudan. Le Centre distribue 400 tentes et des logements et approvisionne de nombreuses zones en nourriture et en produits alimentaires. (Fourni)
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Publié le Vendredi 30 octobre 2020

Le KSrelief ne fait "aucune discrimination religieuse, ethnique ou politique"

  • Le Dr Abdullah Al-Rabeeah, superviseur général du Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane, dans un entretien exclusif avec Arab News
  • KSrelief mène actuellement 1 367 projets dans 54 pays différents, pour un coût total de 4,673 milliards de dollars

DJEDDAH : Le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) fournit de l’aide aux «personnes dans le besoin dans le monde entier, quelles que soient leurs appartenances religieuses, ethniques et politiques. L'aide accordée ne vise aucun objectif, mais se fonde plutôt sur la mission pour laquelle le Centre a été fondé». Par ces mots, le Dr Abdullah Al-Rabeeah, superviseur général du KSrelief (Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane), résume l'engagement de l'Arabie Saoudite pour promouvoir la paix, le sens sacré de la vie et de la dignité humaine. Dans une interview exclusive accordée à Arab News, Al-Rabeeah a évoqué quelques-uns des 1 367 projets du KSrelief en cours dans 54 pays, qui représentent un coût total de 4,673 milliards de dollars (17,52 milliards de SAR).

Parmi les domaines abordés par KSrelief figure l'élimination des mines terrestres. Selon le Dr Al-Rabeeah, les milices soutenues par l'Iran au Yémen ont installé jusqu'à 1,1 million de mines depuis le début du conflit. À ce jour, plus de 192 000 ont été enlevées en toute sécurité grâce au projet Masam, affilié à KSrelief.

Q : Les activités du KSrelief (le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane) se limitent-elles aux pays arabes et islamiques?

R : Les activités humanitaires, ainsi que les activités de secours et de développement du KSrelief s'étendent à tous les pays du monde qui en ont besoin, y compris les pays arabes et islamiques. Cette action correspond à la mission du KSrelief qui consiste à fournir une aide à toutes les personnes nécessiteuses et défavorisées dans le monde entier sans la moindre discrimination (religieuse, ethnique, politique ou autre) et sans que l'aide soit liée à un programme quelconque. Les 1 367 projets et programmes du KSrelief couvrent 54 pays à travers le monde, répartis sur tous ses continents.

Q : Le développement à travers des projets d'éducation et de formation constitue une grande partie du travail du KSrelief. Quel en est le but?

R : À ce jour, le centre a lancé une série de 74 projets éducatifs, d'une valeur de 181,3 millions de dollars. Ces projets ont été réalisés au Yémen, en Syrie et en Somalie; ils bénéficient entre autres aux réfugiés rohingyas en Malaisie et au Bangladesh, et reposent sur la conviction de l'Arabie saoudite de l'importance de soutenir l'éducation des populations sinistrées, ainsi que d'améliorer les possibilités d'éducation des enfants non scolarisés. Pour le Royaume, cela représente une part importante de nos actions humanitaires et de secours. 

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Le Dr Abdullah Al-Rabeeah, superviseur général du KSrelief, assiste à la réunion humanitaire au plus haut niveau entre l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le BCAH, organisée au siège du KSrelief à Riyad, le 22 mai 2019. (AFP/File Photo)

Q : Quels sont les principaux pays qui ont bénéficié de l'aide du KSrelief, et quel est le montant de l'aide fournie?

R : KSrelief (Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane) est présent dans de nombreux pays sinistrés et veille sans cesse à leur apporter de l'aide pour soulager leurs souffrances et répondre à leurs besoins fondamentaux à travers un système intégré de services d'éducation, de santé, d'alimentation et d'hébergement. En tête de ces pays figure le Yémen, qui subit les conséquences d'un coup d'État perpétré par la milice houthie, soutenue par l'Iran.

KSrelief a alloué la plus grande partie de son aide à nos frères au Yémen. Les projets réalisés pour le Yémen s'élèvent ainsi à 513, évalués à 3,253 milliards de dollars. Le peuple syrien a également bénéficié d'une large part de l'aide du KSrelief, qui a réalisé 225 projets en Syrie d'une valeur totale de 296,9 millions de dollars. Le Centre a également entrepris 88 projets dans les territoires palestiniens occupés, évalués à 359,6 millions de dollars. Parmi les autres projets réalisés par KSrelief figurent 54 projets en Somalie dont la valeur s'élève à 197,8 millions de dollars et 113 projets au Pakistan de 120,4 millions de dollars, ainsi que de nombreux autres projets.

Q : Dans quelle mesure les projets réalisés récemment par KSrelief ont-ils aidé les personnes déplacées au Yémen et les communautés touchées par les explosions du port de Beyrouth et par les inondations au Soudan?

R : Depuis son lancement, KSrelief s'efforce de fournir différentes formes d'aide humanitaire à nos frères au Yémen, dans tous les gouvernorats, notamment en matière d'hébergement, de nourriture, de santé et d’éducation. De plus, le Centre a initié une aide d'urgence pour nos frères au Soudan, dans des régions récemment affectées par les inondations et les catastrophes naturelles qui ont fait des victimes et des dégâts aux propriétés. Un pont aérien a donc été établi pour leur fournir de la nourriture, des abris, une aide médicale et une assistance.

KSrelief a également lancé un pont aérien prévoyant une aide médicale, un logement et de la nourriture pour les personnes touchées par les explosions du port de Beyrouth, qui a entraîné de lourdes pertes de vies, de biens et d'infrastructures. Ces initiatives urgentes ont été dictées par le roi Salmane d'Arabie Saoudite, qui a généreusement ordonné de venir en aide aux pays sinistrés et à ceux qui sont dans le besoin.

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KSrelief a alloué la plus grande partie de l'aide au Yémen ; 513 projets ont été réalisés pour le Yémen, et sont évalués à 3,253 milliards de dollars. (Photo Fournie)

Q : KSrelief est la seule entité autorisée à recueillir des dons dans le Royaume. A-t-elle été populaire ? Les non-résidents peuvent-ils faire des dons?

R : KSrelief dispose d'une plate-forme de dons en ligne pour tous les programmes humanitaires et de secours qu’il entreprend. À travers cette plate-forme, les donateurs, qu'ils soient au Royaume ou à l'étranger, peuvent créer des comptes personnels qui leur donnent accès aux programmes qu'ils souhaitent soutenir et leur permettent ainsi de faire des dons par carte de crédit et par autres moyens de paiement électronique. La plate-forme offre également la possibilité de relier les dons directement aux pays et aux programmes de votre choix.

Cette plate-forme en ligne est la seule plateforme officielle à travers laquelle il est possible de faire des dons aux programmes du KSrelief, destinés à des bénéficiaires dans de nombreux pays à travers le monde. Il faut savoir que le centre ne déduit aucun frais administratif des dons effectués. Quant à sa notoriété, la plateforme est encore nouvelle, et nous espérons que le succès sera au rendez-vous dans l'avenir.

Q : Parmi les préoccupations du KSrelief figurent la santé et la protection des femmes et des enfants. Des fonds spéciaux leur sont-ils alloués?

R : Chaque secteur dispose d'un budget spécial et d'un montant qui lui est alloué, quel que soit le type du bénéficiaire. À titre d’exemple, à ce jour, 369 projets d'une valeur de 797,8 millions de dollars ont été mis en œuvre dans le secteur de la santé, contre 74 projets réalisés dans le domaine de l'éducation pour une valeur de 181,3 millions de dollars.

Par ailleurs, les femmes ont bénéficié de divers projets du KSrelief (Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane), soit plus de 225 projets, qui ont profité à plus de 62 millions de femmes dans le monde en quatre ans. Le coût de ces projets s'élève à 390 millions de dollars. Les enfants sont également au centre des préoccupations du KSrelief. Ainsi, depuis sa création, le centre a réussi à venir en aide à 114 millions d'enfants par le biais de 234 projets. Par conséquent, le montant alloué à chaque projet ou à chaque secteur varie en fonction de la taille et du type de projet.

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KSrelief a également lancé une aide d'urgence pour le Soudan, qui a récemment connu des inondations et des catastrophes naturelles qui ont fait des victimes et des dégâts aux propriétés. (Fourni)

Q : Le projet Masam est l'une des plus importantes initiatives du KSrelief mises en œuvre au Yémen. Son action se limite-t-elle au déminage?

R : Le projet Masam est un projet humanitaire saoudien spécialisé dans le déminage des terres yéménites. Les milices soutenues par l'Iran ont posé plus de 1,1 million de mines dans différentes régions du Yémen. De grandes quantités d'entre elles ont été posées dans des zones peuplées par des civils.

Le projet Masam procède à la suppression de ces mines. Il a jusqu'à présent désamorcé plus de 192 000 mines sur les terrains, dans les écoles et les maisons. Beaucoup d'entre elles se camouflent sous différentes formes et couleurs et ont été posées selon différentes méthodes, tuant et blessant un grand nombre d'enfants, de femmes et de personnes âgées.

Q : Combien d'enfants yéménites ont été aidés par le projet de réhabilitation des enfants-soldats?

R : KSrelief a mis en place un programme qualitatif pour réhabiliter les enfants qui ont été recrutés par la milice des Houthis et précipités dans le conflit comme boucliers humains. Le centre les réhabilite, les intègre dans la société, les ramène à une vie normale et leur apporte un soutien social afin qu'ils puissent vivre leur enfance. 

Ce programme, reconnu internationalement, vise à éduquer les parents sur les dangers du recrutement des enfants et s'efforce de créer des environnements familiaux sains en organisant des séances de sensibilisation et d'éducation et en introduisant les lois qui pénalisent le recrutement des enfants.

J'insiste ici sur l'importance de sensibiliser au danger du recrutement des enfants dans les conflits armés, de l'expliquer aux sociétés et de mettre l'accent sur les principes des droits de l'homme et du droit international qui interdisent l'exploitation des enfants dans les conflits armés.

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Grâce au soutien du KSrelief, un cinquième lot de paniers alimentaires a été distribué à Madagascar pour aider les personnes touchées par les inondations et les ouragans ; la situation dans ce pays a récemment  empiré en raison de la propagation de la Covid-19. (Photo fournie)

Q : Quelles sont les aides offertes aux réfugiés en Arabie Saoudite et comment sont-elles traitées?

R : Le Royaume accueille des centaines de milliers de réfugiés yéménites, syriens et rohingyas qui vivent sur son territoire en tant qu'invités d'honneur et visiteurs et non en tant que réfugiés. Ils disposent de la liberté de déplacement, de l'inscription dans les écoles publiques, de l'engagement sur le marché du travail et de l'accès aux services de santé.

KSrelief a mis en place une plate-forme pour les réfugiés, les personnes déplacées et les visiteurs en vue de mettre en évidence le type et le volume de l'aide qui leur est fournie par l'Arabie saoudite, aussi bien dans le Royaume que dans les autres pays. L'aide qui leur a été fournie s'élève à 13,7 milliards de dollars à ce jour.

Q : KSrelief collabore avec plusieurs organisations internationales. Comment la coordination avec ces organisations est-elle assurée au Yémen et dans les autres pays bénéficiaires?

R : KSrelief est en coordination constante et permanente avec les organisations humanitaires internationales pour apporter de l'aide aux personnes dans le besoin. Dans tous les gouvernorats et les régions du Yémen, KSrelief représente l'un des plus grands soutiens dans le domaine du travail humanitaire. De ce fait, toutes les organisations humanitaires opérant au Yémen cherchent à établir une coordination avec le centre afin de faciliter l'acheminement de l'aide aux personnes touchées. KSrelief dispose de succursales au Yémen qui organisent des réunions périodiques avec les organisations humanitaires afin de fournir un travail exemplaire dans les domaines des secours et de l'aide humanitaire.

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Le Centre d’aide humanitaire et de secours du roi Salmane (KSrelief) fournit de l’aide aux « personnes dans le besoin dans le monde entier, quelles que soient leurs appartenances religieuses, ethniques et politiques ». (Photo fournie)

Q : Quel est le nombre de bénévoles qui soutiennent le KSrelief? Comment sont-ils intégrés dans ses activités?

R : KSrelief a mis en place une plateforme destinée aux bénévoles. 15 562 volontaires ont été enregistrés, classifiés selon leurs spécialités et les besoins du centre pour leurs services. Les programmes de volontariat du KSrelief s'inscrivent dans la Vision 2030 du Royaume et reposent sur le principe du volontariat qui est l'un des sept principes reconnus comme humanitaires par le droit international.

 


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.