Les Bourses mondiales en repli, inquiètes des tensions entre les Etats-Unis et la Chine

Une femme passe devant un tableau électronique du cours des actions indiquant les chiffres de la Bourse de Tokyo à Tokyo le 2 août 2022 (Photo, AFP).
Une femme passe devant un tableau électronique du cours des actions indiquant les chiffres de la Bourse de Tokyo à Tokyo le 2 août 2022 (Photo, AFP).
Publié le Mercredi 03 août 2022

Les Bourses mondiales en repli, inquiètes des tensions entre les Etats-Unis et la Chine

  • Le mouvement de baisse avait été initié dans la matinée par les Bourses asiatiques
  • L'euro perdait du terrain face au dollar, une valeur refuge dans un contexte de tensions géopolitiques

NEW YORK: Les Bourses mondiales ont perdu du terrain mardi avec la visite de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi à Taïwan, qui tend encore plus les relations entre les États-Unis et la Chine.

Les places européennes ont terminé en baisse, Paris a perdu 0,42%, Francfort 0,23% et Milan 0,35%. Seul Londres est restée à l'équilibre, à -0,06%.

A Wall Street, au terme d'une séance fluctuante, l'indice Dow Jones a chuté de 1,23%, le Nasdaq s'est replié de 0,16% et le S&P 500 de 0,67%.

Le mouvement de baisse avait été initié dans la matinée par les Bourses asiatiques, qui ont chuté franchement, face à la possible visite de la présidente de la Chambre des représentants américains.

Toute la journée, les yeux des marchés sont restés rivés sur l'avion de Mme Pelosi. Sur FlightRadar24, plus de 300.000 personnes ont par moment surveillé le vol en même temps, provoquant un "bug" informatique du site.

Rapidement après son arrivée, Nancy Pelosi a insisté sur le "soutien inconditionnel" des Etats-Unis à Taïwan, tandis que Pékin, qui revendique la propriété du territoire, a qualifié son attitude "d'extrêmement dangereuse".

"Toute perturbation du commerce taïwanais à la suite de ces tensions peut aggraver les difficultés déjà ressenties dans les chaînes d'approvisionnement mondiales", en particulier au niveau des semi-conducteurs dont Taïwan est un important exportateur, a assuré Michael Hewson, analyste de CMC Markets.

L'actualité géopolitique est venue se greffer sur un contexte incertain pour les marchés, alors que la saison de publication des résultats semestriels des entreprises se termine et que les investisseurs se tournent à nouveau vers les indicateurs macroéconomiques, peu réjouissants.

"L'économie américaine ralentit et on essaie de voir si la récession sera seulement technique ou s'il s'agira d'une véritable récession", a commenté Alexandre Baradez, analyste d'IG France, auprès de l'AFP.

Le durcissement des politiques monétaires des banques centrales a été aussi scruté. La banque centrale d'Australie a notamment relevé mardi son principal taux directeur d'un demi-point de pourcentage.

De nouveaux commentaires de membres de la Réserve fédérale américaine (Fed) ont aussi infléchi les interprétations que les investisseurs avaient faites de la conférence de presse de son président Jerome Powell la semaine dernière.

Alors que Wall Street avait fêté l'idée que la Fed pourrait bientôt affaiblir ses tours de vis monétaires, plusieurs membres du Comité monétaire ont fait valoir mardi qu'on en était "loin" ce qui a soudainement fait grimper les taux obligataires. Ceux à dix ans sont remontés à 2,75% au lieu de 2,57% la veille.

BP flambe

Le géant britannique BP a grimpé de 2,80%, après avoir publié un bénéfice net multiplié par trois sur un an au deuxième trimestre, à 9,26 milliards de dollars, et une hausse de 10% du dividende pour la période, tirés par la flambée des hydrocarbures.

Les cours du pétrole ont légèrement progressé mardi à quelques jours de la réunion de l'alliance Opep+, après une importante baisse la veille.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre a grappillé 0,50% à 100,54 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre a avancé de 0,59% à 94,42 dollars.

Uber et l'automobile dans le vert

Uber a fait part mardi d'un chiffre d'affaires de 8,1 milliards de dollars, dépassant largement les prévisions du marché, malgré une perte nette de 2,6 milliards au deuxième trimestre. Le titre a gagné 18,90% à 29,25 dollars.

Les valeurs des constructeurs automobiles ont, elles aussi, terminé la journée de manière positive : à Francfort, BMW a pris 0,98%, Volkswagen 1,56% et Mercedes 0,08%, tandis qu'à Paris, Stellantis a gagné 1,62%.

Le luxe inquiet de la situation en Chine

Le regain de tensions en Chine a fait baisser mardi les valeurs du luxe, qui réalisent une grande partie de leur chiffre d'affaires dans le pays.

Le groupe de mode italien Tod's a perdu 2,44% à Milan, Burberry 2,41% à Londres et les Français LVMH et Kering ont reculé respectivement de 1,35% et 1,70%.

Adler continue de s'effriter

Le géant de l'immobilier allemand Adler a continué de chuter mardi et a terminé la journée à -4,29%, après avoir déjà perdu 4,40% la veille.

Le superviseur du secteur financier Bafin a déclaré lundi que le bilan 2019 du groupe, dans la tourmente après des accusations de fraude, était surévalué d'au moins 170 millions d'euros.

Du côté des devises et du bitcoin

L'euro perdait du terrain face au dollar, une valeur refuge dans un contexte de tensions géopolitiques. La monnaie unique perdait 0,86% à 1,0174 dollar vers 19 h 00 GMT.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.