Le Royaume-Uni appelé à rapatrier les femmes de Daech et leurs enfants des camps syriens

Une femme accompagnée d'un enfant passe à côté des tentes au camp Roj, abritant des membres de la famille de personnes accusées d'appartenir à Daech. (Fichier/AFP)
Une femme accompagnée d'un enfant passe à côté des tentes au camp Roj, abritant des membres de la famille de personnes accusées d'appartenir à Daech. (Fichier/AFP)
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Publié le Jeudi 29 octobre 2020

Le Royaume-Uni appelé à rapatrier les femmes de Daech et leurs enfants des camps syriens

  • Les enfants ne sont pas des bombes à retardement, mais ils pourraient le devenir si nous ne les ramenons pas
  • Le refus du Royaume-Uni de les rapatrier, ou de rapatrier leurs parents, risque de provoquer les évasions massives des terroristes les plus dangereux du monde

LONDRES: Des enfants britanniques sont détenus dans des camps syriens destinés aux membres de Daech où ils sont confrontés à la malnutrition, à de mauvaises conditions sanitaires, à la menace de la Covid-19 et à une dégradation des conditions météorologiques, selon un rapport de l'Institut Egmont diffusé par un groupe de réflexion belge.

Plusieurs enfants sont déjà morts dans les camps, dont le bébé du membre britannique de Daech Shamima Begum.

Le refus du Royaume-Uni de les rapatrier, ou de rapatrier leurs parents, risque de provoquer une évasion massive des «terroristes les plus dangereux du monde», indique le rapport.

Toujours selon le rapport, les conditions qui ont conduit à la création de Daech, à travers le réseautage de masse et la radicalisation dans les prisons surpeuplées administrées par les États-Unis à la suite de l'invasion de l'Irak en 2003, se répètent dans les camps en Syrie.

L'institut déclare que les camps comptent actuellement 35 enfants et 24 adultes britanniques, dont 15 femmes. Au total, plus de 600 enfants de ressortissants de l'Union européenne (UE) ont été recensés.

« La majorité des enfants ont moins de 5 ans, et ils ont toutes les chances de se resocialiser pleinement dans leur pays d'origine », indique le rapport.

« Les enfants ne sont pas des “bombes à retardement'', mais ils pourraient le devenir si nous ne les ramenons pas.»

Le rapport condamne le refus par les États occidentaux de rapatrier les membres et affiliés de Daech, les privant dans certains cas de leur citoyenneté, afin d'éviter le « suicide politique » pour les élus responsables de la prise de décision.

« Pendant leur période de détention en Syrie ou en Irak, les combattants européens continueront d’être exposés au risque de radicalisation et de réseautage avec d’autres détenus étrangers de Daech », écrivent les auteurs du rapport, Thomas Renard et Rik Coolsaet.

« La seule question que nous devons nous poser est de savoir si nous sommes prêts à abandonner toute forme de contrôle sur les combattants étrangers européens, au risque de les voir revenir dans quelques années encore plus radicalisés, ou si nous préférons reprendre le contrôle pour assurer leur arrestation , leur détention et leur réhabilitation d’une manière appropriée.»

En juillet, un certain nombre d'éminents politiciens britanniques ont écrit au gouvernement pour souligner les dangers de continuer à abandonner les membres britanniques et européens de Daech en Syrie.

Les députés, y compris les anciens ministres du gouvernement conservateur Tobias Ellwood, David Davis et Andrew Mitchell, ont déclaré: « Nous sommes préoccupés par le fait que leur détention actuelle pour une durée indéfinie dans des camps de détention kurdes de plus en plus précaires pose un problème de sécurité important au Royaume-Uni, et a des conséquences significatives sur les enfants impliqués.»

« Nous vous exhortons à veiller à ce que ces personnes soient ramenées au Royaume-Uni afin que tout adulte accusé de crimes puisse être poursuivi équitablement avec une procédure régulière et que la sécurité des enfants soit assurée.»

La menace d'évasions massives a augmenté de façon exponentielle ces derniers mois: un récent rapport militaire américain met en évidence la détérioration de la situation dans de nombreux camps contrôlés par les Kurdes.

Les autorités kurdes ont appelé à plusieurs reprises les pays de l'UE et le Royaume-Uni à rapatrier tout ou partie de leurs citoyens détenus en Syrie afin d'alléger la pression et de libérer des ressources dans le conflit en cours.

Deux femmes du Royaume-Uni et d'Irlande, ainsi que leurs enfants, faisaient partie des quelque 750 femmes et enfants qui se sont échappés du camp d'Ain Issa après que les forces turques ont envahi la région en octobre dernier.

On ne sait pas où se trouvent la plupart d'entre eux, et beaucoup ont tenté de rejoindre les djihadistes dans le nord de la Syrie.

La violence et l'insurrection éclatent fréquemment dans d'autres camps d'anciens membres de Daech, notamment à Al-Hol, qui abrite plus de 65 000 femmes et enfants, et à Hasakah, le principal centre des combattants capturés de Daech.

Le rapport de l’Institut Egmont indique que la Covid-19 présente également un risque grave pour la viabilité des camps. « On craint que les mesures visant à empêcher la propagation de la Covid-19, telles que la réduction des contacts physiques entre les gardiens et les prisonniers, puissent faciliter une prise de pouvoir informelle par des groupes liés à Daech et exacerber un environnement perméable aux activités criminelles » explique le rapport.

Selon un porte-parole du gouvernement britannique: «Notre priorité est de garantir la sûreté et la sécurité du Royaume-Uni. Parmi ceux qui restent en Syrie figurent certaines des personnes les plus dangereuses qui ont choisi de rester pour combattre ou pour soutenir d'une autre manière un groupe qui a commis les crimes les plus atroces, notamment le massacre et la décapitation de civils innocents.»

« Le gouvernement a clairement indiqué qu'ils devraient être traduits en justice pour leurs crimes dans la juridiction la plus appropriée, en l’occurrence là où leurs infractions ont été commises.»

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 

 


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.

 


Le Liban lance les travaux de réhabilitation de son second aéroport

Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
Des membres du personnel au sol marchent près d’un avion à l’aéroport René Mouawad, dans la ville de Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar, à l’extrême nord du Liban, le 6 juin 2026. (AFP)
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  • Le Liban a lancé les travaux de réhabilitation de son deuxième aéroport international à Qlaïat, dans le gouvernorat d’Akkar
  • Le projet prévoit une mise en service autour de novembre 2026, avec des vols vers Istanbul et Dubaï, puis vers d’autres destinations régionales, tout en visant la création d’emplois dans le nord du Liban

BEYROUTH: Le Liban a lancé samedi les travaux de réhabilitation de son second aéroport international, situé dans le nord du pays, près de la frontière syrienne, après des années de report.

Le pays ne dispose actuellement que d'un seul aéroport, celui de Beyrouth. Le nouvel aéroport, situé à Qlaïat, dans le gouvernorat d'Akkar, à l'extrême nord du Liban et à proximité de la frontière syrienne, se trouve également près de Tripoli, grande ville à majorité sunnite du nord du pays. 

La mise en service de l'aéroport vise à créer des emplois dans le gouvernorat d'Akkar, l'un des plus pauvres du Liban.

Jusqu'ici, l'aéroport était utilisé à des fins militaires par l'armée libanaise.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le ministre des Transports, Fayez Rasamny, ont assisté samedi à l’ouverture de l’aéroport à des fins commerciales. 

"Aujourd'hui on passe de la promesse à la réalisation", a affirmé le ministre libanais, précisant que l'aéroport devrait commencer à être opérationnel "dans quelques semaines" pour desservir Mersin et Istanbul en Turquie mais aussi Dubaï.

Il a également évoqué, à terme, une extension du réseau vers l'Arabie saoudite, Le Caire et Athènes ainsi que des discussions en cours avec les compagnies à bas coût EasyJet, Ryanair et Pegasus, afin qu'elles le desservent.

Les travaux d'aménagement devraient durer au moins trois mois et l'aéroport pourrait être officiellement mis en service en novembre 2026, selon des médias locaux.

La société libanaise Sky Lounge, chargée du projet, a publié samedi une vidéo montrant un vol d'essai entre les aéroports de Beyrouth et de Qlaïat.

Son président-directeur général, Ziad Mnoula, a indiqué que le terminal passagers pourrait être achevé dans les "90 jours" suivant l'obtention des autorisations nécessaires. Selon lui, l'aéroport sera capable d'accueillir 114.000 passagers la première année. 

L’aéroport René Moawad, construit par l’armée française dans les années 1930 et utilisé à des fins civiles dans les années 1960, a été bombardé lors de la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah.

L’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth a continué d’assurer ses opérations sans interruption, malgré les conflits successifs entre Israël et le Hezbollah, notamment en 2023, 2024 et depuis le 2 mars, confirmant son rôle central dans la continuité des liaisons aériennes du pays.


L’Arabie saoudite mène la condamnation arabe des attaques de l’Iran contre Bahreïn et le Koweït

Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
Le ministère a déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour protéger leur sécurité. (KSAMOFA)
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  • Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi

RIYAD : Le ministère des Affaires étrangères de l’Saudi Arabia a condamné samedi les attaques de l’Iran contre l’Bahrain et le Kuwait.

Les deux pays du Golfe ont intercepté sept missiles tirés par l’Iran samedi.

Dans une déclaration publiée sur X, le ministère saoudien des Affaires étrangères a affirmé que les agressions iraniennes représentent une menace pour la sécurité régionale et internationale.

« Les attaques continues de l’Iran compromettent les efforts internationaux visant à rétablir la sécurité », indique le communiqué.

Le ministère a également déclaré que l’Arabie saoudite soutient Bahreïn et le Koweït dans les mesures qu’ils prennent pour garantir leur sécurité.

« Les attaques continues de l’Iran signifient une nouvelle escalade », a ajouté le ministère.

L’échange de frappes intervient alors que l’administration Trump accentue la pression sur l’Iran afin de parvenir à un accord pour mettre fin au conflit.

La Jordan a également condamné samedi ces attaques, les qualifiant de violation de la souveraineté des deux pays et de menace pour la sécurité et la stabilité régionales.

Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé la pleine solidarité de la Jordanie avec Bahreïn et le Koweït, ainsi que son soutien aux mesures prises pour protéger leur sécurité et leur intégrité territoriale. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com