Nucléaire iranien: un texte final sur la table mais pas encore d'aval de Téhéran

Les pourparlers à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances pour relancer l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 sont au point mort depuis mars (Photo, AFP).
Les pourparlers à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances pour relancer l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 sont au point mort depuis mars (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 09 août 2022

Nucléaire iranien: un texte final sur la table mais pas encore d'aval de Téhéran

  • Fin juin, le Qatar a organisé à Doha des pourparlers indirects entre l'Iran et les Etats-Unis - qui se sont désengagés unilatéralement de l'accord en 2018
  • Samedi, le président français Emmanuel Macron a estimé à l'issue d'un entretien avec son homologue iranien Ebrahim Raïssi que la relance de l'accord «était encore possible»

TEHERAN: Téhéran n'agit pas "à la hâte" face aux pressions des Occidentaux pour faire revivre l'accord sur le nucléaire iranien, a affirmé lundi son ministère des Affaires étrangères alors que les pourparlers sur ce dossier sont à l'arrêt depuis mars.

"Ils exigent que l'Iran prenne rapidement une décision, [insistant que] le temps est limité et que l'Iran doit répondre rapidement, [mais] l'Iran n'agit pas à la hâte", a déclaré le porte-parole du ministère, Nasser Kanani, dans sa conférence de presse hebdomadaire.

Les pourparlers à Vienne entre l'Iran et les grandes puissances pour relancer l'accord international sur le nucléaire iranien de 2015, censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique en échange de la levée de sanctions asphyxiant son économie, sont au point mort depuis mars.

Fin juin, le Qatar a organisé à Doha des pourparlers indirects entre l'Iran et les Etats-Unis - qui se sont désengagés unilatéralement de l'accord en 2018 - dans l'espoir de remettre le processus de Vienne sur les rails mais ces discussions ont été interrompues après deux jours sans aucune percée.

La République islamique "ne sacrifie pas les intérêts fondamentaux du pays et de la nation dans un processus précipité", a ajouté M. Kanani.

Samedi, le président français Emmanuel Macron a estimé à l'issue d'un entretien avec son homologue iranien Ebrahim Raïssi que la relance de l'accord "était encore possible", mais "elle devait intervenir dans les plus brefs délais".

«Caméras scellées»

Le porte-parole du département d'Etat américain, Ned Price, a noté jeudi que l'Iran "ne semblait pas avoir pris (...) les décisions politiques nécessaires pour assurer un retour mutuel dans l'accord".

De son côté, le chef du renseignement extérieur britannique, le MI6, a dit douter que le guide suprême iranien Ali Khamenei soutienne un retour à l'accord sur le nucléaire.

"Si les Etats-Unis agissent comme l'Iran de manière constructive et de bonne foi et réagissent positivement aux initiatives positives de l'Iran, nous pensons que nous sommes proches d'un accord", a indiqué M. Kanani.

Par ailleurs, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami, a indiqué lundi que les caméras de surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) déconnectées en juin ne seraient reconnectées qu'après un retour à l'accord de 2015.

L'Iran a déconnecté certaines de ces caméras sur ses sites nucléaires, en guise de riposte à une résolution que les Etats-Unis et les Européens ont fait voter à l'AIEA dénonçant un manque de coopération de Téhéran.

"Les caméras étaient censées effacer les accusations [de l'Occident selon lesquelles l'Iran cherche à se doter de la bombe atomique, NDLR], si ces accusations sont maintenues il n'y a plus de raison pour l'existence de ces caméras", a jugé M. Eslami, cité par l'agence officielle IRNA.

"Les caméras ont été récupérées par l'AIEA, scellées et stockées dans les installations [nucléaires] jusqu'au jour" de la relance de l'accord, a-t-il assuré.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.