Récession ou résilience? La croissance française au printemps révélée vendredi

Une photographie prise le 27 mars 2020 montre l'enseigne de la Banque de France à Paris. (AFP)
Une photographie prise le 27 mars 2020 montre l'enseigne de la Banque de France à Paris. (AFP)
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Publié le Mercredi 27 juillet 2022

Récession ou résilience? La croissance française au printemps révélée vendredi

  • Au plus haut depuis les années 1980, l'inflation risque de franchir un nouveau palier en juillet; l'institut national de la statistique (Insee) dévoilera sa première estimation vendredi
  • Si le gouvernement tente ces jours-ci de faire passer au Parlement une batterie de mesures de soutien à la consommation, elles ne produiront leurs effets sur le portefeuille des Français qu'à partir du troisième trimestre

PARIS: Après une contraction de 0,2% du PIB au premier trimestre, l'Insee dévoile vendredi sa première estimation de la croissance française au printemps, sans doute molle voire nulle, l'inflation pénalisant toujours la consommation.

L'indice des prix à la consommation, en progression régulière entre avril (4,8% sur un an) et juin (5,8%), devrait lourdement peser sur le PIB.

Au plus haut depuis les années 1980, l'inflation risque de franchir un nouveau palier en juillet; l'institut national de la statistique (Insee) dévoilera sa première estimation vendredi.

Dans leurs dernières prévisions, la Banque de France et l'Insee tablent respectivement sur une croissance du Produit intérieur brut (PIB) de 0,2% et de 0,25% entre avril et juin par rapport au trimestre précédent.

Des anticipations proches de celles que les deux instituts avaient formulées au premier trimestre... qui s'était finalement soldé par un recul de 0,2% du PIB, précipité par une consommation des ménages en chute libre (-1,5%).

"Il y a un risque négatif comme au premier trimestre", reconnaît Stéphane Colliac.

Mais l'économiste de BNP Paribas "ne pense pas que ce soit un risque de récession" et s'attend plutôt à une croissance nulle.

Inflation 

"Au regard des indicateurs, on s’attend à ce que le taux de croissance soit très mou, mais pas à une nouvelle chute", avance également Mathieu Plane pour l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Traditionnel moteur de la croissance française, "la consommation des ménages a déjà beaucoup baissé au premier trimestre", relève Stéphane Colliac, à tel point qu'une nouvelle baisse de la même ampleur au deuxième trimestre lui semble improbable.

Sur les deux premiers mois du trimestre (avril et mai), l'indicateur a d'abord fléchi de 0,7% avant de se redresser d'autant. L'estimation de la consommation des ménages en juin sera dévoilée vendredi par l'Insee.

Si le gouvernement tente ces jours-ci de faire passer au Parlement une batterie de mesures de soutien à la consommation, elles ne produiront leurs effets sur le portefeuille des Français qu'à partir du troisième trimestre.

De quoi alimenter l'inquiétude des consommateurs, dont le moral végète au ras des pâquerettes depuis plusieurs mois sur fond de guerre en Ukraine.

Malgré ce sombre tableau, plusieurs éléments peuvent inciter à l'optimisme.

La consommation devrait par exemple se redresser dans plusieurs secteurs pénalisés au début de l'année par les restrictions sanitaires liées au variant Omicron.

"On a un rebond attendu de la restauration et de l’hébergement, (mais) aussi des transports, avec beaucoup de gens dans les trains depuis quelques mois", énumère Stéphane Colliac.

Epargne 

Autre variable qui pourrait soutenir la consommation: la mobilisation de l'épargne accumulée au plus fort de la pandémie de Covid-19.

"D’habitude, quand on a un choc inflationniste sur les prix, l’épargne sert un peu de variable d’ajustement". Or au premier trimestre, "ça n’était pas du tout le cas", souligne Mathieu Plane.

Une récente étude du Conseil d'analyse économique (CAE) pointait d'ailleurs une "stabilisation sur un point haut" de l'épargne des ménages les plus aisés, avec un "stock d’épargne supérieur de plus de 10% à celui qui correspondrait à la tendance pré-crise sanitaire", détaillait ainsi l'organisme rattaché à la Première ministre.

Une réserve dont sont en revanche privés les ménages les moins aisés, qui auraient dépensé intégralement leur surcroît d'épargne, selon le CAE.

Du côté des entreprises, l'activité a montré de premiers signes de ralentissement en juin, mais reste en croissance.

En matière de commerce extérieur enfin, la France aligne depuis plusieurs mois des déficits record mais "on a eu d’évidence un rebond des flux touristiques (...) et des exportations aéronautiques" susceptibles d'équilibrer la balance commerciale, observe Stéphane Colliac.

Une faible hausse du PIB au deuxième trimestre maintiendrait en vie la prévision de croissance annuelle du gouvernement (+2,5%), légèrement plus optimiste que celle de l'Insee et de la Banque de France (+2,3%).

A l'inverse, en cas de stagnation et surtout de récession, "ça devient compliqué" de tenir l'objectif gouvernemental, juge Stéphane Colliac.

Mardi, le Fonds monétaire international (FMI) a nettement revu à la baisse sa prévision de croissance pour la France en 2022, à 2,3% contre 2,9% attendus fin avril dans ses précédentes projections.


Banque mondiale: une «cinquième vague de crise de la dette» est en vue

«Je suis inquiet quant au niveau d'endettement, inquiet pour un certain nombre de pays», a déclaré le président de la Banque mondiale (BM), David Malpass (Photo, AFP).
«Je suis inquiet quant au niveau d'endettement, inquiet pour un certain nombre de pays», a déclaré le président de la Banque mondiale (BM), David Malpass (Photo, AFP).
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  • La pandémie a poussé de nombreux pays à emprunter davantage afin de soutenir leur économie
  • La BM retient quatre vagues précédentes de crise de la dette depuis les années 70, entraînant le plus souvent des crises financières

WASHINGTON: Le monde est sur le point d'affronter une "cinquième vague de crise de la dette", a prévenu vendredi le président de la Banque mondiale (BM), David Malpass, lançant un appel en faveur d'un soutien aux pays en difficulté.

La pandémie a poussé de nombreux pays à emprunter davantage afin de soutenir leur économie, se retrouvant désormais face à un risque de tension sur leur dette, sous l'effet combiné de l'inflation et de la hausse des taux d'intérêt.

"Je suis inquiet quant au niveau d'endettement, inquiet pour un certain nombre de pays", a déclaré M. Malpass lors d'une conférence de presse en ligne.

"Rien qu'en 2022, environ 44 milliards de dollars de dette, détenue par le secteur privé ou d'autres Etats, est devenue exigible" dans certains des pays les plus pauvres, un montant supérieur à l'aide internationale reçue par ces mêmes pays, a souligné le président de la BM.

"Nous faisons actuellement face à ce que je pense être une cinquième vague de crise de la dette", a-t-il ajouté, appelant à "radicalement plus de transparence" sur les niveaux d'endettement, tant de la part des prêteurs que des emprunteurs.

Le président de la Banque mondiale s'exprimait en amont des réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et d'une réunion du G20 finances, qui se tiendront la semaine prochaine à Washington.

David Malpass en a profité pour demander de nouveau à la Chine, parmi les prêteurs les plus importants auprès des pays à faibles revenus, de communiquer plus sur les montants prêtés et d'en faire plus afin de permettre la restructuration des dettes les plus problématiques.

Ses propos rejoignent les alertes lancées par la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, qui a estimé jeudi que près d'un quart des pays émergents et jusque 60% des pays les plus pauvres risquent d'être confrontés à une crise de leur endettement.

Une situation amplifiée par le ralentissement de l'économie mondiale, sous l'effet conjugués de l'inflation, nourrie par la hausse des prix de l'énergie et de l'alimentation, ainsi que le resserrement monétaire décidée par les banques centrales pour limitée cette dernière.

"Face au risque de crise financière dans les pays en développement, il est très important de reconnaître le rôle que les économies avancées jouent en terme de soutien à la croissance", a rappelé David Malpass.

Les pays en développement ont également besoin de voir plus de capitaux être investis chez eux et, même si la BM tente d'augmenter ton aide, "ce n'est tout simplement pas suffisant", a-t-il ajouté.

La BM retient quatre vagues précédentes de crise de la dette depuis les années 70, entraînant le plus souvent des crises financières dans les économies émergentes et en développement, à l'image de la crise asiatique de la fin des années 90.


Accord sur un objectif de neutralité carbone en 2050 pour l'aviation

Vue de l'Alice, un avion 100% électrique (Photo, Eviation Aircraft)
Vue de l'Alice, un avion 100% électrique (Photo, Eviation Aircraft)
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  • «Un accord historique sur un objectif collectif ambitieux à long terme de zéro émission de carbone d'ici 2050» a été conclu selon un tweet de l'OACI
  • Le transport aérien est aujourd'hui responsable de 2,5 à 3% des émissions mondiales de CO2

MONTRÉAL : Un accord pour atteindre la neutralité carbone en 2050 dans l'aviation civile mondiale a été conclu vendredi, a annoncé l'Organisation de l'Aviation civile internationale (OACI), une agence de l'ONU.

Les représentants des 193 États réunis pour l'assemblée de l'organisation, dont le siège est à Montréal, sont parvenus à «un accord historique sur un objectif collectif ambitieux à long terme de zéro émission de carbone d'ici 2050», a tweeté l'OACI.

«C'est un excellent résultat» a estimé auprès de l'AFP une source diplomatique européenne qui a précisé que «seuls quatre pays, dont la Chine, avaient exprimé des réserves».

Le transport aérien est montré du doigt pour son rôle dans la crise climatique. Aujourd'hui responsable de 2,5 à 3% des émissions mondiales de CO2, le secteur s'avère difficile à faire passer aux énergies renouvelables, même si l'industrie aéronautique et les énergéticiens y travaillent d'arrache-pied.

Selon les compagnies aériennes, créer une aviation décarbonée représente 1.550 milliards de dollars d'investissements entre 2021 et 2050.


Le FMI va débloquer 310 millions USD pour le Rwanda

Le Rwanda est le premier pays africain à bénéficier d'un aide dans le cadre du RST, lancé en mai dernier. Deux pays américains, le Costa Rica et l'île de la Barbade ont également trouvé un accord avec le FMI pour en bénéficier. (AFP).
Le Rwanda est le premier pays africain à bénéficier d'un aide dans le cadre du RST, lancé en mai dernier. Deux pays américains, le Costa Rica et l'île de la Barbade ont également trouvé un accord avec le FMI pour en bénéficier. (AFP).
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  • L'accord comprend la mise en place d'un nouvel instrument de coordination de sa politique économique (PCI) qui intègre les conditions à remplir dans le cadre du financement, pour une durée de trois ans
  • Ce nouveau fonds fiduciaire pour la «résilience et la durabilité» (RST en anglais) permet au FMI d'accorder un financement à long terme, et peu cher, afin d'aider les Etats bénéficiaires à mettre en place les politiques nécessaires

WASHINGTON : Le Rwanda va recevoir 310 millions de dollars de la part du Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre de son nouvel instrument destiné à aider les pays en développement et à faibles revenus à s'adapter aux conséquences du réchauffement climatique, a annoncé vendredi l'institution.

L'accord comprend la mise en place d'un nouvel instrument de coordination de sa politique économique (PCI) qui intègre les conditions à remplir dans le cadre du financement, pour une durée de trois ans.

Ce nouveau fonds fiduciaire pour la "résilience et la durabilité" (RST en anglais) permet au FMI d'accorder un financement à long terme, et peu cher, afin d'aider les Etats bénéficiaires à mettre en place les politiques nécessaires pour affronter le changement climatique ou les pandémies.

Il peut s'agir d'un financement jusqu'à 20 ans, avec une période de grâce (période pendant laquelle le pays ne commence pas à rembourser) pouvant atteindre plus de 10 ans.

L'accord doit être encore validé par le conseil d'administration "dans les prochaines semaines", a précisé le communiqué.

Le Rwanda est le premier pays africain à bénéficier d'un aide dans le cadre du RST, lancé en mai dernier. Deux pays américains, le Costa Rica et l'île de la Barbade ont également trouvé un accord avec le FMI pour en bénéficier.

"Le Rwanda dispose d'un bilan solide en termes de réformes économiques et est très avancé dans la mise en place d'une stratégie climat. Ce nouveau PCI, combiné avec les fonds du RST, doit permettre de soutenir les autorités dans leurs efforts de stabilisation macroéconomique (...) et d'adaptation au changement climatique", selon le FMI.

Le pays devrait atteindre une croissance de 6,8% pour 2022, malgré le contexte économique mondial compliqué, mais reste confronté à une inflation élevée, les prix alimentaires ayant progressé de 15,9% en août.

"Le Rwanda reste vulnérable aux chocs extérieurs. Les prix de l'énergie et alimentaires élevés vont continuer à nourrir l'inflation  et affaiblir ses réserves", a cependant souligné Haimanot Teferra, responsable de l'équipe du FMI qui s'est rendue sur place du 26 septembre au 7 octobre.