Législatives au Sénégal: Le camp présidentiel et l'opposition se disputent la victoire

Les responsables électoraux comptent les bulletins de vote à la fin de la journée de vote dans le quartier populaire de Ngor à Dakar le 31 juillet 2022. JOHN WESSELS / AFP
Les responsables électoraux comptent les bulletins de vote à la fin de la journée de vote dans le quartier populaire de Ngor à Dakar le 31 juillet 2022. JOHN WESSELS / AFP
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Publié le Mardi 02 août 2022

Législatives au Sénégal: Le camp présidentiel et l'opposition se disputent la victoire

  • «Ce qui est indéniable, c’est que c’est nous qui remportons cette élection», a affirmé Khalifa Sall, l'un des leaders de l'opposition
  • «Les Sénégalais ont décidé d’une cohabitation au niveau de l’Assemblée nationale», a également déclaré Déthié Fall, autre responsable du mouvement

DAKAR: Le camp présidentiel et l'opposition ont chacun campé sur leur position lundi en affirmant avoir remporté les élections législatives de dimanche au Sénégal, pendant que le décompte des voix se poursuivait.

"Ce qui est indéniable, c’est que c’est nous qui remportons cette élection", a affirmé Khalifa Sall, l'un des leaders de l'opposition, au cours d'une conférence de presse de sa coalition. "Nous avons gagné et nous n’accepterons pas qu’on nous vole notre victoire", a-t-il poursuivi.

"Les Sénégalais ont décidé d’une cohabitation au niveau de l’Assemblée nationale", a également déclaré Déthié Fall, autre responsable du mouvement, après avoir listé une série de circonscriptions acquises.

"Nous récusons toute possibilité de cohabitation et (...) rassurons nos militants que nous restons majoritaires à l’issue de ce scrutin, malgré une avancée de l’opposition", a rétorqué lundi soir Aminata Touré, tête de liste de la coalition présidentielle.

Ces législatives, dernier scrutin avant la présidentielle de 2024, font figure de test après les élections locales de janvier, remportées par l'opposition dans de grandes villes de ce pays d'Afrique de l'Ouest réputé pour sa stabilité, comme Dakar, Ziguinchor (sud) et Thiès (ouest).

Dimanche dans la nuit, Aminata Touré, avait assuré avoir gagné 30 départements, sur les 46 que compte le Sénégal et des circonscriptions à l'étranger, tout en reconnaissant la défaite à Dakar, la capitale. "Ceci nous donne incontestablement une majorité à l'Assemblée nationale", avait-elle déclaré.

Cette déclaration avait été suivie d'un communiqué de la principale coalition d'opposition qui avait revendiqué aussi la victoire, parlant d'une "majorité confortable" pour l'intercoalition Yewwi/Wallu.

"Nous tenons à témoin l'opinion nationale et internationale contre toute tentative de manipulation des résultats (...) et nous appelons également tous les Sénégalais à rester debout pour la sécurisation de la victoire du peuple", ajoutait le communiqué.

Alliance

"Yewwi Askan Wi" (Libérer le Peuple en wolof), la principale coalition de l'opposition, formée autour d'Ousmane Sonko, arrivé troisième de la présidentielle de 2019, s'est alliée à la coalition "Wallu Sénégal" (Sauver le Sénégal en wolof), dirigée par l'ex-président Abdoulaye Wade.

"Les résultats provisoires des élections législatives démontrent que le président de la République Macky Sall a perdu les élections (...) et qu'il n'aura pas de majorité à l'Assemblée nationale", a déclaré lundi Wallu.

Ces élections, à un seul tour, visent à renouveler pour cinq ans les 165 sièges du Parlement monocaméral largement contrôlé par le camp présidentiel.

Macky Sall a promis de nommer un Premier ministre - poste qu'il avait supprimé puis rétabli en décembre 2021 - au sein de la formation victorieuse des élections.

Les résultats globaux provisoires seront donnés au plus tard vendredi par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV), mais les médias locaux et les principaux mouvements politiques égrènent des résultats partiels depuis dimanche soir.

Les premières tendances rapportées par les médias font état d'un scrutin serré et de victoires de l'intercoalition Yewwi/Wallu dans plusieurs centres urbains.

Vote dans le calme

Le vote s'est déroulé dimanche dans le calme et sans incident majeur, avec un taux de participation de 47%, selon le ministère de l'Intérieur.

La Commission nationale électorale autonome (Cena), qui supervise le vote, avait déployé quelque 22.000 observateurs. Des experts de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de la Francophonie étaient également présents.

Les députés sont élus selon un mode qui panache scrutin proportionnel avec des listes nationales pour 53 parlementaires, et scrutin majoritaire dans les départements pour 97 autres. La diaspora dispose de 15 députés.

Le scrutin se déroule dans un contexte de hausse des prix, conséquence notamment de la guerre en Ukraine, argument utilisé par l'opposition contre le pouvoir qui met en avant les subventions des produits pétroliers et des denrées alimentaires ainsi que son programme de construction d'infrastructures.

L'opposition veut aussi contraindre M. Sall à renoncer à toute velléité de candidature en 2024. Le président Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, maintient le flou sur ses intentions à 19 mois de la présidentielle.

La pré-campagne avait été marquée par de violentes manifestations qui avaient fait au moins trois morts en raison de l'invalidation par le Conseil constitutionnel des titulaires de la liste nationale de la coalition dirigée par M. Sonko, contraints de renoncer à participer aux élections.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.