Les enregistrements d'Al-Maliki laissent présager l'échec de la formation d'un gouvernement en Irak

Nouri al-Maliki, secrétaire général du parti islamique Dawan en Irak, croit, semble-t-il, à la légitimité de la violence politique. (Photo d'archive AFP)
Nouri al-Maliki, secrétaire général du parti islamique Dawan en Irak, croit, semble-t-il, à la légitimité de la violence politique. (Photo d'archive AFP)
L'homme fort de l'Irak, Nouri al-Maliki (le deuxième sur la gauche), assiste à une réunion politique au palais présidentiel de Bagdad, le 27 février 2019. (Fichier AFP)
L'homme fort de l'Irak, Nouri al-Maliki (le deuxième sur la gauche), assiste à une réunion politique au palais présidentiel de Bagdad, le 27 février 2019. (Fichier AFP)
Nouri al-Maliki, secrétaire général du parti islamique Dawan en Irak, croit, semble-t-il, à la légitimité de la violence politique. (Photo d'archive AFP)
Nouri al-Maliki, secrétaire général du parti islamique Dawan en Irak, croit, semble-t-il, à la légitimité de la violence politique. (Photo d'archive AFP)
Nouri al-Maliki, secrétaire général du parti islamique Dawan en Irak, croit, semble-t-il, à la légitimité de la violence politique. (Photo d'archive AFP)
Nouri al-Maliki, secrétaire général du parti islamique Dawan en Irak, croit, semble-t-il, à la légitimité de la violence politique. (Photo d'archive AFP)
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Publié le Mardi 26 juillet 2022

Les enregistrements d'Al-Maliki laissent présager l'échec de la formation d'un gouvernement en Irak

  • Dans les enregistrements présumés, on entend l'ancien Premier ministre dénoncer ses rivaux politiques et évoquer une guerre civile imminente
  • C'est au mois d’octobre 2021 que se sont tenues les élections législatives anticipées en Irak; toutefois, le pays n'est pas parvenu à former un nouveau gouvernement

ERBIL (Kurdistan irakien): Si l'on isole ces enregistrements sonores de leur contexte, ils semblent assez banals. Ils ne font qu'attester une réalité connue de tous en Irak: la profonde antipathie qui existe entre les protagonistes chiites les plus puissants du pays (Nouri al-Maliki et Moqtada al-Sadr) et la complexité des relations qu'ils entretiennent avec les autres responsables irakiens. 

Aux yeux des analystes, ces enregistrements révèlent les fortes divisions et les inimitiés tenaces qui gangrènent la scène politique irakienne et entraveront probablement davantage la formation d'un gouvernement dans les mois à venir. 

Parmi ces bandes sonores, connues en Irak sous le nom de «Maliki Wikileaks», on peut entendre l'homme qui a été Premier ministre entre 2006 et 2014 dénoncer ses rivaux politiques et évoquer la guerre civile qui se dessinerait. 

«L'Irak se trouve à l’aube d'une guerre meurtrière dont personne ne sortira indemne si on ne déjoue pas le projet de Moqtada al-Sadr, Massoud Barzani et Mohamed al-Halbousi […] et je n'hésiterai pas à attaquer Nadjaf s'il le faut», déclare Al-Maliki dans l'un des nombreux enregistrements dont il conteste cependant l'authenticité. 

Il allègue également que le Royaume-Uni manigance un complot qui vise à confier à Al-Sadr le commandement des chiites d'Irak pour l'assassiner ensuite, ce qui restaurera la suprématie des sunnites sur le pays. 

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Sur cette pancarte, on voit le religieux chiite irakien Moqtada al-Sadr lors d'une prière du vendredi à Sadr City, à l'est de Bagdad, le 15 juillet 2022. (AFP) 

Ces enregistrements ont été publiés par le journaliste et activiste Ali Fadhel. Ils remontent vraisemblablement à deux mois, voire davantage, puisqu'ils évoquent la coalition parlementaire tripartite «Sauver la patrie» (composée du Mouvement sadriste, du Parti démocratique du Kurdistan [PDK] de Barzani et du Parti du progrès d’Al-Halbousi). Cette coalition a affronté les partis chiites favorables à l'Iran sous l'égide du Cadre de coordination (CC), auquel appartient la Coalition de l'État de droit de Nouri al-Maliki. 

Al-Sadr a exigé la démission de ses soixante-treize députés à la mi-juin. Il s'était efforcé pendant des mois de former un gouvernement majoritaire sans le Cadre de coordination. Ce dernier prône en effet un autre type de gouvernement fondé sur le consensus, ce qui constitue la norme en Irak depuis 2003. 

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Les enregistrements ont été publiés par le journaliste et activiste Ali Fadhel et ils remontent à deux mois, voire davantage. (Capture d'écran de Twitter) 

Après la démission massive des sadristes, l'alliance baptisée «Sauver la patrie» a pris fin, et avec elle la perspective d'un gouvernement majoritaire en Irak. 

Le CC négocie depuis lors la formation d'un nouveau gouvernement avec les autres blocs parlementaires. 

C'est au mois d’octobre 2021 que se sont tenues les élections législatives anticipées en Irak. Toutefois, le pays n'est pas parvenu à ce jour à constituer un nouveau gouvernement. La gouvernance du pays est actuellement confiée au gouvernement intérimaire dirigé par Moustafa al-Kazimi, le Premier ministre actuel. 

Quelques chiffres

La population de l'Irak est de 39,3 millions d'habitants. 


Le taux de croissance du PIB se chiffre à 3,9%. (PPA) 


Le taux de chômage représente 12,8% de la population.  


Le PIB avoisine les 708,3 milliards de dollars, soit 695 milliards d’euros. (PPA) 


Source: The Heritage Foundation (2021) 

À première vue, l'Irak semble s'acheminer vers une instabilité plus marquée. Après avoir démissionné du Parlement, les sadristes sont retournés dans la rue. Ici, Al-Sadr a maintes fois fait la preuve d’une aptitude à mobiliser en un rien de temps des centaines de milliers de partisans dévoués; ces derniers vivent pour la plupart dans la pauvreté et nourrissent un sentiment de colère à l'égard de l'élite politique. 

L'impasse dans laquelle se trouve le Parlement perdure et l'espoir de former un nouveau gouvernement reste hypothétique. Les dix mois qui se sont écoulés depuis les dernières élections ne sont pas parvenus à changer le cours des choses. Les déclarations incendiaires d'Al-Maliki viennent aujourd'hui couronner ce tableau complexe. 

L'Irak risque-t-il d'être ravagé par une violente conflagration, ou même par une sorte de guerre civile, si la situation actuelle se prolonge? 

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Des membres qui appartiennent au groupe paramilitaire Hachd al-Chaabi escortent un cortège funéraire à Bagdad, le 26 octobre 2019. (AFP) 

«Dans ses propos, M. Al-Maliki semble faire allusion à une recrudescence susceptible de conduire à des affrontements dans les rues; on a déjà assisté à de tels heurts entre les factions chiites», confie à Arab News Joel Wing, qui tient le blog Musings on Iraq («Réflexions sur l’Irak»). 

Les enregistrements sont authentiques, selon Joel Wing, qui fait remarquer que seuls Al-Maliki et ses alliés ont nié leur authenticité. 

Il rappelle que le Cadre de coordination a déjà recouru à la violence politique depuis les élections d'octobre, notamment en bombardant les maisons et les bureaux qui appartenaient à des partis politiques adverses. Le Kurdistan irakien, lui aussi, a été la cible d'une succession de tirs de roquettes et de drones. L'objectif était de soumettre le PDK à une certaine pression. 

«Les partis politiques se sentent de plus en plus frustrés de ne pas parvenir à former un gouvernement», explique M. Wing. «Les commentaires de M. Al-Maliki ne font qu'aggraver une situation déjà précaire. On constate en écoutant son discours sur la violence politique que certains dirigeants sont prêts à aller jusqu'au bout pour éliminer leurs adversaires.» 

Pour M. Wing, aucun signe ne semble présager un dénouement imminent de l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays. Cette situation attisera les tensions et augmentera le risque d'affrontements armés, selon lui. Néanmoins, il ne craint pas que la situation actuelle en Irak ne dégénère en un conflit entre chiites ou en une guerre civile. 

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Un manifestant irakien brandit un drapeau géant du Hachd al-Chaabi lors d'un rassemblement destiné à célébrer la journée d'Al-Qods (Jérusalem) dans la rue Abou-Nawas, à Bagdad, le 29 avril 2022. (Sabah Arar/ AFP) 

«Je ne redoute pas la guerre civile. Toutefois, le Cadre et les Sadristes ont déjà fait usage de violence par le passé et ils risquent d'aller encore plus loin dans la mesure où les partis politiques ne parviennent pas à trouver le moindre compromis», souligne-t-il. 

L'impasse politique persistera probablement, puisque le Cadre et les partis kurdes ne parviennent pas à élire le prochain président ni le futur Premier ministre. 

Pour que le Parlement élise le prochain Premier ministre, il est indispensable de désigner le candidat à la présidence, un poste symbolique réservé aux Kurdes en Irak. Cependant, le PDK et l'Union patriotique du Kurdistan ne se sont pas encore accordés sur le choix d'un candidat. 

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Des membres du groupe paramilitaire du Hachd al-Chaabi escortent un cortège funéraire à Bagdad, le 26 octobre 2019. (AFP) 

Plus encore, «de profonds clivages divisent les membres du Cadre lui-même au sujet du choix du Premier ministre», comme le souligne M. Wing. 

«Voilà pourquoi on évoque de plus en plus la possibilité d'organiser de nouvelles élections ou de garder simplement le Premier ministre actuel en poste», ajoute-t-il. 

Tout comme M. Wing, Kyle Orton, analyste indépendant et spécialiste du Moyen-Orient, estime que les enregistrements de M. Al-Maliki sont authentiques. 

«On constate à travers les enregistrements divulgués que M. Al-Maliki est toujours convaincu de la légitimité de la violence politique; il adopte donc la position du parti Dawa, que la Révolution iranienne a formé en 1979», confie-t-il à Arab News. 

«Cette position est assez courante en Irak: depuis la chute de Saddam Hussein, de nombreux politiciens font de la politique le jour et se livrent au terrorisme la nuit.» 

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Les enregistrements ont été publiés par le journaliste et activiste Ali Fadhel et ils remontent à deux mois, voire davantage. (Capture d'écran de Twitter) 

M. Orton est lui aussi convaincu que les enregistrements divulgués n'entraîneront pas de «guerre civile» imminente. Bien au contraire, «ils montrent avant tout que, en Irak, la politique obéit aux règles du jeu établies par le CGRI [Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran]», estime-t-il. 

«Ce sont les mandataires de l'Iran qui se livrent à une lutte de factions, même si le jeu paraît un peu plus brutal qu'il ne l'était dans le passé», affirme-t-il. «Mais le CGRI commande le dispositif de sécurité en Irak. De fait, ses milices contrôlent les rues et il ne tolérera donc pas qu’un tel effondrement se produise.» 

M. Orton conclut par ces mots: «Pour prévoir le dénouement de la situation, il faut chercher la réponse du côté de Téhéran: les Iraniens seront-ils contrariés par le fait qu’Al-Sadr franchit les limites ou estimeront-ils qu'Al-Maliki est trop affaibli sur le plan politique pour rester dans la course?» 

Nicholas Heras, directeur adjoint de l'unité de sécurité humaine au Newlines Institute for Strategy and Policy, n'est pas d'accord avec M. Wing et il n'écarte pas la possibilité d'une guerre civile entre chiites. 

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Des membres du groupe paramilitaire Hachd al-Chaabi escortent un cortège funéraire à Bagdad, le 26 octobre 2019. (AFP) 

«Al-Sadr n’a pas attendu les enregistrements pour savoir qu'Al-Maliki le déteste», déclare M. Heras à Arab News. «Moqtada Al-Sadr a bâti sa carrière politique en dénigrant Nouri al-Maliki, dénonçant son manque d'intérêt pour les besoins du peuple irakien, notamment ceux des chiites.» 

«L'Irak se dirige tout droit vers une guerre civile intrachiite. La situation dans le pays a pris une tournure inquiétante. Les tensions les plus vives sont celles que l’on observe au sein de la communauté chiite». 

Au sujet de l'avenir de l'Irak, M. Heras précise qu’«il s'agit principalement d'un conflit entre Al-Sadr et ses alliés d'une part, et un grand nombre de politiciens chiites et les milices qui leur sont affiliées d'autre part». 

«Les Kurdes et les sunnites se contentent de suivre le déroulement du conflit qui se profile à l'horizon à toutes fins utiles», conclut-il. 


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.