Eaux contestées: le Hezbollah libanais hausse le ton contre Israël

Le ministre libanais de l'Énergie par intérim Walid Fayad (à droite) rencontre le conseiller principal américain pour la sécurité énergétique Amos Hochstein à Beyrouth le 31 juillet 2022. Anwar AMRO / AFP
Le ministre libanais de l'Énergie par intérim Walid Fayad (à droite) rencontre le conseiller principal américain pour la sécurité énergétique Amos Hochstein à Beyrouth le 31 juillet 2022. Anwar AMRO / AFP
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Publié le Mardi 09 août 2022

Eaux contestées: le Hezbollah libanais hausse le ton contre Israël

  • Le Liban et Israël, deux pays voisins officiellement toujours en état de guerre, mènent des négociations inédites par l'intermédiaire de Washington pour régler leur différend frontalier et lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures
  • Depuis, le Hezbollah, puissant mouvement armé qui domine la vie politique au Liban, a mis en garde à plusieurs reprises Israël contre toute activité dans le champ de Karish

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah libanais a haussé le ton mardi contre Israël à propos des eaux contestées entre les deux pays en Méditerranée orientale, où la découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers a attisé les contentieux frontaliers.

Le Liban et Israël, deux pays voisins officiellement toujours en état de guerre, mènent des négociations inédites par l'intermédiaire de Washington pour régler leur différend frontalier et lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures.

Il faut que "le pétrole, le gaz et l'eau du Liban restent à lui, et que personne ne soit autorisé à piller ses richesses", a affirmé Hassan Nasrallah dans un discours télévisé à l'occasion de l'Achoura, importante commémoration religieuse chiite.

"La main qui touchera à nos richesses sera coupée", a-t-il martelé.

Lancées en octobre 2020, les négociations sur les frontières maritimes ont porté initialement sur une zone de 860 km2, conformément aux revendications libanaises enregistrées auprès de l'ONU en 2011.

Mais le Liban a ensuite dit vouloir réclamer un droit supplémentaire sur 1.430 km2, qui comprend une partie du champ gazier de Karish.

Pour Israël, ce champ se trouve dans sa zone économique exclusive (ZEE) reconnue par l'ONU.

Les pourparlers ont été suspendus en mai 2021.

Les discussions ont repris cet été à la demande du Liban, des tensions ayant surgi avec l'arrivée début juin d'un navire sur le champ controversé de Karish qui devait commencer à l'exploiter pour le compte d'Israël.

Depuis, le Hezbollah, puissant mouvement armé qui domine la vie politique au Liban, a mis en garde à plusieurs reprises Israël contre toute activité dans le champ de Karish.

Début juillet, l'armée israélienne a intercepté trois drones non armés envoyés par le Hezbollah vers Karish.

Fin juillet, le Hezbollah a publié une courte vidéo montrant, selon lui, des images prises par un drone à deux dates différentes montrant plusieurs navires affrétés par Israël.

Hassan Nasrallah avait en outre averti que si on empêchait le Liban d'extraire du pétrole et du gaz de ses eaux, "personne" ne pourrait en extraire ou en vendre.

Début août, le médiateur américain Amos Hochstein s'est dit "optimiste" quant à la possibilité d'un accord, la "meilleure et seule façon d'y parvenir (...) étant les négociations et la diplomatie."

"Nous attendons ce qu'apporteront les réponses aux revendications de l'Etat libanais, dans les prochains jours", a encore dit mardi Hassan Nasrallah. "Mais nous devons être prêts et préparés pour toutes les possibilités", a-t-il prévenu.


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.