Le Sénégal accuse la police canadienne d'avoir « tabassé» une de ses diplomates

Aïssata Tall Sall, ministre sénégalaise des Affaires étrangères
Aïssata Tall Sall, ministre sénégalaise des Affaires étrangères
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Publié le Samedi 06 août 2022

Le Sénégal accuse la police canadienne d'avoir « tabassé» une de ses diplomates

  • Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a indiqué vendredi dans un communiqué avoir convoqué jeudi la chargée d'affaires de l'ambassade du Canada à Dakar
  • La police canadienne a fait mardi «une descente au domicile » de la diplomate sénégalaise en service à Ottawa lors de laquelle elle a « exercé» sur elle «une violence physique et morale humiliante , devant témoins et en présence de ses enfants »

DAKAR : Le Sénégal a accusé la police canadienne d'avoir "sauvagement tabassé" une de ses diplomates en poste à Ottawa, la police faisant état de son côté d'une altercation avec une "personne agressive" qui a blessé deux de ses agents.

Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a indiqué vendredi dans un communiqué avoir convoqué jeudi la chargée d'affaires de l'ambassade du Canada à Dakar pour "dénoncer vigoureusement et condamner fermement un acte raciste et barbare".

La police canadienne a fait mardi "une descente au domicile" de la diplomate sénégalaise en service à Ottawa lors de laquelle elle a "exercé" sur elle "une violence physique et morale humiliante, devant témoins et en présence de ses enfants", a affirmé Dakar, sans préciser l'identité de la diplomate.

Interrogée vendredi soir, la police de Gatineau, banlieue québécoise de la capitale fédérale canadienne, a reconnu l'altercation, survenue mardi alors qu'un huissier de justice "muni d'une ordonnance devant être exécutée" avait demandé le concours des forces de l'ordre.

"Malgré le rappel du statut de diplomate de la victime et de l'inviolabilité de son domicile, les éléments de la police canadienne l'ont menottée et sauvagement tabassée, au point qu'elle a eu du mal à respirer, ce qui a conduit à son évacuation par ambulance à l'hôpital", selon le communiqué sénégalais.

Cette version des événements a été rejetée en bloc par la police canadienne qui affirme avoir au préalable confirmé que "le document judiciaire était bel et bien valide et que l'officier de justice ayant autorisé l'ordonnance judiciaire avait été informé que la personne avait un statut diplomatique".

Puis, ajoute le communiqué canadien, "faisant face à une personne agressive et refusant de collaborer, les policiers sont intervenus afin d'expliquer la démarche et de s'assurer que tout se déroule dans le calme".

C'est alors qu'"une policière a été frappée au visage et blessée", indique le Service de police de la ville de Gatineau (SPVG). "Les policiers ont donc décidé de procéder à l'arrestation" de la diplomate. Mais elle "a résisté" et "blessé par morsure un deuxième policier".

La diplomate sénégalaise "a alors été amenée au sol pour être maîtrisée", puis détenue "à l'arrière du véhicule de patrouille, sous supervision d'une policière, le temps que le huissier exécute son ordonnance", mais à "aucun" moment la diplomate "n'a mentionné avoir été blessée ou avoir des douleurs", a souligné la police canadienne.

Pourtant, quelques minutes plus tard une ambulance a été dépêchée auprès de la diplomate, a reconnu la police, sans plus de détails.

Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a indiqué avoir remis une "note de protestation" aux autorités canadiennes par le biais de leur ambassade à Dakar et de celle du Sénégal à Ottawa.

Il "exige" qu'une enquête soit "diligentée et que "des poursuites soient menées contre les auteurs de cette agression inadmissible". Le Sénégal "se réserve le droit d'exercer toute autre action appropriée et demande instamment aux autorités canadiennes de veiller à que de pareils cas ne se reproduisent" plus, selon le communiqué de Dakar.

De son côté, la police canadienne a indiqué avoir saisi le ministère public "afin que des accusations de voie de fait sur agent et d'entrave au travail des policiers soient déposées", assurant qu'elle collaborerait "à toute démarche ou enquête en toute transparence".

Le Sénégal est l'un des principaux partenaires du Canada en Afrique de l'Ouest et le Premier ministre canadien Justin Trudeau s'entretient régulièrement avec le président sénégalais Macky Sall, leur dernière échange remontant à fin juin.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.