Afghanistan: l'ONU accuse les talibans d'avoir assassiné 160 personnes

Markus Potzel, chef par intérim de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), s'exprime aux côtés de Fiona Frazer, chef de la Mission d'assistance des Nations Unies pour les droits de l'homme en Afghanistan lors d'une conférence de presse à Kaboul le 20 juillet 2022. (Photo, AFP)
Markus Potzel, chef par intérim de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), s'exprime aux côtés de Fiona Frazer, chef de la Mission d'assistance des Nations Unies pour les droits de l'homme en Afghanistan lors d'une conférence de presse à Kaboul le 20 juillet 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 juillet 2022

Afghanistan: l'ONU accuse les talibans d'avoir assassiné 160 personnes

  • Dans un rapport publié mercredi, la Manua a, depuis août 2021, documenté 160 exécutions extrajudiciaires, 56 actes de torture et de mauvais traitements, et plus de 170 arrestations et détentions arbitraires
  • Les talibans ont régulièrement nié les accusations de violations des droits humains depuis leur prise du pouvoir à Kaboul en août, après la chute du précédent gouvernement soutenu par les Etats-Unis

KABOUL : La mission de l'ONU en Afghanistan a accusé mercredi les talibans au pouvoir d'avoir commis, depuis août 2021, des centaines de violations des droits humains, dont 160 exécutions extrajudiciaires et des actes de torture, ce que les intéressés nient.

"Il est indéniable que les conclusions de notre rapport sont extrêmement graves", a déclaré Markus Potzel, chef par intérim de la Mission d'assistance de l'ONU en Afghanistan (Manua), lors d'une conférence de presse à Kaboul.

Dans un rapport publié mercredi, la Manua a, depuis août 2021, documenté 160 exécutions extrajudiciaires, 56 actes de torture et de mauvais traitements, et plus de 170 arrestations et détentions arbitraires, contre d'anciens responsables de gouvernement et membres des forces de sécurité.

Les méthodes de torture les plus couramment utilisées sont des coups de pied, des coups de poing, des gifles, des coups avec des câbles et des tuyaux, et l'utilisation d'appareils à décharge électrique.

La Manua a recensé plus de 200 cas de châtiments cruels, inhumains ou dégradants - y compris le passage à tabac de commerçants pour ne pas être allés à la mosquée -, et plus de 100 cas de recours excessif à la force.

Les talibans ont régulièrement nié les accusations de violations des droits humains depuis leur prise du pouvoir à Kaboul en août, après la chute du précédent gouvernement soutenu par les Etats-Unis.

Mercredi, ils ont à nouveau rejeté en bloc le rapport de l'ONU, en le qualifiant de "faux" et de "propagande".

"Aucun type d'assassinats et d'arrestations arbitraires n'est autorisé dans le pays. Si quelqu'un tue ou arrête arbitrairement, il est considéré comme un criminel et sera soumis à la charia", la loi islamique, a déclaré dans un tweet le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid.

Depuis la fin du conflit il y a près d'un an, la sécurité s'est considérablement améliorée dans tout le pays et le nombre de victimes civiles a drastiquement baissé.

Cependant, en dépit de leurs promesses de se montrer plus souples, les talibans sont largement revenus à l'interprétation ultra-rigoriste de l'islam qui avait marqué leur premier passage au pouvoir (1996-2001), restreignant très fortement les droits et libertés des femmes et des filles.

La Manua a reçu 87 rapports de violence contre les femmes et les filles, notamment des meurtres, des viols, des mariages forcés - y compris des mariages d'enfants -, des voies de fait, des coups et blessures, ainsi que deux cas de crimes d'honneur, dont aucun n'a été enregistré auprès du système judiciaire formel.

Parmi les cas documentés, figure celui d'un couple qui a été publiquement lapidé à mort après avoir été accusé d'avoir une liaison.

"L'impunité prévaut" en Afghanistan, a dénoncé Fiona Frazer, chef de la mission des droits de l'homme de l'ONU en Afghanistan, tout en estimant que le nombre de cas des violations des droits humains pourrait être sous-évalué.

La Manua est "particulièrement préoccupée" par l'implication de la police religieuse et des services de renseignement des talibans dans les abus, a-t-elle ajouté.

Selon la mission onusienne, plus de 700 civils ont été tués et au moins 1.400 blessés dans des attentats - principalement attribués à la branche locale du groupe État islamique -, et l'explosion de mines abandonnées.


Trump dit que soit le détroit d'Ormuz "ouvrira très bientôt", soit l'Iran sera frappé "très fort"

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
Le président américain Donald Trump a déclaré qu'un accord visant à rouvrir le détroit d'Ormuz pourrait être conclu dès mercredi, tout en avertissant que l'Iran serait « frappé très durement » si les négociations échouaient. (AP)
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  • Donald Trump affirme qu'un accord avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz est proche, tout en menaçant Téhéran de représailles en cas d'échec
  • Un accord temporaire de 60 jours serait à l'étude pour encadrer la navigation dans le détroit, alors que les incidents sécuritaires se poursuivent

Rancho Palos Verdes, États-Unis:  Donald Trump a déclaré mardi que le détroit d'Ormuz ouvrirait "très bientôt, ou alors (les Iraniens) seront frappés très fort", dans un entretien accordé à la chaîne Fox News.

"Nous avons de très bonnes discussions", a encore dit le président américain, en déplacement en Californie (ouest), assurant que l'Iran voulait passer un accord.

"J'ai le temps", a aussi déclaré le dirigeant républicain à propos de ce conflit qui dure depuis plus de cinq mois.

Selon le site Axios, qui cite des "sources régionales", un accord temporaire de 60 jours est en discussion pour organiser le passage dans le détroit entre l'Iran et le sultanat d'Oman.

Cet accord préliminaire, qui pourrait être annoncé dès mercredi, prévoit selon Axios que tout transport maritime entrant via le détroit emprunterait une voie nord dans les eaux iraniennes, et tout navire sortant suivrait une trajectoire méridionale dans les eaux contrôlées par Oman, le tout sans péage ou droit de passage.

Pendant cette période de soixante jours, et dans l'attente d'un accord définitif, la voie médiane du détroit serait déminée, toujours selon Axios, qui prévient que ce compromis n'est pas encore scellé.

"Il y a une chance que nous parvenions aujourd'hui ou demain à un accord visant à rouvrir le détroit et à aller vers une normalisation", a déclaré mardi le ministre des Finances américain Scott Bessent dans un entretien à la chaîne CNBC.

Les tensions dans le détroit, devenu un enjeu de premier plan dans la guerre au Moyen-Orient, restent vives. Mardi, l'agence maritime britannique UKMTO a indiqué qu'un navire y avait été touché par un "projectile inconnu".


Un "projectile inconnu" frappe un cargo dans le détroit d'Ormuz, selon l'UKMTO

Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
Des navires naviguent près du détroit d’Ormuz, au large de la côte est des Émirats arabes unis, à Khor Fakkan, le 13 juillet 2026. (AFP)
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  • Un cargo a été touché par un « projectile inconnu » dans le détroit d’Ormuz, selon l'agence maritime britannique UKMTO
  • Aucun blessé ni dégât n'a été signalé à ce stade

DUBAI: Un "projectile inconnu" a frappé un cargo dans le détroit d'Ormuz, a alerté l'agence maritime britannique UKMTO dans la nuit de lundi à mardi, sans faire mention d'éventuels blessés ou dégâts.

Un cargo, dont le nom n'a pas été précisé, a signalé à l'UKMTO avoir été "touché par un projectile inconnu", selon le communiqué de l'organisation. Les faits sont survenus à quelque 20 milles nautiques (37 kilomètres) au nord-est de la ville omanaise d'Al Khasab, de même source.


Trump assure que les discussions avec Téhéran ont repris, malgré le démenti iranien

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des négociations avec l’Iran étaient en cours malgré les démentis de Téhéran. (Reuters)
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  • Trump affirme que des négociations sont en cours avec l’Iran et les présente comme une « dernière chance » pour parvenir à un accord, notamment sur le détroit d’Ormuz. Téhéran dément
  • Les tensions restent fortes dans la région, avec des discussions entre l’Iran et Oman sur Ormuz et un incident visant un cargo dans le détroit

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé lundi que des négociations avec l'Iran avaient lieu "en ce moment même", malgré le démenti de Téhéran peu auparavant, le président américain affirmant que ces discussions représentaient "la dernière chance" pour le pays d'obtenir un bon accord.

Dans un échange avec des journalistes à la Maison Blanche, le président américain a assuré que ces pourparlers se déroulaient "à la demande" de Téhéran, et avec le "soutien" de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis ainsi que du Qatar.

"C'est la dernière chance qu'ont les Iraniens de signer un bon document", a-t-il déclaré.

Selon Donald Trump, ces discussions portent en particulier sur une réouverture, possible selon lui "dès demain", du détroit d'Ormuz.

Auparavant, il avait fustigé dans un message sur son réseau Truth Social la "duplicité incroyable" des dirigeants iraniens.

"Ils demandent une rencontre (...), les discussions commencent, d'autres sont prévues dans un futur immédiat, et ils disent, publiquement et fièrement, qu'ils n'ont aucune discussion", a-t-il écrit sur sa plateforme.

Le président américain avait menacé il y a quelques jours de "frapper fort" la République islamique, avant d'annoncer suspendre ses plans de bombardements massifs dans une nouvelle volte-face, alternant à plusieurs reprises ces dernières semaines menaces et annonces de pourparlers.

- Situation tendue -

La réponse de l'Iran est arrivée lors du point presse hebdomadaire de sa diplomatie: "nous ne négocions pas avec les Etats-Unis en ce moment. Nous négocions avec Oman pour sécuriser un passage dans le détroit d'Ormuz", a affirmé Esmaïl Baghaï.

La veille déjà, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères avait parlé d'un accord proche avec Oman pour rouvrir cette voie cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures, de nouveau verrouillée depuis que le protocole d'accord américano-iranien a volé en éclats début juillet.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes.

Le sultanat omanais, qui avait déclenché la colère de Téhéran en juin en ouvrant une route alternative dans le détroit, n'a pas fait de déclaration pour l'instant.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", avait assuré dimanche Esmaïl Baghaï.

Vers 00H30 GMT, le cours du baril de WTI nord-américain gagnait 0,49% à 80,73 dollars, et celui de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, progressait de 0,60% à 84,27 dollars. Les prix tentaient un timide sursaut après avoir lourdement chuté la veille sur fond d'espoirs de négociations entre Iran et Etats-Unis.

Le Brent avait brièvement dépassé 100 dollars le baril fin juillet.

En attendant, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue. L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté dans la nuit de lundi à mardi qu'un cargo y avait été frappé par un "projectile inconnu", sans faire état dans l'immédiat d'éventuels blessés ou dégâts.

- "Nouveau mensonge" -

Donald Trump avait conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur le détroit.

Il a avancé lundi que celui-ci était "totalement contrôlé" par la marine américaine, et averti que le blocus américain des ports iraniens ne serait levé qu'en cas d'"accord" ou de "capitulation totale".

Les hostilités, déclenchées fin février par une offensive américano-israélienne sur Téhéran, ont globalement cessé en avril avant de reprendre début juillet.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end, notamment contre des infrastructures énergétiques.

Donald Trump a dit avoir renoncé à cette nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord".

Il a affirmé que la requête provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même, ce que Téhéran a également démenti, évoquant un "nouveau mensonge" du président américain.

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux navires saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.