Les Tunisiens demeurent peu impliqués dans la vie publique, malgré la révolution

Onze ans après la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011, la majorité des Tunisiens demeurent rétifs à jouir de la liberté – dont ils ont été privés pendant trop longtemps – de se lancer dans des activités politiques, associatives, ou autres. (AFP)
Onze ans après la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011, la majorité des Tunisiens demeurent rétifs à jouir de la liberté – dont ils ont été privés pendant trop longtemps – de se lancer dans des activités politiques, associatives, ou autres. (AFP)
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Publié le Jeudi 28 juillet 2022

Les Tunisiens demeurent peu impliqués dans la vie publique, malgré la révolution

  • S’ils discutent énormément et se déchirent très souvent sur les réseaux sociaux, les Tunisiens demeurent peu engagés dans la vie politique et associative
  • Habib Guiza, figure du syndicalisme tunisien, n’exclut pas que la situation puisse changer et que les Tunisiens se réconcilient avec la politique et toutes les autres formes d’engagement

TUNIS: Quand ils font le bilan de près de onze ans de révolution, les Tunisiens aiment à mettre en exergue les deux seuls acquis dont ils jouissent depuis le 14 janvier 2011 et dont ils se félicitent: une totale liberté de parole et un boom sans précédent dans le domaine associatif.

En effet, les échanges sur les réseaux sociaux, à la radio et sur les plateaux de télévision n’ont jamais été aussi animés – parfois à l’excès. Le nombre d’associations a plus que doublé au cours des onze dernières années, passant de près de dix mille à vingt-quatre mille en 2021. Mais, bizarrement, cette double libération ne débouche pas sur ce que d’aucuns pensent être un aboutissement normal: un plus grand engagement des Tunisiens dans la vie publique.

Onze ans après la chute du régime Ben Ali, le 14 janvier 2011, la majorité des Tunisiens demeurent rétifs à jouir de la liberté – dont ils ont été privés pendant trop longtemps – de se lancer dans des activités politiques, associatives, ou autres.

94,5 % des citoyens, âgés de 18 ans et plus, déclarent n’être engagés dans aucun parti politique, syndicat, association ou club sportif.

C’est ce que révèle la troisième édition de l’enquête nationale sur la perception des habitants à l’égard de la sécurité, des libertés et de la gouvernance locale, menée par l’Institut national de la statistique en collaboration avec le Programme des nations unies pour le développement (Pnud), entre octobre et décembre 2021, auprès d’un échantillon de dix mille cent cinquante-cinq ménages. La situation décrite aujourd’hui est quasiment la même que celle restituée par la deuxième enquête menée en 2017.

Ainsi, comme il y a cinq ans, 94,5 % des citoyens, âgés de 18 ans et plus, déclarent n’être engagés dans aucun parti politique, syndicat, association ou club sportif.

Toutefois, ce pourcentage est plus élevé chez les femmes (96,8 %) que chez les hommes (92,2 %).

Les raisons de ce désintérêt? Le manque de temps pour un tiers des sondés, d’information pour un quart, et la conviction que l’engagement politique ou associatif, c’est de la perte de temps. Une autre raison invoquée est le manque de confiance aux organisations, et, enfin, pour un peu plus de 5 % des sondés, parce que les personnes concernées n’aiment pas travailler sans contrepartie.

Les 30-59 ans engagés se retrouvent dans les syndicats (86,3 %), les partis politiques (53,4 %) et ils sont moins nombreux que les jeunes dans les associations (40,9 %).

Parmi les Tunisiens engagés activement dans une organisation, les 18-29 ans sont largement majoritaires (62,3 %). Leurs préférences vont aux associations caritatives et de développement. Ils représentent 47 % des personnes engagées dans ces domaines, contre seulement 11 % dans les partis politiques et 6 % dans les syndicats.

À l’opposé, les 30-59 ans engagés se retrouvent dans les syndicats (86,3 %), les partis politiques (53,4 %) et ils sont moins nombreux que les jeunes dans les associations (40,9 %).

Ce divorce entre les Tunisiens et l’action publique est-il définitif? Vieux routier du syndicalisme et de l’action associative, Habib Guiza n’exclut pas que la situation puisse changer et que les Tunisiens se réconcilient avec la politique et toutes les autres formes d’engagement. Mais d’après le fondateur et secrétaire général de la Confédération générale tunisienne du travail (CGTT), premier syndicat concurrent de la centrale historique de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), créée après le 14 janvier 2011, cela dépend de deux choses. D’abord, de l’offre, c’est-à-dire du projet qui sera soumis aux Tunisiens.

Ensuite, pour que les choses puissent changer, il faudrait, selon notre interlocuteur, «démanteler le système rentier» mis en place après la chute du régime Ben Ali.


La guerre au Moyen-Orient déclarée «crise humanitaire majeure» par l'agence de l'ONU pour les réfugiés

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  • "Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito
  • Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité"

GENEVE: L'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé vendredi que la guerre au Moyen-Orient constituait une "crise humanitaire majeure" nécessitant une réponse immédiate de tous les acteurs "dans toute la région".

"La crise croissante au Moyen-Orient constitue une urgence humanitaire majeure nécessitant une réponse immédiate dans toute la région et en Asie du Sud-Est", a annoncé devant la presse à Genève Ayaki Ito, directeur de la division des urgences et du soutien aux programmes du HCR.

"La récente escalade des hostilités et des attaques au Moyen-Orient a provoqué d'importants mouvements de population, tandis que les affrontements le long de la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan ont également contraint plusieurs milliers de familles à fuir", a-t-il ajouté.

L'ensemble des régions touchées accueillent déjà près de 25 millions de personnes, qu'il s'agisse de réfugiés, de personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays ou de réfugiés récemment rentrés chez eux, selon le HCR.

"Des efforts sont actuellement en cours pour fournir une assistance humanitaire vitale aux pays touchés dans toute la région", a affirmé Ayaki Ito.

Il a également relevé qu'"il est impératif que tous les civils contraints de franchir les frontières pour trouver refuge puissent le faire en toute sécurité".

Le HCR suit de près l'évolution de la situation en Iran, pays où il est présent depuis 1984 et où il affirme être la plus grande agence des Nations unies, avec des bureaux à Téhéran et cinq antennes régionales.

Le HCR dispose en Iran d'environ 110 employés et "nous continuer à fonctionner avec des capacités réduites", a indiqué Ayaki Ito.

"Notre personnel est en danger" et "les réfugiés continuent à se rendre dans nos centres d'accueil", a-t-il affirmé.

L'Iran accueillait avant la guerre au Moyen-Orient 1,65 million de réfugiés et d'autres personnes ayant besoin d'une protection internationale, selon le HCR, qui continue de leur venir en aide et de les soutenir, malgré les défis logistiques.

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies, quelque 50.000 Syriens ont notamment fui du Liban vers leurs pays au cours de la semaine dernière.


Israël affirme avoir frappé le «bunker» du guide suprême

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran. (AFP)
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  • Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée
  • L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran"

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé avoir frappé vendredi dans le centre de Téhéran, lors d'un bombardement mené par une cinquantaine d'avions de combat, le bunker du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février au premier jour de l'offensive isréalo-américaine sur l'Iran.

"Le bunker militaire souterrain, situé sous le complexe abritant la direction du régime au centre de Téhéran, était destiné à être utilisé par le guide suprême comme centre de commandement d'urgence sécurisé", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Ali Khamenei a été tué "avant de pouvoir utiliser le bunker" durant les frappes, "mais le complexe a continué à être utilisé par de hauts responsables du régime iranien", a ajouté l'armée.

L'armée a précisé qu'environ 50 avions de combat avaient participé aux frappes contre le réseau souterrain qui s'étendait, selon elle, sur "de nombreuses rues au coeur de Téhéran, comprenait de nombreuses entrées et salles de réunion pour de hauts responsables du régime terroriste iranien".

Le guide suprême a été tué dans son complexe par une frappe attribuée par le Pentagone à l'aviation israélienne. Le président américain Donald Trump a souligné que l'opération avait été menée en partie sur la base d'informations fournies par les services de renseignement américains.

Jeudi, le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, a déclaré qu'en "40 secondes, environ 40 hauts responsables du régime de terreur iranien ont été éliminés" y compris le guide suprême, lors de cette frappe.


Violentes frappes israéliennes sur le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah

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  • D'après l'Agence nationale d'information, ces frappes, conduites par des avions de guerre israéliens, ont visé les localités de Srifa, Aita Alshaab, Touline, Alsawana, et Majdal Selm
  • Une autre frappe a ciblé tôt vendredi le village de Dours, en périphérie de Baalbek (est), selon la même source

BEYROUTH: De violentes frappes ont visé jeudi soir la banlieue sud de Beyrouth, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), plusieurs heures après un appel inédit d'Israël à évacuer ce bastion du Hezbollah pro-iranien.

Presque simultanément, l'armée israélienne a annoncé vers 20h55 GMT avoir commencé à frapper "des infrastructures du Hezbollah dans le secteur de la banlieue [sud] de Beyrouth".

Des images de l'AFPTV ont montré plusieurs panaches de fumée se dégager de ce secteur et former un brouillard au-dessus de la banlieue.