M. Blinken entame sa tournée africaine par l'Afrique du sud et Soweto

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a entamé dimanche une tournée africaine par l'Afrique du Sud (Photo, AFP).
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a entamé dimanche une tournée africaine par l'Afrique du Sud (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 07 août 2022

M. Blinken entame sa tournée africaine par l'Afrique du sud et Soweto

  • Pour sa première étape, M. Blinken a choisi de s'arrêter en Afrique du Sud, pays qui depuis le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février a adopté une position neutre et refusé de se joindre aux appels occidentaux à condamner Moscou
  • Dimanche, le secrétaire d'Etat américain s'est d'abord rendu au mémorial Hector Pieterson à Soweto près de Johannesburg, étape de nombreux chefs d'Etat en visite officielle

SOWETO: Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a entamé dimanche une tournée africaine par l'Afrique du Sud pour tenter de rapprocher la diplomatie de ce pays du camp occidental.

Ce déplacement, qui le mènera ensuite et jusque jeudi en République démocratique du Congo et au Rwanda, vise notamment à contrecarrer l'influence russe sur le continent africain.

Elle suit de peu la visite en Afrique fin juillet du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, passé par le Congo-Brazzaville, l'Ouganda, l'Egypte et l'Ethiopie.

Pour sa première étape, M. Blinken a choisi de s'arrêter en Afrique du Sud, pays qui depuis le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février a adopté une position neutre et refusé de se joindre aux appels occidentaux à condamner Moscou.

Lundi, M. Blinken doit s'entretenir avec la cheffe de la diplomatie sud-africaine Naledi Pandor des "développements récents et en cours concernant la situation géopolitique mondiale", et faire des annonces concernant la nouvelle stratégie africaine du gouvernement américain, a indiqué Pretoria dans un communiqué.

Dimanche, le secrétaire d'Etat américain s'est d'abord rendu au mémorial Hector Pieterson à Soweto près de Johannesburg, étape de nombreux chefs d'Etat en visite officielle.

Il a visité le musée bâti en hommage aux étudiants tués dans une manifestation de lycéens et collégiens en 1976 lors d'une répression policière qui choqua bien au delà du pays et fut un tournant dans le combat contre le système sud-africain de discrimination de la majorité noire, qui sera finalement aboli en 1991.

M. Blinken était accompagné par Antoinette Sithole, la soeur d'Hector Pieterson, qui à 12 ans fut le premier, le 16 juin 1976, des plus de 170 manifestants tués à Soweto. La jeunesse s'était soulevée contre l'obligation d'étudier en afrikaans, la langue du régime de la minorité blanche au pouvoir.

«Alliés cruciaux»

Selon Fonteh Akum, responsable du think-tank Institute For Security Studies, basé à Pretoria, la visite d'Antony Blinken vise notamment à "rapprocher l'Afrique du sud du camp occidental" dans le cadre de la nouvelle stratégie africaine des Etats-Unis.

L'Afrique du Sud n'a jamais digéré l'intervention militaire de l'Otan en Libye en 2011. Elle s'était faite tordre le bras pour l'approuver alors qu'elle siégeait au conseil de sécurité de l'ONU, avant de critiquer cette guerre et d'accuser les Occidentaux d'avoir abusé de ce mandat pour faire tomber le colonel Mouammar Khadafi.

Historiquement, l'ANC au pouvoir en Afrique du Sud depuis l'avènement de la démocratie en 1994 a été proche du bloc soviétique qui soutenait les luttes d'émancipation dans le monde.

Depuis 2011, l'Afrique du sud est membre du groupe diplomatique des économies émergentes Brics, regroupant le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, fonctionnant à une époque de manière assidue à raison d'une à deux réunions annuelles, ce qui a contribué à consolider des liens.

En juin, le président russe Vladimir Poutine a exhorté les Brics à coopérer face aux "actions égoïstes" des pays occidentaux, sur fond de sanctions sans précédent contre Moscou en raison du conflit ukrainien.

M. Blinken compte lors de sa tournée montrer aux pays africains qu'ils "sont des alliés cruciaux sur les questions les plus brûlantes de notre époque" comme "la lutte contre les effets du changement climatique, l'insécurité alimentaire et les pandémies mondiales", avait indiqué fin juillet le département d'Etat.

Après Johannesburg, M. Blinken doit se rendre en République démocratique du Congo, puis au Rwanda, en proie à un regain de tensions avec son voisin congolais qui l'accuse de soutenir les rebelles du "Mouvement du 23 mars" (M23), ce que Kigali dément.

Il s'agit du deuxième déplacement de M. Blinken en Afrique subsaharienne depuis sa prise de fonctions. L'année dernière, il s'était rendu au Kenya, au Nigeria et au Sénégal.

Avant l'invasion russe de l'Ukraine, la diplomatie américaine en Afrique se concentrait surtout sur la compétition avec la Chine, qui a fait d'importants investissements dans les infrastructures sur le continent africain et qui, à l'inverse des Etats-Unis, l'a fait sans demander de contrepartie aux Etats sur la démocratie ou les droits humains.


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.