Ukraine: frappes russes tous azimuts, au moins huit morts

Les forces russes ont frappé jeudi des infrastructures militaires et civiles dans de très nombreuses régions ukrainiennes, y compris près de la capitale Kiev (Photo, AFP).
Les forces russes ont frappé jeudi des infrastructures militaires et civiles dans de très nombreuses régions ukrainiennes, y compris près de la capitale Kiev (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 29 juillet 2022

Ukraine: frappes russes tous azimuts, au moins huit morts

  • L'Ukraine attendait toujours que de premiers navires chargés de céréales bloquées en raison de l'invasion russe puissent quitter ses côtes à destination des marchés mondiaux
  • Les trois ports désignés pour permettre ces exportations via la mer Noire avaient recommencé mercredi à fonctionner

KIEV: Les forces russes ont frappé jeudi des infrastructures militaires et civiles dans de très nombreuses régions ukrainiennes, y compris près de la capitale Kiev, faisant au total au moins huit morts et une trentaine de blessés, une véritable "terreur des missiles", a dénoncé le président Volodymyr Zelensky.

L'Ukraine attendait toujours que de premiers navires chargés de céréales bloquées en raison de l'invasion russe puissent quitter ses côtes à destination des marchés mondiaux, conformément aux accords signés le 22 juillet à Istanbul. Les trois ports désignés pour permettre ces exportations via la mer Noire avaient recommencé mercredi à fonctionner.

Les Européens restaient pour leur part inquiets après que la Russie leur a fortement réduit ces dernières semaines ses livraisons de gaz, notamment via le gazoduc Nord Stream, qui ne fonctionnait mercredi qu'à 20% de sa capacité.

"Si la Russie veut nous couper le gaz, elle n'attendra pas l'automne ou l'hiver pour le faire, elle ne nous permettra pas de remplir nos stocks pendant l'été", a estimé jeudi le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, jugeant néanmoins peu probable une interruption "brutale" de ces approvisionnements.

"Elle le fera le plus tôt possible pour éviter qu'en hiver, nous n'ayons des réserves qui nous permettent de tenir", a-t-il ajouté.

La veille, Volodymyr Zelensky avait assuré que l'Ukraine s'apprêtait à augmenter ses exportations d'électricité vers l'Union européenne pour l'aider à "résister à la pression énergétique" de Moscou.

Vaste pilonnage

Sur une grande partie du territoire ukrainien, le pilonnage de l'armée russe ne faiblissait pas jeudi.

Ainsi, au moins cinq personnes ont été tuées et 25 autres blessées, dont 12 militaires, dans une frappe sur deux hangars à Kropyvnytskyï, dans le centre, a annoncé le gouverneur de la région de Kirovograd, Andriï Raikovitch.

Du "matériel aéronautique", un avion civil An-26 et des appareils d'entraînement ont en particulier été endommagés, a-t-il précisé.

Les Russes avaient pris pour cible samedi des infrastructures ferroviaires et un aérodrome militaire dans cette même ville située à environ 300 kilomètres au sud de Kiev, y provoquant la mort de deux civils. Un soldat avait aussi perdu la vie, tandis que neuf autres avaient été blessés.

Egalement jeudi, dans la région limitrophe de Dnipropetrovsk, au moins une personne a été tuée et deux blessées dans un bombardement, d'après son gouverneur Valentin Reznitchenko.

Dans la partie encore contrôlée par les Ukrainiens de la région orientale de Donetsk, à Toretsk, un homme et une femme ont péri jeudi lorsqu'un immeuble d'habitation de plusieurs étages a été touché, ont annoncé les services d'urgence.

Kharkiv, la deuxième plus grande cité ukrainienne, dans le nord-est, a subi deux frappes de missiles S-300 qui ont provoqué des incendies, selon son maire, Igor Terekhovassène.

"Les agresseurs essayent de transformer Kharkiv en une ville lamentable, similaire à celles qu'ils ont en Russie", a-t-il dit à l'AFP.

Non loin de Kiev, à Lioutij, des missiles de croisière ont détruit tôt dans la matinée un bâtiment sur une base militaire, tandis que deux autres ont été endommagés, a déclaré l'état-major de l'armée ukrainienne.

Au total, six de ces engins, de type Kalibr, dont un a été abattu par la défense antiaérienne, ont été tirés de Crimée, une péninsule annexée en 2014 par Moscou, a souligné la même source.

Des tirs au lance-roquettes multiple à partir du Bélarus voisin, un allié de la Russie, ont par ailleurs causé des "pertes" parmi les militaires ukrainiens dans la région septentrionale de Tcherniguiv.

Dans le sud, une école a été détruite et il y a eu au moins un blessé quand une véritable pluie de missiles est tombée, selon le gouverneur de Mykolaïv.

Situation «difficile»

Poursuivant leur offensive, les troupes russes tentent toujours d'avancer près de Siversk et de Bakhmout, dans le Donbass, une région industrielle de l'est que Moscou ambitionne de totalement conquérir.

La situation y est "difficile mais entièrement sous contrôle", a affirmé l'état-major de l'armée ukrainienne.

Dans la région méridionale occupée de Kherson, à quelques kilomètres du front et où les Ukrainiens ont déclenché une contre-offensive, trois villages ont été repris aux Russes ces deux dernières semaines.

Mercredi, dans la banlieue de Kherson, le pont Antonovski, qui enjambe le Dniepr, avait été partiellement mis hors d'état par une attaque ukrainienne.

Essentielle pour l'agriculture ukrainienne, la région est aussi stratégique car limitrophe de la Crimée

"C'est une matinée agitée. Encore une fois, nous avons la terreur des missiles", a relevé jeudi Volodymyr Zelensky sur Telegram.

Mais l'Ukraine "ne se rendra pas et ne baissera pas les bras", a-t-il promis.


Witkoff voit des «signaux forts» en faveur d'un accord avec l'Iran

Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff. (AFP)
Short Url
  • "Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche
  • Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur

WASHINGTON: Il existe des "signaux forts" que l'Iran veut passer un accord avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre, a assuré jeudi l'émissaire américain Steve Witkoff.

"Nous avons des signaux forts nous disant que cela est possible", a-t-il dit pendant un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Steve Witkoff a par ailleurs confirmé que Washington avait soumis à Téhéran "une liste de 15 points" via le gouvernement pakistanais, qui agit comme médiateur.

 

 


Les alliés de Washington du G7 poussent à la désescalade

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.  "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie. "La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine. (AFP)
Short Url
  • L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran
  • A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées"

ABBAYE-DES-VAUX-DE-CERNAY: Les ministres des Affaires étrangères du Groupe G7 ont entamé jeudi, sans l'Américain Marco Rubio, une réunion près de Paris avec la volonté affichée de pousser Washington à une désescalade au Moyen-Orient sans pour autant oublier l'Ukraine.

Le secrétaire d'Etat américain rejoindra vendredi matin ses homologues à l'Abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris.

L'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon ont clairement signalé jeudi leur souhait de trouver une issue diplomatique à l'offensive militaire américano-israélienne en Iran, qui a des répercussions économiques mondiales en raison du quasi blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran depuis près d'un mois.

A son arrivée, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a suggéré aux Etats-Unis de mettre davantage de pression sur la Russie, estimant que les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient étaient "étroitement liées".

"Nous constatons que la Russie aide l'Iran sur le plan du renseignement pour cibler des Américains, pour tuer des Américains (au Moyen-Orient), et la Russie fournit également désormais des drones à l'Iran afin que (ce pays) puisse attaquer les pays voisins ainsi que les bases militaires américaines", a-t-elle déclaré à des journalistes.

"Si l'Amérique veut que la guerre au Moyen-Orient cesse, (...) elle doit aussi exercer une pression sur la Russie afin qu'elle ne puisse pas aider (l'Iran) dans ce sens", a-t-elle souligné.

"On a des raisons de penser qu'aujourd'hui la Russie soutient les efforts militaires de l'Iran qui semblent être dirigés notamment sur des cibles américaines", a de son côté déclaré jeudi soir le ministre français Jean-Noël Barrot, lors d'une conférence de presse clôturant la première journée des discussions.

De son côté, la ministre canadienne Anita Anand a appelé le G7 à soutenir "collectivement" une désescalade au Moyen-Orient, dans un entretien à l'AFP.

"Pour le gouvernement allemand, il est très important de savoir précisément ce que nos partenaires américains comptent faire", a pour sa part souligné le ministre allemand Johann Wadephul, alors que la confusion règne sur de potentielles négociations directes entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre.

L'Iran aurait répondu à la proposition annoncée par le président américain Donald Trump, et reçue via le médiateur pakistanais, a affirmé jeudi une source citée par l'agence de presse iranienne Tasnim.

Jeudi, l'émissaire américain Steve Witkoff a quant à lui assuré qu'il existait des "signaux forts" montrant que Téhéran veut passer un accord avec les Etats-Unis.

Mercredi, la télévision d'Etat avait pourtant affirmé que l'Iran avait rejeté ce plan tandis que la Maison Blanche menaçait de déchaîner "l'enfer" sur le pays en cas d'échec des négociations.

La France, qui exerce la présidence du G7 cette année, prône elle aussi la voie diplomatique, redoutant d'être entraînée dans le conflit.

Bien que disposant de bases militaires dans les pétromonarchies du Golfe avec lesquels elle est liée par des accords de coopération de sécurité, elle a constamment souligné que sa posture était "purement défensive".

Difficile convergence de vues 

Mais cette position semble de plus en plus difficile à tenir alors que ces Etats sont visés par les frappes iraniennes, en représailles aux tirs provenant de bases américaines implantées au Moyen-Orient.

Au G7, la principale session de travail consacrée à la guerre au Moyen-Orient se tiendra vendredi.

Les chefs de la diplomatie des grands pays émergents (Inde et Brésil) ont été invités, de même que les ministres ukrainien, saoudien et sud-coréen.

L'Italie compte "promouvoir une désescalade" et assurer de "la disponibilité du gouvernement italien à contribuer aux efforts visant à garantir un passage sûr à travers le détroit d'Ormuz", selon une source diplomatique italienne.

Le Royaume-Uni et la France vont réunir cette semaine une trentaine de pays prêts à former une coalition visant à participer à la sécurisation du détroit d'Ormuz.

Outre le Moyen-Orient, les ministres du G7 consacreront une session de travail à l'Ukraine envahie par la Russie.

"La résistance ukrainienne se porte bien et que nous allons continuer de la soutenir", a assuré jeudi Jean-Noël Barrot, rappelant que l'Europe constitue le "premier" soutien de l'Ukraine.

Signe de la difficulté à faire converger les vues, cette réunion s'achèvera vendredi avec la publication d'un communiqué de la présidence française, plutôt qu'un communiqué conjoint, a indiqué une source diplomatique.

La ministérielle Affaires étrangères précèdera un G7 Finances et Energie avec les Banques centrales programmée lundi en visio-conférence.

 


Iran: Trump repousse son ultimatum au 6 avril

Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien." (AFP)
Short Url
  • "A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."
  • "Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien."

"A la demande du gouvernement iranien", le président américain a fait savoir sur son réseau Truth Social, "je suspends pour dix jours la destruction de centrales électriques jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington."

"Les discussions se poursuivent et, contrairement à ce que disent les médias menteurs (...), elles se passent très bien", a-t-il ajouté.