Ukraine : la Russie élargit son offensive, Kiev demande davantage d'armes

Des habitants observent le trou et les dégâts causés dans la Maison de la culture, à Druzhkivka, au sud de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, à la suite d'une attaque présumée au missile, le 9 juillet 2022. (Photo, AFP)
Des habitants observent le trou et les dégâts causés dans la Maison de la culture, à Druzhkivka, au sud de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, à la suite d'une attaque présumée au missile, le 9 juillet 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 20 juillet 2022

Ukraine : la Russie élargit son offensive, Kiev demande davantage d'armes

Des habitants observent le trou et les dégâts causés dans la Maison de la culture, à Druzhkivka, au sud de Kramatorsk, dans l'est de l'Ukraine, à la suite d'une attaque présumée au missile, le 9 juillet 2022. (Photo, AFP)
  • Après presque cinq mois de guerre, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les objectifs militaires de la Russie en Ukraine ne se limitaient plus uniquement à l'est du pays, mais concernaient également «d'autres territoires»
  • Moscou a enregistré des gains ces dernières semaines dans le Donbass, en faisant notamment sauter le double verrou de Severodonetsk et Lyssytchansk

KIEV: Près de cinq mois après le début de son offensive, la Russie a élargi mercredi ses objectifs à d'autres territoires que ceux de l'est de Ukraine, Kiev demandant pour sa part à ses alliés davantage d'armes et de nouvelles sanctions contre Moscou. 

Pour surmonter la chute des livraisons russes de gaz, Bruxelles a proposé un plan visant à réduire de 15% la demande européenne avec une limitation du chauffage de certains bâtiments, le report de la fermeture de centrales nucléaires et des entreprises incitées à réduire leurs besoins. Mais l'Espagne a déjà signifié son opposition. 

Sur le plan militaire, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les objectifs de la Russie ne se limitaient plus uniquement à l'est de l'Ukraine, mais concernaient également d'« autres territoires » et pourraient encore s'étendre. Il a justifié ce changement par une « géographie différente » par rapport à la situation sur le terrain à la fin mars. 

Partie à l'assaut le 24 février, la Russie avait dit vouloir se concentrer sur le bassin du Donbass, une région minière en partie contrôlée par des séparatistes prorusses depuis 2014, après n'être notamment pas parvenue à prendre Kiev, la capitale ukrainienne. 

« Ce ne sont plus seulement les républiques populaires de Donetsk et Lougansk (deux territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine, ndlr), ce sont aussi les régions de Kherson et de Zaporijjia (dans le sud, ndlr) et une série d'autres territoires et ce processus continue, de façon constante », a déclaré M. Lavrov à l'agence de presse Ria-Novosti et à la chaîne de télévision RT. 

M. Lavrov a aussi déclaré que mener des pourparlers avec Kiev n'aurait « aucun sens dans la situation actuelle », estimant que de précédents contacts avaient « seulement révélé l'absence de volonté, chez la partie ukrainienne, de discuter sérieusement de quoi que ce soit ». 

L'Ukraine a répondu à l'annonce russe en réclamant plus d'armes et des sanctions supplémentaires contre Moscou. « Les Russes veulent du sang, pas des négociations. J'appelle tous les partenaires à renforcer les sanctions contre la Russie et à accélérer les livraisons d'armes à l'Ukraine », a écrit le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba. 

La Première dame ukrainienne Olena Zelenska, en visite aux Etats-Unis, a pour sa part prononcé un vibrant plaidoyer devant le Congrès américain : « Je vous demande davantage d'armes (...) pour protéger les maisons de chacun et le droit de se réveiller vivant dans ces maisons », a-t-elle lancé. 

Avancées russes 

L'armée russe a enregistré des gains ces dernières semaines dans le Donbass, faisant notamment sauter le double verrou de Severodonetsk et de Lyssytchansk, deux villes de la région de Lougansk, ce qui lui a dégagé la voie pour tenter d'avancer vers les villes de Kramatorsk et de Sloviansk, plus à l'ouest dans la région de Donetsk. 

De rudes combats continuent de se dérouler dans cette partie de l'Ukraine, Kiev pouvant compter sur les récentes livraisons de pièces d'artillerie occidentales plus performantes. 

M. Lavrov a d'ailleurs prévenu que si les Occidentaux continuaient de fournir à l'Ukraine des armes capables de frapper à longue distance, comme les lance-roquettes multiples américains Himars, les objectifs géographiques de la Russie évolueraient encore. 

Dans le sud, de nouveaux bombardements ont fait au moins deux morts et neuf blessés dans la ville de Nikopol, a déploré son maire Oleksandre Saïouk. 

Selon le responsable régional Oleksandre Vilkoul, les Russes ont tiré des salves de missiles Grad à partir des territoires occupés dans le sud de l'Ukraine, dont 30 ont touché la ville. 

Parmi les blessés, quatre sont des enfants, le plus jeune ayant trois ans. « Trois immeubles ont été complètement détruits, jusqu'à dix autre endommagés », a-t-il précisé. 

A Kharkiv, dans le nord-est, des bombardements ont fait au moins trois morts, ont dit les autorités locales. Parmi les victimes, un adolescent de 13 ans tué près d'un d'arrêt de bus dont les journalistes de l'AFP ont vu le corps et les proches en état de choc, agenouillés près de lui, au milieu de débris de verre. 

Inquiétudes pour le gaz  

Dans l'immédiat, l'Europe est suspendue à la décision de Moscou de rouvrir ou non les vannes du gazoduc Nord Stream, qui approvisionne principalement l'Allemagne et ne livre plus qu'à 40% de ses capacités depuis mi-juin. 

Le président russe Vladimir Poutine a laissé entendre que le gazoduc pourrait redémarrer jeudi matin mais que si la Russie ne recevait pas une turbine manquante, il ne fonctionnerait qu'à 20% de sa capacité. « Un prétexte », a aussitôt réagi l'Allemagne. 

L'opérateur allemand Gascade a assuré prévoir une reprise dès jeudi au niveau d'« avant la maintenance », soit 40% des capacités. En début de soirée, le président de l'Agence allemande des réseaux, Klaus Müller, a estimé que la livraison pourrait finalement n'être jeudi que d'« environ 30% » de la capacité de Nord Stream 1. 

A Bruxelles, la Commission européenne prépare les esprits à des pénuries de gaz qui risquent de freiner l'activité économique et entraîner des difficultés pour se chauffer pendant l'hiver. 

La Russie couvrait 40% de l'approvisionnement en gaz de l'Europe jusqu'à l'an dernier. 

« La Russie utilise le gaz comme une arme. En cas d'interruption totale, l'Europe devra être prête », a lancé la présidente de l'exécutif européen, Ursula von der Leyen. 

Mais le plan européen ne fait pas l'unanimité. Le gouvernement espagnol s'est dit opposé à la réduction de la consommation de gaz d'au moins 15% souhaitée par Bruxelles pour l'ensemble des États membres de l'Union européenne, jugeant que cette mesure n'était pas forcément « juste » ni « efficace ». 

Madrid a également regretté que cette mesure n'ait pas fait l'objet d'un débat préalable. Ce plan doit être discuté le 26 juillet à l'occasion d'un Conseil européen. 

Concernant un autre dossier sensible, relatif aux céréales, le président russe Vladimir Poutine a douché l'espoir d'une reprise des exportations par la mer Noire des 20 millions de tonnes de céréales ukrainiennes bloquées en raison de la guerre. 

« Nous faciliterons l'exportation des céréales ukrainiennes, mais en partant du fait que toutes les restrictions liées aux possibles livraisons à l'exportation des céréales russes soient levées », a-t-il déclaré. 

La guerre a entraîné un bond des cours des céréales (blé, maïs), insoutenable pour les pays les plus dépendants pour leurs importations, comme l'Egypte, le Liban et la Tunisie. 

Enfin, complétant les six trains de sanctions adoptés depuis le début de la guerre, l'Union européenne a approuvé un embargo sur les exportations d'or de Russie. Elle va également geler les actifs de la banque russe Sberbank et ajouter plusieurs personnalités et entités à sa liste noire. 

 


Macron retrouve Modi en Inde, entre vente de Rafale et IA

Le président français Emmanuel Macron à son arrivée à Mumbai le 17 février 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron à son arrivée à Mumbai le 17 février 2026. (AFP)
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  • À Bombay, Emmanuel Macron retrouve Narendra Modi pour renforcer le partenariat stratégique franco-indien, marqué par l’intention d’achat de 114 Rafale supplémentaires et l’inauguration d’une chaîne d’assemblage d’hélicoptères H125 d’Airbus avec Tata Group
  • La visite met aussi l’accent sur l’intelligence artificielle et l’innovation, avec le Sommet mondial pour l’Impact de l’IA à New Delhi et des échanges sur le multilatéralisme (G7/Brics)

BOMBAY: Le président français Emmanuel Macron retrouve mardi le Premier ministre Narendra Modi à Bombay, capitale économique de l'Inde, pour renforcer le partenariat stratégique bilatéral, avec à la clef la vente de 114 chasseurs Rafale et un ancrage dans l'intelligence artificielle.

Le chef de l'Etat français, arrivé dans la nuit, rendra d'abord hommage aux victimes des attentats de Bombay en 2008 au Taj Mahal Palace.

Les attentats, perpétrés devant les caméras de télévision du monde entier, avaient fait 166 morts, dont deux Français. Pendant trois jours, les assaillants avaient mené des attaques au fusil d'assaut AK-47 et à la grenade à travers la métropole, y compris dans cet hôtel mythique de l'époque coloniale.

Emmanuel Macron rencontrera ensuite autour d'un déjeuner six stars du cinéma indien, dont Bombay est la capitale avec les studios de Bollywood, machine à superproductions mondiales.

Il entend évoquer les "coopérations possibles" dans ce domaine et "mettre en valeur l'attractivité de la France pour les tournages", précise l'Elysée.

- "Made in India" -

Le Premier ministre indien, venu spécialement à Bombay, rejoindra son hôte vers 15H00 (09H30 GMT) pour une série d'entretiens, suivis de déclarations à la presse et d'un dîner dans le décor somptueux du Taj Mahal Palace.

Les échanges s'annoncent sous les meilleurs auspices après la confirmation par l'Inde de son intention d'acheter 114 avions de combat Rafale supplémentaires, une commande sans précédent pour le constructeur Dassault, qui s'ajouterait aux 62 déjà acquis.

"Les discussions porteront sur la consolidation du partenariat stratégique et sur sa diversification dans des secteurs nouveaux et émergents", ont indiqué les services de Narendra Modi.

Elles vont permettre de "continuer à ancrer la relation bilatérale en la tournant résolument vers l'avenir", renchérit l'Elysée.

Les deux dirigeants inaugureront ensemble, à distance, une chaîne de montage d'hélicoptères Airbus, les H125, située à 1.000 kilomètres de là, près de Bangalore (sud), la capitale technologique indienne.

Cette ligne, dont la construction avait été annoncée lors de la dernière visite du président français en Inde en janvier 2024, devrait être opérationnelle en avril et le premier vol du H125 "Made in India", cher au gouvernement indien, réalisé à la fin de l'année.

La première ligne d'assemblage d'hélicoptères Airbus gérée par un groupe privé indien, le célèbre conglomérat Tata Group, a été conçue pour produire à terme la variante militaire du H125, appelée H125M.

- Lula, Google et Anthropic -

Les deux dirigeants donneront ensuite le coup d'envoi de l'année franco-indienne de l'innovation en présence d'un parterre de chefs d'entreprises et chercheurs.

Le désordre mondial généré par les coups de butoir permanents de Donald Trump, des droits de douane à la diplomatie, tout comme la montée en puissance de la Chine seront aussi au coeur des entretiens.

Narendra Modi n'a pas condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie, partenaire traditionnel de l'Inde - notamment pour les livraisons d'équipement militaire -, mais il s'est rendu à Kiev en septembre 2024 et est sous pression de Donald Trump pour réduire les importations indiennes de pétrole russe.

Le président français et le Premier ministre indien, qui président respectivement le G7 et le groupe des Brics cette année, vont aussi "explorer les convergences possibles" pour "défendre et promouvoir le multilatéralisme à un moment où il est particulièrement remis en cause", souligne l'Elysée.

La suite de la visite sera placée sous le signe de l'intelligence artificielle, avec un dîner inaugural mercredi soir à New Delhi du Sommet mondial pour l'Impact de l'IA, avant son ouverture effective jeudi, après une série de tables rondes en début de semaine.

Ce rendez-vous, auquel sont attendus une quinzaine de chefs d'Etat, dans la foulée du sommet de Paris sur l'IA en février 2025, se penchera sur l'investissement dans le secteur, la "recherche scientifique en faveur de l'intérêt général" et "l'accès par tous aux outils technologiques", selon l'Elysée.

Emmanuel Macron doit rencontrer en marge du sommet son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva ainsi que les dirigeants de Google et de la start-up américaine Anthropic, rivale d'OpenAI (la société qui développe ChatGPT).

Il inaugurera aussi le Centre franco-indien de l'IA en santé globale mercredi à New Delhi.


Le froid en Ukraine, défi technique et danger mortel pour les soldats

Plusieurs responsables militaires ukrainiens ont mentionné des périodes de baisse d'intensité d'assauts russes en janvier et février en raison du froid glacial. (AFP)
Plusieurs responsables militaires ukrainiens ont mentionné des périodes de baisse d'intensité d'assauts russes en janvier et février en raison du froid glacial. (AFP)
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  • Le pays traverse l'hiver le plus froid depuis le début de l'invasion russe en 2022 avec plusieurs semaines d'affilée de températures négatives, parfois autour de -20°C
  • La Russie en a profité pour intensifier ses frappes sur les infrastructures essentielles, coupant l'électricité et le chauffage pour des centaines de milliers de foyers et entraînant la pire crise énergétique en Ukraine depuis le début de la guerre

KIEV: L'unité de pilotes de drones d'Ali maniait un engin lorsque la caméra s'est soudainement figée à cause du froid, faisant échouer sa mission qui consistait à contrecarrer une attaque russe imminente. L'une des conséquences d'un hiver particulièrement rude pour l'Ukraine.

Le pays traverse l'hiver le plus froid depuis le début de l'invasion russe en 2022 avec plusieurs semaines d'affilée de températures négatives, parfois autour de -20°C.

La Russie en a profité pour intensifier ses frappes sur les infrastructures essentielles, coupant l'électricité et le chauffage pour des centaines de milliers de foyers et entraînant la pire crise énergétique en Ukraine depuis le début de la guerre.

Sur le front, long de 1.200 kilomètres, le froid affecte les soldats déployés sur leurs positions et complique le travail d'un outil essentiel: les drones, qui sont au coeur de la tactique des deux camps.

"Les batteries se déchargent plus rapidement, les caméras et les câbles gèlent, ils sont tout simplement recouverts de glace", résume Ali, qui s'identifie par son nom de guerre conformément au protocole militaire.

Peu coûteux à produire, ces engins sont utilisés par centaines chaque jour pour repérer les positions de l'adversaire, détecter les mouvements de soldats, larguer des grenades ou sont chargés d'explosifs pour percuter véhicules et bâtiments.

Pour échapper au brouillage électronique, certains drones sont équipés de câbles à fibre optique, garantissant une connexion stable.

Les drones intercepteurs, comme ceux pilotés par l'unité d'Ali, ont pour mission de détruire les drones ennemis dans cette guerre aérienne inédite.

Couche de graisse 

Près du front sud, les pilotes de la 18e brigade se préparent à lancer leurs engins, des appareils légers en polystyrène qui ressemblent à des avions miniatures.

"Gel, nuages bas, brouillard. Dans de telles conditions météorologiques, il est difficile pour un drone de voler. Il peut y avoir un court-circuit, il peut se briser en plein vol", s'inquiète Nazariï, l'un des commandants de la brigade.

Denys Chtilierman, constructeur en chef chez Firepoint, une entreprise qui fabrique des drones à longue portée pour l'armée ukrainienne, a une solution éprouvée pour leur donner une couche d'isolation supplémentaire.

"Nous les enduisons simplement de graisse et ils décollent. Je rigole, mais c'est ainsi", lance-t-il auprès de l'AFP lors d'une visite de l'usine de l'entreprise.

Et le rôle de ces appareils est trop essentiel pour les abandonner.

"Les drones sont utilisés quelles que soient les conditions. Nous avons certaines limites, mais nous devons les utiliser", tranche M. Chtilierman.

Si l'hiver pose un défi technique, il rend aussi les drones encore plus dangereux: la neige peut se transformer en piège mortel pour les troupes.

"Il est très facile de voir où quelqu'un a marché ou roulé, car les traces ressortent nettement dans la neige", relève le pilote au nom de guerre de Lafayette, de la bridage renommée Achilles.

Certains drones sont également équipés de caméras thermiques pour repérer la chaleur dégagée par les corps humains, plus visible en hiver.

"Ennemi insidieux" 

Les soldats souffrent également du froid, des deux côtés du front.

Plusieurs responsables militaires ukrainiens ont mentionné des périodes de baisse d'intensité d'assauts russes en janvier et février en raison du froid glacial.

Lors d'une récente séance d'entraînement d'infanterie, l'AFP a vu des recrues ukrainiennes courir dans une neige épaisse, les couches de glace craquant sous leurs bottes.

"L'infanterie qui quitte (ses positions) est littéralement détruite parce qu'elle n'a nulle part où se cacher", témoigne Kolesso, un fantassin ukrainien de 31 ans.

Dans le froid, les blessures deviennent rapidement mortelles, car l'hypothermie affaiblit la capacité du corps à faire face aux traumatismes.

Les gelures aux membres sont aussi fréquentes, confirme Nastia, ambulancière au sein de la brigade Da Vinci Wolves, pour qui le froid est "un ennemi très insidieux" à ne pas sous-estimer.

"Les blessés ne meurent pas seulement à cause des éclats d'obus et des balles, ils meurent aussi à cause du froid", qui s'avère "un sombre compagnon", explique-t-elle.

Malgré ces risques, Nazariï n'a d'autre choix que de continuer à se battre et de veiller à ce que les drones ukrainiens restent en vol. "Nous sommes en guerre. Nous travaillons par tous les temps", tranche-t-il.

 


Les Etats-Unis suppriment un statut de protection pour les exilés yéménites

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
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  • Les États‑Unis ont annoncé la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants yéménites, accordé depuis 2015 en raison du conflit armé, avec une mise en œuvre prévue dans 60 jours selon le Département de la Sécurité intérieure
  • Cette décision reflète une politique plus large du gouvernement américain visant à réduire les protections humanitaires pour les migrants

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé vendredi mettre fin au statut de protection accordé aux exilés originaires du Yémen, qui était en vigueur depuis dix ans.

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que le statut de protection temporaire (TPS), initialement accordé aux ressortissants de ce pays en septembre 2015 en raison du conflit armé qui y sévit, prendrait fin dans 60 jours.

Le TPS permet à un petit nombre de personnes de vivre et de travailler aux États-Unis si elles sont considérées comme étant en danger en cas de retour dans leur pays d'origine, en raison d'une guerre, d'une catastrophe naturelle ou d'autres circonstances exceptionnelles.

Environ 1.400 Yéménites bénéficient de ce statut aux Etats-Unis.

L'administration Trump a déjà supprimé les protections TPS de nombreux Etats, comme le Venezuela, Haïti ou le Népal, dans le cadre de sa politique drastique visant à réduire l'immigration.

Le Yémen est un des pays les plus pauvres du monde et fait face à une guerre civile depuis 2014.

"Après avoir examiné la situation dans le pays et consulté les agences gouvernementales américaines compétentes, j'ai déterminé que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire", a déclaré Mme Noem dans un communiqué.

"Permettre aux bénéficiaires du TPS yéménites de rester temporairement aux États-Unis est contraire à notre intérêt national", a ajouté la ministre.

Les bénéficiaires du TPS yéménite qui n'ont aucune autre base légale pour rester aux États-Unis ont 60 jours pour quitter le territoire américain, sous peine d'être arrêtés, précise le communiqué, promettant un billet d'avion gratuit et une "prime de départ" de 2.600 dollars à ceux qui partiront de leur plein gré.