Port de Beyrouth: nouvel effondrement dans les silos au 2e anniversaire de l'explosion

Une partie des silos à grains endommagés par l'explosion qui a détruit le port de Beyrouth il y a deux ans s'est effondrée jeudi (Photo, AFP).
Une partie des silos à grains endommagés par l'explosion qui a détruit le port de Beyrouth il y a deux ans s'est effondrée jeudi (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 05 août 2022

Port de Beyrouth: nouvel effondrement dans les silos au 2e anniversaire de l'explosion

  • Des médias locaux ont précisé que quatre tours se sont effondrées après s'être détachées de la structure déjà endommagée par le souffle de l'explosion dévastatrice du 4 août 2020
  • Il s'agit du deuxième accident du genre en quatre jours, après l'effondrement d'une partie des silos dimanche

BEYROUTH: Une partie des silos à grains endommagés par l'explosion qui a détruit le port de Beyrouth il y a deux ans s'est effondrée jeudi, au moment où des manifestants se rendaient au port pour le deuxième anniversaire du drame, selon des correspondants de l'AFP.

Des médias locaux ont précisé que quatre tours se sont effondrées après s'être détachées de la structure déjà endommagée par le souffle de l'explosion dévastatrice du 4 août 2020. Il s'agit du deuxième accident du genre en quatre jours, après l'effondrement d'une partie des silos dimanche.

Le deuxième anniversaire de l'explosion dévastatrice au port de Beyrouth a été marqué jeudi par des manifestations de proches des victimes réclamant une enquête internationale sur les raisons de la tragédie et par un nouvel effondrement de silos dans la zone portuaire.

Le 4 août 2020, des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées sans précaution dans un entrepôt près du port explosent faisant plus de 200 morts et 6 500 blessés et provoquant un traumatisme national.

Les causes exactes de cette explosion, qualifiée de l'une des plus importantes non nucléaires jamais enregistrées dans le monde, sont toujours inconnues  tout comme l'identité des responsables, dans un pays où règne très souvent l'impunité.

Il faut "une enquête impartiale, approfondie et transparente sur l'explosion", a lancé jeudi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, faisant écho à des appels d'ONG, d'experts et des familles des victimes.

Jeudi à 18H07 (15H07 GMT) précises, moment de l'explosion il y a deux ans, des manifestants ont observé une minute de silence suivie d'applaudissements devant le port où, quelques minutes plus tôt, une nouvelle partie des silos qui contiennent des milliers de tonnes de blé et autres céréales se sont effondrés suite à un incendie.

L'effondrement s'est produit alors que trois marches distinctes arrivaient au port de Beyrouth. Un énorme nuage de fumée a couvert la zone portuaire après l'effondrement et des manifestants sur place ont porté des masques en filmant la structure avec leur téléphones portables.

"Je vois la même scène, presque du même endroit, deux ans plus tard", a déclaré Lama Hachem, 30 ans, à l'AFP dans le centre-ville de Beyrouth en observant la fumée et la poussière qui se dégageaient du port.

"Nous avons le droit de connaître la vérité", a lancé Mireille Khoury, qui a perdu son fils dans l'explosion, devant des milliers de manifestants qui hissaient des drapeaux libanais.

Les participants ont ensuite prononcé un serment pour affirmer leur intention de continuer la lutte jusqu'à ce que l'identité du "criminel" soit révélée.

Enquête internationale 

"Pas de justice sous le règne de la milice et de la mafia", pouvait-on lire sur une des banderoles brandie par les manifestants. Une référence à la classe dirigeante -- en place depuis des décennies --, accusée par une grande partie de la population de mauvaise gestion, de corruption et de négligence.

"Quand l'explosion s'est produite, on pensait que la vérité allait être connue au bout de cinq jours... deux ans se sont écoulés et on ne sait rien", a dit à l'AFP Aya Qassem, 21 ans, qui participait aux manifestations.

Une des marches s'est brièvement arrêtée devant l'ambassade de France, pour demander le soutien dans la relance de l'enquête.

"Ce que nous réclamons, c'est une enquête internationale contre les criminels," a lancé Tracy Naggear, qui a perdu sa fille Alexandra, 3 ans, dans l'explosion.

Dans un entretien au quotidien libanais L'Orient-Le Jour publié jeudi le président français Emmanuel Macron a insisté sur l'importance de connaître la vérité.

"Je le redis aujourd'hui avec force: justice doit être rendue. Pour faire leur deuil et se reconstruire, les Libanaises, les Libanais et tous ceux qui vivent dans ce pays (...) ont besoin de connaître la vérité", a-t-il dit.

Le Liban est aujourd'hui embourbé dans la pire crise économique de son histoire avec la chute vertigineuse de la monnaie locale, des pénuries en tout genre, des restrictions bancaires qui ont provoqué un appauvrissement de la population.


Le prince Faisal souligne l’importance « critique » du partenariat saoudo-émirati pour la stabilité régionale

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre des Affaires étrangères de la Pologne (absent) donnent une conférence de presse après leur rencontre au ministère des Affaires étrangères à Varsovie, le 26 janvier 2026. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, et le ministre des Affaires étrangères de la Pologne (absent) donnent une conférence de presse après leur rencontre au ministère des Affaires étrangères à Varsovie, le 26 janvier 2026. (AFP)
Short Url
  • Le prince Faisal ben Farhane a reconnu une « divergence de vues » entre les deux pays sur le dossier yéménite, tout en affirmant que leur relation reste « d’une importance critique »

LONDRES : Le retrait des Émirats arabes unis du Yémen constitue la « pierre angulaire » d’une relation solide avec l’Arabie saoudite, contribuant à la stabilité régionale, a déclaré lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères.

Le prince Faisal ben Farhane a reconnu qu’il existait une « différence de point de vue » entre les deux pays concernant le Yémen, tout en soulignant que leur relation demeure « d’une importance critique ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale. C’est pourquoi le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, en tant que partenaire important au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse à l’occasion de sa visite en Pologne.

« Évidemment, sur la question du Yémen, il existe une divergence de vues. Les Émirats arabes unis ont désormais décidé de se retirer du Yémen, et si tel est bien le cas, et qu’ils se sont complètement désengagés de ce dossier, alors le Royaume d’Arabie saoudite en assumera la responsabilité.

« Je pense que cela constituera la base permettant de garantir que la relation avec les Émirats arabes unis demeure forte et continue de servir les intérêts non seulement des deux pays, mais aussi de la région. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: deux morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Short Url
  • L'agence officielle libanaise Ani a rapporté qu'une des frappes dans le sud avait touché un hangar, tandis que celles dans l'est ont atteint des montagnes proches de la localité de Nabi Sheet
  • Celle sur Derdaghya a visé une voiture, d'après cette source

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait deux morts dimanche, a indiqué le ministère de la Santé libanais, l'armée israélienne affirmant avoir visé des positions du Hezbollah.

Malgré la trêve conclue en novembre 2024 censée mettre fin à plus d'un an d'hostilités avec le Hezbollah, Israël continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le mouvement chiite pro-iranien qu'il accuse de se réarmer.

Dans un communiqué, le ministère a fait état d'un "raid de l'ennemi israélien" entre les localités de Khirbet Selm et de Kfardounine, dans le sud du pays, faisant un mort et cinq blessés.

Ailleurs dans le sud, une frappe a fait un mort à Derdaghya, a rapporté le ministère.

L'armée israélienne a déclaré avoir frappé un "site de fabrication d'armes" du Hezbollah dans le sud, où elle dit avoir identifié "l'activité terroriste d'agents du Hezbollah".

Elle a ajouté avoir visé des "sites d'infrastructures militaires appartenant au Hezbollah" dans la région orientale de la Bekaa.

L'agence officielle libanaise Ani a rapporté qu'une des frappes dans le sud avait touché un hangar, tandis que celles dans l'est ont atteint des montagnes proches de la localité de Nabi Sheet.

Celle sur Derdaghya a visé une voiture, d'après cette source.

Mercredi, Israël a frappé quatre points de passage le long de la frontière syro-libanaise, utilisés selon lui par le Hezbollah pour passer des armes en contrebande.

Début janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir achevé la première phase de son plan de désarmement du Hezbollah, couvrant la zone située au sud du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne.

Israël juge les progrès de l'armée libanaise insuffisants, tandis que le mouvement islamiste a rejeté les appels à remettre ses armes.

Selon un décompte de l'AFP basé sur les bilans du ministère de la Santé, plus de 350 personnes ont été tuées par des tirs israéliens au Liban depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.


Les Etats-Unis mettent en garde l'Irak sur ses futures relations avec l'Iran

Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste. (AFP)
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste. (AFP)
Short Url
  • Lors d'un entretien téléphonique avec l'actuel Premier ministre, Mohamed Chia al-Soudani, Marco Rubio a dit espérer que le futur gouvernement irakien ferait du pays "une force de stabilité, de prospérité et de sécurité
  • "Le secrétaire a souligné qu'un gouvernement contrôlé par l'Iran ne peut pas faire passer en premier les propres intérêts de l'Irak avec succès, tenir l'Irak hors des conflits régionaux ou faire progresser le partenariat mutuellement bénéfique"

WASHINGTON: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde l'Irak dimanche contre tout rapprochement avec l'Iran, alors que l'ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par les partis chiites proches de Téhéran, devrait prochainement retrouver son poste.

M. Maliki, figure centrale de la vie politique en Irak, a reçu samedi l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens divers avec Téhéran.

Lors d'un entretien téléphonique avec l'actuel Premier ministre, Mohamed Chia al-Soudani, Marco Rubio a dit espérer que le futur gouvernement irakien ferait du pays "une force de stabilité, de prospérité et de sécurité dans le Moyen-Orient.

"Le secrétaire a souligné qu'un gouvernement contrôlé par l'Iran ne peut pas faire passer en premier les propres intérêts de l'Irak avec succès, tenir l'Irak hors des conflits régionaux ou faire progresser le partenariat mutuellement bénéfique entre les Etats-Unis et l'Irak", selon des propos rapportés par son porte-parole Tommy Pigott.

Un éventuel gouvernement irakien pro-Iran serait une rare éclaircie pour Téhéran, qui rencontre des difficultés sur le plan national comme international.

La République islamique a été secouée par un mouvement de contestation d'ampleur à partir de fin décembre. Les manifestations ont été durement réprimées, les morts se comptant en milliers.

Et depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, l'Iran a subi des frappes directes israéliennes et américaines, et vu des alliés régionaux grandement affaiblis ou évincés.

Les Etats-Unis ont fait part de leur "opinion négative concernant les précédents gouvernements dirigés par l'ancien Premier ministre Maliki", a indiqué à l'AFP une source de la sphère politique irakienne.

Dans une lettre, des responsables américains ont affirmé que Washington prendrait "ses propres décisions souveraines à propos du prochain gouvernement, en accord avec les intérêts américains", reconnaissant néanmoins qu'il revient à l'Irak de choisir ses dirigeants.

Les Etats-Unis disposent d'un important moyen de pression contre l'Irak. Ils contrôlent une large partie des recettes de l'exportation de pétrole du pays conformément à un accord de 2003, conclu après l'invasion américaine et le renversement de Saddam Hussein.

L'actuel Premier ministre Soudani, en poste depuis 2022, a gagné la confiance américaine en s'employant à faire diminuer les violences des groupes armés chiites soutenus par Téhéran, que Washington ne veut pas voir s'enhardir de nouveau.