Les relations franco-saoudiennes renforcées par une solide coopération stratégique

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Publié le Jeudi 28 juillet 2022

Les relations franco-saoudiennes renforcées par une solide coopération stratégique

  • «Nous souhaitons promouvoir l'excellence et le savoir-faire de nos institutions auprès des Saoudiens. Nous pouvons faire beaucoup ensemble»
  • La visite du prince héritier perpétue une tradition d'échanges réguliers de haut niveau entre deux pays, liés par une étroite collaboration stratégique

L'arrivée du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, en France pour une visite officielle perpétue une tradition d'échanges réguliers de haut niveau entre les deux pays amis.

La force des liens politiques et de la collaboration stratégique entre la France et l'Arabie saoudite se manifeste dans le grand nombre de visites diplomatiques effectuées ces dernières années par leurs dirigeants et responsables.

Depuis 2017, le prince-héritier Mohammed ben Salmane s'est rendu une fois en France. Au cours de la même période, le ministre français des Affaires étrangères a effectué trois séjours en Arabie saoudite, tandis que le président français Emmanuel Macron s'y est rendu une fois.

La dernière visite diplomatique officielle a eu lieu en décembre 2021, lorsque le président Macron a rencontré le prince héritier, Mohammed ben Salmane, à Djeddah dans le cadre d'une tournée dans les pays du Golfe.

Les relations officielles entre la France et la péninsule Arabique remontent à 1839, lorsque la France a ouvert un consulat à Djeddah, sa première représentation diplomatique dans la région.

Le prince Faisal ben Abdelaziz, futur roi d'Arabie saoudite, fut le premier membre de la famille royale à effectuer une visite officielle en France en 1919. Des relations diplomatiques en bonne et due forme furent établies lorsque la France reconnut le royaume du Hedjaz et du Nejd, précurseur du royaume unifié d'Arabie saoudite, créé en 1932.

En sa qualité de ministre des Affaires étrangères, le prince Faisal s'est de nouveau rendu à Paris après que la France est devenue l'un des premiers pays à reconnaître le Royaume.

En 1967, le roi Faisal a rendu visite au président français Charles de Gaulle à Paris – sa première visite officielle en tant que dirigeant du Royaume. Depuis lors, les relations entre les deux pays se sont développées et sont devenues plus étroites que jamais.

Off visit

Ainsi, de nombreux accords ont vu le jour, allant de l'assistance militaire et de la technologie de pointe à l'économie et à la coopération culturelle.

Les relations du Royaume avec la France sont basées sur les intérêts communs de «préservation de la sécurité dans une région troublée, un engagement commun dans la lutte contre le terrorisme, et une convergence de vues sur les crises régionales», selon le site Internet du ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères.

L'Arabie saoudite et la France entretiennent des liens économiques solides, comme le montrent à la fois l'histoire économique et la valeur totale des échanges entre les deux pays. En 2021, la France a importé pour 3,8 milliards de dollars (1 dollar = 0,98 euro) de marchandises saoudiennes, tandis qu'elle a exporté 3,23 milliards de dollars vers le Royaume, selon la base de données sur le commerce international Comtrade de l'ONU.

La banque Saudi Fransi, qui est une société par actions saoudienne créée par décret royal saoudien en 1977, est associée au Crédit agricole Corporate and Investment Bank français. La banque compte aujourd'hui plus d'une centaine d'agences à travers le Royaume et davantage au niveau international.

Le Conseil commercial franco-saoudien, créé en 2003, a tenu des dizaines de réunions pour discuter du commerce et des investissements bilatéraux.

Les deux pays n'ont pas seulement noué des relations économiques mais se sont unis pour aider d'autres nations en fournissant une aide économique conjointe.

En avril de cette année, l'Arabie saoudite et la France ont annoncé la création d’un fonds de développement conjoint destiné à fournir 76 millions de dollars pour le renforcement de la sécurité alimentaire, de la santé, de l'éducation, de l'énergie, de l'eau ainsi que des forces de sécurité intérieure au Liban touché par la crise.

Aucun secteur des relations franco-saoudiennes n'est plus solide ou plus facilement observable que celui des projets culturels et artistiques communs. En 2018, le prince Badr ben Abdallah ben Farhane, ministre saoudien de la Culture, et Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères, ont signé un accord intergouvernemental visant à collaborer au développement de la destination culturelle et touristique d’AlUla.

Alula

Depuis cet accord, la France et l'Arabie saoudite ont travaillé de façon étroite et intensive au développement d'AlUla. Toujours en 2018, la Commission royale pour AlUla a signé un accord avec Campus France pour la formation de 68 employés saoudiens de l'hôtellerie devant travailler à AlUla. L'année suivante, on apprenait que le site accueillerait un complexe de luxe conçu par l’architecte français récompensé par de nombreux prix Jean Nouvel.

Ludovic Pouille, l'actuel ambassadeur de France auprès du Royaume, avait parlé à Arab News au courant de ce mois de la coopération culturelle permanente.

«En 2002, les toutes premières fouilles archéologiques franco-saoudiennes, dirigées par l'archéologue française Laila Nehmé, ont été effectuées à Mada'in Saleh», a-t-il indiqué à Arab News.

«Nous célébrons cette année le vingtième anniversaire de cette coopération, qui s'est étendue, avec au moins seize missions archéologiques franco-saoudiennes dans le Royaume.»

Il a indiqué par ailleurs que plusieurs accords avaient été signés ces dernières années pour ouvrir des centres de formation destinés à la jeunesse saoudienne, en collaboration avec la Fédération française de football.

Cette année, le Conseil des affaires franco-saoudien a accueilli au mois de mai une délégation française de haut niveau représentant le secteur du divertissement pour discuter des investissements potentiels français dans le secteur en pleine expansion du divertissement dans le Royaume.

L'initiative de Campus France est loin d'être le seul projet conjoint au niveau éducationnel entre la France et le Royaume. En 2021, lors d'un dîner à Riyad, Bertrand Besancenot, alors ambassadeur de France en Arabie saoudite, avait précisé que 1 500 Saoudiens étudiaient dans les universités françaises, et que nombre de ces universités avaient signé des accords visant à augmenter le nombre d'étudiants saoudiens en France.

Les deux pays, tous deux membres du G20, ont également des visions claires de progrès et de modernisation. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a lancé en 2016 la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, tandis que la France lançait sa propre Vision 2030 française il y a quelques mois. Les objectifs des deux plans comprennent la transition énergétique vers des énergies renouvelables, la transition numérique ainsi qu’une croissance économique durable. 

La France s’est depuis longtemps tenue aux côtés du Royaume face aux attaques militaires et miliciennes qui le visaient. En décembre 1979, la France a envoyé des conseillers de sa police spéciale d'élite du GIGN et entraîné des membres de la Direction générale des renseignements saoudiens qui ont mis fin au siège de la Grande Mosquée de La Mecque par des fanatiques armés.

En mars de cette année, la France a condamné les attaques menées sur le territoire saoudien par la milice yéménite houthie soutenue par l'Iran.

La France est également un fournisseur majeur d'équipements et de technologies de défense pour l'Arabie saoudite – une relation mise en évidence par les 12 milliards de dollars d'accords signés entre les deux pays en 2015.

En 2019, Saudi Arabian Military Industries a annoncé lors d'une exposition militaire à Abu Dhabi que le Royaume avait signé un accord avec Naval Group, de France, pour construire des navires de guerre en Arabie saoudite. Deux ans plus tard, SAMI annonçait des investissements communs avec les sociétés françaises Airbus et Figeac Aero.

Dans un tel contexte, la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane en France devrait cimenter les liens dans tous les domaines des relations diplomatiques entre les deux pays

Histoire de la France moderne

La Révolution française de 1789 a vu la France se transformer de monarchie en République, laquelle est passée sous le contrôle de Napoléon Bonaparte dix ans plus tard. Après être devenu empereur du Premier Empire français de 1804 à 1814, ses armées ont conquis de larges pans de l'Europe continentale.

Une autre monarchie a émergé à la suite de la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815, avec la création par le neveu de Napoléon du Second Empire en 1852, devenant ainsi le dernier monarque à régner sur la France. Il a été renversé et la monarchie a été remplacée par la Troisième République française en 1870.

Tout au long du XIXe siècle et du début du XXe siècle, la France a maintenu un vaste empire colonial à travers l'Afrique de l'Ouest, l'Asie du Sud-Est et le Moyen-Orient.

La France s'est rangée du côté des puissances alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, mais a été divisée en deux pendant le conflit, la majeure partie du pays étant contrôlée par un gouvernement collaborationniste proallemand.

Le pays s'est lentement rétabli après la fin de la guerre. De longues guerres dans ses colonies d'Indochine (aujourd'hui le Vietnam) et d'Algérie l'ont expulsé de ces régions. Dans les années 1960, la plupart des anciennes colonies françaises ont accédé à l'indépendance.

La France, qui est un membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, ainsi que de l'Otan depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, a joué un rôle essentiel dans la création de l'Union européenne.

La France compte une importante population musulmane et arabe en raison de ses anciennes colonies d'Afrique du Nord. Une grande partie de cette population souffre de marginalisation sociale et de taux de chômage élevé.

Le pays a été le théâtre de troubles et de manifestations contre l'application de politiques laïques strictes et de projets de loi controversés, dont certains ont tenté d'interdire le port en public du foulard ou du traditionnel voile musulman couvrant le visage.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le Premier ministre britannique discutent des développements régionaux

Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
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Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
Starmer a été reçu par le prince héritier Mohammed ben Salmane. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz. (SPA)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a rencontré le Premier ministre britannique Keir Starmer pour renforcer la coopération stratégique entre leurs deux pays
  • Les discussions ont porté sur les enjeux régionaux, avec un soutien commun à la stabilité et à un cessez-le-feu durable, notamment concernant l’Iran et le détroit d’Ormuz

RIYAD : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu mercredi à Djeddah le Premier ministre britannique Keir Starmer.

Au cours de la rencontre, ils ont passé en revue les relations entre leurs deux pays et examiné les moyens de renforcer davantage leur partenariat stratégique dans divers domaines.

Ils ont également abordé les derniers développements régionaux et internationaux, notamment les évolutions dans la région ainsi que leurs implications en matière de sécurité et d’économie.

Les deux parties ont affirmé leur soutien à tous les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité de la région. Plusieurs questions d’intérêt commun ont également été discutées.

Keir Starmer est arrivé dans le Royaume plus tôt dans la journée, où il a été accueilli à l’aéroport de Djeddah par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, selon des photos diffusées par l’Agence de presse saoudienne.

Lors de sa visite, Starmer a salué le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis, tout en soulignant qu’il restait « beaucoup de travail à faire » pour garantir sa pérennité.

« Il reste également beaucoup à faire concernant le détroit d’Ormuz, qui a un impact à l’échelle mondiale », a-t-il ajouté. 

À son arrivée à Djeddah, Keir Starmer a été accueilli par le gouverneur de la région de La Mecque, le prince Saud ben Mishaal ben Abdulaziz, a rapporté l’Agence de presse saoudienne. Les ambassadeurs respectifs des deux pays étaient également présents.

*Avec SPA, Reuters 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël dit avoir mené mercredi sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le 28 février

« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
« De la fumée s’élève du site d’une frappe israélienne ayant visé une zone à Beyrouth le 8 avril 2026. Israël a lancé une série de frappes sur Beyrouth le 8 avril, l’attaque la plus violente contre la capitale libanaise depuis le début de la guerre. (AFP)
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  • L’armée israélienne a mené la plus vaste frappe coordonnée contre le Hezbollah depuis le début du conflit, visant une centaine de cibles à Beyrouth, dans la Bekaa et le sud du Liban
  • Malgré le cessez-le-feu avec l’Iran, Israël confirme que le Liban n’est pas concerné et que les opérations contre le Hezbollah vont se poursuivre

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé mercredi une centaine d'objectifs du Hezbollah à travers le Liban, affirmant qu'il s'agissait de "la plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement pro-iranien depuis le déclenchement de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, le 28 février.

"En l'espace de 10 minutes et simultanément dans plusieurs zones, [les forces israéliennes ont attaqué] une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires" du mouvement islamiste libanais à travers le pays voisin, indique un communiqué militaire israélien.

Les frappes ont visé des objectifs à Beyrouth, dans la plaine de la Bekaa (est du Liban) ainsi que dans le sud du pays, selon l'armée israélienne.

Les frappes israéliennes sur Beyrouth, les plus violentes depuis le début de la guerre, ont provoqué des scènes de panique dans la capitale à une heure de grande affluence, selon des journalistes de l'AFP.

Ennemi d'Israël et allié de Téhéran, le Hezbollah s'était joint le 2 mars à la guerre régionale.

Le cessez-le-feu de 15 jours avec l'Iran décrété dans la nuit par le président américain Donald Trump "n'inclut pas le Liban", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. "La bataille continue au Liban, a ensuite déclaré l'armée israélienne

"Nous continuerons de frapper l'organisation terroriste Hezbollah et exploiterons chaque occasion qui se présente sur le plan opérationnel", a dit le lieutenant-général Eyal Zamir, chef d'état-major de l'armée, cité dans un communiqué militaire.

"Nous ne transigerons pas sur la sécurité des habitants du nord d'Israël [et] nous continuerons de frapper avec détermination", a-t-il ajouté.

L'armée israélienne avait annoncé mardi avoir achevé dans le sud du Liban le déploiement de ses troupes au sol jusqu'à une "ligne de défense avancée" destinée à maintenir le nord d'Israël à l'abri des tirs de roquettes antichars du Hezbollah, dont la portée est évaluée à une dizaine de kilomètres.


Le Liban fait état de huit morts dans une frappe israélienne à Saïda

Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
Des secouristes se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé un véhicule à Saïda, au Liban, le 8 avril 2026. (AFP)
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  • Une frappe israélienne à Saïda, au Liban, a fait au moins 8 morts et 22 blessés parmi les civils, causant d’importants dégâts sur le front de mer
  • L’attaque survient malgré l’annonce d’un cessez-le-feu entre les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, dont l’application au Liban reste floue et contestée

BEYROUTH: Une frappe israélienne a fait huit morts dans la ville libanaise de Saïda, a annoncé mercredi le ministère libanais de la Santé, alors que Washington et ses alliés se sont mis d'accord pour un cessez-le-feu avec l'Iran.

"La frappe de l'ennemi israélien sur Saïda, dans le sud du Liban, a fait, selon un bilan provisoire, huit morts parmi la population civile et 22 blessés", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Un photographe de l'AFP présent sur les lieux de l'attaque, qui a touché le front de mer de cette ville côtière, a vu des flammes s'élever d'un café aux vitres brisées qui jonchaient la chaussée.

Les pompiers s'efforçaient d'éteindre l'incendie tandis que l'armée bouclait le secteur. Des voitures stationnées à proximité ont également été endommagées.

"Nous avons été informés d'une frappe sur la route du front de mer à Saïda. Nous avons envoyé deux équipes, mais celles-ci ont demandé des renforts en raison du nombre élevé de victimes", a indiqué à l'AFP Louay Sabeh, secouriste au sein d'une association locale.

Les équipes de secours ont transporté au moins six blessés depuis les lieux de l'attaque, a-t-il précisé.

Cette frappe est survenue peu avant que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme que les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu de deux semaines "partout", y compris au Liban.

Le Pakistan a joué le rôle de médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran dans le but de mettre fin à plus de cinq semaines de guerre au Moyen-Orient.