Canada: Après les excuses, le pape sur les lieux d'un pélerinage sacré pour les autochtones

Le pape François salue le public après un service à l'église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples à Edmonton le 25 juillet 2022, dans le cadre de sa visite papale à travers le Canada (Photo, AP).
Le pape François salue le public après un service à l'église du Sacré-Cœur des Premiers Peuples à Edmonton le 25 juillet 2022, dans le cadre de sa visite papale à travers le Canada (Photo, AP).
Les paroles du souverain pontife étaient attendues depuis des années par ces peuples (Photo, Fournie).
Les paroles du souverain pontife étaient attendues depuis des années par ces peuples (Photo, Fournie).
Une autochtone attend avec impatience de voir le pape François à Edmonton (Photo, Reuters).
Une autochtone attend avec impatience de voir le pape François à Edmonton (Photo, Reuters).
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Publié le Mercredi 27 juillet 2022

Canada: Après les excuses, le pape sur les lieux d'un pélerinage sacré pour les autochtones

  • «Je suis affligé. Je demande pardon», a déclaré le pape à Maskwacis (Alberta), dans l'ouest du Canada
  • Évoquant les "blessures encore ouvertes", il a reconnu la responsabilité de certains membres de l'Eglise

LAC STE. ANNE, Canada: Après les excuses, le parcours de "guérison" pour un "nouveau départ" : le pape François est de nouveau allé mardi à la rencontre des autochtones canadiens sur un lieu de pèlerinage majeur de ces communautés.

Le souverain pontife, qui a fait lundi des excuses historiques pour le mal causé aux autochtones, a également appelé l'Église à préférer "la vérité" à la "défense de l'institution" lors de ce déplacement au lac Sainte-Anne, dans l'Ouest du Canada.

Ce voyage de six jours dans le pays, présenté comme un "pèlerinage pénitentiel", est largement consacré à ces populations autochtones, marquées par des décennies de politique d'assimilation forcée et notamment par le système des pensionnats pour enfants en place pendant des décennies, majoritairement aux mains de l'Église catholique.

Lors de son discours devant 10.000 personnes, le pape a insisté sur la notion de "guérison", confiant à Dieu "les traumatismes des violences subies par nos frères et sœurs autochtones".

"En ce lieu béni, où règnent l'harmonie et la paix, nous te présentons les disharmonies de notre histoire, les effets terribles de la colonisation, la douleur inextinguible de tant de familles, de grands-parents et d'enfants. Aide-nous à guérir de nos blessures", a-t-il déclaré.

Dans la foule, qui l'a acclamé dès qu'il est apparu, de nombreux participants portaient le t-shirt orange des survivants des pensionnats, d'autres des habits traditionnels autochtones aux couleurs vives, avec une coiffe de plumes pour les chefs.

Arrivé en fauteuil roulant au son des tambours et des chants traditionnels, le chef spirituel des 1,3 milliard de catholiques, qui est apparu affaibli par ses douleurs au genou, a longuement salué les personnes présentes, s'arrêtant pour bénir et embrasser des bébés.

Il s'est ensuite recueilli en silence quelques instants sur les rives du lac, avant de bénir son eau dans laquelle les pèlerins se baignent chaque année pour ses vertus guérissantes.

"Je ne voulais pas venir, mais j'ai changé d'avis. C'est historique qu'il soit ici, dans ce lieu saint où nous nous réunissons depuis des générations", a confié à l'AFP Cindy Dearhead, survivante des pensionnats de 58 ans. "Malheureusement, c'est un peu tard, car beaucoup de gens sont décédés", regrette-t-elle, espérant toutefois que les vivants ont "dans leurs cœurs ce pardon".

«Marginalisation»

Quelques heures auparavant, le pape avait célébré sa première messe publique du voyage devant 50.000 personnes au Commonwealth Stadium d'Edmonton (Alberta), insistant sur la place des aînés, chers aux peuples amérindiens.

Et lors de son homélie prononcée en espagnol, il a prié pour "un avenir où l'histoire de violence et de marginalisation subie par nos frères et sœurs autochtones ne se répète pour personne".

Lundi, François avait demandé "pardon" aux populations amérindiennes du Canada et reconnu la responsabilité de certains membres de l'Église dans le système des pensionnats, où "les enfants ont subi des abus physiques et verbaux, psychologiques et spirituels".

Les paroles du souverain pontife étaient attendues depuis des années par ces peuples -- Premières nations, Métis et Inuits -- qui représentent aujourd'hui 5% de la population canadienne.

"C'est un événement historique, ça ne se reproduira plus de mon vivant" mais "il faudra encore beaucoup de guérison", confie à l'AFP David Henderson, 70 ans, de la communauté des Premières Nations du Manitoba.

Henry Swampy, membre des Premières Nations de Sagkeeng, s'est dit "déçu" que le pape ne se soit pas exprimé en anglais. "Quand je suis allé au pensionnat, on m'interdisait de parler ma langue, je devais parler anglais. Il aurait dû apprendre à s'excuser dans notre langue, ce n'est pas difficile de dire le mot +désolé+", regrette-t-il.

Le douloureux chapitre des "écoles résidentielles" pour enfants autochtones a fait au moins 6.000 morts entre la fin du 19e siècle et les années 1990, créant un profond traumatisme sur plusieurs générations.

En avril, le pape avait pour la première fois présenté ses excuses depuis le Vatican pour le rôle joué par l'Église dans les 130 pensionnats, où quelque 150.000 enfants ont été enrôlés de force.

Pour de nombreux autochtones, c'est la découverte de plus de 1.300 sépultures anonymes l'an passé près de plusieurs pensionnats qui a poussé le pape et l'Église à accepter de présenter des excuses refusées pendant des années.

Le voyage du pape se poursuivra mercredi avec une étape de deux jours à Québec. Avant de repartir à Rome, il se rendra vendredi à Iqaluit, dans l'archipel arctique, à la rencontre des populations inuites.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.

 


Les Etats-Unis disent être près d'un accord «solide» avec l'Iran

Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés
  • "J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont affirmé lundi être toujours sur le point de conclure un accord "solide" avec l'Iran, après que Donald Trump a tempéré la veille les espoirs d'entente imminente pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons ce que je crois être une chose assez solide sur la table en ce qui concerne leur capacité à ouvrir le détroit" d'Ormuz, mais aussi "à entrer dans des négociations" sur le nucléaire iranien, a déclaré le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio depuis New Delhi.

"Nous pensions avoir des nouvelles hier soir, peut-être aujourd'hui (lundi), je ne m'avancerais pas trop là-dessus", a-t-il ajouté.

Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz à l'initiative de l'Iran depuis près de trois mois.

Alors que les Etats-Unis travaillent à trouver un accord, le président Donald Trump a tempéré les espoirs dimanche, malgré des signes de progrès des deux côtés.

"J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social, en prévenant aussi que le blocus imposé par son pays aux ports iraniens resterait en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".

La présidence pense toutefois "que l'approbation de l'accord par le pouvoir iranien pourrait prendre plusieurs jours", selon le média Axios.

"Comme le président l'a dit, il n'est pas pressé, il ne va pas conclure un mauvais accord, et le président ne signera pas un mauvais accord", a souligné Marco Rubio lundi.

Selon les médias américains, l'accord en préparation entre Téhéran et Washington permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, passage par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde avant le conflit.

Portés par ces espoirs d'accord, les cours du pétrole refluent lundi matin en Asie. Les prix des baril de Brent de la mer du Nord et de WTI américain chutaient de plus de 5% peu après 04H00 GMT.

Quid du nucléaire? 

Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, la dernière proposition comprendrait également le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l'étranger.

"Malgré des discussions entamées aujourd'hui (dimanche), les Etats-Unis continuent de bloquer certaines clauses de l'accord, notamment la question du déblocage des avoirs iraniens gelés, et ces points restent à ce moment irrésolus", a cependant indiqué l'agence de presse Tasnim en fin de journée.

Fars rapporte quant à elle que les sanctions visant le pétrole, le gaz et autres produits pétrochimiques seraient également levées le temps de la poursuite des négociations afin de permettre à l'Iran d'exporter ces productions, primordiales pour son économie.

L'accord discuté ne semble pas régler en revanche la question nucléaire.

"
Les négociations sur le nucléaire sont des questions hautement techniques. On ne peut pas régler une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table", a déclaré Marco Rubio au New York Times.

Une fois acquise la réouverture du détroit d'Ormuz, "nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires", a-t-il dit, évoquant à cet égard un délai de "60 jours".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dit dimanche avoir convenu avec M. Trump que tout accord final avec l'Iran devait "éliminer entièrement la menace nucléaire", selon un communiqué après un entretien téléphonique samedi soir entre les deux alliés.

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans ces négociations, a alimenté dimanche le scénario d'une résolution du conflit en plusieurs temps, en déclarant espérer "accueillir très prochainement la prochaine séance de négociations". Une première s'était tenue à Islamabad le 11 avril, sans débouché.

"Droit de se défendre" 

Sur le front libanais, deux personnes ont été tuées dimanche par des frappes israéliennes, au lendemain d'un raid israélien qui a fait 11 morts, a annoncé le ministère de la Santé, malgré la trêve en cours depuis le 17 avril.

Et l'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats la veille dans le sud du Liban.

M. Netanyahu a affirmé dimanche que Donald Trump avait, lors de son appel téléphonique, réitéré "le droit" d'Israël à se défendre sur tous les fronts, notamment au Liban. "Israël a toujours le droit de se défendre. Chaque pays du monde en a le droit", a encore dit Marco Rubio lundi.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a, lui, dit espérer que l'accord entre Washington et Téhéran inclurait son pays. Mais le dirigeant du mouvement chiite a aussi une nouvelle fois rejeté les négociations directes du gouvernement libanais avec Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington, et répété qu'un désarmement de son organisation, exigé par les autorités libanaises, concrétiserait un "projet israélien".